IMPACTS DE LA DEGRADATION DES SOLS

Trame géologique

   « L’inventaire des ressources en eaux souterraines appelle une bonne connaissance des réservoirs potentiels. L’étude géologique profonde repose sur les coupes des forages pétroliers, des forages d’eau et des sondages de reconnaissance des ponts » Saos et al, (1987). Si l’on arrête le quaternaire sur le niveau latéritique de la base des plateaux, les argiles jaunes, épaisses de 30 à 40 m classées dans le Continental Terminal seraient du miopliocène. Le faciès est nettement argileux à Diouloulou et devient progressivement limoneux puis sableux vers le sud-est en direction de Bignona. En dessous on trouve des argiles grises, des argiles sableuses, des sables argileux et des sables gris sur plus de 100 m d’épaisseur. Notre zone d’étude est dépendante de la géologie de Baila. Ainsi les formations y obéissent les mêmes caractéristiques. « Ces formations grises argilo sableuses ont un âge qui varie de l’éocène supérieur à l’olégo miocène » Saos et al, (1987). Un horizon sableux, absent au nord- ouest (Diouloulou) se développe en direction sudest pour atteindre 30 m d’épaisseur partir de Baila. La coupe sableuse est à la profondeur de 100 m. Elle repose sur des argiles où des argiles sableuses grises du l’éocène supérieur. Sous la série argilo sableuse grise on trouve des calcaires du lutétien de moins de 140 m à moins de 350 m à Balondine avec des intercalations marines de moins de 220 à moins de 295. Les faciès sont nettement calcaires à l’amont du bassin (Kandiadiou) ou des calcaires marneux au nord de Balondine, en direction de Gambie. Toujours dans l’éocène on trouve à la base des calcaires des argiles ou des marnes qui isolent une nouvelle série de calcaire appartenant au paléocène. L’épaisseur de ces calcaires varie de 90 m à Balondine à moins de 220 vers Gambie .Sous les calcaires du paléocène débutent les sables argileux du maestrichtien (-480m à Balondine, -600m à Kandiadiou qui passent à des sables aquifères à Balondine de moins de 600 m à moins de 880 m. L’ensemble du maestrichtien à prés de 1200 m d’épaisseur. Les faciès sont plus argileux vers le nord. Pour mémoire nous citons que les calcaires et les grés de l’aptien ont été reconnus à moins de 3550 m, Luis berger en (1980). Le marigot de Baila situé au nord de la communauté rurale de kartiack coule suivant la direction Nord de 50°C qui est celle de la plus grande pente, mais avec des décrochements liés à la direction Nord de 130°C. Le « lit s’élargit et les marigots adjacents se développent suivant la direction Nord de 130°C. Or au début il peut exister une compression orientée Nord de 130°C accompagnée d’une tension Nord de 130°C .Cette observation a son utilité pour l’implication des forages profondes sur les fractures ouvertes » Luis berger, (1981). L’affaiblissement progressif vers le sud-ouest confirme la tendance continue à la subsidence de la basse casamance. Selon Luis Berger, (1981) il en découle que la morphologie aquatique de la basse Casamance a bien plus une origine tectonique qu’une origine climatique. A l’aval de la Casamance les cours d’eaux, à la recherche d’un niveau de base fuyant, disposent leurs sédiments qui ne sont jamais drainés. Ainsi les marigots tels que ceux qui bornent la communauté rurale au nord et à l’ouest incisent le fond des talwegs.

L’élevage de volailles

   L’élevage de la volaille est plus extensif que celui du bovin. Cependant il gaspille moins les cultures que les bovins. La volaille détruit uniquement les nouvelles semences. Lorsque celles-ci sont en cours de maturation, la volaille Pert la puissance de destruction contrairement aux bovins qui gaspillent du début à la fin des cultures. La volaille est l’affaire de tous. Dans les maisons chaque membre a au moins une paire de volaille .Sont développement est entravé par la cherté des aliments.
• L’élevage de porcs : Ce type d’élevage est encore faible. Il est surtout pratiqué à kartiack par une minorité de populations catholiques. Leur alimentation insuffisante entrave leur développement
• L’élevage des abeilles : Les importantes ressources forestières offrent à la communauté rurale la possibilité d’appliquer ce type d’élevage. La continuité de ce type d’élevage est entravée par le phénomène de déboisement remarqué dans cette collectivité locale. Cependant il se développe timidement à Bessire .On y note quelques progrès avec l’introduction de ruche moderne.

