Individualisme et Communautarisme à Sparte

Les Spartiates

   Les relations particulières entre la cité et son territoire n’étaient pas la moindre originalité de Sparte. La cité était en effet formée au moins de façon idéale, d’une seule classe résidant au centre et dominant une population relativement importante. Les Spartiates représentent la population minoritaire appartenant aux « Homoioi ». Ce terme vient du grec ancien qui signifie littéralement : les semblables, les Egaux. Les critères d’appartenance à ce groupe étaient particulièrement sélectifs. En effet, ils étaient considérés comme étant des citoyens libres. De ce fait pour avoir le statut de citoyen spartiate, il faut avoir des parents spartiates. En plus de cela d’autres considérations ont été imposées aux citoyens. C’est dans ce sens que Claude Mossé écrit : « mais deux autres conditions, l’une d’ordre économique l’autre d’ordre morale étaient implicitement imposées pour l’accès à la citoyenneté. » L’auteur affirme ici qu’il ne s’agit pas d’avoir des parents spartiates pour être citoyen car il faut ajouter : d’une part l’inscription à un syssition et d’autre part l’acceptation des règles de moralité et de l’éducation spartiates. Ceci revient en quelque sorte à suivre une logique imposée par les lois et les règlements de la cité. Ces conditions ne sont pas surprenantes, rappelons que Sparte avait une société qui se soumet aux lois dictées par la cité. Et tout citoyen qui ne respectait pas cette discipline pouvait recourir à une sanction qui allait même jusqu’à une expulsion de la cité. C’est dans cette logique qu’Hérodote a écrit que même les citoyens « libres, n’ont pas la liberté absolue car au-dessus d’eux est un maître, la loi.» Le corps des Homoioi est si restreint que l’estimation en nombre est différent entre les chercheurs. En effet trouver le nombre exact des citoyens spartiates était difficile à moins que ce fut inexact, de plus l’armée spartiate a eu à mener d’énorme conquêtes, si on y soustrait les pertes de vies humaines des soldats dont faisaient partie les Homoioi, le nombre n’était pas le même. Dans ce sens Hérodote donne son indication selon lui : il y avait en tout 8000 citoyens à Sparte au temps de l’invasion de Xerxès.19 Plutarque dans le même sillage voisin de l’indication donnée par Hérodote ; nous dit qu’il chiffre le nombre des Spartiates à 10000.20 Par contre Finley nous fait savoir que « les Spartiates à proprement parler ne formaient pas un groupe très important. Le plus gros contingent militaire qu’il ait jamais rassemblé atteignit cinq milles lors de la bataille de Platées, en -479.» Toutefois, retenons que quel que soit le nombre qu’ils étaient, les Spartiates (citoyens) avaient une longueur d’avance sur les autres classes sociales sur tous les plans. Pour Platon dans la République, le nombre des Spartiates de plein droit était de l’ordre de huit ou neuf mille à la fin du VI siècle correspondant à ce qu’était l’armée hoplitique des Athéniens au moment de Marathon. Dans le domaine militaire, ils sont à la tête de l’armée et tout le commandement leur revient en cas de campagne. Ces derniers vu leur statut, bénéficiaient de tous les avantages dont disposer un soldat en cas de guerre. Pour Finley, les Spartiates mâles, les Pairs étaient uniquement des soldats de métier. Ils n’avaient aucune profession autre que de devenir des soldats. Cela apparait même dans leur manière de former les soldats. Ces derniers étaient éduqués dans de nombreuses activités guerrières. Sur le plan de l’éducation, le spartiate à la naissance est soumis à une dépendance. Il est obligé de suivre une éducation conditionnée par le fonctionnement de la cité. En suivant toujours Finley il nous dit que « A sept ans l’enfant était remis entre les mains de l’Etat. L’éducation s’attachait surtout à développer la hardiesse physique, l’habilité guerrière et à inculquer les vertus de l’obéissance.» Une éducation exemplaire dans le monde grec car ces jeunes ont reçu une formation guerrière qui font d’eux des défenseurs robustes pour l’intérêt de la cité. De ce constat Sparte était devenue la cité la plus puissante de la Grèce avec son armée.

