EXPORTATION MINIERE ET CROISSANCE ECONOMIQUE

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La croissance économique

Définitions

On entend tout d’abord par « croissance économique » une augmentation du revenu par habitant ainsi que la production, mesuré généralement par la variation du Produit Intérieur Brut (PIB) et le Produit Intérieur Brut par habitant (PIB par habitant). On retient tout de même la définition de la croissance économique donnée par François PERROUX (1930-1987) : « La croissance est l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues, d’un indicateur de dimension, pour une nation, le produit global en termes réels »3.
Il est à noter que la croissance économique se diffère du « progrès économique » et du « développement économique ». On entend par « progrès économique » une amélioration du bien-être, satisfaction des besoins dépendant de la croissance économique. Il y a un progrès technique lorsqu’on assiste à une meilleure satisfaction des besoins de la population. Le progrès technique n’est autre alors que la conséquence directe de la croissance économique. Selon François PERROUX, « [le développement économique] est l’ensemble des transformations des structures économiques, sociales, institutionnelles et démographiques qui accompagnent la croissance, la rendent durable et, en général, améliorent les conditions de vie de la population. »4 De ce fait, le développement permet la croissance et le progrès économique.

Les théories traditionnelles de la croissance

Les économistes classiques :

Adam SMITH (1776) et David RICARDO (1819) sont ceux qui ont émis pour la première fois une théorie de la croissance. Celle-ci est basée sur l’accumulation de capital ou « moyens de productions produits » selon Adam Smith. Les principaux facteurs de production sont le travail, le capital et la terre. Le travail est rémunéré par le salaire et le capital par le profit constituant un revenu résiduel : « C’est la part du revenu national qui n’est pas captés par les travailleurs ni par les propriétaires fonciers »5 et qui est source d’investissement. La terre, par contre, est un facteur fixe étant source d’une rente pour le propriétaire. Le fait que la terre soit considérée comme facteur de la croissance pour les classiques semble être en contradiction avec l’idée de Jean Baptiste SAY (1767) selon laquelle « les richesses naturelles sont inépuisables, car, sans cela, nous ne les obtiendrons pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques »6.
Adam SMITH mentionne la division du travail dans son ouvrage « La richesse des Nations » comme une source de richesse, inspirée de la manufacture d’épingles où les tâches sont spécialisées entre les ouvriers. Ce concept selon lui est source d’une plus grande productivité. Quant au progrès technique, celui-ci n’a pas été intégré explicitement dans les théories de la croissance chez les classiques. Ricardo classe même le progrès technique comme destructrice d’emploi qui substitue le capital au travail.

Modèle d’inspiration keynésienne : modèle d’Harrod et Domar

C’est un modèle de production à coefficient fixe (K/L étant constant), présenté à partir de deux formulations de Roy Forbes HARROD (1900-1978) et Evsey DOMAR (1914-1997), respectivement publiés dans les articles intitulés « An essay in dynamic theory » paru dans l’Economic Journal en 1939 et « Expansion and Employement » paru dans l’American Economic Review en 1947, visant à étendre sur le long terme la théorie générale de Keynes, étant à court terme.7 Ce modèle est basé sur l’hypothèse selon laquelle il faut exploiter une proportion mutuelle fixe de K et de L pour produire des niveaux de production différents.

La croissance endogène

Selon les théories de la croissance endogène, la croissance est considérée comme un phénomène économique déterminé par les comportements des agents et des variables macroéconomiques selon laquelle diverses sources sont retenues dans le modèle si les théoriciens néoclassiques de la croissance n’ont identifié que l’accumulation de capital. Les sources de la croissance sont, selon les modèles de croissance endogène, le capital physique, la technologie, le capital humain, le capital publique ainsi que des sources indépendantes.
• Le capital physique : il s’agit des investissements pour une amélioration des équipements de production et les travaux d’ingénierie qui impliquent d’une façon directe la croissance et affectent le progrès technique. Selon ROMER (1986), l’investissement de chaque firme n’améliore non seulement sa production mais aussi celle des autres firmes.
• La technologie, définie selon ROSENBERG (1982) comme un « ensemble de connaissances relatives à certains types d’évènement et d’activités associés à la production et à la transformation des matériaux ». Celle-ci a donc pour principal rôle d’accroître la capacité de l’homme à utiliser la nature pour un accroissement de sa productivité.
• Le capital humain, étant le stock de connaissances chez un individu que l’on peut évaluer économiquement. Il ne se limite pas seulement aux connaissances mais aussi à l’état de la personne en tant qu’humain tel que la santé et l’hygiène. Son talent, ses compétences et expériences acquises, son aptitude, tout ce qui joue un rôle dans sa capacité à produire constitue le capital humain.
• Le capital public étant les biens et services tangibles ou intangibles que la collectivité publique dispose, tels que les infrastructures, la sécurité, l’éducation.
• Il y a enfin les autres sources indépendantes comme la division du travail mentionnée dans la sous-section 2.2.1.

