IMPACTS DE LA CECAM SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA COMMUNE RURALE DE BETAFO

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Dégradation du système de production agricole

Aujourd’hui encore, les campagnes malgaches continuent toujours de s’engouffrer dans une pauvreté extrême. Selon le Fonds monétaire international, 71% de la population malgache vivent en- dessous du seuil de pauvreté, soit un dollar par jour (Banque Mondiale, Profil de Madagascar, 2004). Mais, ce qui est plausible c’est qu’actuellement, on assiste de plus en plus à la paupérisation des paysans. Ils sont marginalisés à tous les points de vue : économique, social, politique, culturel.
Maintenant, avec la dégradation continuelle du système de production agricole dans la Commune rurale de Betafo, les populations locales sont très sceptiques quant à l’amélioration de leurs conditions de vie (augmentation de revenus monétaires, augmentation du taux d’accès à l’éducation des enfants et aux soins sanitaires de base, etc.).
Cependant, de ce constat, se pose la question de savoir si un jour la situation va s’améliorer, et que les paysans seront enfin satisfaits de leur production agricole. En tout cas, la question la plus pertinente et réaliste est de se demander quels sont les facteurs qui entraînent cette dégradation du système agricole dans l’ensemble des campagnes malgaches. A partir des réponses à cette question, on pourrait peut-être trouver quelques éléments de réponse à cette crise.
Il importe de signaler toutefois que la Commune pratique toujours des activités agricoles, malgré leurs difficultés. Le District, en plus d’être rural, est plutôt à vocation agricole.
Le secteur agricole tient toujours une place très importante dans le fonctionnement des sociétés rurales. L’agriculture ne constitue pas en réalité une source principale des revenus. A cet égard, il importe de signaler que la société rurale malgache demeure toujours dans l’économie traditionnelle d’autosubsistance. D’où l’importance de la culture de riz (puisqu’il constitue la principale alimentation des Malgaches).
La première cause de la dégradation du système de production agricole réside, d’abord, au niveau des infrastructures de production. Les infrastructures agricoles sont insuffisantes. Les outils et techniques demeurent encore traditionnels. Les principaux techniques et outils de travail sont l’homme, la bêche, et les bœufs. Il faut noter, par ailleurs, l’absence de barrage d’irrigation, l’insuffisance de personnel d’encadrement et la réduction du temps de culture, en raison des problèmes de maîtrise d’eau.
Puis, la production agricole se trouve confrontée aux problèmes fonciers ; les litiges fonciers entre les héritiers, mais également entre les voisins diminuent souvent la capacité de production des deux parties. Ce problème se traduit par d’énormes pertes en temps de travail ; au lieu de s’occuper des champs, ils consacrent la majeure partie de leur temps et de leur argent pour faire le « va et vient » au tribunal. De plus, l’insuffisance des terres cultivables rend encore les choses plus difficiles. Les paysans ne peuvent occuper que de petites parcelles de terre (50 à 60 ares par ménage).
Une cause très importante encore concerne les difficultés des paysans à accéder aux crédits agricoles. Confrontés à des problèmes de manque de revenus monétaires, ces paysans n’arrivent pas à améliorer leurs productions. Ils ne peuvent pas acquérir de nouvelles terres cultivables ni des matériaux perfectionnés (engrais chimiques, semences sélectionnées…).
Enfin, les mauvaises conditions climatiques telles que l’instabilité de la pluviométrie, cyclones, inondation, sècheresse pèsent énormément sur le système de production agricole.
En général, les facteurs de blocage dans le secteur agricole sont :
– insuffisance de la mécanisation dans l’agriculture .
– manque de capital financier pour l’investissement agricole .
– faible évolution des techniques culturales .
– dégradation des barrages d’irrigation et pour la maîtrise de l’eau .
– insuffisance de marchés pour écouler les produits agricoles .
– mauvais état des routes .
– autosuffisance alimentaire non assurée au niveau de la production agricole locale .
– les produits agricoles ne peuvent pas assurer l’autosuffisance alimentaire locale.
Bref, toutes ces calamités affectent grandement le système de production agricole locale. Mais, ces paysans continuent encore à vivre cette situation. D’où un cercle vicieux dans leur lutte pour le développement économique et social. C’est-à-dire, la dégradation du système de production engendre le manque de revenus chez les paysans, mais à l’inverse, l’insuffisance de revenus ne permet pas des investissements dans le secteur productif.