Le pouvoir royal

    Sparte, une cité qui avait toujours des difficultés pour définir sa classe dirigeante, ce qui constituait une préoccupation majeure. Même si la constitution spartiate disposait de tous les organes traditionnels du fait de leur originalité et de leurs répartitions, le fait le plus marquant était sa double royauté. Cette institution existait depuis longtemps dans certaines cités grecques mais le caractère spécial de Sparte a fait que cette royauté a connu une transformation et exerçait des fonctions essentielles sur le plan militaire et religieux.
1-Origine : Depuis longtemps les hommes éprouvent le besoin de vivre en parfaite communauté. Certains doués d’une multitude d’expériences humaines, d’une volonté d’imagination sans frontière en action, se regroupent dans un même espace. Ce souhait ne donne-t-il pas raison à Sénêque d’affirmer que « la nature appelle l’homme vers l’homme.71 Très tôt les hommes éprouvent la nécessité d’avoir un dirigeant, un chef. Cette revendication donne naissance à une institution politique qui rayonne et nécessite d’une multitude d’expérience humaine : cette magistrature est la royauté. Cependant à partir de la réforme de Lycurgue, Sparte possède deux rois qui exerçaient des pouvoirs essentiels. En plus les Grecs à l’époque avaient des liens contradictoires avec les autres formes de royauté étrangères. Les différentes crises sociales et politiques dans les cités donnaient l’inspiration à certaines cités d’inventer des meilleures formes d’organisation du pouvoir. Le choix était donc porté sur le profil d’un homme qui a la capacité de consolider l’unité entière des Grecs face aux dangers divers. Ainsi l’origine de cette royauté spartiate nous est mal connue, faute de sources, mais nous savons qu’elle a toujours existé dans les différentes cités de la Grèce antique. Il faut noter aussi que tous les peuples n’ont pas la même représentation de la fonction royale. Et le fait qu’ils soient deux à Sparte, se justifie parce qu’ils appartenaient aux deux familles royales celle des Agiades et celle des Eurypontides. En tout cas les Spartiates eux-mêmes voulaient contrôler la royauté; ils tenaient à la pureté de la naissance et à la plus grande proximité possible du roi avec la descendance directe d’Héraclès. La liaison parentale des rois avec Héraclès s’explique par des faits historiques. L’hégémonie spartiate dans le monde grec, coïncide avec le choix porté sur les descendants de la famille d’Héraclès comme dirigeants. Ces derniers avaient fusionné leurs forces dans le seul but d’aider les Spartiates à récupérer l’héritage de leurs ancêtres. Ayant connaissance de cette communauté qui avait toujours œuvré pour diriger, il est tout naturel que les Spartiates revendiquent des Héraclès comme ancêtres de leur roi. Donc disons en quelque sorte que l’origine de la royauté n’est pas connue bien qu’elle a joué un rôle remarquable dans les cités grecques. Assimilé aux dieux de l’époque primitive, le roi avait au début une fonction religieuse. Il était pour le peuple l’homme exceptionnel favorisé par la protection des dieux. En tant que divinité qui se manifeste, le roi incarnait aussi l’Eunoia (terme qui exprime la bienveillance du roi envers ses sujets et l’amour des sujets envers le roi). Le roi en personne était le véritable intermédiaire entre les dieux et le peuple. Cependant si les sacrifices ou bien si les présages n’étaient pas favorables aux Spartiates lors d’une campagne militaire, le roi intervient en sa qualité d’intermédiaire avec les divinités. Il se déplaça à travers les sanctuaires en communiquant à sa manière avec les dieux jusqu’à l’obtention d’un gain de cause. C’est du moins ce que veut expliquer le témoignage suivant de Xénophon dans les  Helléniques. Selon lui, « les Spartiates étaient accablés, et les présages ne devenaient pas favorables ; Pausanias, alors, tournant ses regards vers le sanctuaire d’Héra à Platée, implora la déesse et la supplia d’empêcher que les siens ne fussent déçus dans leurs