Historique de la pensée dans le domaine des représentations de l’espace

HISTORIQUE DE LA PENSÉE DANS LE DOMAINE DES REPRÉSENTATIONS MENTALES DE L’ESPACE 

La littérature dans le domaine des représentations mentales de l’espace 

Le thème des représentations mentales est apparu dans la littérature géographique au début des années 70 avec celui de la perception et de l’espace vécu . Ils ont été repris par de nombreux auteurs, soit comme thèmes principaux de recherche, soit sous forme allusive ou en complément d’autres travaux. Les premiers travaux sur T’espace vécu”, la perception et les représentations de l’espace furent anglo-saxons. Ce sont ceux de K. Lynch en 1960, de D. Lowenthal en 1961, de P. Gould ou de Th. Saarinen en 1966 et de D. Appleyard dès 1962. Quelques années plus tard des chercheurs français se penchent sur le sujet sans avoir connaissance, pour la plupart d’entre eux, des premiers essais anglo-saxons. Ces chercheurs français sont: J. Gallais en 1967, A. Frémond en 1968 et A. de Metton en 1969. Géographes français et anglo-saxons poursuivent le même but : saisir entre les hommes et les lieux d’autres rapports que des relations purement matérielles ; établir les éléments de rapports psychologiques entre les hommes et les lieux fréquentés ou non. Mais les deux écoles prirent deux orientations différentes. Les géographes anglo-saxons s’intéressèrent surtout aux phénomènes perceptifs, sur des parcours urbains : K. Lynch ; dans la même équipe de travail et sur la qualité de vie : D. Appleyard ; à propos de paysages : D. Lowenthal ; ou d’accidents climatiques : Th. Saarinen. Les chercheurs français élaborèrent une notion plus synthétique, celle de l’espace vécu, afin de mieux saisir la région : J. Gallais ; A. Frémond ; ou le quartier : M.-J. Bertrand, A. Metton, espacesénigmes classiques de la géographie française.

Dans les deux cas, les chercheurs inversent les perspectives habituelles de la géographie. L’espace, ensemble de lieux, devient un objet construit et perçu par des sujets que sont les hommes vivant en société. En France notamment, après une grande vogue des études d’aménagement sans souci marqué des rapports des “aménageurs” aux “aménagés”, et au moment même où le développement d’un nouvel outil, les méthodes quantitatives et l’usage de l’ordinateur, impose de nouvelles questions sur les objets de la recherche, la démarche est tout à fait nouvelle. Elle constitue une sorte d’interrogation sur les rapports qui fondent la Géographie, après plusieurs décennies de silence épistémologique de la discipline. Ainsi, les travaux sur l’espace vécu s’inscrivent bien comme une note particulière et interrogative, dans le courant de la nouvelle géographie des années 70. Il existe un lien entre ces trois thèmes d’étude : l’espace vécu, l’espace perçu et les représentations de l’espace. L’espace perçu est lié au sensoriel. Nos cinq sens et quelquefois un sixième plus subjectif que l’on pourrait appeler le sens affectif, nous renseignent sur notre milieu environnant. L’espace perçu sert à la confection des représentations mentales. L’espace vécu est lié aux pratiques réelles, à l’influence des aménagements urbains sur la vie des citadins. C’est pourquoi, on parle, ci dessus de rapport des “aménageurs” aux “aménagés”. L’espace vécu influence aussi les représentations mentales de l’espace. Ainsi, les difficultés rencontrées pour parcourir un trajet peuvent allonger les distances mentales, en revanche une bonne répartition des équipements publics peuvent les raccourcir, un aménagement peut constituer un repère majeur dans une représentation mentale, etc.

Sur l’espace vécu, la perception et les représentations de l’espace, de très nombreuses recherches furent menées entre 1970 et 1981, particulièrement en France, en Belgique, en Italie, en Espagne. Certaines ne sont qu’affaire de mode, elles ont au moins le mérite de révéler cet effet de mode, c’est-à-dire une focalisation d’intérêts multiples autour d’un thème, souvent en reflet d’une préoccupation de l’époque, d’un mouvement idéologique. Beaucoup de contributions venant d’autres disciplines telles la sociologie, la psychologie, l’architecture, l’aménagement, la littérature, … apportent des éclairages intéressants sur ces sujets : espace vécu, espace perçu, représentations de l’espace.