Erosion éolienne

  Les sols sont aussi très sensibles à l’érosion éolienne du fait de leur nature, la topographie, du déboisement auquel les formations forestières ont été soumises. Elle constitue également un des facteurs qui intervient dans la perte de productivité des terres. Cette érosion se traduit par un transport de particules fines entraînant ainsi une baisse de la fertilité des sols et endommageant les semis et les jeunes plantes. Elle occasionne des pertes de terres allant de 0,8 tonne par hectare et par an en milieu forestier à 4,88 tonnes, 7,31 tonnes, et 21,28 tonnes respectivement sur sol en jachère courte (moins de cinq ans), sol en culture et sol nu Charreau et Nicou, (1971). Elle est surtout accentuée dans la communauté rurale de kartiack par les défrichements. Elle intervient en période hivernale et prend de la force pendant la saison des pluies. Le déplacement des particules et fonction de la vitesse, de la fréquence du vent ainsi que de la taille des particules à transporter. Les sols les plus sensibles à l’érosion éolienne sont les sols fins. A l’instar de la région, la zone présente des sols argileux au niveau des bas-fonds et des sols à grande granulométrie. Ainsi l’intervention du vent dans la dégradation des sols est très faible. Cependant le flux de vent de la période de l’hivernage parvient à arracher des toitures à terrasser des maisons. D’ailleurs en 2008, le village de Bessire est confronté à cette situation d’où leur initiative de construction d’une ceinture verte de palétuviers au tour du village à partir du six au seize août 2009. Selon les paysans interrogés le vent n’a pas d’effet significatif dans la dégradation des sols par rapport aux autres facteurs déjà cités, au niveau da la communauté rurale de Kartiack. La région va progressivement tendre à la dégradation des sols par le vent si la destruction de la couverture végétale s’intensifie. En somme, la combinaison de ces deux formes d’érosion entraîne également l’ensablement des vallées rizicole (voir photos 10 et 7) particulièrement dans le département de Bignona. Dans la zone d’étude l’érosion hydrique est énumérée comme un des facteurs qui contribue largement à la dégradation des sols .Cependant l’érosion éolienne n’est pratiquement pas mise en cause par les populations interrogées de la zone d’étude.

Les labours

   Dans cette collectivité locale, le labour consiste principalement en la construction de billon de 20 à 100m de hauteur (voir photo13). Il repose essentiellement sur l’utilisation du « Kadiandou » qui est un instrument typiquement diola (voir photo13 et 14). Cette technique semble avoir pour conséquence, la faible teneur des sols en matière organique. Les paysans essaient ainsi de concentrer sur le sommet des billons la totalité de l’humus de la rizière. Le billonnage permet aussi un meilleur lessivage des sols salés, une protection contre les mauvaises herbes et contre les poissons. Mais selon certains paysans enquêtés, le labour profond à l’aide du « Kadiandou »favorise une importante accumulation du sel au niveau des sillons. C’est ce que confirment la plupart des cultivateurs de la Communauté rurale. Ainsi certains sollicitent d’autres matériaux de culture pas pour remplacer mais plutôt pour alterner.