espérances. Il l’implorait encore […], les présages fournis aux Lacédémoniens par leurs sacrifices devinrent favorables ». En effet, en partant de cette donnée qui rapproche la religion de la royauté en reconnaissant des liens entre elles, nous pouvons comprendre le fait que dans la période ancienne tous les corps ecclésiastiques étaient héréditaires. Ne connaissant exactement pas l’origine de cette forme de magistrature particulière, nous pouvons au moins analyser les fondements et les critères d’accession à la royauté primitive. Et comme aussi l’antériorité du pouvoir royal était le point sur lequel la plupart des auteurs anciens comme modernes s’accordaient, Aristote lui n’a pas hésité dans son ouvrage Politique à écrire que la royauté est comme la quatrième monarchie. Pour lui elle est caractérisée par le consentement général, l’hérédité, et sa codification par la loi.76 En se basant sur le système héréditaire du pouvoir royal et l’établissement des lois, l’auteur donne à cette royauté un statut de régime monarchique. Une position contradictoire avec la réalité de ce qui se passait à Sparte. Dans cette cité le pouvoir royal était entre les mains de deux familles. Certes le pouvoir n’était pas accessible en même temps à tous les deux mais l’un d’entre eux gérait. Pour ce qui concerne le fondement de la royauté, Aristote revient sur l’émergence des royautés « peut-être la raison pour laquelle autrefois on avait ordinairement des rois, c’est qu’il était rare de trouver des hommes d’une vertu éminente, surtout à une époque où l’on habitait de petites cités ; en outre, on instituait les rois en raison de leur bienfaisance ». A l’époque où les cités ne connaissaient pas une étendue considérable, les armées incapables d’effectuer une conquête pour se procurer des terres nouvelles, trouver un héros doué d’une capacité incontournable pour diriger se faisait rare. En effet, ceux qui avaient une certaine qualité pour défendre les intérêts de la cité, étaient choisis pour gérer le pouvoir royal. On peut donc dire que c’est par honneur que les rois étaient désignés afin de diriger l’institution à l’époque. Mais notons que le pouvoir royal nécessitait une certaine dignité pour ceux qui décidaient d’accéder à la magistrature. La moindre des choses était de remplir des conditions comme : servir avec bravoure et dignité à sa localité dans le domaine militaire, social et économique. Ainsi par reconnaissance des sacrifices à l’honneur de la cité, le peuple décida de donner à cet homme la direction de la royauté d’où l’origine. C’est ce que prouvent avec fermeté les propos suivants : « elle tire son origine d’actes de bienfaisance faits à l’endroit du peuple par les premiers de la dynastie : mécénat ou bravoure à la guerre, fondation d’une ville ou octroi de terres. Et c’est en vertu de la reconnaissance du peuple que les descendants de ces bienfaiteurs héritaient de ce pouvoir. En dehors de l’exploit dans l’armée, la capacité à créer une ville avec la distribution de terres à la population étaient nécessaire pour pouvoir prétendre être roi. Nous ne disposons pas d’information sur cette institution. Est-ce qu’elle faisait la distinction entre les classes sociales ? C’est-à-dire si seulement les citoyens étaient permis de devenir roi. Il est fort probable que les cités et plus particulièrement Sparte ne disposait pas d’une forme d’organisation sociale en ce moment. Ce que nous pouvons retenir par rapport à l’origine de la royauté, est qu’elle était une institution ancienne appliquée dans des cités grecques. Pour rejoindre la royauté, il fallait remplir un certain nombre de critères. De plus la fonction essentielle du roi était relativement religieuse. Cependant, cette forme de magistrature a connu une transformation en fonction des régimes qui se sont succédé dans la cité spartiate. Bien que l’originalité et les causes de cette double royauté à Sparte restent floues, en suivant l’explication de Platon on peut au moins avoirs une idée de son maintien. Voilà ce qu’il