Generalites sur la sardinelle plate sardinella maderensis (lowe, 1838)

Au Sénégal, la pêche joue un rôle primordial dans le développement socio-économique du pays, notamment dans la sécurité alimentaire, la création de richesse et d’emplois. Les petits pélagiques sont des ressources halieutiques de première importance représentant environ 70% du potentiel halieutique du Sénégal selon les estimations du CRODT en 2009. Ils sont pricipalement consistitués de sardinelles (Sardinella aurita et Sardinella maderensis), chinchards (Trachurus trecae and Decapterus rhonchus), maquereau espagnol (Scomber japonicus), et d’ethmalose (Ethmalosa fimbriata). Les sardinelles sont à la fois exploitées par les pêcheries industrielle et artisanale. Selon les statistiques de la Direction des Pêches Maritimes (DPM), les captures totales débarquées de la pêche maritime en 2010, s’élevaient à 409 429 tonnes dont 370 448 tonnes pour la pêche artisanale. Les débarquements des sardinelles de la pêche artisanale en 2010 représentent 56,4 %, soit 208 991 tonnes des captures totales. Les captures de sardinelles rondes en 2009 étaient de 126 040 tonnes et celles des sardinelles plates de 82 951 tonnes.

Ces deux espèces sont très largement répandues le long des côtes ouest-africaines où elles effectuent des migrations de grande amplitude entre le Maroc et le sud du Sénégal (Boely, 1980). Les sardinelles, notamment S. maderensis, sont des espèces à courte durée de vie, évoluant dans un environnement fluctuant (Diouf-Goudiaby et al. 2010). Avec l’intensification de l’exploitation, surtout par la pêche artisanale et par de grands navires étrangers qui opèrent dans le cadre d’accords bilatéraux, l’effort de pêche s’accroit constamment, mettant la ressource en danger. Aujourd’hui, il convient de réactualiser les informations sur les traits de vie de Sardinella maderensis dans ce contexte de surpêche.

C’est dans ce cadre que l’Institut Universitaire de Pêche et d’Aquaculture (IUPA) a initié la présente étude, en collaboration avec le projet USAID/COMFISH pour mettre en place un système de collecte de données biologiques sur les petits pélagiques (les espèces de sardinelles et l’ethmalose). Au Sénégal, les premières observations sur la biologie de Sardinella maderensis ont été réalisées par Postel (1955). Ensuite, d’autres scientifiques comme Boely (1980), Fréon (1986), Camarena-Luhrs (1986), Marchal (1993) et Chikhi (1995) ont étudié des aspects biologiques (reproduction, croissance) et écologiques (distribution, migration, impacts des vents et de l’upwelling…) de cette espèce. Depuis les années 1990, à part une contribution apportée par Diouf-Goudiaby et al. (2010), aucune étude sur les traits de vie de la sardinelle plate n’a été menée, alors que les efforts de pêche n’ont cessé d’augmenter. L’objectif principal de ce travail est d’étudier la reproduction et la croissance de Sardinella maderensis exploité au Sénégal. Les informations relatives à la biologie de cette espèce sont de données d’entrée aux modèles d’évaluation de dynamique des populations pour une mise en place d’outils de gestion adaptés à une exploitation durable du stock de l’espèce.

GENERALITES SUR LA SARDINELLE PLATE Sardinella maderensis (Lowe, 1838) 

Systématique

La sardinelle plate a été décrite pour la première fois par Lowe en 1838 sous le nom de Sardinella maderensis. Actuellement, la synonymie des différentes appellations suivantes est admise : Alausa eba (valenciennes, 1847), Sardinella cameronensis (Regan, 1917) et Sardinella eba. La sardinelle plate a la position taxonomique suivante :
Règne : Animal
Embranchement : Poissons
Classe : Ostéichthyens
Sous-classe : Actinoptérygiens
Groupe : Téléostéens
Ordre : Clupeiforme
Famille : Clupeidae
Genre : Sardinella
Espèce : maderensis .

Noms vernaculaires : S. maderensis : grande allache (France) ; téyit (Mauritanie); yêssou yaboy (individus de moins de 10 cm) et yaboy tass (individus de plus de 10 cm) (Sénégal) ; agouwa (Côte d’Ivoire, Ebriée) ; gran (Côte d’Ivoire, Alladian); djandjerema (Côte d’Ivoire, Appolonien) ; makouala (Congo).