Notions sur les mines

Définitions

Selon le code minier, le secteur minier englobe la chaine de valeur minière qui se présente comme suit :
• D’abord la phase de recherche étant la toute première étape du cycle minier comprenant les enquêtes, les études de terrain, les essais de sondage et d’autres études nécessaires pour en conclure l’existence ou non d’un gisement exploitable ;
• Il y a après la phase de développement et de construction consistant à l’aménagement du terrain, à la construction des infrastructures, à l’installation des matériels et équipements ainsi qu’aux essais et mise au point du projet ;
• La phase d’Exploitation correspond ensuite aux activités d’extraction et de mise en valeur des produits de la mine, et de leur transformation ;
• La phase de commercialisation où la production de minerais est généralement destinée à l’exportation ;
• Enfin, la phase de fermeture d’une mine qui consiste à arrêter la production, à réhabiliter et à remettre le site en état.

Types de mines

Il existe généralement deux catégories de mine :
• La petite mine ou mine artisanale où les petits exploitants miniers et les groupements d’orpailleurs utilisent des techniques artisanales sans transformation des minéraux sur le lieu de l’extraction.
• La Grande mine qui nécessite d’importantes ressources en capital, d’infrastructures et de main d’œuvre avec l’utilisation des techniques d’extraction modernes et industrielles.
Les théories de la croissance ont trouvé leur origine chez les économistes classiques Adam SMITH et David RICARDO où l’accumulation de capital était la source de richesse. Le modèle d’inspiration keynésienne d’Harrod et de de Domar s’est ensuite apparu, suivie du modèle néoclassique formulé par Solow en introduisant le progrès technique dans le modèle. La croissance endogène quant à elle définie la croissance comme un phénomène économique et identifie d’autres variables comme sources de croissance. Une revue de la littérature sera exposée dans le chapitre suivant concernant principalement l’évolution des débats théoriques et analyses empiriques sur les ressources naturelles, le commerce international ainsi que leur lien avec la croissance économique.

REVUE DE LA LITTERATURE

L’impact de la dépendance en matières premières dans les pays en abondance en ressources naturelles faisait l’objet de considérables études théoriques qu’empiriques. Le lien, souvent négatif, entre abondance de ressources naturelles et croissance économiques des pays exportateurs de produits de base, en particulier pour le cas du pétrole, gaz ou produits miniers a été mis en évidence par nombreux auteurs. De même, l’effet du commerce international sur la croissance a été aussi discuté via des littératures empiriques. Ce chapitre traitera en premier lieu les théories sur l’échange international, suivi des littératures empiriques sur le lien entre exportations et croissance économique et enfin une revue de la littérature sur la malédiction des ressources naturelles.

Théories sur les avantages absolus et comparatifs

La théorie de Ricardo, développée dans son ouvrage « Des principes de l’économie politique et de l’impôt » (1817) repose sur le principe des « avantages comparatifs ». Ce principe est une extension des « avantages absolus » d’Adam SMITH. Ce dernier explique l’échange entre les pays par des différences des coûts de production, par comparaison des coûts absolus : « un pays importe un bien si sa production nationale est plus coûteuse que son importation » (Les théories du commerce internationale, p.45). Un pays a donc intérêt à se spécialiser sur un bien auquel il a un avantage, c’est-à-dire que son coût de production sur celui-ci est bien inférieur à celui d’un autre pays et importe les biens auxquels les autres pays ont un avantage : on parle ici d’un avantage absolu. Ricardo, raisonne de son côté sur les avantages comparatifs, auquel un pays peut se spécialiser dans une production d’un bien sans qu’il ait un avantage sur aucun bien. Pour lui, « Chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production de la marchandise pour laquelle il détient l’avantage comparatif le plus élevé ou le désavantage comparatif le plus faible » (p.46). Prenons toujours le fameux exemple classique du Vin et du Drap pour illustrer cette théorie. Soient deux pays, le Portugal et l’Angleterre, et deux biens, le vin et le drap. Supposons que le Portugal a besoin de 90 heures pour produire une unité de drap et 80 heures pour une unité de Vin et de son côté, l’Angleterre a besoin de 100 heures pour une unité de drap et 120 heures pour une unité de vin. Si on raisonne sur la théorie des avantages absolus d’Adam SMITH, Portugal a l’avantage absolu sur les deux biens, car que ce soit sur le vin ou sur le drap, les coûts de production chez les portugais sont moindres par rapport à ceux des anglais donc l’Angleterre n’a avantage sur aucun des deux. Raisonnons ensuite sur les avantages comparatifs de Ricardo. Illustrons ceci à l’aide de la matrice ci-dessous où Cij est le cout de production du bien i par le pays j.