nous dit dans son ouvrage intitulé les Lois. « Un dieu qui prenait soin de vous et qui, en prévision de l’avenir, fit naître chez vous deux rois jumeaux au lieu d’un seul, réduisit leur pouvoir à une plus juste mesure. Après cela une nature humaine unie à une puissance divine, voyant votre pouvoir suprême encore enfiévré, mêle la puissance raisonnable de la vieillesse à la force présomptueuse de la race, en faisant voter des vingt-huit gérontes l’égal de la puissance du roi, dans les affaires importantes. Puis le troisième sauveur, voyant chez vous le pouvoir encore enflé et irrité, lui imposa comme frein le pouvoir des éphores, qu’il rapprochait du pouvoir attribué par le sort ». Pour Platon la naissance des rois est une volonté divine. Comblés d’une puissance divine, les rois disposent d’un pouvoir pour sauver leurs concitoyens dans des difficultés d’ordres sociaux et militaires. Ces différentes caractéristiques données aux rois de Sparte justifient en partie le maintien de cette forme d’institution dans la cité. Sparte reste un vestige toujours vivant de ce qu’était la royauté d’autrefois. Mais elle a subi des transformations : d’abord dans les modalités d’accession à la royauté et ensuite le rôle des rois dans le processus d’organisation sociale et politique de Sparte. Ceci nous pousse à nous interroger sur l’évolution de cette magistrature particulière.
2-Evolution : En parlant de la transformation de la royauté nous allons analyser deux faits : qui était roi à Sparte et quel était son rôle ? Ainsi les populations étaient animées par le désir de reconstruire leur cadre de vie, d’avoir des institutions solides. La naissance de nouvelles grandes cités éprouve le besoin de se regrouper dans une communauté. C’est du moins ce que résume Glotz en ces termes « Des nécessités d’ordre économique et militaire contraignirent successivement les familles à se grouper en phratries, puis les phratries en tribus, enfin les tribus en cité ». Les Spartiates ont donc compris que la vie en communion est la seule solution de vaincre des problèmes liés à l’organisation politique et sociale. Cependant, cette forme de royauté ne disparait pas entièrement dans la circonscription institutionnelle mais s’adapte au nouveau système instauré à Sparte. Au début l’accession au pouvoir royal nécessitait des actes héroïques en guise de récompense. Il fallait au moins être distingué parmi tant d’autres dans les affaires communes de la société afin d’être roi. En ce moment les institutions n’avaient pas des fondements solides. En plus dans les familles, le père était le responsable du foyer. Pour ce qui est de la fonction des rois, le rôle religieux primait sur les autres. Etant l’intermédiaire entre les dieux et la population, le roi à l’époque était au cœur des sacrifices, des présages avant-guerre. En effet, la particularité de Sparte a fait que cette institution n’est pas accessible à tout le monde. En ce qui concerne la royauté, Sparte possédait deux rois issus de deux familles royales celle des Agiades et celle des Eurypontides. Dans leur fonction, les rois exerçaient conjointement des pouvoirs essentiellement militaire et religieux. Le roi n’avait pas d’autre tâche que d’être un stratège pour les Spartiates. Ce qui lui donnait le grade de commandant chef en campagne, même s’il était soumis à la surveillance des éphores. L’accession au trône était héréditaire c’est-à-dire que le pouvoir royal se transmettait au plus proche descendant des deux familles, de père en fils en respectant le droit d’aînesse. Néanmoins les Spartiates avaient interprété de manière libérale cette forme de succession. En plus de cette fonction militaire, les rois spartiates avaient des fonctions religieuses. Prêtres héréditaires, ils assuraient aussi le sacerdoce des dieux et présidaient tous les sacrifices à l’honneur du public. Ils consultaient fréquemment l’oracle de Delphes et géraient les nombreux sacrifices exigés pour une campagne militaire. Quelles sont donc les fonctions des rois dans la cité ?