Sources de revenus

L’agriculture, l’élevage, le commerce constituent des sources de revenus d’un ménage rural. Mais en général, les revenus des ménages proviennent essentiellement de l’agriculture. D’ailleurs, les sources de revenus ne sont pas diversifiées. Pourtant l’augmentation des besoins en revenus monétaires devient de plus en plus pressante dans la Commune rurale de Batafo. En effet, pour acquérir un peu plus de revenus, les paysans doivent être mieux lotis et être en mesure de produire en surplus et de commercialiser. Pourtant, ce n’est pas le cas. Ils ne possèdent que des miettes de terres cultivées. La meilleure stratégie afin d’améliorer leurs revenus est de diversifier leurs sources de revenus.
Toutefois, se pose un autre problème. L’emploi salarié comme main-d’œuvre agricole et considéré comme une activité secondaire ne représente un grand intérêt que pendant les périodes de grands travaux agricoles, c’est-à-dire au moment des labours (préparation de champs, semis) et des récoltes. Ce qui suscite une instabilité des sources de revenus.
De ce fait, il importe de constater que la principale source de revenus des ménages résulte de l’agriculture, surtout que dans cette Commune la possibilité de diversifier les sources de revenus est très limitée.
Les sources de revenus en milieu rural sont très complexes et difficiles à distinguer. Il convient de signaler toutefois que la part de l’autoconsommation est estimée à 60% des revenus totaux. Une autoconsommation aussi conséquente est depuis longtemps inconnue dans les pays développés. Dans la Commune rurale de Betafo, l’autoconsommation occupe une place significative dans les budgets des ménages. L’étude des revenus monétaires constitue donc un indicateur efficace pour mesurer à la fois l’évolution du niveau de vie et l’ouverture de l’économie rurale vers l’extérieur. En tout, les sources de revenus des ménages sont constituées par les emplois salariés, la commercialisation des produits agricoles et de l’élevage. Etant une activité principale de production, l’agriculture ne constitue pas pour les paysans un grand intérêt en matière de revenu monétaire. Le peu de revenus qu’ils peuvent en tirer n’arrive même pas à constituer un revenu suffisant pour financer les aménagements nécessaires dans leurs champs. Les revenus procurés par la commercialisation des produits agricoles ne peuvent servir qu’à résoudre les problèmes de l’autosubsistance, tels que l’approvisionnement en produits de première nécessité, financement des soins de santé et de scolarisation des enfants. Tandis qu’une majeure partie des productions agricoles est destinée à l’autoconsommation. Et elle constitue une valeur monétaire importante si les paysans arrivent à l’écouler sur le marché.

MUTUELLE D’EPARGNE ET DE CREDIT: CECAM

Afin d’acquérir des revenus monétaires supplémentaires, les paysans recourent aux proches, aux amis, aux usuriers pour emprunter de la « liquidité ». Mais avec l’arrivée de la CECAM en 1996 (11 novembre 1996) dans la Commune rurale de Betafo, les paysans voient dans cette institution de micro-finance une opportunité à saisir pour pouvoir accéder aux crédits plus sûrs et plus formels. D’ailleurs, à l’époque, la banque BTM était la seule banque qui intervenait dans le secteur de la micro-finance. Mais ses activités se limitaient seulement à l’octroi des crédits à une classe très limitée de la population rurale. Notons qu’après sa privatisation en 1999 (elle devient BOA) elle maintient toujours ses activités dans le secteur de la micro-finance, mais elle a dû fermer l’agence de Betafo pour une raison de non rentabilité, semble-t-il.
Actuellement, dams ce secteur on ne rencontre que la CECAM dans la Commune de Betafo. D’où son rôle très significatif dans le développement socio-économique local. Donc, la description et l’analyse de ses rapports avec les paysans constitueraient un élément-clé dans la compréhension de la situation réelle du micro-financement et du micro-crédit dans cette Commune.
En tant qu’institution financière mutualiste, les adhérents jouent un rôle très important dans le fonctionnement de la CECAM, notamment en matière d’octroi qu’en matière de sanctions pour les membres en défaillance (Comité d’Octroi des Prêts ou COP)).

Fonctionnement

Nous entendons ici par fonctionnement tout ce qui concerne le mode d’opération de la CECAM, le processus interne et externe à partir duquel elle entretient des contacts permanents avec les adhérents. C’est-à-dire tout ce qui concerne les conditions d’accès pour les futurs membres à toutes les prestations de la CECAM, l’évolution des membres et la catégorisation des membres par âge, par sexe et la catégorie socio-économique (CSE).

