Généralités sur l’hépatite C

Généralités sur l’hépatite C

Historique

Au milieu des années 1970, Harvey J. Alter a démontré avec son équipe, que la plupart des cas d’hépatite post-transfusionnelles n’étaient pas dus au virus de l’hépatite A ni à celui de l’hépatite B. Malgré cette découverte, les efforts de recherche coordonnés au niveau international pour identifier le virus responsable de cette maladie, initialement baptisée « hépatite non A non B » (NANBH en anglais), sont restés sans résultat pendant une décennie. En 1987, des auteurs tels que Michael Houghton, Qui-Lim Choo et George Kuo en collaboration avec le Dr DW Bradley, ont utilisé une nouvelle approche de clonage moléculaire pour identifier l’organisme inconnu [25]. En 1988, l’existence du virus a été confirmée par Alter qui a vérifié sa présence chez un groupe de patients atteints d’hépatite non A non B. En avril 1989, la découverte du virus, connu maintenant sous le nouveau nom de virus de l’hépatite C (VHC), a fait l’objet d’une publication dans la revue Science [24].

Les caractéristiques du virus

Le VHC est un virus à ARN de 50-60 nm de diamètre, enveloppé, très résistant à la chaleur dont le génome est hautement variable. Cette variabilité génomique a été à l’origine de l’émergence dans le temps à partir de leur ancêtre commun de plusieurs génotypes viraux. Le poids moléculaire de l’ARN est voisin de 4 x 106 Da. Par ces caractéristiques, le VHC est apparenté à la famille des flaviviridae dont les membres les plus connus sont le virus de la fièvre jaune et de la dengue.

L’organisation génomique

Du fait de l’absence de modèles expérimentaux (ou animaux) qui permettraient la production suffisante de particules virales, la physiopathologie de l’infection ainsi que les caractéristiques morphologiques du virus restent mal connues. En revanche, l’organisation génomique du virus est identifiée. Il s’agit d’un ARN monocaténaire de polarité positive, comprenant environ 9 500 nucléotides avec deux régions non codantes (NC) situées aux extrémités 5’ et 3’ du génome, encadrant la partie codante constituée d’une phase unique de lecteur [27]. Le génome du virus peut être subdivisé schématiquement en trois régions de 5’ à 3’. La région non codante mesure environ 329 à 341 nucléotides et contient les séquences les plus conservées qui jouent un rôle majeur dans la réplication du génome et la synthèse des protéines. En aval de la région 5’, est situé le plus grand cadre de lecture ouvert mesurant 9 379 nucléotides. Cette région comporte plusieurs gènes.

– Des gènes de structure :
* le gène C qui code pour la protéine C (capside) : elle comprendrait 114 acides aminés avec une masse moléculaire de 13 000 Da et pourrait se lier à l’ARN génomique ;
* les gènes E1 et E2NS1 codent pour les protéines d’enveloppe ; la protéine E comprendrait 198 acides aminés et aurait une masse moléculaire de 21 400 Da.
* Sa portion C terminale pourrait interagir avec la membrane de la cellule hôte.

– Les gènes non structuraux : codent pour les protéines structurales (NS2 NS5)
* le gène NS2 code pour une protéine très hydrophobe dont la fonction est inconnue; elle serait souvent trouvée associer aux membranes cellulaires ;
* le gène NS3 code pour la protéine NS3 ; celle-ci contient une hélicase qui interviendrait dans la réplication de l’ARN génomique et une protéase qui serait impliquée dans la fabrication des protéines non structurales à partir des polypeptides précurseurs ;
* la protéine NS4 est très hydrophobe et serait liée à la membrane ;
* le gène NS5 coderait pour plusieurs fonctions pour la plupart inconnues en dehors d’une ARN polymérase ARN dépendante. C’est surtout dans la région 3’ que le virus C présente des homologies de lecture avec les flaviviridae notamment pour les régions NS3 et NS5.

En revanche, la région structurale 5’ paraît très différente. Par ces caractéristiques, le VHC est apparenté à la famille des flaviviridae.

Classification des génotypes du VHC

Suivant le degré de divergence entre les souches, un classement en génotypes (chiffre) et sous-types (chiffre + lettre) a été proposé [29]. On distingue aujourd’hui 11 principaux génotypes numérotés de 1 à 11, eux-mêmes subdivisés en un grand nombre de soustypes identifiés par des lettres minuscules (environ 80 sous-types). Les génotypes peuvent être utilisés comme marqueurs épidémiologiques de l’hépatite C car leur distribution est variable selon les régions du globe. Il existe des génotypes propres à certains continents ou prévalent dans d’autres. Les génotypes 1, 2, 3 sont responsables de la majorité des hépatites C en Europe de l’Ouest, aux Etats Unis et au Japon. Le génotype 4 est très fréquent en Afrique Centrale, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Le génotype 5 prédomine en Afrique du Sud. Les génotypes 6 à 11 sont très présents au Sud-Est Asiatique. Le génotype 3, avec de nombreux sous-types, est particulièrement fréquent en Inde. On a récemment découvert les génotypes 1 et 2 en Afrique de l’Ouest. Les génotypes du VHC sont significativement associés à certains modes de transmissions : c’est le cas pour le génotype 1b et la transfusion sanguine et pour les génotypes 1a et 3a et la toxicomanie intraveineuse. La connaissance du génotype est surtout utile pour définir le traitement car il permet de déterminer les chances de succès et surtout la durée.