L’éducation des jeunes garçons

   Pour faire face aux menaces diverses des cités de la Grèce, Sparte misait sur l’éducation des jeunes comme arme. En attachant une importance capitale à cette formation, Lycurgue avait beaucoup investi dans le développement des jeunes garçons. Sparte une cité oligarchique, présente une originalité remarquable dans tous les domaines. En ce qui concerne l’éducation des garçons qui dure des années, elle visait à mettre les jeunes au service de la communauté. Tous les systèmes éducatifs et les modes de vie participent à conserver une armée technique toujours prête à combattre lors d’une attaque. C’est comme du moins ce qu’explique (H) Michell pour qui l’éducation était dirigée entièrement vers deux objectifs : l’aptitude physique et l’obéissance. L’essentiel était d’avoir une préparation complète à la guerre. Le jeune spartiate consacre sa vie à la discipline de l’Etat. La formation pédagogique qu’il reçoit, se faisait en trois étapes : le nouveau-né, l’adolescent et le jeune soldat. Ainsi ce « qu’on nomme à Sparte l’agôgé, c’est-à-dire le dressage commun imposé par les lois aux futurs citoyens, repose sur un fond primitif d’institutions ou de tout temps ceux qui comptaient dans la tribu étaient encadrés et formés ». En treize ans de formation, les jeunes sont obligés de franchir des étapes pour devenir des citoyens. Mais la particularité est que tous les jeunes ayant rempli les conditions physiques et morales sont contraints de suivre la formation organisée par la cité. Sparte a donc l’obligation de préparer rigoureusement et de bonne heure l’enfant à accomplir ses exigences dans la cité. Dès sa naissance, le jeune garçon était mis à la disposition de l’autorité étatique qui est en charge de l’examiner. S’il présente des caractères physiques normaux, c’est-à-dire s’il ne montre pas des signes d’handicapes et de maladies, il est remis à sa mère jusqu’à l’âge de sept ans moment idéal choisi par la cité pour commencer la formation. Dans le cas contraire, c’est-à-dire si l’enfant est né avec une handicape qui pouvait l’empêcher de devenir un soldat, il était banni et exposé aux dévorateurs à la sortie de la cité. Ainsi « le nouveau-né appartient à l’Etat, qui ordonne de le jeter dans les ordures pour servir de nourriture aux rapaces, s’il présente quelque malformation physique pouvant le rendre inapte à la vie militaire, pour la défense de l’Etat ; sinon il est rendu aux parents jusqu’à l’âge de sept ans, l’Etat le reprend alors et l’enrôle dans l’agôgé, où il subit un entraînement d’une dureté inhumaine et qui fait fi de la formation intellectuelle : endurance, courage et obéissances » . Ce n’est pas seulement quand l’enfant n’a pas le caractère physique qu’il est jeté à l’ordure mais aussi lorsque les parents ne pouvaient pas l’élever et on prétend qu’il peut être recueilli par un autre. Bien vrai que la commission des Anciens jugeait qu’il valait mieux pour lui-même et pour l’Etat de ne pas le laisser vivre, du moment qu’il était handicapé dès sa naissance. Après s’être déclaré sain, le jeune garçon commence à s’acquitter de son devoir envers l’Etat en lui donnant toute sa vie. Le jeune spartiate devait être nationalisé, il appartenait à la communauté plus qu’à ses parents. Il était éduqué collectivement par la cité dès l’âge de sept ans coïncidant avec la première phase de la formation. Dépourvu de tout confort, ils (les jeunes garçons) deviennent des Spartiates rigoureux en subissant des épreuves physiques extrêmes. Collectivement, les jeunes bénéficiaient à travers des exercices physiques comme la gymnastique, le combat, des jeux, d’une bonne formation morale, civique et militaire. Elle visait à leur inculquer l’endurance physique, les techniques militaires et surtout l’obéissance. Ces jeunes vivaient ensemble dans une caserne, apprenant ensemble la camaraderie. Notons