Quelques travaux majeurs sur les représentations mentales de l’espace

On a voulu citer, dans cette première partie, les travaux qui ont servi d’étai à cette recherche. Au-delà de la connaissance préliminaire à tout travail, ils ont apporté leurs méthodes à chaque étape de la thèse : hypothèses, réalisation des terrains et analyses. Concernant les études sur les pratiques et les représentations mentales de la ville, Kevin Lynch est le pionnier. Ses recherches ont ouvert une perspective neuve en permettant de comprendre les choix, les décisions et les comportements des individus à partir d’un certain nombre de processus de formation d’images mentales. Il examine la qualité visuelle de la ville américaine en étudiant la représentation mentale de la ville chez ses habitants. Le contenu de ses travaux est exposé en détail plus avant. Antoine Bailly est une référence essentielle pour ce travail car il explique que les représentations sont au coeur de toute étude géographique. Il justifie l’utilisation du terme “représentation mentale” et même celui de “carte mentale” dans un contexte scientifique. Antoine Bailly intègre la notion de représentation à toute étude en géographie humaine. Ses conceptions de la discipline qu’est la géographie sont au centre de notre sujet puisque selon lui : “chaque étude géographique est une représentation du monde et des pratiques humaines, au sens de représentation mentale, qui prend son sens dans le cadre d’une idéologie et d’une problématique” ..

Pour lui, la Géographie est à la fois idéologie et image, du fait du “processus cognitif” et de la subjectivité de nos représentations. Il fait quatre constats :
– “la géographie consiste en une représentation d’objets, de pratiques et de processus spatiaux grâce à des concepts évolutifs ;
– de ce fait, elle est une transposition, donc une image de ces objets, de ces pratiques et de ces processus ;
– cette transposition, construction mentale, consiste en l’oubli cohérent de certains caractères, jugés non pertinents, pour en privilégier d’autres ;
– la connaissance géographique débute donc par la subjectivité qui seule permet la sélection de certains éléments et l’oubli d’autres, afin de pouvoir construire descriptions, explications et interprétations .

Antoine Bailly, comme Claude Raffestin et Claude Tricot , s’interroge sur les limites de la vérité géographique puisque toute proposition géographique est une image construite, une confrontation de concept, c’est à dire un modèle simplifié du monde ou d’une portion du monde. Il insiste sur la nécessité d’étapes rigoureuses qui doivent permettre de valider la démarche géographique et ses conclusions : la présentation de la problématique et des hypothèses ; le choix des concepts pour rendre compte d’une réalité géographique et la confrontation de ces concepts à d’autres concepts pertinents pour expliquer la cohérence de la construction.

En géographie, l’espace en soi n’est pas l’objet d’étude, puisque le réel objectif existe grâce à nos construits. La connaissance géographique repose sur la représentation de phénomènes à partir de concepts ; la géographie ne peut donc pas être la science des paysages, mais plutôt des signes qu’elle interprète, tout comme la carte est un système et non un territoire.

Quelques travaux majeurs sur les représentations et l’aménagement du territoire

Les travaux d’Armand Frémond furent extrêmement novateurs dans le domaine de la géographie régionale de l’époque. Il exposa l’idée selon laquelle, l’espace et la région ne pouvaient plus être considérés comme des réalités strictement objectives. “La région, écrivait-il, est essentiellement une réalité vécue, c’est-à-dire perçue, ressentie, chargée de valeur par les hommes.” Armand Frémond définit quatre niveaux dans l’organisation de l’espace :

-> Les travaux d’Armand Frémond furent extrêmement novateurs dans le domaine de la géographie régionale de l’époque. Il exposa l’idée selon laquelle, l’espace et la région ne pouvaient plus être considérés comme des réalités strictement objectives. “La région, écrivait-il, est essentiellement une réalité vécue, c’est-à-dire perçue, ressentie, chargée de valeur par les hommes.” Armand Frémond définit quatre niveaux dans l’organisation de l’espace :

-> les espace sociaux : sont des ensembles plus vastes mais où les populations restent réduites, assurant un degré de cohérence des hommes aux lieux, tel un village.

