GENERALITES SUR LES MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET CHRONIQUES

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Données hydrographiques

Outre l’Océan Atlantique qui limite à l’Ouest, les ressources en eaux de surface au Sénégal sont constituées par quatre fleuves et leurs affluents auxquels s’ajoutent quelques cours d’eau temporaires. Les bassins qui traversent le Sénégal forment deux systèmes importants : les cours inférieurs du fleuve Sénégal et le cours moyen du fleuve Gambie. Le Sine et le Saloum sont des bras de mer, alors que le fleuve Casamance est un petit cours d’eau côtier. D’autres rivières et des vallées complètent le régime hydrologique. La réalisation des Grands Barrages de Diama et de Manantali, en particulier, que le Sénégal partage avec le Mali, la Mauritanie et la Guinée à travers l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS), contribue à la maitrise des ressources hydrauliques et partant au développement de l’agriculture, de l’élevage, de la navigation, de l’approvisionnement en eau potable et en énergie pour les populations. [44]
NB : Les 7 régions du Sénégal frontalières de la Gambie sont : Fatick, Kaolack, Kaffrine, Tambacounda, Kolda, Ziguinchor et Sédhiou.

Organisation administrative

Le Sénégal est une République laïque, démocratique et sociale qui assure l’égalité de tous les citoyens devant la loi, sans distinction d’origine, de race, de sexe, de religion et qui respecte toutes les croyances. La constitution consacre le principe de la démocratie en rappelant que la souveraineté nationale appartient au peuple Sénégalais qui l’exerce par ses représentants ou par la voie du référendum. La forme républicaine de l’État prend appui sur le caractère démocratique du système politique marqué par la séparation et l’indépendance des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
En 2008, la loi 2008-14 du 18 mars 2008 modifie la loi 72-02 du 1er février 1972 relative à l’organisation de l’administration Territoriale et Locale.
Le Sénégal comprend désormais 14 régions dont trois nouvelles : Kaffrine, Kédougou et Sédhiou. Les départements sont au nombre de 45 subdivisés en Arrondissement, Commune, Communautés rurales et Village. Le village ou le quartier correspond à la cellule administrative de base.
Les grandes communes (Dakar, Rufisque, Pikine, Guédiawaye et Thiès) sont subdivisées en communes d’arrondissement. Il y a 46 communes d’arrondissement au total. La région de Dakar à elle seule, c’est-à-dire ses quatre grandes communes, en compte 43.
Il y a deux modes de gestion du territoire qui se côtoient : un mode déconcentré et un mode décentralisé.
Dans le mode déconcentré, la région est placée sous l’autorité du Gouverneur, le département sous celle du Préfet et l’arrondissement sous celle du Sous-préfet. Dans le mode décentralisé, la région en tant que collectivité locale est gérée par le conseil régional, la commune par le conseil communal et la communauté rurale par le conseil rural.
Chaque niveau est dirigé par une autorité à savoir :
 un gouverneur et un président de conseil régional pour chaque région ;
 un préfet pour chaque département ;
 un sous-préfet par arrondissement ;
 un maire par commune ;
 un président par communauté rurale ;
 et un chef de village ou de quartier au niveau le plus périphérique.
La capitale du Sénégal, Dakar, est en même temps la capitale de la région du même nom, presqu’ile de 550 km2 situé à l’extrême Ouest du pays.
A la suite des révisions constitutionnelles intervenues en 2007 et 2008, il a été institué un Sénat introduisant un pouvoir législatif exercé par un Parlement bicaméral composé d’un Sénat et d’une Assemblée nationale. Dans cette même perspective, la loi n° 2008-32 du 7 Août 2008 a crée un conseil économique et social. Le Président de la République, Chef de l’Exécutif, est élu au suffrage universel direct. Il définit la politique de la Nation mise en œuvre par le Gouvernement à la tête duquel se trouve un Premier qu’il nomme.

