Generalites sur le tabagisme

A l’échelle de la planète, le tabac cause un décès sur cinq chez les hommes et un décès sur vingt chez les femmes après 30 ans. En 2000, on notait 4,8 millions de décès prématurés attribuables à des maladies provoquées par le tabac, notamment les Maladies Cardiovasculaires ou MCV, le cancer du poumon et le syndrome obstructif bronchique (1). Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, le tabagisme est également associé à des affections respiratoires comme l’asthme et la tuberculose. En Chine, le tabagisme s’est avéré responsable de 12% des décès masculins dus à la tuberculose. En Inde, on a enregistré quatre fois plus de cas de tuberculose chez les fumeurs que chez les non-fumeurs, ce qui tend à montrer que le tabagisme constitue un facteur contributif dans environ la moitié des décès masculins dus à la tuberculose (1). Le risque de décès imputable au tabagisme est élevé : entre la moitié et les deux tiers des fumeurs de longue durée meurent de maladies causées par leur toxicomanie. Les fumeurs font également courir des risques aux autres, le tabagisme passif constituant un facteur de risque important chez les enfants pour l’asthme, les pharyngites et les affections respiratoires (1).

TABAGISME DANS LE MONDE 

Prévalence du tabagisme

Le nombre de fumeurs dans le monde est actuellement estimé à 1,1 milliard de personnes, dont les quatre cinquièmes vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. La prévalence du tabagisme est la plus élevée en Europe orientale et en Asie centrale, où 35% des adultes fument. Néanmoins, c’est dans la région d’Asie de l’Est et pacifique que le pourcentage de décès liés au tabac est le plus important (environ 40%). Les hommes fument davantage que les femmes, bien que l’écart soit plus faible dans les pays à revenu élevé. Les tendances mondiales du tabagisme sont inquiétantes. Si le pourcentage de jeunes qui commencent à fumer continue de suivre le schéma actuel, environ la moitié des hommes et une femme sur dix, le nombre de fumeurs de longue durée progressera de 30 millions chaque année. Le tabagisme représente une problématique mondiale de santé publique par ses multiples implications historiques, socioculturelles et économiques. Ses conséquences sur l’épidémiologie des maladies et sa toximanogénicité justifient l’aide au sevrage (4).

Décès dus au tabagisme

D’ici 2030, les décès prématurés liés au tabac passeront de 10 millions par an selon la figure 1. Ces décès pourraient pourtant être évités, comme on a pu le voir dans les pays où arrêter de fumer est devenu courant. La lutte contre le tabagisme a commencé sérieusement au Royaume-Uni et aux Etats-Unis dans les années 60. Sur la durée, elle a découragé de nombreux jeunes de fumer et aidé des millions de fumeurs à arrêter. Les actions menées ont entrainé une diminution rapide des taux de cancer du poumon au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Au Royaume-Uni, où la principale augmentation du tabagisme avait débuté avant la seconde guerre mondiale, l’incidence du cancer du poumon chez les hommes âgés de 35 à 44 ans est passée de 18 cas pour 100.000 habitants en 1950, à 4 cas pour 100.000 habitants en 2000 (figure 2).

