Informations factuelles à propos des victimes d’agression sexuelle (VAS)

Cadre théorique

Plusieurs perspectives théoriques se sont penchées sur l’événement potentiellement traumatique que vivent les VAS afin de mieux comprendre et d’expliquer l’étiologie de la victimisation sexuelle ainsi que des aspects qui l’entourent (la nature, le contexte, le type de gestes posés, l’agresseur) de même que de prédire les conséquences individuelles, voire collectives qui en découleront par la suite. Par ailleurs, ces modèles explicatifs sont à la base des études empiriques d’évaluation et de traitement des VAS.

Bien que tous les humains vivent des événements potentiellement traumatiques de toutes sortes et à divers degrés au cours de leur vie, les VAS seraient plus à risque de développer des symptômes posttraumatiques plus chroniques et sévères (Herman, 1992). Étant donné que la majorité des cas d’abus sexuel surviennent entre l’enfance et le début de l’âge adulte, le développement identitaire (incluant le développement du sens moral et de la régulation affective) se voit grandement perturbé et des symptômes sévères apparaissent dans le portrait clinique.

Certains auteurs parlent alors de « traumatismes complexes » (Van der Kolk, 2005; Van der Kolk, Roth, Pelcovitz, Sunday, & Spinazzola, 2005; Vaiva & Ducrocq, 2006) se traduisant par une succession d’événements traumatiques chroniques sur la trajectoire développementale de l’individu qui ont un impact significatif sur la construction de sa personnalité. Néanmoins, ce ne sont pas toutes les VAS qui développeront un ÉSPT étant donné que certaines victimes sont plus résilientes et que d’autres sont plus vulnérables (Hébert et coll., 2002).

De façon sommaire, la résilience se définit comme un trait de caractère résultant de caractéristiques innées et acquises, et qui augmente les possibilités que la personne s’adapte bien au stress. À l’opposé, la vulnérabilité est un trait de caractère résultant de caractéristiques innées et acquises, et qui augmentent les risques que la personne réagisse au stress de façon inadaptée voire pathologique (Bee & Boyd, 2011).

Conséquences de l’agression sexuelle

Tel que mentionné précédemment, la victimisation sexuelle ne comporte pas uniquement des conséquences pour les VAS mineures et adultes, mais également pour leurs proches, pour leurs divers milieux de vie (famille, amis, école, travail) ainsi qu’à la société en général.

D’une part, ce problème de santé des populations à travers le monde engendre des coûts directs importants aux différents pays en matière de frais de justice, de frais médico-sociaux pour les VAS et leurs proches, de frais d’organismes gouvernementaux venant en aide aux VAS (IVAC, CAVAC) sans compter les frais injectés dans le système carcéral pour les abuseurs. D’autre part, il y a aussi des frais indirects associés à la victimisation sexuelle en raison de taux d’absentéisme et de présentéisme plus élevés chez les VAS au plan de leur sphère occupationnelle (à l’école, au travail). Cela contribue à ralentir l’efficacité, la productivité des travailleurs et, par conséquent, l’économie sociétale. Les coûts directs et indirects mis ensemble sont difficilement chiffrables en raison des variables qui changent d’un pays à l’autre. Cela dit, la plupart des gestionnaires responsables des politiques gouvernementales en lien avec la victimisation sexuelle estiment ces chiffres à quelques milliards de dollars annuellement (Hankivsky, & Draker, 2003). Selon l’INSPQ (2012), les conséquences sont multiples, diverses et varient d’une victime à l’autre en fonction : de la nature, de la fréquence, de la durée, de l’intensité des gestes subis et des liens l’unissant à l’agresseur.

Le polymorphisme que peut prendre les conséquences de l’abus dépend aussi des caractéristiques personnelles de la victime et de son entourage (âge, sexe, tempérament, personnalité, soutien social/parental/familial).

Les répercussions néfastes de l’abus sexuel peuvent être immédiates ou survenir de façon différée dans le temps. Par ailleurs, elles peuvent perdurer à moyen-long terme et évoluer négativement pour affecter de nouvelles sphères de fonctionnement de l’individu si elles ne sont pas considérées sérieusement (Hébert, 2011 ; Baril & Tourigny, 2009).

