Generalites sur l’inflammation et la douleur

GENERALITES SUR L’INFLAMMATION ET LA DOULEUR

Définition de l’inflammation

L’inflammation est un processus naturel et protecteur résultant d’une agression (allergie, infection, blessure…) et qui peut, parfois devenir délétère et entrainer des dysfonctionnements chez le patient malade. L’inflammation est un terme générique désignant diverses réactions de défense contre des substances endogènes ou exogènes, survenant après une blessure tissulaire, une infection ou une stimulation cellulaire excessive et anormale (Levoin, 2002 ; Rousselet, 2005 ; Gaubert, 2018). La réaction inflammatoire peut être définie également, comme une réaction de défense de l’organisme non spécifique dirigée contre des agents agresseurs de nature infectieuse, chimique, physique ou encore auto-immune (Watterlot, 2010).

Etiologie 

Les causes de la réaction inflammatoire sont multiples. Elles déterminent des lésions cellulaires et tissulaires qui vont déclencher l’inflammation. Il peut s’agir de :
− agents infectieux : contamination par des micro-organismes (bactéries, virus, parasites, champignons) ;
− agents physiques : traumatisme, chaleur, froid, radiation ;
− agents chimiques : caustiques, toxines, venins ;
− corps étrangers : endogènes ou exogènes ;
− défaut de vascularisation (réaction inflammatoire secondaire à une nécrose par ischémie) ;
− agression dysimmunitaire (anomalie de la réponse immunitaire, allergie, autoimmunité…), avec des signes locaux (douleur, rougeur, chaleur et œdème) et/ou généraux comme la fièvre, l’amaigrissement, l’asthénie, l’insuffisance circulatoire ( Rousselet et al., 2005 ; Prin, 2006 ; Anonyme, 2011).

Types d’inflammation

Inflammations aiguës 

Il s’agit de la réponse immunitaire à un agent agresseur, de courte durée, d’installation souvent brutale et caractérisée par des phénomènes vasculo-exsudatifs intenses. Les inflammations aiguës guérissent spontanément ou avec un traitement, mais peuvent laisser des séquelles si la destruction tissulaire est importante. Peu ou pas de phénomènes exsudatifs sauf en cas de poussée inflammatoire aiguë émaillant une évolution chronique. C’est l’exemple d’une synovite de la polyarthrite rhumatoïde présentant lors des poussées actives de la maladie, un abondant exsudat fibrineux intra-articulaire, des ulcérations du revêtement synovial et un afflux de polynucléaires ( Abadjian, 2014 ; Rousselet et al., 2005).

Inflammation congestive et œdémateuse
L’inflammation congestive et œdémateuse est dominée par une vasodilatation intense et un exsudat particulièrement abondant. Au microscope, les petits vaisseaux très dilatés sont remplis de sang et la matrice extracellulaire parait distendue et pâle. Exemples :
− ” Coup de soleil ” avec formation de vésicules par accumulation de l’œdème sous l’épiderme ;
− Réaction allergique au niveau de la muqueuse nasale ou du larynx (hypersensibilité de type I anaphylactique) ;
− Œdème aigu du poumon au cours d’une infection virale. La gravité est fonction de l’organe touché, l’évolution est habituellement résolutive sans séquelle.

Inflammation hémorragique
C’est une extravasation de globules rouges (érythrodiapédèse) par augmentation exagérée de la perméabilité capillaire et altération des cellules endothéliales. Il s’agit souvent de lésions graves mettant en jeu le pronostic vital. Exemples : infections virales (pneumonies, encéphalite…) ; purpura d’une septicémie à méningocoque (Rousselet et al., 2005).

