Generalites sur l’intertriogo inter-orteil

GENERALITES SUR L’INTERTRIOGO INTER-ORTEILS 

Définition

L’intertrigo est une inflammation localisée au niveau des plis cutanés. Tous les plis peuvent être atteints mais c’est surtout au niveau des espaces inter-orteils où l’infection se développe le plus et on parle alors d’intertrigo inter-orteil [11, 12]. On distingue deux types d’intertrigo selon les étiologies :
– Les intertrigos d’origine infectieuse dus aux bactéries et aux champignons
– Les intertrigos non infectieux qui résultent le plus souvent de la localisation de dermatoses aux plis (l’eczéma, l’irritation, le psoriasis…). L’IIO fongique ou mycoses des pieds (tinea pedis) est la première cause d’intertrigo [13].

Épidémiologie de l’intertrigo inter-orteils fongique

Les agents pathogènes

On distingue plusieurs champignons microscopiques en cause : les dermatophytes, donnant souvent des intertrigos secs, les levures provoquant le plus souvent un intertrigo luisant et humide et les moisissures qui sont moins retrouvées.

Les dermatophytes
Les dermatophytes sont des champignons filamenteux microscopiques absents de la flore commensale de la peau, caractérisés par leur kératinophilie et leur pouvoir kératinolytique qui expliquent l’atteinte préférentielle de la couche cornée de l’épiderme ou la kératine des phanères [14]. Les espèces responsables d’IIO sont généralement : Epidermophyton floccosum, Trichophyton rubrum et T. interdigitale [15].

Epidermophyton floccosum
C’est un dermatophyte cosmopolite anthropophile qui provoque des lésions de la peau glabre et des plis ou intertrigos (inter-orteils, inguinaux, axillaires). Sur le plan morphologique, il est caractérisé microscopiquement par des filaments mycéliens fins et réguliers, cloisonnés, qui se vésiculisent et forment rapidement des chlamydospores. On note l’absence de microconidies et la présence de macroconidies à paroi mince, en massue lisses et échinulées, comportant 2 à 5 logettes (Figure 1) [16]. Cette espèce est toutefois assez rare et représente moins de 5% des isolements de dermatophytes.

Trichophyton rubrum
C’est une espèce ayant une affinité particulière pour la kératine (de l’épiderme, des ongles, et des poils et cheveux). Ce dermatophyte anthropophile est actuellement le dermatophyte le plus fréquemment isolé dans les laboratoires à partir des mycoses des pieds en Europe et en Amérique du Nord. Mais il est moins fréquemment impliqué dans l’étiologie des IIO en Afrique [17]. Au microscope, sa morphologie est caractérisée par un mycélium régulier et cloisonné avec quelques microconidies piriformes disposées en acladium. Les macroconidies à paroi lisse et mince, sont plus rares. Les souches africaines sont par contre très sporulantes avec de nombreuses microconidies piriformes disposées en amas ou en acladium (Figure 2) [16].

Trichophyton interdigitale
Ex Trichophyton mentagrophytes var. interdigitale, c’est une espèce anthropophile très fréquemment isolée du pied. Elle est présentée dans plusieurs études comme le premier dermatophyte à l’origine d’intertrigos interdigito-plantaires [4, 17]. T. interdigitale est caractérisé microscopiquement par des filaments mycéliens cloisonnés, qui s’articulent souvent en angle droit (aspect en croix de Lorraine). Les microconidies naissent solitaires, puis très nombreux et disposées en buissons. Moins fréquentes, les macroconidies sont à paroi lisse et mince, en forme de massue dilatées à leur extrémité. On observe fréquemment des filaments spiralés ou vrilles (Figure 3). Il se distingue également par un test positif à l’uréase permettant de le distinguer de T. rubrum[16].

Les levures
Les levures ont la capacité de fermenter les matières organiques et provoquer progressivement leur décomposition. Candida albicans est généralement en première ligne dans la genèse de l’IIO fongique parmi les levures [4]. C’est un organisme commensal ou saprophyte qui peut devenir pathogène et provoquer une candidose. Sur le plan morphologique, Il est non pigmenté, non capsulé avec des colonies blanches et luisantes, macroscopiquement. Microscopiquement, C. albicans se présente sous forme de blastospores ovales, à bourgeonnement multilatéral et est producteur de filaments. Il produit des chlamydospores sur milieu pauvre comme la gélose PCB (pomme de terre, carotte, bile) ou RAT (crème de riz, agar, Tween80) (Figure 4) [18].