Données économiques et sociales

Au plan économique, en 2010, le produit intérieur brut (PIB) s’élevait à 6.367 milliards de CFA, soit un PIB par tête de 509.096 CFA. Pour la même année, le taux de croissance économique s’est établi à 4,1% après 2,2% en 2009, 3,2% en 2008 et 4,9% en 2007. L’Indice de Développement Humain (IDH, Rapport PNUD), de 0,464, place le Sénégal au 166ème rang sur 182 pays. Le taux d’inflation en 2010 est de 1,2%.
Comparé aux autres pays du continent africain, le Sénégal est très pauvre en ressources naturelles. Ses principales recettes proviennent de la pêche et du tourisme. La crise du secteur de l’arachide, principale culture de rente du pays, à réduit considérablement la contribution de l’agriculture dans le PIB. La pêche qui reste un secteur clé de l’économie familiale sénégalaise subit également les conséquences de la dégradation des ressources halieutiques (surexploitées) et de l’augmentation récente de la facture énergétique. Cependant, compte-tenu de sa situation géographique et de sa stabilité politique, le Sénégal fait partie des pays africains les plus industrialisés.
Depuis 2005, le pays s’est engagé dans une « stratégie de croissance accélérée » visant à le hisser au rang de pays émergent et reposant notamment sur la modernisation de l’agriculture et le développement de l’industrie agroalimentaire. Le plan de Retour vers l’agriculture (REVA) encourageant les jeunes et particulièrement les émigrés et les victimes de la migration clandestine à développer des projets agricoles et la Grande Offensive pour la Nourriture et l’Abondance (GOANA) entamée au cours de l’année 2008 pour répondre à la crise alimentaire témoignent de la volonté politique de l’État de faire de l’agriculture un levier important du développement économique et social.
Le secteur tertiaire (tourisme, télé services), l’industrie textile et l’habillement ainsi que les produits de la mer ont connu des développements importants. Il a également été lancé de « grands projets » destinés à combler le déficit d’infrastructures entravant le développement du pays.
Par ailleurs, les transferts financiers de la diaspora sénégalaise représentent aujourd’hui une rente très importante.
En 2010, il est entré au Sénégal par le circuit des voies formelles (banques, sociétés de transfert d’argent, poste), 594,9 milliards de francs CFA provenant de la diaspora sénégalaise. On estime que les fonds envoyés par les Sénégalais visant à l’étranger sont supérieurs aux ressources financières provenant de l’aide internationale et qu’ils constituent à eux seuls, 9,3% du PIB provisoire de 2010.
La structure du budget de fonctionnement de l’État montre la place accordée au secteur de l’éducation auquel des ressources importantes ont été allouées (40% environ).
La priorité aux soins de santé primaires donnée au plan national s’est traduite par une distribution correcte des structures de santé. La couverture en postes de santé (environ 1 poste pour 11.000 habitants), proche de l’objectif national, a été renforcée par des mesures complémentaires conformes aux recommandations de l’initiative de Bamako (réduction des coûts, amélioration de la gestion, participation des populations, rationalisation de la prescription).
Ces mesures ont permis l’accès gratuit ou allégé à des prestations de santé, exécutées dans le cadre de programmes et de plans d’action tels que :
 le Programme élargi de vaccination (PEV) ;
 la Consultation prénatale (CPN) ;
 la Consultation primaire curative (CPC) ;
 la Prise en charge des personnes âgées (Plan Sésame) ;
 le Programme de prise en charge intégrée des maladies de l’enfance ;
 le Programme de prise en charge des épidémies ;
 le Programme de Renforcement de la Nutrition (PRN) etc.
Par ailleurs, le Gouvernement accorde une priorité absolue à la lutte contre le paludisme et le VIH/Sida, compte tenu de l’impact de ces fléaux sur le développement humain. Il a mis en œuvre plusieurs initiatives en vue de réduire la pauvreté et soutenir les familles démunies : Fonds de Développement Social ; Programme d’Appui à la Réduction de la Pauvreté (PAREP) ; Programme de lutte contre la pauvreté (PLCP) ; Fonds de solidarité nationale ; etc.

Situation Économique et Sociale du Sénégal

Dans un contexte mondial caractérisé par les phénomènes de mondialisation, d’urbanisation, de modernisation, et, surtout, de migrations, la population du Sénégal se singularise par une mutation lente des comportements démographiques. Les logiques reproductives se trouvent toutefois bouleversées du fait des crises économiques et écologiques conduisant à une certaine maitrise de la fécondité. Cette timidité dans l’entrée vers le processus de transition démographique se traduit par un niveau de croissance démographique encore élevé malgré une situation de faible dynamisme économique et d’une dégradation de l’environnement agro-écologique. De cette situation découle une distorsion de plus en plus apparente entre la population et les ressources et d’énormes disparités dans la répartition spatiale de la population qui vont à l’encontre d’un aménagement optimal de l’espace.

