Généralité sur l’insuffisance rénale chronique (IRC)

La Maladie Rénale Chronique (MRC) est un véritable problème mondial de Santé publique imposant une lourde charge financière sur les patients affectés et/ou les systèmes de santé qui les soignent [1]. Elle se définit par une altération progressive et permanente des fonctions exocrines et endocrines du parenchyme rénal, résultat des lésions anatomiques irréversibles. Au cours de la période d’hémodialyse, l’amélioration de la qualité de vie du patient passe par une prise en charge de ses multiples problèmes de santé, laquelle doit en particulier tenir compte de la durée de la situation de suppléance et du degré de tolérance du malade .

Dans ce cadre, la survenue des troubles anxieux et dépressifs semble réelle et liée au caractère invalidant et souvent douloureux de la maladie mais aussi aux soucis socio-économiques et au handicap social [3-5]. La relation entre dépression et maladies graves est bien documentée et semble être réciproque: les maladies chroniques augmentent l’incidence de la dépression et la dépression peut favoriser l’aggravation ou la chronicisation des maladies [6-7]. La dépression et l’anxiété sont fréquentes chez les patients qui souffrent d’insuffisance rénale chronique traités par hémodialyse chronique [8-10]. Comme dans la population générale et dans d’autres maladies chroniques la dépression et l’anxiété sont associées à une mortalité chez les patients hémodialysés [11,12]. La dépression désigne un état de tristesse pathologique. Elle est différente de la tristesse normale par la souffrance excessive, par sa durée et son intensité, et sa relation peu claire et exagérée avec les événements de la vie .

Généralité sur l’insuffisance rénale chronique (IRC) 

Définition

L’IRC est une anomalie dans la mesure du débit de filtration glomérulaire (DFG) véritable ou estimé depuis au moins 3 mois. Elle correspond à des lésions anatomiques irréversibles du parenchyme rénal quand elle est chronique. Cette définition inclut aussi les situations suivantes :
– un DFG normal associé à une image radiologique mettant en évidence des signes de maladies polykystiques rénales, et
– la maladie glomérulaire, à son début, caractérisée cliniquement par des protéinuries isolées .

Epidémiologie

La prévalence de l’IRC terminale en 2004 est évaluée à 45000, dont 30000 traités par dialyse et 15000 par transplantation en France. La fréquence de l’IRC est 3 fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes ; elle augmente de façon linéaire avec l’âge . L’incidence de l’IRC terminale traitée en Afrique du Nord varie de 30 à 186,5 par million d’habitant dans les pays possédant un programme de dialyse stable .

Diagnostic

Selon Kidney Disease Outcome Quality Initiative (K/DOQI) en 2002 et modifié en 2008 par National Institute of Health and Clinical Excellence (NICE), on distingue cinq stades évolutifs:
– Stade 1: DFG normal ou élevé, quelques évidences sur l’atteinte rénale reflétées par l’albuminurie, la protéinurie, l’hématurie, et aussi bien par le changement radiologique que histologique,
– Stade 2: DFG légèrement diminué (89-60mL/min/1,73m²) avec quelques évidences sur l’atteinte rénale reflétées par l’albuminurie, la protéinurie, l’hématurie, et aussi bien par le changement radiologique que histologique,
– Stade 3: DFG 59-30mL/min/1.73 m², mais divisé en deux:
• 3a : DFG 59-45mL/min/1.73 m²
• 3b : DFG 44-30mL/min/1.73 m²
– Stade 4 : DFG 29-15 mL/min/1.73 m2,
– Stade5/IRCT : DFG 15 mL/min/1.73 m2, quand le traitement de suppléance rénale comme la dialyse et la transplantation doit être envisagé pour soutenir la vie.

L’insuffisance rénale chronique terminale 

On parle d’insuffisance rénale terminale lorsque la valeur de la filtration glomérulaire, habituellement appréciée par la clairance de la créatinine, est inférieure à 15 ml/min. A ce stade, un traitement substitutif s’impose dans le but de corriger les conséquences métaboliques et cliniques induites par le déficit quasi total des fonctions d’excrétion [15]. Une personne en phase d’IRCT doit avoir recours à un traitement de « suppléance » qui peut être la dialyse ou la transplantation rénale. Ces traitements ne guérissent pas, cependant ils permettent aux malades d’avoir une vie aussi normale que possible [18]. Lorsque la décision d’hémodialyse est prise dans le cadre d’une IRC, elle sera quasi définitive et donc chronique.