Traits morphologiques 

Les traits morphologiques décrits dans cette partie sont principalement tirés des ouvrages de Seret (1990) et Whitehead (1985). La sardinelle plate Sardinella maderensis est un poisson pélagique de la famille des Clupeidae. Cette famille est constituée de petits poissons argentés au corps oblong plus ou moins comprimé. Les deux espèces de sardinelles rencontrées au Sénégal sont qualifiées de ronde et de plate l’une par rapport à l’autre. S. maderensis est en effet nettement moins arrondie que S. aurita, sa section transversale n’est cependant pas ronde; sa carène ventrale est plus aiguë que celle de S. aurita. Outre l’allure générale du corps, ces deux espèces peuvent se distinguer par le nombre de rayons de la nageoire pelvienne, avec 8 chez S. maderensis alors que 9 chez S. aurita. Les deux espèces sont également différentes de par leur coloration. S. maderensis est gris bleuté dorsalement, les flancs et le ventre sont blancs argentés sans bande dorée, la tache diffuse sombre est située en arrière de l’opercule et il en existe une autre à la base des premiers rayons de la dorsale. La nageoire dorsale de la sardinelle plate possède 18 à 21 rayons, l’anale 17 à 23 et les ventrales 8. Les écailles cycloïdes sont au nombre de 44 à 47 le long de la ligne longitudinale, jusqu’à la base de la nageoire caudale. Des écailles en chevrons forment une carène aiguë sur le bord ventral de l’abdomen. Par ailleurs, elles sont lisses et caduques. La bouche terminale a une mandibule prognathe typique du groupe. Il n’existe qu’une seule nageoire dorsale, sans rayons épineux, située au milieu du dos. La nageoire caudale est fourchue et bien échancrée. L’anale est souvent longue, tandis que les pelviennes peuvent être réduites ou absentes. Les Clupeidae ont un système branchial bien développé agissant comme un véritable filtre à plancton. C’est une famille cosmopolite qui comprend de nombreuses espèces dont les plus importantes économiquement sont les sardinelles et l’ethmalose. La taille maximale observée chez la sardinelle plate est de 373 mm à Mbour (Samb, 1988).

Distribution et migrations 

La sardinelle plate est aussi une espèce à affinité biogéographique tropicale. Selon Conand et Fagetti (1971) et Marchal (1991b), S. maderensis est une espèce à affinité tropicale tolérant les gammes de températures allant de 20 à 23 °C. Cependant, selon les régions, elle peut supporter les eaux de température allant de 15°C (en Algérie) à 25°C et des salinités allant de 20 ‰ au niveau de l’estuaire des grands fleuves (Niger, Congo, Nil) à 40 ‰ dans l’est de la Méditerranée (Ben-Tuvia, 1960b). On la rencontre depuis la Méditerranée méridionale jusqu’en Angola. Cette espèce est présente du nord au sud de la ZEE mauritanienne. Elle a une distribution très côtière, occupant le plus souvent les fonds inférieurs à 50m. Elle est abondante en saison chaude. Une nourricerie principale se trouve au nord du Cap Timiris. Il n’a pas été mis en évidence des migrations de grandes amplitudes pour cette espèce. Les individus de grandes tailles (>24cm) sont faiblement représentés au Sénégal, alors qu’en Mauritanie la taille maximale est de 32 cm (longueur à la fourche) (Fréon, 1986). Sardinella maderensis, se nourrit de planctons comme les diatomées, les dinoflagellés et les larves de crustacés (Hilton-Taylor, 2000).

Les conditions de milieu rencontrées sur le plateau continental sénégalais présentent une forte variabilité saisonnière et interannuelle (Fréon, 1986). L’upwelling côtier y assure une production planctonique considérable durant la majeure partie de l’année (Roy, 1992). Sa durée et son intensité diminuent du nord au sud de la zone. Dans la région Ouest africaine, en particulier au niveau de la Petite Côte du Sénégal, l’intensité des alizés est l’élément moteur essentiel de la production en saison froide (Roy, 1992).

