Impact du projet de restauration et d’aménagement des collines de Yéba (PRACOLY) sur l’environnement

Les méthodes de lutte biologique

    Il s’agit de végétaux plantés pour renforcer les ouvrages mécaniques et favoriser la reconstitution du couvert végétal, du micro-climat, l’infiltration timide mais progressive, le ralentissement dans une moindre mesure de la vitesse de l’eau, la fixation des sols par les racines, une protection des sols contre l’impact des gouttes de pluie. Ils sont placés en amont, en aval ou à l’intérieur des ouvrages mécaniques. Ils peuvent également être utilisés isolément en bandes sur courbe de niveau. Les plantes font obstacle au ruissellement grâce aux parties aériennes de la végétation herbacée. A cause de l’humus issu de la dégradation des débris végétaux, les sols auront une bonne stabilité structurale, elle même facteur très important pour la résistance à l’érosion et pour la perméabilité des sols. On peut citer entre autre : Les plantations de renforcement : Il s’agit de plantations réalisées le long des cordons pierreux ou bien à l’intérieur des autres types d’ouvrages mécaniques tels les zaïs et croissants lunaires, pour renforcer ces ouvrages mécaniques, grâce à la fixation des racines dans l’eau. Les plantations massives : L’objectif visé à travers ces plantations est de favoriser la fixation du sol par les racines des plantes. Ces plantations permettent la diversité biologique, avec la réintroduction d’espèces généralement en voie de disparition. Les plantations d’alignement : ce type de plantation aménagé en ligne, est encore appelé plantation d’ornement du fait de la beauté de leur disposition. Il permet de protéger les sols contre l’érosion en fixant le sable et en créant un obstacle à la pluie. Il fournit l’ombrage d’où l’importance du choix des espèces. Les haies vives: Elles sont placées en bordure des champs dont elles constituent les limites et peuvent faire office de brise-vent. Le choix des espèces porte sur les arbustes. L’espacement des plantes est de 0,5 m. Elles peuvent aussi jouer le rôle de filtre, favoriser une répartition uniforme des eaux de ruissellement et le dépôt des matériaux transportés. La régénération naturelle : elle constitue un moyen de restaurer la végétation et de protéger les sols contre l’érosion. Elle consiste à protéger les jeunes pousses de moins de 50 cm pour leur permettre de bien se développer. Les pousses sont marquées avec de la peinture ou un tissu rouge afin que les paysans les épargnent lors des défrichements. Le nombre de plantes protégées est de 20 à 25 plantes par hectare. Dans un premier temps, toutes les pousses sont protégées. Après 2 ou 3 ans, on opère une sélection (arborisation) afin de garder un nombre restreint d’arbustes intéressant le paysan. Dans toute la localité de Yéba, à l’heure actuelle les populations se sont entendues pour éviter toute action de coupure et de défrichement.

Impact sur l’éducation et la formation

   Un autre impact d’une importance capitale, est l’effet de l’éducation environnementale qui a été associée au programme de l’école primaire du village, mais aussi la formation pour maîtriser les techniques de lutte. Avant le projet la population n’avait reçu aucune éducation ou formation sur les techniques de lutte anti-érosive et de gestion des ressources naturelles. Mais conscient que l’homme est au début et à la fin du développement. Il entreprend toutes les activités qui mènent à son développement par des aménagements et un bon usage de l’espace mais c’est lui aussi qui à travers ses actions est à la base de la destruction de son environnement, de ses ressources naturelles et il est le premier à en pâtir. Il est alors important de conscientiser les populations et de leur apprendre à gérer et conserver les ressources pour leur survie. On comprend dés lors l’intégration dans les activités du projet, l’éducation environnementale et la formation sur les techniques de lutte anti-érosive et de conservation des ressources. Pour l’éducation des thèmes fonctionnels relatifs à l’environnement et à la gestion des ressources naturelles ont été présentés. Comme support, un jardin potager scolaire a servi de lieu d’illustration, de démonstration. Des diapos et des affiches ont été également utilisées. Ainsi, les élèves ont eu une culture de l’arbre, un comportement plus respectueux de la nature, et ils sont devenus un vecteur d’information en direction de leur famille pour tout ce qui concerne les questions environnementales. A cet, effet certains d’entre eux se rendent sur les sites à aménager pendant les vacances pour aider les groupes. En ce qui concerne la formation, elle a été la première condition à réaliser. Chaque sous quartier a délégué des représentants aux séances de formation. Le projet a dénombré 1200 personnes formées dont 400 hommes et 800 femmes. Des techniques de protection des sols et des terres de culture sont vulgarisées et maîtrisées par les bénéficiaires. Les thèmes abordés ont porté sur : la lute anti-érosive, les techniques de plantation, la technique de la régénération assistée, le traitement phytosanitaire, le management et la gestion de projet. Ces chiffres ci-dessous peuvent illustrer ce propos :
– 300 personnes sont formées en technique de gestion des ressources naturelles ;
– 100 personnes sont formées en technique de pépinière ;
– 100 personnes sont formées en technique de plantation ;
– 400 personnes en technique de lutte anti-érosive ;
– 100 personnes en régénération assistée ;
– 100 personnes au traitement phytosanitaire ;
– 100 personnes au management et à la gestion des projets.
Tous les 15 jours une séance de formation est assurée par les techniciens du projet dans un des différents domaines précités. Cela a permis aux populations de s’autogérer en l’absence du projet et c’est ce qui se passe réellement à Yéba. Les populations travaillent seules sur les sites alors que les membres du projet sont absents.

