Influence du mode de prélèvement sur les résultats de l’analyse d’urine

Influence du mode de prélèvement sur les résultats de l’analyse d’urine

BACTERIURIE 

Influence de la durée et température de conservation

L’évolution de la population bactérienne dépend des conditions environnementales dans lesquelles elle est placée. Par conséquent, la croissance bactérienne, ou encore le déclin des populations sont dus aux conditions de conservation avant culture (Padilla et al., 1981).
Afin d’obtenir une valeur diagnostique, pronostique et thérapeutique, les analyses bactériologiques doivent être réalisées sur des spécimens représentatifs de la flore de l’individu prélevé (Padilla et al., 1981). Pour des urines dont la culture est différée de la collecte, les conditions de conservation doivent permettre un maintien de la population bactérienne, afin que celle-ci soit représentative.
L’étude de Padilla et al. (1981) réalisée sur 26 chiens a pour objectif d’étudier l’effet de la durée de conservation et de la température sur la culture urinaire. Le mode de collecte n’est pas précisé dans cette étude. Les urines sont sélectionnées au hasard parmi les spécimens soumis à une analyse d’urine de routine dans le laboratoire du centre hospitalier universitaire vétérinaire de l’université du Minnesota. Les spécimens sont divisés en plusieurs aliquotes, utilisées pour différentes cultures. Les premières aliquotes de chaque spécimen sont transférées dans des tubes stériles à l’aide de pipettes stériles, et transportées immédiatement au laboratoire de microbiologie, dans lequel sont réalisées les cultures bactériennes. La bactériurie est alors considérée significative lorsque plus de 105 bactéries d’une même espèce sont présentes par millilitre d’urine, après culture de 24 à 48h. Une contamination est considérée en dessous du seuil de 104 bactéries/mL.
Les spécimens sont ensuite divisés en trois aliquotes :
– Un millilitre de chaque spécimen est transféré dans des tubes stériles envoyés au centre hospitalier du Minnesota entre janvier et février.
– Une aliquote de chaque spécimen est placée à température ambiante (21-25°C), et les spécimens sont inoculés sur le système de culture 2, 4, 6, 12 et 24 heures après la culture initiale.
– La dernière aliquote est stockée à température de réfrigération : 3-8°C, et l’inoculation à lieu également 2, 4, 6, 12 ou 24 après culture initiale.
Toutes les aliquotes sont par la suite mises en incubation aérobie pendant 24-48h entre 35 et 37°C. Les colonies bactériennes sont par la suite comptées et identifiées. Le dénombrement est ensuite comparé à celui réalisé lors de la première culture, considéré comme référence.
Les urines conservées dans un tube stérile à température ambiante subissent d’importantes modifications en ce qui concerne la flore. Après 24h de conservation, 50% des analyses présentent des faux-positifs. Lors d’une conservation avec réfrigération (entre 3 et 8°C), les changements sont moins importants. Après 2h et 6h de réfrigération, seuls 3 (11%) puis 4 (15%) spécimens voient leur population diminuer sans pour autant que ceci modifie l’interprétation de l’analyse. Après 24h de réfrigération, 17 (65%) spécimens contiennent un nombre de bactérie similaire aux urines fraiches. Sur les spécimens modifiés, seuls 2 (7%) ont entrainé des erreurs d’interprétation.
Pour les spécimens envoyés par la poste, de nombreuses modifications ont eu lieu. Les temps d’envoi étaient de 24 à 106h. Les températures auxquelles les spécimens ont été soumis ne sont pas connues. Trente-cinq pourcent d’erreurs ont été répertoriés dans cette étude.
Il est déduit de cette étude que les spécimens conservés à température ambiante ou envoyés par courrier sans être maintenus au frais ne sont pas utilisables pour une culture bactérienne. Il est fortement conseillé de réaliser une culture directement après récolte. Si ce n’est pas possible, une réfrigération doit être mise en place précocement. (Padilla et al., 1981)