Conditions d’accès

En matière d’adhésion, certaines conditions sont requises pour acquérir le statut de membre à part entière à la CECAM. Celui ou celle qui veut adhérer à la CECAM doit fournir un dossier constitué par deux photos d’identité, un certificat de résidence, un droit d’adhésion de 2000 Ar . Rappelons qu’en matière d’épargne, une fois ces pièces fournies, celui ou celle qui veut être membre peut directement accéder au système d’épargne et devient entièrement membre de la CECAM. Mais pour celui ou celle qui souhaite effectuer éventuellement un prêt doit impérativement apporter sa contribution par le biais d’un système appelé « Part Sociale Fixe (PSF) ». D’ailleurs, l’accès au prêt est défini par une procédure bien déterminée.
La décision d’octroi d’un prêt revient au comité, appelé Comité d’Octroi de Prêts. En effet, l’octroi est décidé, conformément au type de crédit demandé, soit au niveau de l’Unité Régionale de la CECAM (URCECAM), soit au niveau du Comité de gestion local. En plus un délai de trois mois d’adhésion est requis à un membre souhaitant accéder au prêt, comme une condition préalable. Puis, une demande d’octroi doit être déposée et comportant des dossiers spécifiques à un type de prêt demandé. La demande sera étudiée par le Comité d’Octroi des prêts en tenant compte des conditions suivantes :
Le demandeur doit être solvable, c’est-à-dire une personne de confiance selon l’appréciation d’un conseiller (celui-ci est mandaté par la CECAM pour conseiller et orienter le demandeur) après avoir effectué des descentes sur le terrain .
Le demandeur doit avoir une capacité de remboursement jugée acceptable. Celle-ci est établie par le conseiller après avoir constaté l’activité exercée par le demandeur .
Le demandeur doit posséder en guise d’hypothèque une valeur (surtout matérielle) à 150% supérieure au montant du prêt demandé. Une fois ces conditions remplies, l’octroi du 26 prêt est accordé.
Rappelons toutefois que l’octroi d’un prêt ne tient, en aucun cas, compte du montant du dépot du membre auprès de l’institution. Il peut alors demander autant qu’il désire mais toujours en respectant les quatre conditions mentionnées plus haut.
Bref, l’accès aux crédits par les membres est conditionné par l’accomplissement de certains critères. Les demandeurs, qui sont en possession de biens matériels utilisés en garantie, pourront accéder aux prêts. La CECAM ne fait pas de « crédits à risque » . C’est le terme utilisé par les responsables pour qualifier les demandeurs qui ne sont pas en mesure de remplir les conditions exigées, notamment en matière de garantie. Notons que, malgré ces conditions, les demandes de prêts augmentent toujours chaque année.

Evolution du nombre des membres

Le besoin de crédits, comme une source de revenus monétaires supplémentaires, est bien exprimé dans la Commune rurale de Betafo. Les paysans utilisent différemment les crédits alloués. Mais, ce qu’il faut remarquer c’est que le nombre des paysans qui affirment la volonté d’être des membres au sein de l’institution est significatif, ces derniers temps. En 2006, le nombre des membres s’établit à 676 individus. En tant que « banque des paysans ou des pauvres » ce nombre paraît largement inférieur par rapport au besoin de crédits exprimé chez la population. Mais, en tout cas, on a enregistré un certain dynamisme. En 2005, le nombre des adhérents demeure encore à 612 individus. Donc, la CECAM enregistre une croissance de9% par rapport au volume de ses membres, soit une adhésion de 64 nouveaux membres dans l’intervalle des années 2005/2006. Par contre, sur les 60 ménages enquêtés, 45(soit75%) ont exprimé ouvertement leur besoin en micro-crédit afin d’acquérir des revenus monétaires supplémentaires. Mais, sur les 45 ménages exprimant leur besoin en micro-crédit, 7ménages(soit15%) seulement ont précisé les moyens par lesquels ils comptent ou vont compter pour satisfaire leurs besoins, en recourant à la CECAM.

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Table des matières

PARTIE.I : ETAT DES LIEUX SUR LE DEVELOPPEMENT SOCIOECONOMIQUE DANS LA COMMUNE RURALE DE BETAFO
I. LES ACTIVITES ECONOMIQUES
II. LES REVENUS MONETAIRES
PARTIE II : RAPPORTS DES PAYSANS AVEC LA CECAM
I. MUTUELLE D’EPARGNE ET DE CREDIT: CECAM
II. SITUATION DE FINANCEMENT
PARTIE III : IMPACTS DE LA CECAM SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA COMMUNE RURALE DE BETAFO
I. IMPACTS DE L’IMPLANTATION DE LA CECAM SUR LE SYSTEME DE PRODUCTION
II. LA LOGIQUE PAYSANNE ET LA LOGIQUE DE LA CECAM
III. PERSPECTIVES ET SUGGESTIONS
CONCLUSION GENERALE
BIBLIOGRAPHIE

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