Troubles anxieux et dépressif

Les complications de l’insuffisance rénale ne se limitent ni à ses seules complications somatiques ni à la technicité de ses traitements avec ses impacts physiques et économiques. L’anxiété et la dépression sont autant de perturbations psychologiques induites par l’hémodialyse et qui sont trop souvent négligées .

Dépression

Définition
Selon l’OMS, la dépression est un trouble mental courant qui présente une humeur dépressive, une perte d’intérêt ou du plaisir, une baisse d’énergie, des sentiments de culpabilité ou de faible estime de soi, un trouble du sommeil ou de l’appétit et un manque de concentration [20]. Elle est associée à un état particulier de distance avec le monde, comportant une perte de l’affectivité habituelle et un ralentissement psychomoteur handicapant .

Epidémiologie
C’est une affection très fréquente surtout dans les pays occidentaux. La prévalence du syndrome dépressif majeur est de 3% chez l’homme et 6% chez la femme. C’est une maladie comportant un risque parfois mortel: 15% des déprimés décéderont par suicide. Elle entraîne une invalidité sur le plan socioprofessionnel .

Classification du syndrome
Cette classification peut se faire selon le type ou l’origine de la dépression. En premier, nous allons voir le type et ensuite l’origine de la dépression.

❖ Le type
On distingue quatre types: la dépression endogène et dépression psychogène, dépression majeure et dépression mineure.

➤ Dépression endogène
Elle est biologique et génétiquement déterminée donc avec antécédents familiaux ou personnels de troubles thymiques. Elle survient aussi sur un terrain particulier, dans le cadre de la Maladie Maniaco-dépressive. C’est un accès dépressif qui est récurrent, parfois saisonnier et classiquement sans facteur déclenchant. Ce type de dépression est plus grave que la dépression psychogène. Il est plus sensible aux antidépresseurs que cette dernière.
➤ Dépression psychogène :
Elle est entraînée par un facteur déclenchant et peut survenir chez n’importe qui.
➤ Dépressions majeures et dépressions mineures :
Ces deux types de dépression sont classés par le DSM IV en fonction de la nature et de l’intensité des symptômes.

Mais, pour la dépression majeure, les symptômes sont présents tous les jours depuis au moins deux semaines, avec rupture au fonctionnement antérieur et présence d’au moins deux symptômes parmi une liste préétablie.

❖ L’origine
On distingue, la dépression primaire de la dépression secondaire. La première survient chez un patient indemne de pathologie psychiatrique et le patient est exempt de pathologie somatique active ou décompensée. Tandis que la deuxième se greffe ou s’associe à un autre trouble somatique ou psychiatrique.

➤ Les principales causes de dépression secondaire
Les causes de dépression peuvent être:
● Endocrinienne,
● Neurologique,
● Cancer ou maladie de système,
● Toxique,
● Psychiatrique,
● Maladies chroniques et douloureuses.

Diagnostic

La dépression peut se présenter sous différentes formes, comme l’irritabilité, l’impatience ou l’agressivité. Mais c’est avant tout un état de privation d’énergie: le patient est fatigué, asthénique, ralenti et triste.

Le syndrome dépressif présente trois types de troubles dont :

En premier lieu, le ralentissement psychomoteur : le patient déprimé a une présentation caractéristique, le visage est peu mobile et peu expressif, discours ralenti avec monotonie, les mouvements sont rares et les déplacements lents qui vont aboutir à la claustromanie, clinophilie. Il est aussi ralenti du côté psychique, avec une difficulté de concentration et une tendance à se répéter avec impression de ne pas être claire, indécis, avec des difficultés mnésiques.

En second lieu, l’humeur dépressive, on observe de l’anhédonie, perte des intérêts, anesthésie affective, baisse de la libido et incurie quand tout devient pénible. Et quand on présente de l’anhédonie, on observe de la culpabilité, et le patient se sent coupable et indigne. Et enfin, l’humeur dépressive où le patient vit dans un état de souffrance, sentiment de vide et d’ennui et a une vision négative de soi, des autres et des idées d’incurabilité qui vont aboutir à une idée de mort.