Influence de la conservation à l’acide borique

L’acide borique a été utilisé durant 20 ans pour préserver l’urine en transit pour examen bactériologique en médecine humaine (Meers, Chow, 1990). En 1969, Porter et Brodie décrivent l’utilisation de cet acide à une concentration de 18g/L afin de préserver l’urine (Porter, Brodie, 1969). Bien que l’urine soit un milieu de culture, ils ont montré que l’ajout d’acide borique permettait au nombre de bactéries du spécimen de ne pas être modifié sur une durée de 48h à température ambiante. L’ion borate a en effet des propriétés bactériostatiques qui maintiennent un environnement stable pour la croissance de bactéries pathogènes en limitant la contamination du spécimen (Meers, Chow, 1990).
Peu de données vétérinaires sont disponibles pour étudier les conservateurs.
Guenther et al. (1981) ont étudié l’effet conservateur d’un kit commercial de prélèvement urinaire (B-D urine culture kit, Becton-Dickinson Co, Rutherford, NJ) contenant de l’acide borique, du glycérol et du formiate de sodium sur des urines humaines conservées 24h et 48h à 25°C. La solution permet de maintenir la concentration bactérienne stable les 24 premières heures. Ils affirment cependant qu’un tiers des spécimens voient leur population bactérienne diminuer et qu’il est donc nécessaire de faire attention lors de l’interprétation d’un résultat négatif. De plus, le résultat n’est pas satisfaisant sur 48h.Afin d’étudier l’effet de ce conservateur chez le chien, Allen et al. (1987) ont réalisé une étude sur 115 individus suspectés d’être atteints d’ITU. L’étude a porté sur le même B-D kit que l’étude de Guenther et al. L’influence de ce conservateur sur des urines stockées 72h à 4°C a été étudiée. La conservation des urines par cette méthode a été efficace durant 3 jours, soit deux jours de plus qu’avec une conservation chimique seule (Guenther, Washington II, 1981). La durée d’un envoi étant approximativement 72h, un envoi est possible en combinant réfrigération et conservation chimique.Perrin, Nicolet, (1992) ont étudié l’effet du conservateur sur des urines prélevées par miction spontanée, sondage ou cystocentèse. L’analyse a été effectuée d’une part sur des urines prélevées dans leur clinique, et d’autre part sur des urines envoyées par d’autres cliniques.Les premières sont mises en culture puis le reste est divisé en deux groupes : le premier dans un tube simple, l’autre dans un tube avec conservateur, et les urines sont par la suite mises en culture après 24h et 48H à 20°C. La référence utilisée ici est la culture sur urine fraichesLes urines envoyées par courrier sont préalablement placées dans un tube sec ou dans un tube avec conservateur. La référence est la culture des urines envoyées dans le tube avec conservateur.Il est montré dans cette étude qu’une conservation à 20°C durant 24 à 48 h dans des tubes conventionnels entraine un nombre important de faux-positifs (26% et 40% respectivement), tandis qu’aucune variation significative n’est observée dans des tubes avec conservateurs.Les mêmes résultats sont obtenus sur les spécimens envoyés par courrier : le nombre de fauxpositifs dans les tubes sans conservateurs est important (53%).
Cette étude a permis de montrer que l’ajout d’acide borique est une bonne méthode pour préserver les urines à température ambiante, et que l’emploi de tubes secs pour l’envoi par courrier est inadapté. (Perrin, Nicolet, 1992). Aucune différence n’est notée entre les différents modes de collecte.