Cauchemars

Selon Duval, McDuff et Zadra9 (2013), les rêves dysphoriques incluant les cauchemars se définissent « par des rêves contenant des images perturbantes à forte affectivité négative comme la peur, l’anxiété, le dégoût et la colère ». Dans le DSM-5 (APA, 2013) et l’ICSD-3 (AASM, 2014), le cauchemar10 est caractérisé par des éveils brusques survenant le plus souvent en sommeil paradoxal11(SP) et par un rappel clair du contenu manifeste du rêve.

Les cauchemars sont plus fréquents dans la seconde moitié de la nuit (AASM, 2014) étant donné que la durée des stades de SP augmente progressivement plus la nuit avance. Les cauchemars chroniques qui sont présents au long cours chez l’individu et qui ne sont pas reliés à une psychopathologie quelconque, s’appellent des cauchemars « idiopathiques ».

Quant aux victimes qui ont vécu un événement traumatique, on fait plus souvent référence aux cauchemars « posttraumatiques répétitifs », car leur contenu manifeste est une réplique partielle ou totale de l’événement traumatique originel (cauchemars de « reviviscence involontaire ») ou bien, il comporte encore des thématiques y étant rapprochées (cauchemars « symboliques ») (Schreuder, Igreja, Van Dijk, & Kleijn, 2001). Il existe également les cauchemars induits par une substance (médicaments, drogues, etc.) (Pagel & Helfter, 2003).

En termes de diagnostic différentiel, les cauchemars qui surviennent en sommeil paradoxal diffèrent des terreurs nocturnes qui, elles, se produisent en sommeil non-paradoxal et qui ne rapportent pas un souvenir clair du contenu onirique en question (APA, 2013). Par ailleurs, c’est la fréquence ainsi que la détresse psychologique découlant du cauchemar qui déterminent le caractère normal ou pathologique de celui-ci.

L’étendue d’âge la plus affectée par les rêves dysphoriques serait les 10- 40 ans, ce qui inclut les stades développementaux de la pré-puberté, de l’adolescence et de l’âge adulte (Zadra & Donderi, 2000). Bien qu’environ 1 enfant sur 5 ferait l’expérience de cauchemars récurrents sur une base hebdomadaire, les enfants d’âge préscolaire ainsi que les personnes âgées seraient moins touchés par les cauchemars de façon générale (Salvio, Wood, Schwartz, et al., 1992; Agargun et al., 2004; Simard, Nielsen, Tremblay et al., 2007; Schredl et al., 2008).

On indique qu’entre 2 et 6 % de la population générale adulte souffriraient de cauchemars récurrents et ces proportions seraient relativement stables peu importe la culture chez les pays développés (Levin & Nielsen, 2007). Également, il y aurait davantage de femmes que d’hommes qui feraient l’expérience de cauchemars en raison, d’une part, qu’elles feraient davantage l’expérience de cauchemars posttraumatiques que les hommes et, d’autre part, qu’elles sont plus assujetties à souffrir de symptômes anxiodépressifs de forte intensité que ces derniers (Nolen-Hoeksema, 1990 ; Ohayon, Morselli, & Guilleminault, 1997 ; Nielsen, Laberge, Tremblay et al., 2000). Les taux de prévalence des cauchemars sont encore plus élevés dans les populations psychiatriques (troubles anxieux, névrotisme, troubles de l’humeur, schizophrénie, clientèle à haut risque suicidaire et parasuicidaire, problèmes de santé physique, troubles dissociatifs, troubles du sommeil et l’ÉSPT) (Levin & Nielsen, 2007).

On retrouve de 50-70% de cauchemars chroniques chez les individus souffrant d’un ÉSPT (Kilpatrick et al., 1998). En ce sens, de nombreuses études affirment que le cauchemar est réactif et survient plus fréquemment lors des périodes de stress intense (, Russ, Oldfield, Sivan, & Cooper, 1987 ; Dunn & Barrett, 1988; Barrett, 1996).