En troisième lieu, se trouve les troubles somatiques dont :
• Les troubles du sommeil quasiment toutes les nuits qui peuvent être des insomnies matinales, avec amélioration vespérale des troubles, ou d’endormissement ; ou au contraire de l’hypersomnie,
• Le trouble d’alimentation, qui peut se présenter sous forme d’anorexie avec amaigrissement fréquent, ou d’hyperphagie responsable de prise de poids,
• Le trouble de la sexualité qui est représenté par la frigidité chez la femme ou l’impuissance chez l’homme.

D’autres signes peuvent aussi être rencontrés tels que les constipations, l’hypotension artérielle, frilosité, bouche sèche et transpiration.

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : REVUE DE LA LITTERATURE
1. Généralité sur l’insuffisance rénale chronique (IRC)
1.1. Définition
1.2. Epidémiologie
1.3. Diagnostic
1.4. L’insuffisance rénale chronique terminale
2. Troubles anxieux et dépressif
2.1. Dépression
2.1.1. Définition
2.1.2. Epidémiologie
2.1.3. Classification du syndrome
2.1.4. Diagnostic
2.1.5. Critère diagnostique d’un épisode dépressif majeur selon DSM IV
2.2. L’anxiété
2.2.1. Définition
2.2.2. L’anxiété selon DSM-IV
2.2.3. Quand évoquer un trouble anxieux ?
3. La dépression et/ou l’anxiété au cours de l’IRCT et hémodialyse
4. Le Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS)
4.1. Définition et objectifs
4.2. Structuration de l’outil
4.3. Modalité de réponse et de cotation
4.4. Qualités psychométriques
DEUXIEME PARTIE: ETUDE PROPREMENT DITE
1. METHODOLOGIE
1.1. Cadre d’étude
1.2. Type d’étude et période d’étude
1.3. Population d’étude
1.4. Critère d’inclusion
1.5. Critère de non inclusion
1.6. Paramètres d’étude
1.7. Saisie et analyse des données
2. RESULTATS
2.1. Informations socio-démographiques
2.1.1. Age
2.1.2. Le Genre
2.1.3. Statuts matrimoniaux
2.1.4. Profession
2.1.5. Niveau scolaire
2.1.6. Provenance
2.1.7. Milieu de vie
2.1.8. Religion
2.1.9. Niveau socio-économique
2.1.10. Couverture sociale de la dialyse
2.1.11. Rang dans la fratrie
2.1.12. Isolement socio-affectif
2.2. Paramètres cliniques
2.2.1. Antécédents personnels médicaux
2.2.2. Antécédents médicaux familiaux
2.2.3. Prise de cigarette
2.2.4. Prise d’alcool
2.2.5. Suivi avant la dialyse
2.2.6. Type d’abord au début de la dialyse
2.2.7. Nombre de catheter veineux central (CVC)
2.2.8. Nombre de fistules artério-veineuses (FAV)
2.2.9. Régularité de la dialyse par semaine
2.2.10. Nombre de dialyse par semaine
2.2.11. Durée du traitement par hémodialyse
2.2.12. Les symptômes dépressifs
2.2.13. Dépression
2.2.14. Symptômes de l’anxiété
2.2.15. Anxiété
COMMENTAIRES ET SUGGESTIONS
1. Caractéristiques générales de la population
1.1. Age de la population d’étude
1.2. Le genre de la population
1.3. Statut matrimonial
1.4. Profession
1.5. Niveau scolaire
1.6. Provenance et ethnie
1.7. Milieu de vie
1.8. Niveau socio-économique
1.9. Couverture sociale
2. Evaluation de la morbidité psychiatrique chez l’hémodialysé
2.1. Prévalence de la dépression
2.2. Prévalence de l’anxiété
2.3. Dépression et genre
2.4. Dépression et statuts matrimoniaux
2.5. Dépression et niveau scolaire
2.6. Dépression et couverture sociale
2.7. Dépression et niveau socio-économique
2.8. Dépression et paramètres cliniques
3. Limites de notre étude
CONCLUSION

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