Exploitation forestière

   Les forêts et les zones boisées jouent depuis toujours un rôle essentiel dans la survie. Le suivi à long terme de l’évolution du couvert forestier implique la collecte et l’analyse d’une grande quantité de données qui ne s’avèrent pas toujours constantes ou comparables. Cela est une tâche d’autant plus difficile du fait qu’il existe diverses définitions de ce qui constitue une forêt GIEC, (2000); PNUE, (2001) ; Matthews, et Murray, (2001). Les forets peuvent se définir en termes de catégories administratives, d’utilisation du terrain ou de couverture du terrain (GIEC 2000). Tous les 10 ans, l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en collaboration avec le PNUE et la commission économique pour l’Europe (CEE), publie une évaluation des forêts mondiales. Cette évaluation désignée comme forêt, les terres avec un couvert végétal arboré excédant 10% et d’une superficie supérieure à 0,5 hectare. Les arbres devant être capables d’atteindre une hauteur minimale de 5 mètres. Un couvert arboré de 10% minimum peut comprendre des terres susceptibles d’être considérés comme zones boisées, savane, où maquis Matthews, (2001). Il est important de noter que les «événements naturels et les activités humaines affectent différemment les forêts à couvert dense ou clair. Les forêts couvrent environ 30 pour cent de la surface du globe et sont réparties à 56 pour cent en forêt tropicale et subtropicale (et en zones boisées) et à 44 pour cent en forêt tempérées et boréales. A l’exception de 5 pour cent de plantations forestières toutes sont des forêts naturelles (FAO ,2001) .On estime que depuis l’époque préagricole, la couverture forestière a diminué d’au moins 20 pour cent, voire de 50 pour cent (PNUD, PNUE, banque mondiale et WRI, 2000). La couverture forestière totale en Afrique était estimée à près de 650 millions d’hectares en 2000, soit l’équivalent de 17 pour cent de la couverture forestière mondiale et environ 22 pour cent de la surface totale de l’Afrique. La région possède 14 types différents de forêts dans les climats tempérés et tropicaux. L’étendue du couvert forestier varie d’une sous région à une autre. Les forêts tropicales humides d’Afrique font vivre environ 1,5 millions d’espèces (CMSE, 2000) dont dépendent à leur tour les communautés locales en termes de nourriture, d’abri, d’ustensiles de vêtements et de besoins médicaux. En Afrique de l’ouest, plus de 60 espèces sauvages sont couramment consommées. Ces réalités n’excluent pas notre zone d’étude. La viande de brousse (principalement petits animaux et invertébrés) y est consommée. La viande provenant de la forêt présente un supplément protéinique traditionnel à la nourriture des communautés locales (FAO, 1995). L’utilisation la plus importante est liée aux besoins d’énergie domestique, principalement le bois, et le charbon de bois. Le bois de chauffage a toujours été très exploité dans la communauté rurale de Kartiack comme dans le reste de la communauté diola. Selon les populations interrogées, cela s’explique d’une part par le fait de la cherté de la vie, d’autre part, par le fait des dangers que portent les autres usages industriels. L’augmentation de la population en relation avec la sécheresse des années 1970 a pour conséquences un accroissement de la consommation en bois de chauffe. D’ailleurs depuis une décennie l’essentiel de la production de bois de chauffe provient des régions administratives de Tambacounda et de Kolda pour l’approvisionnent des centres urbains comme Dakar. En effet trois périodes 1940-1947/ 1972-1982/ et 1995-1997 déterminent la recrudescence de la production. La région de Ziguinchor est l’une des régions à production de charbon relativement forte du début des années 1980. Et Kolda est celle qui carbonise la plus grande partie du bois contrôlé pendant la période 1993-1997(CSE, 2009). Les régions productrices sont situées au sud où les ressources ligneuses forestières sont encore disponibles. La plus grande partie de la production locale provient de trois espèces : le cailcédrat (Khaya senegalensis), dimb (Cordyla pinnata) et linke (Azelia africana). Le Bombax costatum ou kapokier est très exploité. La production locale reste inférieure à la demande MEPN, (1998). Parmi les autres ressources récoltées dans la forêt : fruit, légumes, les matériels de constructions les produits médicaux et le miel sont utilisés par les ménages ou échangées officieusement entre villageois. Ce pendant une importance de plus en plus grande doit être accordée aux forêts et à ses fonctions ainsi qu’à la nécessité d’exploiter les produits forestiers sur une base durable afin de les préserver FAO, (1999). L’exploitation forestière abusive et anarchique provoque en premier lieu la disparition de nombreuses espèces végétales et animales ce qui réduit la biodiversité des milieux. L’exploitation des sols nus accroît considérablement l’érosion. Celle-ci conduit à une perte de la fertilité, alors une inexploitation. Le ruissellement augmente et engendre des glissements de terrain et des crues fréquentes et rapides dévastatrices en aval des surfaces déboisées. Les eaux chargées de particules argileuses abandonnent leurs charges dans les cours d’eaux ce qui provoque l’ensablement du lit des rizières notamment au niveau des barrages et aussi au niveau des plateaux. L’action de l’eau sur les sols nus entraîne souvent le développement d’une curasse latéritique sous forme d’une couche superficielle dure. Enfin la destruction de grandes zones forestières peut modifier localement le climat avec un réchauffement des sols et une réduction des précipitations. Le défrichement par brûlage gaspille une part importante de bois et représenterait une source importante du dioxyde de carbone rejeté par le feu.

La méconnaissance ou le non respect des dispositions réglementaires et législatives

