Généralités sur le niébé

Généralités sur le niébé 

Importance de la culture du niébé

Le niébé est une plante traditionnellement cultivée en Afrique, en association le plus souvent avec d’autres cultures vivrières comme le maïs, le mil et le sorgho (N’GBESSO et al., 2013a). Dans un système de rotation, le niébé joue un important rôle comme source d’azote pour les cultures céréalières, notamment dans les zones caractérisées par une faible fertilité du sol. Ses besoins en azote sont peu élevés ; ses racines sont munies de nodosités peuplées de bactéries (Rhizobiums) qui contribuent à la fixation de l’azote atmosphérique (DUGJE et al., 2009). Cette légumineuse est utilisée entre autres, comme engrais vert en Australie et dans le Sud-Est des Etats-Unis d’Amérique et comme une plante fourragère dans la majeure partie du Sahel (EHLERS et HALL, 1997). Elle peut être utilisée dans la médecine traditionnelle (KRASOVA ép. WADE, 2003). C’est également l’une des principales légumineuses alimentaires mondiales. Dans certains pays tropicaux, le niébé fournit plus de la moitié des protéines consommées et joue un rôle clé dans l’alimentation (PASQUET et BAUDOIN, 1997). Sa teneur en protéine est 3 à 4 fois plus élevée que celle du mil ou du sorgho (BAOUA et al., 2015). Les teneurs élevées en calcium (90 mg/100 g), en fer (6 à 7 mg/100 g), en acide nicotinique (2 mg/100 g) contenues dans le niébé contribuent pour une part substantielle à combler les besoins alimentaires des populations dans les pays tropicaux (BRESSANI, 1997 ; N’GBESSO et al., 2013a). En Afrique, c’est un aliment de base apprécié pour ses feuilles, ses gousses vertes et ses graines sèches, qui peuvent être consommées et commercialisées (ISRA et al., 2005). Dans la plupart des régions de culture, les jeunes pousses et les feuilles sont consommées sous forme de légumes feuilles (SIEMONSMA, 1982). Ses graines représentent une précieuse source de protéines végétales, de vitamines et de revenus pour l’homme (DUGJE et al., 2009). Les fanes de niébé sont utilisées dans l’alimentation du bétail (ISHIKAWA et al., 2013). C’est donc une culture à promouvoir en raison de son importance économique et sociale (BAOUA et al., 2015).

Origine et classification botanique

Il y’a une incertitude sur le pays d’origine du niébé (KRASOVA ép. WADE, 2003). Selon VAVILOV (1951), une zone présentant une diversité maximale pour une plante cultivée donnée est également susceptible de devenir le centre de domestication de l’espèce. Le niébé est cultivé ou collecté en Afrique tropicale depuis l’époque préhistorique (NEBIE, 1992). Il a été domestiqué en Afrique de l’Ouest et a été diffusé dans les autres régions de l’Afrique et sur les autres continents par les migrations et les routes de commerce à travers l’Egypte et l’Arabie Saoudite (KRASOVA ép. WADE, 2003). FARIS (1963) cité par SAWADOGO (2009), après des études qui se sont reposées sur une description cytologique et morphologique des formes sauvages et cultivées du niébé, montre que l’Afrique de l’Ouest et plus probablement le Nigeria serait le centre d’origine du niébé. Le niébé, communément appelé « cowpea » par les Anglo-saxons, est un Dycotyledonea appartenant à l’ordre des Fabales, à la famille des Fabaceae (ou encore Leguminoseae), à la sous-famille des Faboideae (ou encore Papillionaceae), à la tribu des Phaseoleae et à la soustribu des Phaseolinae (MARECHAL et al., 1978). Il y’a une confusion sur la classification et la nomenclature des taxa intra-spécifiques. Toutefois, les points de vue s’accordent sur le fait que le niébé relève du genre Vigna et de l’espèce unguiculata (NEYA, 2011). Le nom de V. unguiculata est tiré du latin Vigna = liane et unguiculus = ongle, griffe, car le sommet de la gousse ressemble à une griffe (HEDJAL-CHEBHEB, 2014). Selon NG et MARECHAL (1985) cités par NEYA (2011), il existe plusieurs sous-espèces de Vigna unguiculata dont cinq (05) sont bien identifiées : V. unguiculata, V. cylindrica, V. sesquipedalis, V. dekindtiana et V. mensensis. Trois d’entre elles sont cultivées (V. unguiculata, V. cylindrica et V. sesquipedalis) alors que les deux autres vivent à l’état sauvage.