-> les régions : sont des espaces moyens qui intègrent lieux vécus et espaces sociaux : fluides, enracinées, ou fonctionnelles.

-> les grands espaces : peuvent être de deux types : grands espaces économiques et nations d’un côté, espaces de civilisation d’autre part.

Michel-Jean Bertrand, lui aussi géographe, travaille sur T’espace vécu” à l’échelle de la ville, et plus précisément du quartier vécu afin de saisir les pratiques de la ville . Il démontre que le tissu urbain est constitué de “points forts”, jouant un rôle essentiel dans la structuration de l’espace vécu des habitants tandis que d’autres points forts serviraient de limites ou de coupures de l’espace ressentit de cette manière. La pratique de la ville va alors dépendre des impacts de cette organisation d’éléments et d’espaces imbriqués et appliqués aux hommes.

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Table des matières

INTRODUCTION GENERALE
PARTIE 1 : HISTORIQUE ET MÉTHODOLOGIE
Chapitre 1 : Historique de la pensée dans le domaine des représentations de l’espace
1-1- La littérature dans le domaine des représentations de l’espace
1-2- Une théorie fondatrice : celle de Kevin Lynch
Chapitre 2 : Méthodologie
2-1- La perception de l’environnement : de la perception aux schématisations mentales
2-2- Fiabilité et fonctionnalité des cartes mentales
2-3- Les méthodes utilisées sur les terrains
Chapitre 3 : Présentation des terrains
3-1- La ligne de tramway Saint-Denis-Bobigny
3-2- La ligne A du tramway de Strasbourg
3-3- Le pôle multimodal de Denfert-Rochereau
PARTIE 2 : LE TRANSPORT COLLECTIF CONSTITUTIF DES CARTES MENTALES
Chapitre 1 : Le transport collectif, élément des repères
1-1- Les types de repère et leur répartition dans les cartes mentales
1-2- Les emplacements dans l’espace urbain des repères des cartes mentales
Chapitre 2 : Les coupures et les armatures, éléments des schématisations mentales
2-1- Les coupures dans les représentations mentales de l’espace urbain
2-2- Les armatures dans les représentations mentales de l’espace urbain
Chapitre 3 : Le transport collectif, élément des limites des territoires d’appartenance
3-1- Description des limites des territoires d’appartenance
3-2- La localisation des limites des territoires d’appartenance
PARTIE 3 : LE TRANSPORT COLLECTIF ÉLÉMENT CLEF DE L’ÉVOLUTION DES CARTES MENTALES
Chapitre 1: L’évolution des repères
1-1- L’évolution des repères directement liés à la nouvelle ligne de transport collectif
1-2- L’évolution des repères indirectement liés à la nouvelle ligne de transport collectif
1-3- Certains repères ne varient pas
Chapitre 2 : L’évolution des armatures et des coupures dans les cartes mentales
2-1- L’évolution des armatures
2-2- L’évolution des coupures
Chapitre 3 : L’évolution des territoires d’appartenance
3-1- Modification des distances relatives entre les repères
3-2- Structuration par les armatures
3-3- La modification du sentiment d’appartenance
PARTIE 4 : LES ENSEIGNEMENTS
Chapitre 1: Les éléments du transport collectif déterminant pour les cartes mentales
1-1- La qualité de la desserte
1-2- La pérennité de l’emprise au sol et la communication
1-3- L’architecture des stations et leur toponyme
Chapitre 2 : Caractéristiques des cartes mentales déterminant leur capacité d’évolution
2-1- Type de carte mentale, type d’individu émetteur de la carte et capacité de déformation de celle-ci
2-2- La rapidité de modification des cartes mentales
2-3- L’influence de la motorisation
2-4- Les usages et les représentations
Chapitre 3 : Le seuil de perception
3-1- Le facteur longueur de la ligne
3-2- Le facteur d’appartenance socio-économique et culturelle
3-3- Le facteur modal
Chapitre 4 : Une méthode d’aide à l’évaluation
4-1- Une méthode d’aide à l’évaluation a priori
4-2- Une méthode d’aide à l’évaluation a posteriori
4-3- D’autres applications effectives ou potentielles
CONCLUSION GENERALE

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