que Sparte était une cité exclusivement militaire, raison pour laquelle sa préoccupation majeure était de construire son futur défenseur. Ainsi, le Spartiate lui-même est né soldat et n’avait aucune tâche que la guerre. Confiés à une commission que Marrou qualifie de commissaire à l’éducation nationale, les jeunes appelés pais, étaient divisés en bandes (agélaï) et ils s’habituaient à jouer et à travailler ensemble. La formation initiale commence par certains exercices rudement appliqués par les jeunes appartenant à la même troupe. A cela s’ajoute l’éducation intellectuelle qui s’apaisante sur la lecture et l’écriture. Delà ils commencent à apprendre l’histoire légendaire de la cité c’est-à-dire ses exploits sur le plan des conquêtes mais aussi l’héroïsme des hommes qui ont servi avec dignité la cité. En apprenant l’écriture, les jeunes maitrisaient les différentes langues de la cité. Comparé avec l’organisation des armées actuelles où chaque troupe est dirigée par capitaine, sparte en disposait aussi. Chaque groupe de jeunes garçons avait à sa tête un chef choisi parmi les jeunes les plus ardents en combat. Ses ordres étaient aussi respectés que ceux d’un roi de Sparte ou bien des sanctions s’en suivaient. C’est pour cette raison que l’éducation était comme nous le dit Plutarque le fait d’apprendre l’obéissance. Lors de la deuxième phase de la formation c’est-à-dire à partir de douze ans, les jeunes sont soumis à d’autres exercices plus sévères. Pour les Spartiates l’adolescence est un moment critique où les jeunes pouvaient dévier le droit chemin. Il faut donc faire la police tout le temps pour transmettre les valeurs d’un groupe dirigeant. L’enfant à sa puberté (appelé Irène) est considéré comme particulièrement difficile, il était surveillé à tout moment de la journée. Il portait un manteau comme un vêtement historique pendant toute l’année. Les exercices physiques donnés aux jeunes, participaient à nourrir la fatigue dans leurs corps et leur permettaient de s’habituer à ses faits une fois en campagne militaire. Ils marchaient les pieds nus en laissant apparaître la saleté envahir leurs corps. Prendre le bain ne faisait pas partie de leur dictionnaire sauf pour quelques jours de l’année. En plus de cela ils ne bénéficiaient pas des soins sanitaires, histoire de leur apprendre la vie dure. Pour Pierre Roussel, « le passage de l’enfant à l’adolescence se plaçait vers seize ans à l’époque de la puberté, et les adolescents, qualifiés du nom général d’irènes. Ils passaient par des initiations successives qui prenaient la formes d’épreuves d’endurance et qui étaient marquées par des douces et des mascarades que nous trouverons comme un élément essentiel dans les fêtes de Sparte ». L’auteur n’a fait que confirmer le passage d’une étape à une autre avec le durcissement de la formation. Et certains de ces exercices sont des éléments utilisés lors des fêtes dans la cité. Il y rajoute « une dernière épreuve, la plus étrange à coup sûr pour notre mentalité, précédait le moment où le jeune irène allait compter parmi les hommes faits. C’est la fameuse cryptie sur laquelle on a tant discuté ». Promus à devenir des futures soldats, les jeunes à cette âge vont pouvoir passer de la théorie à la pratique. La cryptie, une des horribles exercices lors de la formation militaire des jeunes, était une pratique des dernières phases de l’éducation. Rappelons que les relations entre les Egaux et les Hilotes étaient des fois tendues, ces derniers manifestaient leur mécontentement contre la cité pour l’obtention d’un meilleur traitement. Ces révoltes ayant créé des désaccords auprès des Egaux, permettent à la cité de prendre des mesures. Les Hilotes majoritaires et robustes, étaient sous surveillance de la cité qui craignait un soulèvement catastrophique. Il y arrivait souvent qu’en partant pour une guerre, la cité déployait