Impact des cours de citoyenneté en général

Impact du facteur cours autonomes de citoyenneté en particulier

  Ce facteur est à la base de notre étude. En effet, c’est ici que se situe l’enjeu de la question de recherche. Nous remarquons que ce facteur ne présente pas de corrélation significative avec les compétences. On peut en conclure que des cours autonomes de citoyenneté n’apportent pas plus de compétences théoriques à long terme en matière d’institutions politiques que lorsqu’ils sont intégrés à d’autres branches (variable « cours »). Comme les compétences et l’intérêt sont corrélés, il en va de même de l’impact des cours de citoyennetés sur l’intérêt. Tel qu’ils sont donnés, ils n’ont pas plus d’influence que s’ils étaient intégrés à une autre branche. Ce qui est surprenant est que le facteur des cours de citoyenneté autonomes présente une corrélation négative avec la participation. À première vue et de manière contradictoire, cela signifie que les cours de citoyenneté auraient une influence négative sur la participation.Toutefois, il ne s’agit que d’une corrélation et non de causalité. Si on analyse plus finement les corrélations, nous remarquons que l’âge a une corrélation positive avec la participation. C’est-à-dire qu’un individu plus âgé aura tendance à participer davantage à la politique. Notre variable de contrôle se situe au niveau du lien marqué entre l’âge et les cours de citoyenneté.

L’autonomie des enseignants

  L’autonomie des enseignants est un facteur prépondérant. L’enseignement de la citoyenneté n’étant pas soumis à des épreuves cantonales de référence (comparant des volées d’une même année sur l’ensemble du canton) ni à des examens de fin d’année, le profil de l’enseignant joue un rôle majeur dans le choix des matières et l’importance qui leur est attribuée. En effet, un enseignant qui a une fibre pour le développement durable va axer son programme sur ce sujet en particulier. Celui qui est conseiller communal et intéressé à la vie politique locale, cantonale et nationale, va plutôt pencher sur le fonctionnement des institutions.En posant la question à des enseignants de citoyenneté, je me suis rendu compte que les affinités en matières de citoyenneté étaient souvent fonctions du cursus d’études. Les étudiants en sciences économiques et en droit avaient tendance à enseigner la partie économie et droit de la citoyenneté, tandis que les étudiants en histoire et en sciences humaines penchaient plutôt pour les institutions politiques et le manuel de V. Kucholl (2005), Institutions politiques suisses. D’ailleurs, certains établissements n’ont pas hésité à scinder l’éducation à la citoyenneté en deux parties : en 8ème année, les élèves recevaient un enseignement lié aux institutions politiques et, en 9ème année, l’EC était principalement axée sur l’économie et le droit

Distance entre théorie et pratique

  Les différents concepts clés étudiés en citoyenneté, en lien avec la participation politique telle qu’elle a été opérationnalisée dans le questionnaire, peuvent être abstraits pour des adolescents de 14-16 ans. Il faut ici distinguer les deux types de participation politique définis plus haut. La participation politique informelle est autorisée pour les mineurs, car elle n’est pas liée juridiquement à l’âge ; ils en font parfois l’expérience au sein de leur établissement ou durant les cours d’éducation à la citoyenneté. Cela peut se manifester par les conseils des élèves, la proposition d’activités pour les journées hors-cadre, etc. Il est aussi possible qu’ils participent en dehors de l’école, par exemple en signant des pétitions.Il en va différemment de la participation politique formelle. En effet, comme ils n’ont pas la majorité civique (18 ans), les élèves étudient des objets dont ils n’ont pas la possibilité de faire l’expérience en réalité. Bien entendu, il est toujours possible de créer une simulation de votation, d’élection, de référendum, mais cela ne remplace pas la pratique effective.