MATERIEL ET METHODES 

Sites d’étude

Le choix de Cayar, Joal et Mbour est dû au fait que ces trois sites sont parmi les plus grands centres de débarquement de la pêche artisanale au Sénégal. Ils sont les principaux centres de débarquement de la région de Thiès qui a fourni à elle seule en 2010, 149 145 tonnes de sardinelles, soit 71,36% des débarquements de la pêche artisanale sénégalaise. La part des sardinelles dans cette région est de 92 476 tonnes pour Sardinella aurita et 56 669 tonnes pour Sardinella maderensis (DPM, 2010). De plus Cayar se situe au niveau de la grande Côte, tandis que Mbour et Joal sont localisés au niveau de la Petite Côte.

Protocole d’échantillonnage

L’échantillonnage a été réalisé une fois par mois de mars 2012 à février 2013, soit sur une année. Les poissons échantillonnés proviennent des captures de la pêche artisanale commerciale. La sardinelle plate est principalement capturée par la senne tournante et les filets maillants. A chaque campagne mensuelle, un échantillon total d’au moins 500 individus est prélevé dans l’ensemble des trois centres de débarquement selon la disponibilité du poisson, avec 250 individus à Cayar représentant la Grande Côte et 250 à Joal et Mbour pour la Petite Côte. Chaque poisson prélevé est mesuré (longueur à la fourche en cm) à l’aide d’un ichtyomètre et pesé (poids total en g) avec une balance électronique type OHAUS de portée 4000 g et de précision 0,1g pour étudier en croissance. Sur les 500 poissons échantillonnés, un prélèvement de 100 individus est effectué pour étudier la reproduction. Chaque individu est alors mesuré (longueur standard Ls, longueur à la fourche Lf et Longueur totale Lt) au centimètre près, disséqué, sexé et le stade de maturité sexuelle déterminé.

Le poids éviscéré et celui des gonades sont déterminés à l’aide d’une balance de type OHAUS de 800 g de portée et de précision 0,01 g. Les gonades prélevés sont ensuite conservées dans du formol à 5% pour l’étude de la fécondité. Au laboratoire, un échantillon de 0,05 g est prélevé dans la partie médiane des gonades conservées. Cet échantillon est ensuite mis dans un flacon contenant du liquide de Gilson pendant 72h. Ce liquide a la propriété de conserver et de séparer les ovocytes. L’échantillon est ensuite déposé dans une boite de Pétri pour le décompte des ovocytes à l’aide d’une loupe binoculaire. Le nombre d’ovocytes dans l’échantillon de 0,05 g permet de déterminer la fécondité après extrapolation au poids total des gonades. La préparation du liquide de Gilson nécessite 100 ml d’alcool à 60%, 1000 ml d’eau, 15 ml d’acide nitrique à 80%, 20 ml d’acide acétique glacial, 20 g de chlorure de mercure.

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Table des matières

INTRODUCTION
1. GENERALITES SUR LA SARDINELLE PLATE Sardinella maderensis (Lowe, 1838)
1.1. Systématique
1.2. Traits morphologiques
1.3. Distribution et migrations
2. MATERIEL ET METHODES
2.1. Sites d’étude
2.2. Protocole d’échantillonnage
2.3. Etude de la reproduction
2.3.1. Sex-ratio
2.3.2. Maturité sexuelle
2.3.3. Rapport gonado-somatique (RGS)
2.3.4. Détermination des périodes de reproduction
2.3.5. Fécondités absolue et relative
2.4. Etude de la croissance
2.4.1. Relations entre longueurs
2.4.2. Relations taille-poids
2.4.3. Facteur de condition
2.4.4. Structure en taille
2.4.5. Détermination des paramètres de croissance par l’analyse des fréquences de tailles
2.5. Analyses statistiques
3. RESULTATS
3.1. Reproduction
3.1.1. Sex-ratio
3.1.2. Taille de première maturité sexuelle
3.1.3. Détermination des périodes de reproduction
3.1.4. Fécondité
3.2. Croissance
3.2.1. Relations entre longueurs
3.2.2. Relation taille-poids
3.2.3. Facteur de condition
3.2.4. Structure en taille
3.2.5. Détermination des paramètres de croissance de von Bertalanffy
4. DISCUSSION
4.1. Reproduction
4.2. Croissance
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES

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