   La création de nouveaux réseaux et surtout l’exploitation anarchique porte atteinte forcément aux ressources naturelles et humaines. L’aménagement à pour conséquent d’instaurer un nouvel ordre qui disloque l’équilibre de l’environnement. Les populations locales qui avaient un attachement très fort à la terre pour des raisons culturelles ont tendance à changer de comportement à l’égard du milieu. Les pratiques agricoles nouvelles leurs exigeraient conversion. Ce fait accentue le processus de désagrégation du système d’utilisation de l’espace et de ses ressources. Ainsi on ne voit plus la viabilité du maintien de la nature dans beaucoup de régions. En effet, les forêts sont des espaces finis. Les spéculations foncières se font sans considération du principe de patrimoine commun. Les structures traditionnelles reposent leurs autorités sur une utilisation soutenable des formations végétales et du sol au sens large. La gestion des ressources naturelles est l’organisation dans le sans durable de ces ressources. Avec l’évolution régressive des ressources naturelles et l’accroissement de la démographie dans la zone, le non satisfaction des besoins liée à la supériorité de la demande sur l’offre en ressource impose désormais une codification rigoureuse de l’exploitation de ces dernières. En considérant le droit traditionnel de gestion pour envisager son intégration dans le droit moderne ou lui donner une légitimité. Alors furent élaborées les règles internes de gestion des ressources naturelles qui se situent dans ce cadre et constituent une transition entre la gestion traditionnelle endogène et la législation forestière rigoureuse. Des lacunes ont été notées dans la compréhension et la maîtrise des textes régissant la gestion décentralisée des ressources naturelles. Les populations ne semblent maîtriser ni leurs droits, ni les prérogatives des élus locaux au regard de la loi. Il n’est pas rare de voir, d’entendre un membre des communautés locales réclamer le droit d’assister aux sessions du CR, ce qui est déjà acquis à travers l’article 225 de la loi N°96-06du 22 mars 1996 portant code des collectivités locales. Le même article établit également le droit pour tout habitant de la CR de consulter le registre des procès verbaux des délibérations. Il est apparu que beaucoup de CR omettent d’afficher les comptes rendus de séances comme la loi leur en fait obligation. Les échanges ont fait ressortir que cette omission découle plus de l’ignorance des textes ou de la négligence que d’une volonté délibérée de dissimulation. Il y’a souvent confusion entre légalité et légitimité du fait d’un déficit de formation pour les élus locaux et d’un manque d’informations pour les populations. Ces dernières reprochent parfois au CR de financer des activités de jeunesse et loisirs alors que rien n’est fait pour fournir des intrants suffisants aux agriculteurs dont l’activité est plus importante pour la vie des populations. Parmi ces problèmes on peut ajouter la non visibilité des services de contrôles et de gestion des ressources naturelles dans la communauté rurale de Kartiack. Selon les populations il y’a absence de comité d’accompagnement et technique pour la formation concernant les pratiques agricoles et la gestion des ressources naturelles ainsi que l’insuffisance des campagnes de sensibilité sur les effets qu’entraînent les pratiques agricoles non appropriées et la surexploitation des ressources naturelles en général. C’est ainsi que des mesures rigoureuses sont envisageables pour l’utilisation rationnelle et la gestion durable des ressources naturelles d’autant plus que ces facteurs favorisent largement la dégradation des sols

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Table des matières

Introduction générale
Première partie : Présentation de la zone d’étude
Chapitre I : Caractéristiques physiques
I.I Le climat
I.II Le relief
I.III Trame géologique
I.IV Le sol
I.V Les ressources en eaux
I.VI Les ressources végétales
Chapitre II : Le cadre humain
II.I Le peuplement
II.II Structure de la population
II.III L’accès à la terre
II.IV La gestion de la terre
Chapitre III : Les activités de productions
III.I L’agriculture
III.I.L’arboriculture fruitière
III.I.2 La culture de rente
III.I.3 Les cultures vivrières
III.II L’élevage
III.III La pêche
III.IV Les ressources forestières
Deuxième partie : Les facteurs de la dégradation des sols
Chapitre I : Les facteurs naturels
I Dégradation des sols
I.I Erosion des sols
I.I.1L’érosion hydrique
I.I.2 L’érosion éolienne
I.II Salinisation des terres
I.III Acidification des terres
Chapitre II : Les facteurs anthropiques
II.I Les pratiques agricoles
II.I.1 Les labours
II.I.2 La fertilisation des sols
II.I.3 La jachère
II.I.4 Le défrichement
II.II La déforestation
II.I.1 Les feux de brousses
II.I.2 Exploitation forestière
II.III La méconnaissance ou le non respect des dispositions réglementaires et législatives
II.IV Les travaux de construction dans la boucle de Blouf
Troisième partie : Les impacts de la dégradation des sols
Chapitre I : Les impacts environnementaux
I.I Au niveau des eaux
I.II Au niveau des sols
I.III Au niveau de la végétation
Chapitre II : Les impacts socio économiques
II.I Sur l’agriculture et l’élevage
II.II Sur la pêche
II.III Les effets socio économiques de la dégradation des sols
Chapitre III : Stratégies de lutte contre la dégradation
III.I Stratégies traditionnelles de lutte
III.II Stratégies modernes de lutte
Conclusion générale

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