Situation démographique

En 2010, la population du Sénégal est estimée à 12.509.434 habitants. Ce chiffre s’appuie sur les projections démographiques et les tendances démographiques observées à partir des recensements de 1976, 1988 et 2002. La population du Sénégal, évaluée à 4.900.000 habitants au Recensement Général de la Population (RGP) de 1976, était estimée à 6.900.000 habitants à celui de 1988 et à 9.858.482 habitants à celui de 2002. Le taux d’accroissement moyen annuel de la population est passé de 2,3% entre 1960 et 1970, à 2,6% au cours de la période 1970-76, à 2,7% sur la période 1976-1988. Le taux retrouve son niveau initial (2,3%) entre 1988-2002. Cet accroissement important semble tenir de l’accroissement naturel de la population.
Il reflète ainsi la baisse de la mortalité au cours des trente dernières années, dont l’effet a été amoindri par une chute de moindre envergure de la natalité et de la fécondité, en milieu urbain comme en milieu rural. [47]

Système de santé au Sénégal :

Organisation :

Le système de santé est organisé par l’Etat à travers le Ministère de la Santé et de la Prévention. En terme de performance, ce système est classé 59ème sur les 192 Etats qui constituent l’OMS. En ce qui concerne l’ensemble de l’Afrique le Sénégal est 3ieme après le Maroc et la Tunisie. II est considéré toujours selon cette classification comme étant le système de santé le plus performant de l’Afrique au Sud du Sahara.
Depuis 2002, 10% de son budget sont consacrés au secteur névralgique de la santé. Le Sénégal se rapproche ainsi progressivement des recommandations d’Abuja aux pays africains concernant la part du budget national qui doit être allouée à la santé (15%). Ce budget a connu une constante hausse depuis le début des années 2000, environ ½ point par an, mais pour l’exercice de 2006, il a connu une légère baisse passant de 89 milliards 274millions 635 milles francs CFA à 74 milliards 457 millions 670 milles francs [6], [30].
 Niveau central
Il comprend outre le cabinet du ministre, les directions et services rattachés. Les Etablissements Publics de santé(EPS) de niveau 3 ont une vocation qui s’étend sur l’ensemble du territoire, liée à une haute spécialisation dans les disciplines médico-chirurgicales. Ils constituent le troisième niveau de référence. Ainsi, suivant sa localisation ou ses caractéristiques techniques ou administratives particulières, tout EPS3 est dénommé Centre Hospitalier National. A coté des hôpitaux publics il y a l’hôpital militaire (Hôpital Principal de Dakar) qui participe également au service de santé publique voire figure 1.
 Niveau régional
La région médicale est la structure de coordination au niveau régional. Chaque région médicale correspond à une région administrative. Elle est dirigée par un médecin de santé publique qui est le principal animateur de l’équipe cadre composée de l’ensemble des chefs de services rattachés à la région médicale.
Sur le plan sanitaire, les EPS2 ou hôpitaux régionaux ainsi que les hôpitaux privés ou militaires siègent au niveau régional.
 Niveau périphérique
Le district sanitaire est assimilé à une zone opérationnelle comprenant au minimum un centre de santé et un réseau de postes de santé. Il couvre une zone géographique pouvant épouser un département entier ou une partie d’un département.
Le Sénégal compte actuellement 65 districts sanitaires. Chaque district où zone opérationnelle est géré par un médecin chef.
Les postes de santé sont implantés dans les communes, les chefs –lieux de communautés rurales ou les villages relativement peuplés. Ils s’appuient au niveau rural sur les infrastructures communautaires de village (cases de santé et maternités rurales) créées par les populations qui en assurent la gestion par l’intermédiaire des agents de santé communautaire ou des matrones qui ont été choisis [43]

Paquet d’activités du centre de santé, de l’hôpital du district

Les activités du centre de santé supposent que les conditions suivantes soient réunies:
– une bonne relation client/prestataire,
– une prescription adéquate respectant les normes et protocoles,
– une permanence des services offerts,
– une continuité des services. [30]

Soins primaires :

Consultation curative primaire (CPC)

Elle porte surtout sur la :
– prise en charge des endémies (paludisme, tuberculose IST/SIDA, bilharziose…),
– lutte contre les épidémies (choléra, méningite, diarrhées sanglantes, rougeole),
– prise en charge des maladies chroniques non transmissibles (diabète, HTA, IR, cancer, maladies cardiovasculaires).