Les facteurs de désintérêt des jeunes pour la politique

Pas de désintérêt Un des quatre experts, K. Grangier, ne pense pas qu’il y ait un désintérêt des jeunes pour la politique, mais uniquement un manque d’intérêt. Selon lui, l’intérêt pour la politique vient avec l’âge et les responsabilités. C’est une donnée qui est confirmée par notre étude. En effet, l’âge était corrélé significativement avec la participation. Toutefois il remarque une montée de l’individualisme et une baisse de participation des jeunes à la vie publique au sens large, notamment dans leur investissement dans les sociétés locales.
Manque d’enjeu et montée de l’individualisme Selon Claude Ruey, c’est un manque d’enjeu au niveau global avec la fin de la bipolarité Est – Ouest qui n’a pas accouché d’une alternative au libéralisme. Nous assistons, selon lui, à un désenchantement face à l’absence de grand projet de société (comme l’avait été celui de l’EEE qui avait mobilisé une grande partie des jeunes).En lien avec le manque d’enjeu, trois experts pointent le phénomène sociologique de la montée de l’individualisme dans le manque de participation politique. Le politique, en tant que rapport de pouvoir, implique la notion de « collectif » qui serait peu compatible avec l’individualisme. Les jeunes ne s’intéresseraient à la politique que s’ils sont directement touchés (ex. : la remise en question des accords Erasmus d’échange d’étudiants, suite au vote du 9 février, a suscité de fortes réactions sur les réseaux sociaux). Magali Philip a tenu à préciser les éléments suivants quant à ses réponses à nos questions: « je ne suis pas journaliste politique à la RTS mais productrice d’une chronique orientée réseaux sociaux. Mes réponses concernant la vision que j’ai à propos du désinvestissement des jeunes en politique sans le lien avec les réseaux sociaux sont donc certes le fruit de ma pratique journalistique de la Suisse et de ses institutions mais surtout de mon point de vue personnel sur le sujet ».
Mainmise de l’économie sur la politique Pour J. Rillet, le manque d’engagement politique de la jeunesse serait la cause du sentiment d’impuissance politique face au monde économique, relayé par les organisations supranationales qui « dictent les lois ».
Déficit d’image et technocratie M. Philip souligne « l’image vieillotte » et la hiérarchie « verticale » des partis qui ne parviennent plus à parler aux jeunes, lesquels évoluent dans une dynamique beaucoup plusparticipative. Les « affaires » de corruption ou de mœurs qui entachent les politiciens, notamment au niveau international, et dont les médias se font l’écho presque quotidiennement, creusent également le déficit d’image de l’engagement politique. Enfin, selon J. Rilliet, la complexité de certains sujets et de leurs intitulés peinent à pousser les jeunes à s’y intéresser.

Les solutions pour relancer l’intérêt et la participation politique des jeunes

  Il est intéressant de constater que les mesures proposées par les experts sont des mesures qui sont parfois déjà mises en place dans les écoles via l’éducation à la citoyenneté. Certaines de ces mesures sont notamment au programme de la formation des enseignants vaudois, dans le cursus de la didactique de l’éducation à la citoyenneté donnée à la Haute école pédagogique de Lausanne. Il s’agit des mesures suivantes:
•Rendre l’élève conscient de ses droits et ses devoirs,
•Inviter des élus à venir parler aux élèves,
•Organiser des débats en classe,
•Organiser des démarches participatives à l’échelle de la classe ou de l’établissement
•Renforcer les connaissances historiques liées aux institutions politiques
•Expliquer la place de la Suisse dans le monde
Une autre mesure préconisée par les experts est en place dans les plus grandes villes du Canton et à l’échelle de la Confédération:
•La mise en place d’un parlement des jeunes
Enfin, une dernière mesure préconisée se fait déjà ponctuellement, mais pas forcément en lien avec l’éducation à la citoyenneté :
•Echanger des classes à travers le monde

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Table des matières

1. Introduction
2. Cadre théorique
2.1 Etat de la recherche
2.2 Compétences politiques
2.3 Compétences et intérêt pour la politique
2.4 Impact du plan d’études
3. Démarche de recherche
3.1 Définition de la question de recherche
3.2 Opérationnalisation de la question de recherche
3.3 Retour sur l’étude préliminaire
3.4 Population
3.5 Méthode
3.6 Outils
3.7 Calcul des résultats
4. Résultats
4.1 Résumé des mesures effectuées
4.2 Corrélation compétence – intérêt – participation
4.3 Impact des cours de citoyenneté en général
4.4 Impact du facteur cours autonomes de citoyenneté en particulier
4.5 La variable âge
4.6 La variable du genre
5. Analyse
5.1 La largeur du plan d »étude
5.2 L’autonomie des enseignants
5.3 La grille horaire
5.4 Distance entre théorie et pratique
5.5 Place de la participation politique au secondaire II
5.6 Conclusion de l’analyse
6. Discussions et développement
6.1 Agir sur les causes
6.2 Autres pistes
6.3 Opportunité d’une étude qualitative
6.4 Les questions
6.5 Les experts interrogés
6.6 Les facteurs de désintérêt des jeunes pour la politique
6.7 Les solutions pour relancer l’intérêt et la participation politique des jeunes
6.8 La question des réseaux sociaux
7. Conclusion
8. Bibliographie
9. Annexes

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