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Table des matières

Introduction
PARTIE A : ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE Influence de la phase préanalytique sur les résultats de l’analyse urinaire
I. Influence du statut de l’animal lors du prélèvement sur les résultats de l’analyse d’urine
I.1. Influence de l’heure de prélèvement sur les résultats de l’analyse d’urine
I.1.1. Protéinurie et RPCU
I.1.2. Densité urinaire et osmolarité
I.2. Influence de l’alimentation sur les résultats de l’analyse d’urine
I.2.1. pH urinaire
I.2.2. Protéinurie et RPCU
I.2.3. Densité et osmolarité urinaire
I.3. Influence du stress sur les résultats de l’analyse d’urine
II. Influence du mode de prélèvement sur les résultats de l’analyse d’urine
II.1. Bactériurie
II.2. Hématurie
II.3. RPCU
II.4.Albumine, retinol-binding-protein (RBP), N-acetyl-β-D-glucosaminidase urinaires
III. Influence de la méthode de conservation du spécimen sur les résultats de l’analyse d’urine
III.1. Bactériurie
III.1.1. Influence de la durée et température de conservation
III.1.2. Influence de la conservation à l’acide borique
III.2. Densité urinaire et formation de cristaux
III.3. Influence de la congélation sur le sédiment urinaire
III.4. Protéines et enzymes urinaires : albumine, rétinol-binding-protein (RBP) et N-acteylβ-D-glucosaminidase (NAG)
III.4.1. Influence de la température au cours du temps sur leur concentration ou activité
III.4.2. Influence de l’inhibiteur de protéase sur leur concentration ou activité
PARTIE B : ETUDE EXPERIMENTALE Étude visant à préciser l’influence du mode de collecte des urines sur leur analyse physico-chimique et cytologique chez le chien
I. Matériel et méthode
I.1. Animaux / Spécimens
I.1.1. Critères d’inclusion
I.1.2. Critères d’exclusion
I.1.2.1. Exclusion initiale
I.1.2.2. Exclusion au laboratoire
I.1.3. Chiens sélectionnés et identification durant l’étude
I.1.4. Prélèvements urinaires
I.1.4.1. Miction spontanée simple
I.1.4.2. Miction spontanée après nettoyage de la zone uro-génitale
I.1.4.3. Cystocentèse écho-guidée
I.2. Préparation des urines
I.2.1. Transfert des urines dans les tubes
I.2.2. Délai entre collecte et analyse au laboratoire central
I.2.3. Centrifugation
I.2.4. Préparation des spécimens liquides
I.2.5. Stockage des urines entre collecte et analyses ultérieures
I.2.6. Remise en suspension du sédiment
I.3. Etapes analytiques immédiates
I.3.1. Bandelette urinaire
I.3.2. Densité urinaire
I.3.3. Examen cytologique du sédiment
I.3.3.1. Analyse préliminaire au faible grossissement (x10)
I.3.3.2. Analyse au fort grossissement (x40)
I.3.3.3. Analyse après coloration
I.3.4. RPCU
I.3.5. Contrôle qualité
I.4. Analyses statistiques
II. Résultats
II.1. Description de l’échantillon
II.1.1. Motifs d’inclusion
II.1.2. Motif d’exclusion
II.1.3. Epidémiologie de la population
II.2. Collecte des urines et description des spécimens
II.2.1. Délai entre la collecte du premier et du troisième spécimen et influence des facteurs démographiques sur le délai
II.2.2. Description macroscopique des spécimens
II.3. Influence du mode de collecte sur les résultats de l’analyse urinaire
II.3.1. Influence sur l’aspect macroscopique des urines
II.3.2. Influence sur la densité
II.3.3. Influence sur les résultats de la bandelette urinaire
II.3.4. Influence sur le culot urinaire
II.3.5. Risques relatifs de considérer le prélèvement comme hématurique, pyurique ou comme étant actif selon le mode de collecte
II.3.5.1 Influence sur la présence d’une pyurie (> 5GB/champ au x 400)
II.3.5.2 Influence sur la présence d’une hématurie (> 5 GR/champs au x400)
II.3.5.3. Influence sur la présence d’une desquamation (> 5 cellules épithéliales/champs au x400)
II.3.5.4. Influence sur la présence d’un sédiment actif (présence de l’une des quatre anomalies préalables)
II.4. Influence du mode de collecte sur le diagnostic cytologique d’infection du tractus urinaire
II.5. Influence mode de collecte sur la protéinurie, la créatininurie et le RPCU
III. Discussion
Conclusion
Bibliographie

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