La théorie de HOS

Modèle développé par HECKSCHER (1913) – OHLIN (1933) – SAMUELSON (1941). Cette théorie a été premièrement un modèle Heckscher-Ohlin (H-O) où le commerce international est expliqué à partir d’un nouveau concept : « abondance relative d’un facteur de production ». Soit deux pays A et B et deux facteurs de production, le capital et le travail. On admet que pour les facteurs de production, leurs quantités disponibles doivent être données : « la dotation factorielle » et on suppose que les deux nations sont identiques en tout point, sauf pour les dotations factorielles. Supposons aussi que le pays A est bien doté en B en Capital et selon le théorème d’Heckscher-Ohlin, « chaque pays a une production orientée vers la marchandise qui utilise de manière intensive le facteur dont il est bien doté et il tend à l’exporter ». Ainsi, le pays A exportera des biens dont leur production nécessite plus de ressources en Capital que de mains d’œuvre, et inversement pour le pays B. Dans un second temps, avec un article de Stolper-Samuelson en 1941 constitue le modèle HOS. Celui-ci, considéré comme la « nouvelle » théorie du commerce internationale, est marqué par surtout par l’introduction de la mobilité des facteurs de production, prise en compte de biens non échangés internationalement, raisonnement intégrant les biens intermédiaires.

Dégradation des termes de l’échange

Le terme trouve son origine chez la thèse de PREBISH-SINGER selon laquelle les termes de l’échange des produits primaires par rapport aux produits manufacturés tendent à se dégrader au cours du temps. Les pays en voie de développement ne sont ni les plus grands producteurs ni les plus grands exportateurs alors qu’en étant dépendant des matières premières et des produits de base, ils sont fragiles à l’évolution des termes de l’échange des produits de base par rapport aux produits manufacturés des pays industrialisés. Les débats sur la détérioration des termes de l’échange se portent alors sur la répartition des gains de productivité entre les producteurs et les consommateurs dans les deux cas des produits de base et des produits manufacturés. La thèse de PREBISH-SINGER (1950) est que les gains de productivité sur les matières premières ne profitent pas aux producteurs mais aux consommateurs qui sont les pays industrialisés. Les pays exportateurs doivent alors, pour un niveau d’exportation donné, importer de moins en moins. Dans certains cas où la croissance est fortement tournée vers l’exportation, cette dégradation des termes de l’échange peut l’emporter sur les gains de la croissance elle-même : on assiste donc à la « Croissance appauvrissante », théorie proposée en 1958 par l’économiste indo-américain Jagdish Natwarlal BHAGWATI. Néanmoins, cette situation est plus ou moins rare du fait que le résultat n’est valable que si le pays est en mesure d’influencer les prix mondiaux.