Répartition géographique

Depuis la mise au point des moyens de dépistage du VHC, des études prospectives et même rétrospectives ont permis de caractériser le virus dans l’espace. On sait aujourd’hui que le virus est ubiquitaire présent sur tous les continents avec cependant, une prédominance dans les pays occidentaux et d’autres pays industrialisés comme le Japon (16 %). Ceci s’expliquerait par les habitudes de la modernité qui favoriseraient la propagation du virus dans certaines couches de populations telles que les : toxicomanes à la seringue, les dialysés, les homosexuels, les bénéficiaires de greffes d’organes et les polytransfusés [24]. Le VHC se trouve dans le monde entier avec une prévalence moyenne de 3 % (soit 170 millions de personnes infectées) [30]. Aux Etats Unis, il y a environ quatre (4) millions de porteurs chroniques. En Europe, la proportion de sujets atteints varie de 0,5 à 2 % en fonction des pays avec un gradient Nord-Sud. En Europe de l’Ouest, cinq (5) millions de personnes sont touchées tandis qu’en Europe de l’Est, certains pays sont particulièrement touchés jusqu’à 3 à 4%. En France, la prévalence de la séropositivité VHC est de 1,1 à 1,2 % (soit 500 000 à 650 000 personnes infectées dont 55 à 85 % environ sont porteuses du virus) [30]. La prévalence de l’infection par le VHC est de 60 % environ chez les usagers de drogue intraveineuse (IV), 25 % chez les détenues et chez les sujets infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), et 25 000 à 30 000 sujets auraient ainsi une coinfection VHC-VIH [31]. En Afrique noire, la prévalence varie de 2 à 6 % selon les pays. La distribution est très hétérogène, en particulier en Afrique au Sud du Sahara.

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Table des matières

INTRODUCTION
1. GENERALITES
1.1. Généralités sur l’hépatite B
1.1.1. Historique
1.1.2. Caractéristiques fondamentales
1.1.3. Infection par le virus de l’hépatite B
1.1.4. Marqueurs biologiques de l’hépatite B
1.1.5. Clinique
1.1.6. Evolution
1.1.7. Diagnostic de l’infection par le VHB
1.1.8. Prévention de l’infection par le VHB
1.1.9. Traitement
1.2. Généralités sur l’hépatite C
1.2.1. Historique
1.2.2. Les caractéristiques du virus
1.2.3. L’organisation génomique
1.2.4. Classification des génotypes du VHC
1.2.5. Répartition géographique
1.2.6. Les modes de contamination
1.2.7. Le diagnostic biologique
1.2.8. Le traitement et la prophylaxie
2. REVUE DE LA LITTERATURE
2.1. L’épidémiologie des hépatites B et C chroniques
2.2. Les aspects cliniques des hépatites B et C chroniques
2.3. Les aspects paracliniques des hépatites chroniques B et C
2.4. Le grade de l’atteinte hépatique en cas d’hépatites virales chroniques B et C
2.5. Aspects thérapeutiques des hépatites chroniques B et C
2.6. Les modalités évolutives des hépatites chroniques B et C
3. OBJECTIFS
3.1. Objectif général
3.2. Objectifs spécifiques
4. METHODOLOGIE
4.1. Cadre et champ d’étude
4.1.1. Le cadre de l’étude
4.1.2. Champ d’étude
4.2. Type et période d’étude
4.3. Population d’étude
4.3.1. Population source
4.3.2. Population cible
4.4. Critères d’inclusion
4.5. Critères de non inclusion
4.6. Echantillonnage
4.7. Méthodes et techniques de collecte des données
4.8. Description des variables étudiées
4.9. Définitions opérationnelles
4.10. Recueil et analyse de données
5. CONSIDERATIONS ETHIQUES
6. RESULTATS
6.1. Caractéristiques Générales des patients atteint d’hépatite B et C
6.1.1. Fréquence des cas d’hépatites
6.1.2. Caractéristiques sociodémographiques
6.1.3. Antécédents
6.1.4. Facteurs de risque de contamination
6.1.5. Caractéristiques cliniques
6.1.6. Caractéristiques paracliniques
6.2. Distribution des hépatites B et C
6.2.1. Distribution de l’hépatite B
6.2.2. Distribution de l’hépatite C
6.3. Le Profil thérapeutique des patients
6.3.1. Cas d’hépatite B chronique
6.3.2. Hépatite C chronique
6.4. Evolution
6.4.1. Hépatite B chronique
6.4.2. Hépatite C chronique
CONCLUSION

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