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Table des matières

LISTE DES FIGURES
LISTE DES ABRÉVIATIONS ET DES SIGLES
REMERCIEMENTS
1.INTRODUCTION AU PROJET DE MÉMOIRE DOCTORAL
1.1. Prologue (définitions, distinctions et sous-types de l’agression sexuelle)
1.2. Informations factuelles à propos des victimes d’agression sexuelle (VAS)
1.2.1. Prévalences, incidences et coûts associés à la victimisation sexuelle
1.2.2. Caractéristiques des victimes d’agression sexuelle (VAS)
1.3. Cadre théorique
1.3.1. Conséquences de l’agression sexuelle
1.4.1.1. Cauchemars
1.4.1.2. Perturbations de sommeil
1.3.2. Traitements employés
1.4.2.1. Traitements pharmacologiques
1.4.2.2. Traitements psychologiques
2.MÉTHODOLOGIE
2.1. Objectif général et objectifs spécifiques
2.2. Questions de recherche
2.3. Hypothèse principale et hypothèses secondaires
2.4. Opérationnalisation des variables d’intérêt
2.5. Critères d’éligibilité
2.6. Stratégies de sélection et de collection des études primaires
2.6.1. Utilisation des banques de données électroniques
2.6.2. Exploration de la littérature grise
2.6.3. Poursuite des références
2.6.4. Contacter les laboratoires travaillant sur le sujet
2.6.5. Autre(s) stratégie(s) employée(s)
2.7. Évaluation de la qualité méthodologique des études primaires
2.8. Extraction et codification des données des études primaires
2.8.1. Mesure de fidélité inter-juge
2.8.2. Processus décisionnel à la suite de la codification
3.SYNTHÈSE DES RÉSULTATS
3.1. Synthèse des caractéristiques des échantillons cliniques
3.2. Synthèse des caractéristiques méthodologiques des études primaires
3.3. Synthèse des caractéristiques inhérentes des traitements recensés
3.4. Retour sur l’évaluation du risque de biais méthodologiques des études primaires
4.DISCUSSION
4.1. Implications pour la recherche

4.2. Implications pour la clinique
4.3. Implications légales et gouvernementales
4.4. Forces et limites de la recension systématique
5.CONCLUSION
RÉFÉRENCES
ANNEXES
Annexe A : Le cadre légal autour de l’agression sexuelle
Annexe B : Critères diagnostiques DSM-5 du Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT)
Annexe C : Critères diagnostiques du DSM-5 pour le Trouble du Cauchemar et de l’Insomnie
Annexe D : Critères d’éligibilité pour chaque étude primaire recensée
Annexe E : Banques de données électroniques consultées et équations de recherche
Annexe F : Laboratoires contactés travaillant sur le sujet
Annexe G : Grille d’évaluation de la qualité méthodologique
Annexe H : Grille d’extraction et de codification des études primaires
Annexe I : Tableau-synthèse des caractéristiques des échantillons
Annexe J : Tableau-synthèse des caractéristiques méthodologiques
Annexe K : Tableau-synthèse des caractéristiques inhérentes aux traitements
Annexe L : Tableau d’évaluation du risque de biais méthodologique
Annexe M : Questionnaire sociodémographique
Annexe N : Entrevue diagnostique de l’Insomnie (EDI)
Annexe O: Clinician-administered PTSD Scale (CAPS)
Annexe P : Sexual Experiences Survey (SES)
Annexe Q : Nightmare Frequency Questionnaire (NFQ)
Annexe R : Nightmare Distress Questionnaire (NDQ)
Annexe S : Nightmare Effects Survey
Annexe T : Trauma-Related Nightmare Survey (TRNS)
Annexe U : Index de sévérité de l’insomnie (ISI)
Annexe V : Pittsburg Sleep Quality Index (PSQI)
Annexe W : Pittsburg Sleep Quality Index – Addendum (PSQI-A)
Annexe X : Échelle de croyances et d’attitudes concernant le sommeil (CAS)
Annexe Y : Agenda de sommeil
Annexe Z : Journal de rêves/cauchemars
Annexe AA : Autres mesures & questionnaires recensés
Annexe AB : Algorithme de traitement (récupéré de la thèse de K. Levrier, 2015)
Annexe AC : Références des études primaires incluses

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