Consommation de tabac et dépendance

La substance contenue dans le tabac qui crée une dépendance est la nicotine, une drogue psycho-active. L’inhalation est le moyen le plus efficace de transporter la nicotine jusqu’aux récepteurs du cerveau. La nicotine crée des sensations désagréables lorsque le corps cesse d’en recevoir. A cet égard, il a les mêmes effets que d’autres drogues générant une très forte dépendance, comme l’héroïne et la cocaïne. Les influences comportementales renforcent l’accoutumance biochimique du tabac. Contrairement aux drogues illégales qui entrainent un risque d’emprisonnement et de désapprobation sociale, le tabac a été favorisé par les usages sociaux et des intérêts commerciaux en toute légalité. L’industrie du tabac et les pouvoirs publics ont encouragé le tabagisme par le biais de la publicité et d’autres formes de promotion. Le marketing de masse offre également aux fumeurs de multiples occasions d’acheter et de consommer du tabac, ainsi que de fréquents exemples les incitant à le faire, ce qui ne les aide pas à arrêter. La prévention est le meilleur moyen de lutter contre les maladies causées par le tabac. Tout ce qui réduit le tabagisme, que ce soit en abaissant le nombre de nouveaux fumeurs, en augmentant celui des fumeurs qui arrêtent, en limitant le nombre d’ex fumeurs qui reprennent, ou en diminuant la consommation de tabac des fumeurs, permettra à terme de réduire la charge de morbidité due aux maladies liées au tabac, comme les MCV, le cancer et la tuberculose. Du fait de sa nature toxicomanogène, le tabac entraine une accoutumance dont il n’est pas facile de se défaire. Il ne suffit pas de sensibiliser les consommateurs au fait que le tabac crée une dépendance et provoque des problèmes de santé : en règle générale, les gens ne se soucient pas assez des risques qu’ils prennent pour leur santé future, et les jeunes sont davantage susceptibles d’adopter des comportements à risque. Une personne qui a commencé à fumer a du mal à arrêter. Les interventions qui se sont révélées efficaces pour réduire le tabagisme comprennent l’augmentation des taxes sur le tabac, la diffusion d’informations sur les risques du tabac pour la santé, l’instauration d’interdictions de fumer dans les lieux publics et sur les lieux de travail, l’interdiction de la publicité, et l’amélioration de l’accès aux thérapies anti-tabac. Presque tous les Etats prélèvent des taxes sur le tabac pour augmenter les recettes publiques, mais depuis que l’on connaît mieux les dangers du tabagisme, ils se servent de plus en plus des taxes sur le tabac pour rendre la consommation plus chère et décourager ainsi l’usage du tabac. Certains pays utilisent même les recettes des taxes sur le tabac pour financer des programmes de santé visant à réduire l’exposition au tabac. L’impact sur la consommation des taxes sur le tabac est plus important dans les groupes de population à faible revenu, chez les jeunes et chez les personnes moins instruites. Il est également plus élevé à long terme qu’à brève échéance, parce que les consommateurs en état de dépendance mettent du temps à modifier leurs habitudes. Le prix élevé du tabac semble particulièrement efficace pour empêcher les jeunes fumeurs de passer du stade de l’expérience à celui de la consommation régulière. Les études ont estimé que l’effet d’une augmentation des prix du tabac pouvait être deux fois plus  important dans les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire que dans les pays à revenu élevé, ce qui signifie qu’en relevant sensiblement les taxes sur le tabac dans les premiers, on arriverait à réduire la consommation de tabac. Les taxes représentent plus des deux tiers du prix de détail dans les pays les plus riches, mais moins de la moitié dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. En plus d’augmenter le prix du tabac, beaucoup de pays sont parvenus à décourager le tabagisme en restreignant l’usage du tabac dans les lieux publics. Ces mesures sont justifiées par la nécessité de protéger les non-fumeurs des effets nocifs de l’inhalation passive du tabac, mais elles créent aussi un obstacle pour les fumeurs, qui les obligent à modifier leurs habitudes et à rechercher des espaces réservés aux fumeurs. Cela peut contribuer à élever des barrières contre le tabac et également stigmatiser le fait de fumer, induisant de ce fait des changements dans les normes sociales. Pour produire des effets, ces réglementations doivent être effectivement appliquées et sanctionnées, en particulier au moment où elles sont introduites (11). Les interventions qui affectent les attitudes et les connaissances du public sur les dangers du tabagisme peuvent aussi être extrêmement utiles. Dans le monde entier, peu de produits font l’objet d’autant de publicité et de promotion que les cigarettes .

Il est possible de contrer ces actions par des campagnes d’information et de sensibilisation en rendant publics des rapports sur les dangers du tabagisme, en imposant des étiquettes d’avertissement sur les emballages, et en diffusant des messages anti-tabac dans les médias. L’interdiction totale de la publicité et de la promotion du tabac peut réduire le tabagisme et renforcer l’impact des campagnes de sensibilisation du public.