Inflammation fibrineuse
Elle est caractérisée par un exsudat très riche en fibrinogène qui se coagule en un réseau de fibrine. Au microscope, on note un dépôt de filaments blanchâtres très fins ou épais, appelés aussi « fausses membranes ». Exemples :
– Dépôt de fibrine dans les alvéoles pulmonaires, formant les “membranes hyalines” tapissant l’intérieur des parois alvéolaires dans diverses pneumonies aiguës ;
– Dépôt de fibrine à la surface d’une séreuse (péritonite ou péricardite ou pleurésie). L’évolution se fait soit :
o en lyse complète de la fibrine par les enzymes des polynucléaires et guérison sans séquelle ;
o par détersion incomplète de la fibrine. Il va progressivement se constituer un tissu fibreux en lieu et place de la fibrine. Ce phénomène aussi appelé « organisation », conduit à des adhérences fibreuses locales des séreuses, les brides, ou une adhérence diffuse des feuillets séreux appelée symphyse pleurale ou péricardique.

Dans les poumons, l’organisation fibreuse de membranes hyalines peut conduire à un épaississement fibreux des parois alvéolaires (fibrose systématisée) ou un comblement fibreux des alvéoles (fibrose mutilante) (Rousselet et al., 2005).

Inflammation thrombosante
Il s’agit de caillots sanguins oblitérant les petites veines et artères dans le foyer inflammatoire et tout particulièrement quand il existe une lésion directe des parois vasculaires ou de l’endocarde. Exemples :
– Vascularite systèmique, atteinte vasculaire des rejets aigus de greffe rénale
– Endocardites infectieuses : les valves cardiaques sont ulcérées et recouvertes de thrombi friables et septiques appelés végétation (Rousselet et al., 2005).

Inflammation purulente ou suppurée

Elle est caractérisée par la présence massive de pyocytes (polynucléaires altérés). Le pus est un mélange de pyocytes, de fibrine et de nécrose tissulaire. L’inflammation suppurée est le plus souvent due à des bactéries dites pyogènes (staphylocoques, streptocoques, pneumocoques,…). Elle peut être aseptique, après l’arrivée massive de polynucléaires dans un site inflammatoire et la libération massive de leurs enzymes. L’inflammation suppurée peut se rencontrer sous plusieurs formes :
– Pustule : accumulation de pus dans l’épaisseur de l’épiderme ou sous l’épiderme décollé.
– Abcès : inflammation suppurée localisée, creusant une cavité dans un organe plein. La cavité se forme par nécrose tissulaire de liquéfaction, aux enzymes protéolytiques des polynucléaires : élastases et collagénases.
– Phlegmon : suppuration diffuse non circonscrite, le long des gaines tendineuses, ou dans le tissu conjonctif entre les aponévroses ou entre les faisceaux musculaires des membres. Il s’observe lors d’infections par des bactéries sécrétant en grande quantité des enzymes dégradant le tissu conjonctif (hyaluronidase du streptocoque β-hémolytique). L’inflammation s’étend sans se collecter et a peu de chance d’être détergée. Le phlegmon évolue donc fréquemment vers la chronicité avec formation d’une fibrose.
– Emphysème : suppuration collectée dans une cavité naturelle préexistante : plèvre (plèvrite) ; péritoine (péritonite) ; péricarde (péricardite) ; articulations (arthrite) ; sinus (sinusite) ; trompe (pyo-salpinx) ; vésicule biliaire (pyo-cholecystite) ; appendice (pyoappendicite) ; espace limité par les méninges (emphysème sous-dural) (Rousselet et al., 2005) .

Inflammation gangréneuse
La gangrène est caractérisée par une nécrose tissulaire extensive due à des bactéries anaérobies (libération de toxines, de collagènases) et/ou à des thromboses dans le foyer inflammatoire (source de nécrose ischémique), les deux mécanismes étant souvent étroitement intriqués. Généralement, l’altération de l’état général est sévère. Exemples : cholécystite ou appendicite gangreneuse, avec un risque important de perforation de ces organes et de péritonite. Gangrène gazeuse par infection d’une plaie (Rousselet et al., 2005).