Prise en charge des accouchements et des avortements

Il faut ici noter la gratuité des césariennes et la disponibilité au niveau des districts des compétents en Soins Obstétricaux d’Urgence (S.O.U.).

Activités préventives

Elles se résument en :
– consultation prénatale,
– consultation post natale (mère, nourrisson),
– planification familiale,
– vaccination,
– suivi de la promotion de la croissance,
– prévention des maladies transmissibles et de maladies chroniques.

Activités promotionnelles en relation avec les autres secteurs

Les principales activités sont :
– la promotion nutritionnelle du couple mère-enfant et des personnes âgées,
– l’information, l’éducation et la communication,
– la promotion des mesures d’hygiène et d’assainissement.

Activités de réhabilitation

Elles concernent :
– la récupération nutritionnelle,
– la prise en charge des PV-VIH, les tuberculeux, les lépreux entres-autres.

Soins secondaires

Le centre de santé est la structure de référence des postes de santé. Il doit disposer de capacités d’hospitalisation en médecine, chirurgie et gynéco obstétrique et assurer les soins dans les disciplines suivantes :
– la médecine,
– la chirurgie,
– la pédiatrie,
– la gynécologie obstétrique : Soins obstétricaux néonataux d’urgence (SONU),
– l’odontostomatologie,
– les urgences médicales et chirurgicales.

Services d’appui au diagnostic et de soutien

Ils reposent sur :
– la pharmacie,
– les laboratoires,
– l’imagerie médicale,
– la morgue.

La santé buccodentaire

Les infrastructures bucco-dentaires

L’odontologie a suivi la réforme administrative étant entendue qu’elle fait partie intégrante du système de santé. Depuis le 15 février 2008 le Sénégal compte 43 départements subdivisés en 103 arrondissements regroupant des communautés rurales composées de villages qui servent de cadre aux structures de santé.
Il existe des structures bucco-dentaires dans tous les Etablissements Publiques de Santé de niveau 1,2 et 3 ainsi qu’au niveau des centres de santé et des districts excepté les nouvelles créations.
Ces services sont dirigés par un personnel composé de chirurgiens dentistes et de techniciens supérieurs en odontologie [47] [15].Au niveau central la division de la santé bucco-dentaire s’occupe de l’administration générale de la profession au Sénégal.
Il existe également d’autres services parapublics qui sont sous la tutelle d’entreprises parapubliques, d’autres ministères ou dépendant des collectivités locales (Dakar). Au total, 500 chirurgiens dentistes sont répartis dans l’ensemble des structures du pays dont 250 exercent dans le privé. 80% des chirurgiens dentistes du secteur libéral travaillent dans la région de Dakar et la moitié des régions du pays ne disposent pas de cabinets dentaires privés [33], [56].

Situation actuelle de la santé bucco-dentaire au Sénégal

La politique de santé bucco-dentaire est traduite opérationnellement par un plan d’action stratégique dont l’évaluation a permis de corriger les imperfections et de faire des propositions tendant à atteindre les objectifs fixés.
Les services dentaires sont localisés au niveau des zones urbaines ce qui ne milite pas en faveur de la décentralisation et de l’accessibilité des structures au niveau des zones rurales. Dans ces zones, la prise en charge des pathologies bucco-dentaires est quasi nulle, les ICP et les SFE n’ont pas la compétence requise pour la prise en charge des pathologies bucco-dentaires [19], [33].
Au niveau des districts, rares sont les activités bucco-dentaires qui sont validées au niveau du plan de travail annuel, celles qui sont acceptées ne sont souvent pas honorées : demandes de financement effectuées pour fauteuils dentaires depuis 1998. La conséquence est que les structures dentaires ne sont pas fonctionnelles.
Les activités de santé bucco-dentaire, souvent pas considérées comme étant une priorité, témoignent de la pauvreté des structures aussi bien au niveau central qu’opérationnel ; des activités de dépistage et de traitement d’urgence, d’IEC, absentes, chez les enfants, les femmes enceintes, les personnes atteintes de VIH/SIDA…
Il y a aussi beaucoup de difficultés pour l’intégration des programmes au niveau du ministère de la santé ; cela se traduit par des services qui ont tellement de moyens qu’ils n’ont le temps de les dépenser correctement et des services qui sont tellement pauvres qu’ils ne peuvent mener d’activités. Parmi ces services pauvres, figure en bonne place la santé bucco-dentaire. L’harmonisation des ressources au niveau du ministère de la santé fait défaut.
Les pathologies bucco-dentaires sont très fréquentes à travers le monde, plus de 80% [45], [47], [15], [34].
Cependant, le pourcentage de la population sénégalaise souffrant de ces pathologies est méconnu faute de moyens pour mener à bien une telle enquête.