quelques soldats dans la cité en charge de garder Sparte contre les Hilotes en attendant le retour des autres soldats. Ainsi pour imposer sa domination envers cette communauté de paysans, des mesures sont alors prises. Ce ne sont pas des mesures trop catégoriques qui font expulser les Hilotes du territoire car ils étaient les détenteurs de l’économie de Sparte. Cependant ceux qui étaient loyaux envers les Spartiates ont reçu de meilleurs traitements. Toujours dans sa politique de contrôler les Hilotes, la cité a autorisé la cryptie. Elle était une pratique l’égale selon les lois qui permettait de former l’enfant à l’horreur, à la mort. Cela pouvait extraire chez les jeunes toute crainte face à une menace d’ordre militaire. Le divertissement était aussi une chose importante pour les jeunes car c’était un moyen de distraction. A part la vie familiale dans les casernes, il y’ avait des exercices de musiques, de danses et de jeux qui accompagnaient les jeunes dans l’éducation guerrière. Ces activités de loisirs répondaient aux exigences des lois de la cité car seule la musique religieuse ou guerrière était autorisée parmi les arts parce qu’elle renforce l’éducation patriotique. En pratiquant ce genre de musique, les jeunes peuvent à travers apprendre les vraies valeurs d’un spartiate. Elles permettaient aux jeunes de croire à sa religion, à ses exploits personnels et à la réalité. Spartiate. Ne connaissant pas la vie luxueuse, les jeunes à la tombée de la nuit rejoignent leurs dortoirs construits de plantes connus sous le nom de lycophons qu’ils mêlaient à leurs paillasses. Ils marchaient les pieds nus sans chaussures à l’intérieur de la caserne et pendant les manœuvres. Ce phénomène était pour le législateur un bien fait pour les jeunes utile en fortifiant les pieds mais aussi pour faciliter aux jeunes de grimper. Mais l’exercice qui paraît le plus difficile est celui qui donne aux jeunes une maigre ration alimentaire. Avec toute l’énergie que dépensaient les jeunes garçons lors de la formation, à la fin de la journée, ils recevaient une petite nourriture. Ainsi cela ne les affaiblit pas ? En tout cas ce n’est pas ce que pense le législateur. Selon lui en leur donnant un peu de nourriture, ils avaient l’habitude de se conformer au travail physique sans pour autant se soucier du repas quotidien. Ils passaient tout leur temps aux exercices en jeûnant. En plus pour lui la meilleure façon de se tenir en bonne santé c’est de manger peu et de faire du sport. Donc de par ce régime alimentaire l’accroissement des jeunes étaient plus rapide, le corps grandit alors librement et aisément. Lycurgue en plus d’être un législateur dans la cité, il a aussi aidé les jeunes à se maintenir en bonne santé et d’avoir un accroissement considérable. Mais pour moi la position du législateur est contre le maintien de la santé. Nous savons qu’après autant de forces fournies dans la journée, pour se maintenir en bonne santé il faut manger beaucoup et bien. Disons que cette maigre nourriture que la cité donnait aux jeunes peut être justifiée par le nombre des jeunes. Etant nombreux dans la caserne, la cite n’avait pas les moyens nécessaires pour assurer leur restauration en abondance ou du moins ça fait partie de la formation qui cherche toujours à mener la vie extrêmement dure à ces jeunes futures défenseurs de la cité.

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Table des matières

Introduction
Première partie : Présentation de Sparte
Chapitre I : l’organisation sociale de Sparte
Chapitre II : Lycurgue et ses Institutions à Sparte
Deuxième partie : La Royauté à Sparte
Chapitre I : Le Pouvoir Royal
Chapitre II : La Fonction des Rois
Troisième partie : La Communauté spartiate
Chapitre I : L’éducation des Spartiates
Chapitre II : Le fonctionnement
Conclusion
Bibliographie

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