Les moisissures

Les mycoses à moisissures sont généralement opportunistes, causées par des saprophytes qui profitent de l’affaiblissement des défenses immunitaires. Parmi les moisissures, les Fusarium sont très incriminés dans l’étiologie des IIO fongiques et parfois même plus que les dermatophytes [4, 19]. Actuellement le genre Fusarium comprend au moins 300 espèces phylogénétiquement distinctes, 20 complexes d’espèces et neuf lignées monotypiques. La plupart des Fusarium identifiés comme pathogènes opportunistes appartiennent au complexe F. solani, au complexe F. oxysporum et au complexe F. fujikuroi. Moins fréquemment rencontrés sont les membres des complexes F. incarnatum-equiseti, F. dimerum et F. chlamydosporum, ou des espèces comme F. sporotrichoides [20]. F. solani se caractérise par un conidiophore simple qui porte des monophialides longues d’aspect cylindrique, avec présence de nombreuses microconidies oblongues, unicellulaires ou bicellulaires disposées en « fausses têtes » ou glissant le long des phialides. Les macroconidies sont en forme de fuseau asymétrique de 6 cellules au maximum. Les chlamydospores quand elles sont présentes sont isolées ou en courtes chaînettes (Figure 5) [21].

Les facteurs favorisants

Facteurs locaux

La macération (chaleur et humidité) joue un rôle majeur dans la survenue des intertrigos, en particulier au niveau des espaces inter-orteils (chaussures en matière plastique, chaussettes en tissus synthétiques empêchant l’évaporation,…). On note aussi le rôle du pH alcalin, la fréquentation de locaux communs (salles de sports, bains maures, piscines…), le manque d’hygiène, l’insuffisance de séchage des pieds et le port des chaussures de sécurité (du fait de leur matière qui favorise la transpiration) [16]. Les moisissures se développent très souvent sur des plis déjà altérés, en raison de facteurs locaux (onychopathie sous-jacente) et/ou généraux (troubles circulatoires des membres inférieurs, immunodépression). Elles sont ainsi beaucoup plus fréquemment rencontrées chez les personnes âgées [22].

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE: RAPPELS BIBLIOGRAPHIQUES
1. GENERALITES SUR L’INTERTRIOGO INTER-ORTEIL
1.1. Définition
1.2. Épidémiologie de l’intertrigo inter-orteil fongique
1.2.1. Les agents pathogènes
1.2.1.1. Les dermatophytes
1.2.1.2. Les levures
1.2.1.3. Les moisissures
1.2.2. Les facteurs favorisants
1.2.2.1. Facteurs locaux
1.2.2.2. Facteurs iatrogènes
1.2.2.3. Facteurs mécaniques
1.3. Aspects cliniques
1.3.1. Intertrigo à dermatophytes
1.3.2. Intertrigo à Candida
1.3.3. Intertrigo à moisissures
1.4. Diagnostic
1.4.1. Diagnostic clinique
1.4.2. Diagnostic mycologique
1.4.2.1. Le prélèvement
1.4.2.2. Examen direct
1.4.2.3. Culture
1.4.2.4. Identification morphologique
1.4.2.5. Identification moléculaire
1.5. Traitement
1.5.1. Moyens thérapeutiques
1.5.1.1. Moyens non médicamenteux
1.5.1.2. Moyens médicamenteux
1.5.2. Indications
1.5.2.1. Intertrigo à dermatophytes
1.5.2.2. Intertrigo à Candida
1.5.2.3. Intertrigo à moisissures
2. GENERALITES SUR LA SPECTROMETRIE DE MASSE MATRIX ASSISTED LASER DESORPTION IONISATION – TIME OF FLIGHT (MALDI-TOF MS)
2.1. Principe
2.2. La matrice
2.3. Appareillage
2.4. Processus analytique
DEUXIEME PARTIE : TRAVAIL PERSONNEL
1. CADRE D’ETUDE
2. TYPE ET PERIODE D’ETUDE
3. POPULATION D’ETUDE
3.1. Critères d’inclusion
3.2. Critères de non inclusion
4. MATERIEL ET METHODES
4.1. Matériel
4.1.1. Matériel de prélèvement et d’acheminement
4.1.2. Matériels d’isolement d’identification et de conservation
4.1.3. Matériels pour MALDI-TOF
4.2. Méthodes d’étude
4.2.1. Interrogatoire
4.2.2. Prélèvement
4.2.3. Examen direct et culture
4.2.4. Identification mycologique et interprétation
4.2.5. Identification par le MALDI-TOF MS
4.2.6. Analyse des données
5. RESULTATS
5.1. Caractéristiques de la population d’étude
5.2. Incidence de l’intertrigo inter-orteils fongique et sa répartition en fonction du profil spécifique des gens de mer
5.3 Distribution des espèces fongiques impliquées
6. DISCUSSION
CONCLUSION
REFERENCES

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