L’état de santé bucco-dentaire des populations du Sénégal

Les problèmes de santé bucco-dentaire au Sénégal se résument principalement en deux types d’affections : la carie dentaire et les parodontopathies. En dépit des répercussions qu’elles peuvent avoir sur l’état général (cardiopathies, gastropathies sinusites et névralgies), ces affections bucco-dentaires ne bénéficient que peu d’intérêt dans notre politique de santé. Rares sont les études épidémiologiques menées dans ce domaine et qui couvrent l’ensemble du territoire. Cependant les études de Thiam et de Fall font état d’une prévalence élevée de carie dentaire et des parodontopathies. [9], [17]
 Sur le plan dentaire :
 70,1% de la population adulte présentent au moins une dent cariée.
 1,7% seulement de la population ont au moins une dent obturée
 36,3% de la population présentent au moins une dent absente pour cause de carie.
 Chez les enfants scolarisés, la prévalence de la carie dentaire est de 66%.
 Sur le plan parodontal :
 Seuls 5,5% de la population adulte Sénégalaise présentent une gencive saine.
 90% de la population présentent du tartre.
 La parodontite est retrouvée sur de 49,5% de la population.
 Chez les enfants, la prévalence des maladies parodontales est de 24,5%.
Par ailleurs il est noté d’autres affections et problèmes de santé bucco-dentaire tels que le Noma, les malocclusions, la fluorose, les traumatismes, les cancers buccaux et les maladies bucco-dentaires liées au VIH/Sida.
La prise en charge de ces pathologies a nécessité l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan stratégique afin d’améliorer l’état de santé bucco-dentaire de la population [18].

GENERALITES SUR LES MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET CHRONIQUES

Les maladies bucco-dentaires

Généralités

Notre santé bucco-dentaire a un rôle important à jouer dans notre état de santé général. Des recherches approfondies montrent le lien entre une mauvaise santé bucco-dentaire et d’autres affections systémiques telles que le diabète chez les personnes de tous âges et les maladies respiratoires surtout chez les personnes âgées. De nouvelles recherches font ressortir un possible lien entre une mauvaise santé bucco-dentaire et d’autres affections systémiques telles que les cardiopathies, la prématurité et l’insuffisance pondérale à la naissance.
Bien que les chercheurs en aient encore beaucoup à apprendre sur les liens qui existent entre la santé bucco-dentaire et l’état de santé général, les maladies bucco-dentaires peuvent être source de douleur et causer la perte des dents et la mauvaise haleine. Il est important de comprendre les affections et les maladies bucco-dentaires, de savoir comment les reconnaitre et, qui plus est, comment les éviter. Ces maladies sont composées de :
 La carie dentaire
 La maladie des gencives (gingivites et les affections parodontales)
 Le cancer de la bouche.

La carie dentaire

Définition

Selon l’OMS : « la carie est un processus pathologique localisé d’origine externe apparaissant après l’éruption des dents qui s’accompagne d’un ramollissement des tissus durs de la dent et évolue vers la formation de cavité ». Aujourd’hui il est accepté et démontré que la carie dentaire est une pathologie multifactorielle. [32], [31]

Epidémiologie

Au XXe siècle, la carie dentaire sévissait principalement dans les pays industrialisés, alors que l’on observait une faible prévalence dans les pays en voie de développement. A la fin du XXe siècle, la prévalence a augmenté dans certains pays en voie de développement et elle a diminué chez les enfants et les jeunes adultes dans les pays industrialisés. [18], [25]
La baisse de la prévalence n’est pas identique sur toutes les faces dentaires : elle se remarque plus particulièrement aux faces lisses et proximales ; 60% de la carie se retrouve chez 20 à 25% de la population et un pourcentage important de ces lésions se retrouve au niveau des puits et fissures. [27]

L’étiologie

Son étiologie est multifactorielle. Elle se produit sous l’action simultanée de plusieurs facteurs : l’hôte, la flore microbienne, le régime alimentaire et le temps. [21], [30]. Elle ne se manifeste que lorsque tous ces facteurs sont présents. Par contre, elle peut être inactivée par l’absence d’un seul de ces facteurs. Selon un concept plus contemporain elle comprend aussi un aspect socioéconomique aussi bien que des facteurs psychologiques et biologiques.