Inflammations chroniques

Il s’agit d’une inflammation n’ayant aucune tendance à la guérison spontanée et qui évolue en persistant ou en s’aggravant pendant plusieurs mois ou plusieurs années. On distingue deux types de circonstances de survenue des inflammations chroniques :
− les inflammations aiguës évoluent en inflammations prolongées subaiguës et chroniques lorsque l’agent pathogène initial persiste dans les tissus (détersion incomplète) ou lorsqu’une inflammation aiguë récidive de façon répétée dans le même organe en entrainant à chaque épisode des destructions tissulaires de moins en moins bien réparées.
− les inflammations peuvent parfois se manifester d’emblée sous une forme apparemment chronique. La phase aiguë vasco-exsudative est passée inaperçue car brève ou asymptomatique. C’est souvent le cas de maladies auto-immunes, ou d’affections où les mécanismes dysimmunitaires sont prépondérants.

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : REVUE DE LA LITTERATURE
I. GENERALITES SUR L’INFLAMMATION ET LA DOULEUR
I.1. Définition de l’inflammation
I.2. Etiologie
I.3. Types d’inflammation
I.3.1. Inflammations aiguës
I.3.1.1. Inflammation congestive et œdémateuse
I.3.1.2. Inflammation hémorragique
I.3.1.3. Inflammation fibrineuse
I.3.1.4. Inflammation thrombosante
I.3.1.5. Inflammation purulente ou suppurée
I.3.1.6. Inflammation gangréneuse
I.3.2. Inflammations chroniques
I.3.3. Physiopathologie de l’inflammation
I.3.4. Les différentes étapes de la réaction inflammatoire
I.3.4.1. Réaction vasculo-exsudative
I.3.4.2. Congestion active
I.3.4.3. Œdème inflammatoire
I.3.4.4. Diapédèse leucocytaire
I.3.4.5. La réaction cellulaire
I.3.4.6. La détersion
I.3.4.7. La résolution de l’inflammation et la réparation tissulaire
I.4. Les Médiateurs du processus inflammatoire
I.4.1. Les cytokines
I.4.2. Médiateurs lipidiques de l’inflammation
I.4.3. Les radicaux libres
I.4.4. Cytokines chimiotactiques (chimiokines)
I.5. Pharmacodynamie des anti-inlammatoires
I.5.1. Anti-inflammatoires stéroïdiens (AIS)
I.6. Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
II. RAPPEL SUR LA DOULEUR
II.1. Définition de la douleur
II.2. Principaux types de douleur
II.2.1. Douleur aiguë
II.2.2. Douleur chronique
II.3. Mécanismes et structures impliqués dans le processus de nociception
II.4. Modèle d’étude de la douleur et de l’inflammation
II.4.1. Evaluation de la douleur aiguë
II.4.2. Evaluation de la douleur chronique
II.5. Douleurs inflammatoires
II.6. Les paliers de la douleur et le choix de l’analgésique
III. GENERALITES SUR LES TRITERPENES
III.1. Définition et nomenclature
III.2. Origine, classification, structure chimique et rôle des triterpènes
III.2.1. Origine
III.2.2. Classification des triterpènes et stéroïdes
III.2.3. Propriétés pharmacologiques des triterpènes
DEUXIEME PARTIE : ESSAIS PHARMACOLOGIQUES DE TRITERPENOIDES DES TUBERCULES DE RAPHIONACME VIGNEI
I. MATÉRIEL ET MÉTHODES
I.1. Matériel
I.1.1. Outils pharmacologiques
I.1.2. Matériel et Réactifs de laboratoire
I.1.3. Matériel Animal
I.2. Méthodes
I.2.1. Etudes pharmacologiques
I.2.1.1. Œdème de la patte de rat induit par la carraghénine
I.2.1.2. Test de Douleur à l’acide acétique
I.2.1.3. Test de la plaque chauffante “Hot plate test”
I.2.1.4. Analyses statistiques
II. RÉSULTATS
II.1. Résultats de l’activité anti-inflammatoire
II.1.1. Administration de l’eau physiologique (10 ml / kg, per os) et de l’acide acétylsalicylique (AAS) (10 mg/kg, per os)
II.1.2. Activité anti-inflammatoire des molécules de structures triterpénoïdes
II.2. Résultats de l’activité analgésique
II.2.1. Administration de l’eau physiologique et de l’acide acétyl-salicylique (AAS)
II.2.2. Activité analgésique chez la souris de molécules triterpéniques de R. vignei
DISCUSSION
CONCLUSION

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