Description morphologique

Le niébé est une espèce diploïde, avec 2n = 22 chromosomes de petite taille, comme chez la plupart des espèces de Phaseolinae (MARECHAL et al., 1978). C’est une plante morphologiquement proche du haricot (Phaseolus vulgaris) et appartenant comme celui-ci à la famille des légumineuses (CESAO-PRN, 2009). Sa germination est épigée (PASQUET et BAUDOIN, 1997). Il s’agit d’une plante herbacée annuelle et grimpante. On en rencontre trois types caractérisés par le port : le niébé à port érigé, le niébé à port semi-rampant et le niébé à port rampant (SY, 2001). Le système racinaire est pivotant avec une abondante ramification, ce qui confère à la plante une certaine tolérance à la sécheresse. La racine principale a une longueur supérieure à 30 cm au début de la floraison. La tige, pouvant atteindre 4 mètres de long, est de forme anguleuse ou presque cylindrique. Les deux premières feuilles sont simples et opposées. Les feuilles suivantes sont alternes, trifoliées et de couleur vert foncé ou vert clair. Leur forme varie de globuleuse à effilée avec des formes intermédiaires (NEYA, 2011). Les folioles, ovales, aiguës sont généralement entières, parfois lobées (SOU, 1998). La foliole terminale est large. La floraison du niébé peut être étalée ou groupée. L’inflorescence est un racème axillaire non ramifié portant plusieurs fleurs ; elle peut se situer au-dessus du feuillage ou à différents niveaux de la frondaison. Le rachis est contracté (DRABO, 1981 cité par NEYA, 2011). Les fleurs, de couleur blanche, jaunâtre, bleu pâle, rose ou violette, sont à l’extrémité d’un long pédoncule, formant des grappes axillaires (SOU, 1998). Le fruit est une gousse linéaire cylindrique, rectiligne et légèrement courbée, pourvue d’un bec court brun à pâle à maturité, contenant 8 à 30 graines. Les gousses non déhiscentes de dimension allant de 8,5-30 cm x 0,5-1,2 cm selon les variétés, sont dressées par paire formant un V (CESAO-PRN, 2009). A maturité, elles renferment des graines dont la couleur, la taille et la forme sont variables (NEYA, 2011). Selon SOU (1998), les graines peuvent être au nombre de 8 à 20 par gousse et de forme ellipsoïde, plus ou moins arrondie, avec un tégument épais, de couleur blanche, blanc rosé, brune ou rosée. Le hile est souvent cerné de noir ou de brun, tranchant sur la teinte du tégument. Les réserves de la graine se trouvent dans les deux volumineux cotylédons qui occupent tout son volume. Chez le niébé, le potentiel de rendement graines varie de 1,5 à 2 tonnes à l’hectare en station et le poids moyen de 100 graines peut atteindre 25 g (NEYA, 2011).

Exigences écologiques

Le niébé est une légumineuse herbacée tropicale (PASQUET et BAUDOIN, 1997). Les variétés photosensibles sont adaptées aux conditions sahéliennes et soudano-sahéliennes (SUMMERFIELD et al., 1985 cités par SOU, 1998). Il se cultive entre les isohyètes 300 et 1500 mm (DRABO, 1981 cité par NEYA, 2011). Il affiche une bonne performance dans les zones agro-écologiques où la pluviométrie est de 500 à 1200 mm/an (DUGJE et al., 2009). Il se cultive à la fois sur des sols sablonneux ou argileux, fertiles ou pauvres et même sur des sols acides lorsque le drainage est adéquat (KASSAM, 1976). Il ne supporte pas l’engorgement des sols (NEYA, 2011). Il tolère la sécheresse. Toutefois, c’est sur des sols bien drainés, sableux-limoneux à limoneux-argileux, à pH 6 ou 7, qu’il atteint ses meilleurs rendements (DUGJE et al., 2009). Il supporte relativement bien les fortes chaleurs si le sol est suffisamment pourvu en eau mais son cycle est allongé par les basses températures (SY, 2001). Il peut être cultivé en conditions pluviales, sous irrigation ou avec l’humidité résiduelle du sol le long des fleuves, ou dans les plaines lacustres en saison sèche, pourvu que les minima et maxima de température (nocturnes et diurnes) soient dans une fourchette de 28 à 30°C pendant la campagne culturale (DUGJE et al., 2009). Le gel lui est fatal et une température d’au moins 8 à 11°C est nécessaire à tous les stades de son développement (PASQUET et BAUDOIN, 1997). Lorsque les graines sont semées à une profondeur convenable (2 à 3 cm), à une température optimale (28° C), les plantules émergent en 2 ou 3 jours (SUMMERFIELD et al., 1985 cités par SOU, 1998).