Le diagnostic

Son diagnostic ne doit pas être considéré uniquement comme diagnostic des lésions. Il doit s’intégrer à un processus complexe comprenant l’évaluation du risque carieux de l’individu et celle de l’activité carieuse de la lésion. Les limites des instruments conventionnels devront inciter les chercheurs à en créer de nouveaux qui permettront de diagnostiquer les lésions à un stade plus précoce que celui de la lésion blanche, de distinguer les lésions qui évoluent de celles qui se reminéralisent et d’évaluer le risque carieux de chaque patient.
L’évaluation des facteurs de risque et celle de l’activité de la lésion carieuse constituent les éléments clés du contrôle de la carie dentaire [9],[50]. Le patient présente-t-il un risque élevé, moyen ou faible ? La lésion est-elle active ou arrêté ? Actuellement l’évaluation repose sur des données cliniques [42],[16]Une mauvaise évaluation du risque de carie peut mener à un traitement inapproprié. D’une part, si un individu est évalué à tort comme étant à risque élevé, il sera peut-être « victime » d’un sur traitement. D’autre part, une lésion carieuse dans le premier tiers de la dentine chez un individu évalué à tort comme étant à faible risque sera du sous traitement, ce qui ne représentera pas l’intérêt du patient. Ces facteurs peuvent être au niveau :
• Des médicaments : Les facteurs médicaux sont des maladies dont les traitements ont des répercussions sur la physiologie de la salive.
• Socio-économique : Ces facteurs comprennent les données démographiques (âge, ethnie, hérédité, sexe de l’individu) ; et le statut socio-économique (classe sociale, éducation, connaissances revenus, comportement, valeur).
• Dentaire : Il existe plusieurs indices dentaires : plaque abondante, multiples obturations, restaurations défectueuses, bagues orthodontiques, caries ou obturations sur les incisives inférieures, lésions blanches, observance insuffisante des recommandations du dentiste, manquement aux visites de suivi, mauvaises habitudes alimentaires (forte consommation de glucides, fermentescibles), faibles exposition aux fluorures et taux élevé de micro-organismes cariogène [1], [20].

Les pathologies parodontales

Définition

Les parodontopathies (maladies parodontales) sont des affections bactériennes touchant les tissus de soutien de la dent (gencive, desmodonte, os alvéolaire et cément). Ce sont des maladies infectieuses qui peuvent se manifester sous forme inflammatoire, ne touchant que le tissu gingival sans lyse osseuse et sans perte d’attache épithéliale on parlera de gingivopathies ou gingivites ou par la perte d’attache épithéliale avec une lyse partielle ou totale des éléments du parodonte : on parlera dans ce cas de parodontite [39].

Epidémiologie

Dans les années 1970, l’évolution naturelle de la maladie parodontale impliquait l’accumulation de plaque dentaire menant à la formation de tartre qui induisait l’apparition de poches avec une perte osseuse conduisant à la perte des dents. Une insuffisante et l’âge constituaient des facteurs de risque majeurs.
Burt(21) a résumé le concept qui prévalait à cette période :
– La gingivite progresse vers la parodontite avec, en conséquence, une destruction osseuse et éventuellement une perte dentaire ;
– Tous les individus sont susceptibles de développer une parodontite qui deviendra suffisamment sérieuse pour altérer la dentition. La sévérité de la parodontite augmente avec l’âge ;
– La maladie parodontale est la principale cause de perte dentaire après 35 ans.
La connaissance des maladies parodontales a fortement progressé au cours de ces dernières années [9], [19]. Elle a évolué vers de nouvelles hypothèses en rapport avec l’étiologie, la pathogenèse et le traitement, guidées en partie par les données épidémiologiques [6].