Le faible niveau d’adhésion des populations

o Le projet n’est pas arrivé à convaincre toute la population de Yéba.
Certaines populations sous estiment le travail réalisé. Elles pensent que ces ouvrages sont minimes par rapport à l’ampleur des contraintes qui découlent de l’érosion pour régler les problèmes. Elles veulent des ouvrages de grande envergure comme les retenues d’eaux et les bassins de rétention. Cela peut être lié aussi au plan de communication et de sensibilisation adopté par le projet pour convaincre les populations.

L’absence d’appui de la collectivité locale aux aménagements

   La collectivité n’a pas apporté sa contribution financière et matérielle pour la réalisation des aménagements. Ce qui signifie que le projet n’est pas capitalisé dans les politiques d’environnement de la collectivité locale. Pourtant les autorités de la commune reconnaissent que si la zone n’est pas envahie par les eaux lors de ces derniers hivernages c’est grâce aux ouvrages réalisés en amont (Yéba).

CONCLUSION GENERALE

   Au terme de cette étude, à Yéba nous sommes convaincus que le projet PRACOLY en collaboration avec les populations mènent une lutte âpre contre le ravinement. En effet, l’analyse des résultats obtenus durant l’enquête montre bien que cette lutte s’est traduite par le début d’une amélioration sur le plan écologique, économique et social. Sur le plan écologique, cette lutte contre l’érosion contribue à la restauration de l’environnement. Ainsi, les sols deviennent fertiles, les ravins qui avaient une profondeur de plus de trois mètres ont été comblés, la végétation pousse là où elle n’a pas poussé il y a longtemps, au niveau des vergers la profondeur des puits a diminué grâce à une remonté sensible de la nappe, le fourrage est disponible pour le bétail, des terres sont récupérées même si elles n’ont pas encore fait objet de distribution etc. S’agissant de la dimension économique, la production a augmenté occasionnant des revenus plus substantiels. Toujours dans cette rubrique la mise en place des aménagements s’est accompagnée de la mise en place d’un fonds qui a permis de diversifier l’activité commerciale et de créer des économies surtout pour les femmes. Quant à la dimension sociologique les aménagements ont permis aux populations d’être plus conscientes et plus solidaires autour des aménagements. Cette population se réjouit de l’expérience et de l’éducation environnementale qu’elles ont acquises lors de cette lutte antiérosive. A cela il faut ajouter la réduction des problèmes liés au déplacement pendant l’hivernage mais surtout les craintes liées aux menaces d’écroulement et le retour des jeunes dans leur localité pour remplacer leurs parents dans le travail des vergers. Dans cette lutte qui n’est pas encore achevée et qui s’avère rude et difficile, malgré les résultats qui sont enregistrés; les populations expriment leur souhait d’avoir d’autres intervenants avec des financements plus conséquents notamment ; l’Etat doit s’impliquer dans la lutte anti-érosive afin de réduire le ruissellement qui constitue un vrai frein au développement de leur localité. Elles souhaitent l’aménagement d’ouvrages plus ou moins grands selon la force de l’eau pour ce faire, elles pensent qu’un bassin de rétention ou des bassins de collecte des eaux pourraient être d’une importance capitale pour contribuer au développement des activités maraîchères et l’arboricoles. En définitive, la durabilité ou la pérennisation des acquis dépend des facteurs socioéconomiques et techniques, c’est-à-dire le niveau organisationnel et la capacité économique et technique des populations, à intervenir vite pour la réparation des ouvrages en cas de dégâts. Il faut aussi l’intervention d’autres partenaires (partenaires étrangers, ONG, techniciens, collectivités locales) et le contrôle sans cesse du projet qui intervient à présent dans le terroir, pour démultiplier les résultats et éradiquer définitivement l’érosion.