Arrêt du tabac

Si les dangers du tabagisme sont aujourd’hui largement connus dans la plupart des pays à revenu élevé, les risques de mortalité et de maladie associés au tabagisme ne sont pas encore bien perçus partout dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Les principaux messages à transmettre sont que le tabac tue entre la moitié et les deux tiers de l’ensemble des fumeurs, que, en moyenne, les fumeurs perdent 20 à 25 années de vie et meurent entre 35 et 69 ans, et que le fait d’arrêter de fumer augmente les chances de survie quel que soit le nombre d’années pendant lequel la personne a fumé. Les médicaments récemment mis au point pour contrer les effets de la nicotine améliorent les chances de succès des fumeurs souhaitant s’arrêter. Il est toutefois regrettable que les produits du tabac soient souvent moins chers et plus faciles à se procurer que les traitements de substitution de la nicotine.  Pour aider les fumeurs à s’arrêter, les pouvoirs publics doivent diminuer le coût des traitements de substitution de la nicotine et améliorer leur disponibilité. Ces traitements sont plus efficaces lorsqu’ils sont combinés à des services de conseils et un soutien des pairs. Il est particulièrement important d’encourager les fumeurs à arrêter parce que la plus grande part des décès liés au tabac qui surviendront entre maintenant et 2050 toucheront les personnes qui fument aujourd’hui, tandis que l’impact des politiques ciblées sur la prévention du tabagisme chez les jeunes ne se fera vraiment sentir qu’après 2050.

Les interventions qui visent à diminuer l’offre du tabac ne semblent pas donner de très bons résultats. Certains de ces programmes, par exemple l’interdiction de la vente de produits du tabac aux jeunes, sont difficiles et chers à faire appliquer. Les restrictions sur l’importation des produits du tabac peuvent relever les prix intérieurs, mais violent aussi les accords commerciaux internationaux. Les programmes destinés à encourager les agriculteurs à arrêter de cultiver du tabac ne sont pas efficaces parce que d’autres agriculteurs peuvent augmenter leur production pour combler le vide. C’est pourquoi, les pays à revenu faible ou intermédiaire auraient intérêt à concentrer leurs efforts sur la diminution de la demande. Heureusement, la plupart des interventions portant sur la demande a un bon rapport coût efficacité, et fait même faire des économies. A cet égard, augmenter les taxes sur le tabac est la solution la plus efficace pour réduire le tabagisme. Une hausse de 70% du prix du tabac pourrait éviter 10 à 26% des décès liés au tabac dans le monde. L’effet serait particulièrement marqué dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, chez les jeunes, et parmi la population masculine. Avec une augmentation des prix de seulement 33%, on obtiendrait un rapport coût efficacité de 3 à 42 dollars par AVCI (Année de Vie Corrigée du facteur d’Invalidité) gagnée dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et de 85 à 1773 dollars par AVCI gagnée dans les pays à revenu élevé. En Pologne et en Afrique du Sud, les pouvoirs publics sont allés beaucoup plus loin en doublant pratiquement les prix en peu de temps, ce qui a donné d’excellents résultats. La hausse des prix est la mesure la plus efficace par rapport aux coûts pour faire baisser la consommation de tabac, mais elle est pourtant largement sous-utilisée. De fait, si l’on tient compte de l’évolution du pouvoir d’achat, le prix des produits du tabac a en réalité diminué dans la plupart des pays en développement entre 1990 et 2000. Améliorer l’accès aux traitements de substitution de la nicotine pour aider les fumeurs qui veulent arrêter de fumer est une mesure qui coûte plus chère entre 75 et 1250 dollars par AVCI gagnée, mais qui reste d’un assez bon rapport coût efficacité, en particulier là où le coût direct des traitements est faible. D’autres interventions, ne portant pas sur les prix, pourraient être mises en œuvre pour un coût compris entre 233  et 2916 dollars par AVCI gagnée. Leur efficacité économique est extrêmement sensible au contexte. Dans les pays où le public assimile bien les messages sur la santé publique, les coûts peuvent être faibles. Les décès liés au tabac constituent la cause de mortalité en plus forte progression dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, à égalité avec l’épidémie de VIH/SIDA. Les pays n’ont aucune excuse à rester inactifs puisqu’ils ont à leur disposition des mesures efficaces sur le plan économique pour lutter contre le tabagisme. Si l’on veut empêcher une hausse rapide des décès liés au tabac, il importe d’engager des actions énergiques et pertinentes à l’encontre des groupes qui commercialisent les produits du tabac et font pression contre les réformes. Les obstacles qui s’y opposent sont purement d’ordre politique.