Étiologies des maladies parodontales

Le concept d’étiologie est essentiel, car la prévention et le traitement des maladies dentaires sont tous deux dépendants d’une compréhension exhaustive de la relation entre les facteurs étiologiques et la pathogénèse des parodontopathies et des caries dentaires.
Il existe différent types de facteurs étiologiques. On classe généralement les facteurs étiologiques des parodontopathies selon leur origine spécifique en deux
catégories : les facteurs étiologiques locaux ou extrinsèques (facteurs d’irritation et facteurs fonctionnels) et les facteurs étiologiques organiques ou intrinsèques :

les facteurs locaux directs

 La plaque bactérienne :
La plaque dentaire peut être définie comme étant constituée d’agrégats bactériens qui se développent à la surface de dents ou d’autres structures de la cavité buccale.
C’est une couche molle, jaunâtre composée de micro-organismes variés et agglutinés dans une matrice organique riche en polysaccharides et glycoprotéine, et de débris alimentaire. La matrice adhère aux surfaces dentaires et, si elle persiste va être colonisée par des bactéries.
La colonisation par les micro-organismes change sous l’influence des hormones sexuelles et la proportion de bactéries à Gram négatif augmente au cours de la puberté. [58].Les œstrogènes et la progestérone pourraient favoriser l’installation d’une flore microbienne anaérobie dans le sulcus pendant la puberté. [6].Le nombre de Prevotella intermedia et de P. nigrescens s’élève en période pubertaire. Il existe une corrélation entre les taux sanguins de testostérone chez les garçons et d’œstrogènes et de progestérone peut conduire à une altération de la perméabilité des capillaires et une augmentation de la quantité d’exsudats provoquant une gingivite œdémateuse et hémorragique.
 Le tartre :
Il résulte de la minéralisation de la plaque bactérienne. Il contient de nombreuses bactéries, qui au fur et à mesure de leur lyse, libèrent des enzymes et des toxines. Le tartre a un rôle pathogène double : il représente d’une part un foyer infectieux permanent et provoque d’autre part des ulcérations.
 La carie et ses complications :
Les caries évolutives des dents temporaires, situées de préférence au niveau des faces proximales, engendrent très rapidement des complications parodontales.
Cette rapidité d’extension des phénomènes pulpaires au niveau parodontal est favorisée par les particularités anatomiques de la dent temporaire, c’est-à-dire l’existence :
• d’une faible épaisseur d’émail et de la dentine ;
• d’un volume pulpaire important avec des cornes pulpaires proéminentes ;
• de plusieurs tubules dentaires très larges ;
• de plusieurs complexes pulpoparodontaux notamment au niveau des zones de furcation des dents temporaires pluriradiculées.

Les facteurs locaux indirects

Ces facteurs sont représentés par les dysmorphoses orthodontiques et ou par des dysfonctionnements de l’appareil médicateur qui favorisent les traumatismes du parodonte par l’intermédiaire des forces occlusales traumatogènes : c’est le traumatisme occlusal.

Les facteurs iatrogènes

Ils sont consécutifs à l’action du praticien ou du patient lui-même. Il s’agit de l’application de méthodes d’hygiène non appropriée, d’une mauvaise adaptation des reconstitutions coronaires ou la pose d’appareil prothétique ou orthodontique chez un enfant dont l’hygiène est défectueuse.

Les facteurs généraux

Les tissus parodontaux sont très sensibles. Leur résistance peut être diminuée par des facteurs généraux, leur rendant plus sensibles aux influences des facteurs locaux directs. Ces facteurs sont représentés par les maladies qui réduisent les capacités de défense du parodonte.

Classification des pathologies parodontales

La maladie parodontale a fait l’objet de nombreuses classifications par des critères variés comme l’âge d’apparition, l’étiopathogénie, la vitesse d’évolution. Mais leurs applications manquaient de précision ou, dans certains cas, une manifestation clinique appartenait à deux catégories différentes. Une conférence s’est réunie en novembre 1999 afin d’établir une nouvelle classification, elle est résumée par Armitage [7].
Elle distingue les gingivites, qui affectent seulement la composante tissulaire superficielle du parodonte, la fibromuqueuse gingivale et les parodontites qui sont les destructions des composantes profondes, c’est-à-dire l’attache épithélio-conjonctive, le desmodonte, l’os alvéolaire et le cément.