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Table des matières

INTRODUCTION
I. SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
I.1. Généralités sur le niébé
I.1.1. Importance de la culture du niébé
I.1.2. Origine et classification botanique
I.1.3. Description morphologique
I.1.4. Exigences écologiques
I.1.5. Symbiose fixatrice de l’azote atmosphérique
I.1.5.1. Définition et importance agronomique
I.1.5.2. Facteurs influençant la fixation symbiotique
I.1.6. Facteurs influençant le rendement du niébé
I.2. Généralités sur la fertilisation du sol
I.2.1. Notion de fertilité du sol et de fertilisation
I.2.2. Techniques de gestion de la fertilité des sols
I.2.2.1. Fertilisation organique
I.2.2.2. Fertilisation minérale
1.2.2.3. Limites d’une technique de gestion unilatérale de la fertilité des sols
I.2.2.4. Fertilisation organo-minérale
I.2.3. Rôle du pH et de quelques éléments fertilisants
I.2.3.1. pH
I.2.3.2. Azote (N)
I.2.3.3. Phosphore (P)
I.2.3.3. Potassium (K)
I.2.4. Rôle de la matière organique dans la fertilité des sols
I.2.5. Effet de la fertilisation sur les rendements des légumineuses
II. MATERIEL ET METHODES
II.1. Généralités sur la zone d’étude
II.1.1. Situation géographique
II.1.2. Climat et végétation
II.1.3. Relief et sols
II.1.4. Caractéristiques de la population
II.1.5. Activités socioéconomiques
II.1.5.1. Agriculture
II.1.5.2. Elevage
II.1.5.3. Commerce
II.1.5.4. Autres activités
II.2. Matériel d’étude
II.2.1. Matériel végétal
II.2.2. Fertilisants utilisés
II.3. Méthodes d’étude
II.3.1. Choix des producteurs
II.3.2. Dispositif expérimental
II.3.3. Conduite des essais
II.3.3.1. Opérations culturales
II.3.3.2. Paramètres mesurés
II.3.3.3. Méthode de collecte des données
II.3.4. Collecte des échantillons de sol
II.3.5. Analyse de laboratoire
II.3.5.1. Préparation des échantillons
II.3.5.2. Méthodes d’analyse chimique des échantillons de sols
II.3.5.3. Analyse chimique des échantillons de végétaux
II.3.6. Analyse des données et présentation des résultats
III. RESULTATS ET DISCUSSION
III.1. Résultats
III.1.1. Caractéristiques physico-chimiques initiales des sols
III.1.2. Caractéristiques chimiques initiales du compost appliqué
III.1.3. Effet des traitements sur la nodulation du niébé
III.1.4. Effet des traitements sur le rendement en gousses, graines et biomasse aérienne du niébé
III.1.5. Effet des traitements sur la teneur en azote et phosphore totaux de la biomasse souterraine
III.1.6. Effet des traitements sur la teneur en azote et phosphore totaux de la biomasse aérienne
III.1.7. Effet des traitements sur le pH-eau et le pH-kcl du sol
III.1.8. Effet des traitements sur la teneur en carbone total et en azote total
III.1.9. Effet des traitements sur le rapport C/N et la teneur en phosphore total du sol
III.1.10. Effet des traitements sur la teneur en phosphore assimilable et en potassium
total du sol
III.2. Discussion
III.2.1. Effet des traitements sur la nodulation, le rendement et les paramètres chimiques des biomasses
III.2.2. Effet des apports de fertilisants sur les paramètres chimiques du sol
CONCLUSION

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