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : GENERALITES SUR LE TABAGISME
1. TABAGISME DANS LE MONDE
1.1. Prévalence du tabagisme
1.2. Décès dus au tabagisme
1.3. Consommation de tabac et dépendance
1.4. Arrêt du tabac
2. APERCUE DE LA SITUATION ÉPIDÉMIOLOGIQUE DU TABAC ET DES MALADIES RESPIRATOIRES
2.1. Tabagisme féminin en France
2.2. Diminution des défenses immunitaires locales et générales
2.3. Composition de la fumée du tabac
2.4. Effets amplement démontrés du tabagisme passif
2.5. Evolution de la proportion des fumeurs
2.6. Evolution des ventes de tabac
3. PRINCIPALES MALADIES RESPIRATOIRES DUES AU TABAGISME
3.1. Pathologies respiratoires chroniques
3.2. Relation tabac-cancer
4. PREVENTION DES MALADIES RESPIRATOIRES DE L’ENFANT
4.1. Prévention des infections respiratoires
4.2. S’opposer au développement de la maladie asthmatique
4.3. Lutter contre le tabagisme actif
DEUXIEME PARTIE : NOTRE ÉTUDE PROPREMENT DITE
1. CADRE D’ETUDE
1.1. Lieu d’étude
1.2. Population
2. METHODOLOGIE
2.1. Hypothèse
2.2. Objectifs de recherche
2.3. Type d’étude
2.4. Période d’étude
2.5. Population d’étude
2.6. Echantillonnage et taille de l’échantillon
2.7. Recueil des données
2.8. Saisie et traitement
2.9. Limite et éthique
2.10. Paramètres d’étude
3. RESULTATS
3.1. Nombre de sujets de l’enquête
3.2. Caractéristiques de l’échantillon selon l’âge et le genre
3.3. Prévalence du tabagisme
3.3.1. Prévalence globale
3.3.2. Prévalence du tabagisme chez les femmes
3.3.3. Prévalence du tabagisme chez les hommes
3.4. Répartition du tabagisme
3.4.1. Age et genre
3.4.2. Niveau d’instruction et profession
3.4.3. Domicile
3.5. Durée du tabagisme
3.6. Type de tabac
3.7. Consommation
3.8. Anciens fumeurs
3.9. Connaissance des dangers du tabac
3.10. Arrêt du tabac
TROISIEME PARTIE : COMMENTAIRES ET SUGGESTIONS
1. COMMENTAIRES
1.1. Prévalence du tabagisme
1.2. Répartition du tabagisme
1.2.1. Tranches d’âge et genre
1.2.2. Niveau d’instruction et profession
1.2.3. Domicile
1.3. Durée, type de tabagisme et consommation
1.4. Anciens fumeurs
1.5. Connaissances des dangers du tabac
1.6. Arrêt du tabac
1.7. Comparaison aux autres pays
2. SUGGESTIONS
2.1. Information et éducation de la population
2.1.1. Objectif
2.1.2. Stratégies
2.2. Augmentation du prix du tabac
2.2.1. Objectif
2.2.2. Stratégies
2.3. Interdiction de l’usage du tabac dans les lieux publics
2.3.1. Objectif
2.3.2. Stratégies
CONCLUSION
ANNEXE
BIBLIOGRAPHIE

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