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Table des matières

Introduction
Première partie: CONSIDERATIONS SUR LE SENEGAL
I.Rappels sur le Sénégal
I-1-Données physiques
I-2-Données climatiques
I-3-Données hydrographiques
I-4-Organisation administrative
I-5-Données économiques et sociales
I-5-1-Situation Économique et Sociale du Sénégal
I-5-2-Situation démographique
II-Système de santé au Sénégal
II -1-Organisation :
II -2-Paquet d’activité du centre de santé, de l’hôpital du district
II -2-1. Soins primaires :
II -2-2-Soins secondaires
II -2-3-Services d’appui au diagnostic et de soutien
II -3-La santé buccodentaire
II -3-1-Les infrastructures bucco-dentaires
II -3-2- Situation actuelle de la santé bucco-dentaire au Sénégal
II -3-3-Situation actuelle du personnel
II -3-4-L’état de santé bucco-dentaire des populations du Sénégal
Deuxième partie: GENERALITES SUR LES MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET CHRONIQUES
I-Les maladies bucco dentaires
I-1-1-La carie dentaire
I-1-2-Les pathologies parodontales
I-1-3-Les cancers de la bouche
I-2- Prévention des affections bucco-dentaires
I-2-1-Approche de l’OMS
I-2-2-Approche de la prévention selon LEAVELL et CLARK
I-2-3-Éducation en santé et efforts de promotion des mesures de prévention
I-2-4-Prévention des caries dentaires
I-2-5-Prévention des affections du parodonte
I-2-6-Prévention du cancer de la cavité buccale
II -Les maladies non transmissibles
II -1-Généralités
II -2-Analyse situationnelle
II -3-Le diabète
II-3-1-Définition
II-3-2-Classification
II-3-3-Données épidémiologiques
II-3-4-Prévention du diabète
II-4-Les maladies rénales
II-4-1-Définition
II-4-2-Données épidémiologiques
II-4-3-Prévention des maladies rénales
II-5-Les maladies cardio-vasculaires
II-5-1-Définition
II-5-2-Données épidémiologiques
II-5-3-Prévention des maladies cardiovasculaires
II-6-Le Cancer
II-6-2-Données épidémiologiques
II-6-3-Prévention du cancer
III-Actions proposées
III-1-Élaborer des politiques publiques favorables à la santé
III-2-Prévenir les MNT et leurs facteurs de risque
III-3-Assurer la prise en charge des MNT
III-4-La formation
III-5-La recherche et la surveillance épidémiologique
III-6-Le partenariat
Troisième Partie : ENQUETE AUPRES DES CHIRURGIENS DENTISTES
I-Problématique
II-Les objectifs
II-1-L’objectif général
II-2-Les objectifs spécifiques
III-Méthodologie
III-1-Type d’étude
III-2-Cadre et population d’étude
III-3-Durée et période de l’étude
III-4-Echantillonnage
III-5-Critère de sélection
III-5-1-Critère d’inclusion
III-5-2-Critère de non inclusion
III-6-1-Collecte de données
III-6-2-Recueil des données
III-6-3-Description des variables
III-6-4-Plan d’analyse des données
IV-1-Prévention
IV-1-1-Activité de prévention dans la consultation journalière.
IV-1-2-Séances de prévention au niveau communautaire
IV-1-3-Thème des séances de prévention au niveau communautaire
IV-1-4-Séances de prévention intégrée.
IV-2-Services de maladies non transmissibles
IV-2-1-Existence de service des maladies non transmissibles.
IV-2-2-Type de services de maladies non transmissibles (MNT)
IV-3-Système de référence et contre référence
IV-3-1-Référence de patients atteints de maladies bucco-dentaires à des médecins spécialistes
IV-3-2-Raisons de la référence du chirurgien dentiste au médecin spécialiste
IV-3-3-Praticiens dentaires à qui un patient s’est référé.
IV-4-Etat général et bucco-dentaire des patients référés
IV-4-1-Etat général des patients se référent à des médecins spécialistes
IV-4-2-Etat buccal des patients référés par les médecins spécialistes
IV-5-facteurs de risque communs
IV-5-1-Connaissance des MNT ayant les mêmes facteurs de risque que les maladies buccodentaires
IV-5-2-Les facteurs de risque communs aux maladies chroniques et aux affections buccodentaires
IV-5-3-Participation à une campagne de lutte contre les facteurs de risque
IV-5-4-Sensibilisation contre ces facteurs de risques dans la consultation journalière
V-Commentaires et recommandations
Conclusion
Bibliographie

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