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Table des matières

PREMIERE PARTIE : LE CADRE DE REFERENCE
Introduction Générale
Chapitre I. La problématique
Chapitre II. La revue critique de littérature
DEUXIEME PARTIE : LE CADRE METHODOLOGIQUE
Chapitre I. Le cadre opératoire du mémoire
I.1. Les objectifs, la question et les hypothèses de recherche
I.1.1. Les objectifs de recherche
I.1.2 La question de recherche
I.1.3. Les hypothèses de recherche
I. 2. Les indicateurs de recherche
Chapitre II. La Méthodologie
II.1 La recherche documentaire
II.2 Le travail exploratoire
II.3 La stratégie de collecte des données
II.3.1.Les outils de collecte des données
a) Le questionnaire
b) Les guides d’entretien
c) L’échantillonnage des ménages à enquêter
II.3.2.Le traitement des données
II.4 Les difficultés
TROISIEME PARTIE : PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE ET ANALYSE DES RESULTATS OBTENUS
Chapitre I : Présentation de la zone d’étude
I.1. Description physique et présentation des ressources naturelles de la zone
I.1.1. La description physique
I.1.1.1 Le plateau de Thiès
I.1.1.2. La falaise de Thiès
I.1.1.3. Le glacis colluvial
I.1.1.4. Le massif de Ndiass
I.1.1.5. La plaine alluviale de la Somone
I.1.1.6. Les tannes
I.1.1.7. Le système des dunes Ogoliennes
I.1.2. La présentation des ressources naturelles de la zone
I.1.2.1 La géologie et les sols
I.1.2.2 le climat
I.1.2.3. Les cours d’eau
I.1.2.4. Le couvert végétal
I.2. Présentation de la localité de Yéba : Historique, atouts et contraintes
I.2.1. Historique
I.2.2. Les atouts pour la lutte anti-érosive
I. 2.2.1 les atouts d’ordre économique
I.2.2.2. Les atouts d’ordre humain
I.2.3. Les contraintes liées à la mise en place des aménagements
I.2.3.1 Les contraintes d’ordre physique
I.2.3.2 les contraintes d’ordre économique
I.2.3.3 les contraintes d’ordre humain
I.3. Présentation d’ADT/GERT
I.3.1 Généralités
I.3.2 Objectifs
I.3.3 Activités
I.4 Le projet de Restauration et d’Aménagement des Collines de Yéba (PRACOLY)
I.4.1 L’objectif global du projet est de
I.4.2 Comme objectifs spécifiques il se propose de
I.4.3 Les principales activités menées dans le cadre du projet sont
I.4.4 Les activités d’accompagnement
Chapitre II : Analyse des résultats de l’étude
II.1. Les causes de l’érosion hydrique à Yéba
II.1.1. Les facteurs climatiques
II.1.1. Les facteurs climatiques
II.1.3. Les facteurs anthropiques
II.2. La lutte anti-érosive menée à Yéba : méthodes et résultats
II.2.1. Les méthodes de lutte utilisées
II.2.1.1 Les méthodes de lutte mécanique
*Les ouvrages creusés
*Les ouvrages empierrés
II.2.1.2 Les méthodes de lutte biologique
II.2.2 Les résultats obtenus dans la lutte anti-érosive à Yéba
II.2.2.1 Les impacts des aménagements sur l’environnement physique de Yéba
A/ Impacts sur les sols
1) la situation avant le projet
2) La situation pendant le projet
B/ Les impacts sur l’eau
1) la situation avant le projet
2) La situation pendant le projet
C/ Les impacts sur la végétation
1) La situation avant le projet
2) La situation pendant le projet
II.2.2.2 Impact des aménagements sur l’environnement économique de Yéba
A/ Les impacts sur l’agriculture
1) Une agriculture basée sur l’arboriculture
2) La situation agricole avant le projet
3) L’arboriculture pendant le projet
B/ Les impacts sur le commerce
1) La situation des échanges avant le projet
2) La situation des échanges pendant le projet
3) Les activités commerciales occasionnées par la mise en place du fonds
C/. Source de revenu des ménages et leur utilisation
1) La source de revenus des ménages avant le projet
2) La source de revenus des ménages pendant le projet
II.2.2.3. Impact des aménagements sur l’environnement social de Yéba
A/ Impact sur l’exode rural
1) Les déplacements des populations avant le projet
2) Les déplacements des populations pendant le projet
B/ Impact sur l’organisation et l’entente des populations
1) Situation avant le projet
2) Situation pendant le projet
C/ Impact sur la dégradation des infrastructures et les menaces d’écroulement des habitations
1) l’état des lieux avant le projet
2) la situation pendant le projet
D/ Impact sur l’éducation et la formation
II.3. Les limites de la lutte anti-érosive à Yéba
II.3.1 L’insuffisance des ouvrages réalisés
II.3.2.La faiblesse du fonds d’appui à l’environnement et au développement
II.3.3.Le faible niveau d’adhésion des populations
II.3.4. L’absence d’appui de la collectivité locale aux aménagements
Conclusion Générale
Bibliographie
Annexes

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