Exportation et croissance économique : littératures empiriques

Théoriquement, les exportations ne font pas parties des facteurs de production et ne sont pas intégrées dans les principaux modèles de croissance. Pourtant, des auteurs ont proposé que les exportations jouent un rôle dans la croissance tout en analysant empiriquement le cas de différents pays exportateurs.
• BALASSA (1978), CHENERY (1970), MICHALOPOULOS et JAY (1973) et TYLER (1981) avaient introduit la performance à l’exportation parmi les variables qui expliquent la croissance économique.
• Selon KRUGMAN (1987), LUCAS (1988), GROSSMAN et HELPMAN (1991), LEVINE et RENELT (1992), la contribution de l’exportation à la croissance dépend de la situation du pays.
• KWAN et COTSOMITIS (1991), KWAN et KWOK (1995) ont utilisé le test de Granger sur la causalité entre commerce international et croissance économique pour le cas de la Chine et ont conclu un lien de causalité unidirectionnel entre ces deux variables, c’est-à-dire que les exportations entrainent la croissance économique.
• CHENGXIANG SHEN (1999) a aussi utilisé un test de Granger et de cointégration sur l’exportation et la croissance économique de la Chine recouvrant la période de 1977-
1998 et conclut l’évidence d’une boucle rétroactive9 entre les deux variables mais absence d’une relation à long terme et stable.
• De son côté, GARTHEY (1993) a étudié respectivement le cas des Etats-Unis, le Taiwan et le Japon et a pu conclure que l’exportation influe la croissance économique pour les Etats Unis, un cas contraire pour le Taiwan ainsi qu’une boucle rétroactive pour le Japon.
• SHARMA et DHAKAL (1994) ont abouti au même résultat. JUNG et MARSHALL (1985) ont par ailleurs conclu une absence de causalité entre exportation et croissance sur 37 pays en développement d’une période de 1950-1981 sauf pour l’Israël.
• COLOMBATTO (1990) utilise la méthode des moindres carrés ordinaires sur un échantillon de 70 pays et conclut que l’exportation ne contribue pas à la croissance économique.
• SHAKOURI et YAZDI (2012) étudient le cas de l’Iran et concluent l’existence d’une relation d’équilibre à long terme entre les exportations de produits miniers, les exportations de produits manufacturés, les importations et la croissance économique puis un lien de causalité au sens de Granger auquel les exportations de produits manufacturés provoquent les importations, les importations provoquent la croissance économique puis cette dernière provoque les exportations minières.
• KAMAL AHMED et al. (2013) utilisent une régression linéaire sur le cas de Bangladesh et concluent que les exportations contribuent positivement à la croissance économique tandis que les importations sont peu signifiantes.
• RUMMANA ZAHEER et al. (2014) concluent par l’utilisation du modèle à correction d’erreur VECM que les exportations et les importations ont toutes les deux un lien signifiant sur la croissance économique.
• AURO KUMAR S., DUKHABANDHU S. et NARESH CHANDRA S. (2014) identifient une relation d’équilibre à long terme entre les exportations minières, les exportations industrielles et la croissance économique pour le cas de l’Inde et par un test de Granger, ces auteurs concluent que la croissance économique provoque les exportations minières tandis que ces dernières ne conduisent pas à la croissance. SACHIN M. (2015) aboutit au même résultat.
• TURAN G. et KARAMANAJ B. (2014) par une régression linéaire concluent que les exportations ont un impact positif sur la croissance économique de l’Albanie tandis qu’un impact positif pour les importations.
• YUKSEL S. et ZENGIN S. (2016) par un test de cointégration et d’un test de causalité au sens de Granger montrent que les exportations conduisent à un taux de croissance élevé en Argentine.
• ALBIMAN M. et SULEIMAN N. (2016) identifient par un test de cointégration, test de causalité et d’un modèle VECM un lien de causalité entre les exportations et la croissance économique pour le cas de la Malaisie.

La malédiction des ressources naturelles

Origine du terme

Le terme apparait pour la première fois en 1960, dans une revue anglaise « The Economist » faisant référence à l’économie néerlandaise qui a chuté suite à la découverte de grands gisements de gaz dans la province de Groningue puis dans tout le pays. La hausse importante de l’exportation a abouti à une forte appréciation de la monnaie hollandaise qui nuisait la compétitivité-prix des exportations non gazières. Le terme a été ensuite utilisé pour décrire la difficulté que rencontrent les pays en abondance de ressources naturelles, spécialement en ressources minières et pétrolières. Selon, KARL T. le syndrome hollandais est « un phénomène pour lequel la mise en exploitation d’une ressource naturelle procure des avantages pour le secteur lié à cette richesse, mais en parallèle nuit au développement des autres secteurs de production de l’économie »10.

Mécanismes de transmission

Plusieurs théories ont été exposées concernant le mécanisme de transmissions de l’abondance et dépendance en ressources naturelles sur l’économie. Dans cette section, nous ne retenons que trois :
• GYLFASON (2001), SACHS et WARNER (2001) qui mettaient en évidence l’existence d’un effet d’éviction : d’abord l’abondance en ressources naturelles conduit à une hausse des exportations qui entrainera une forte appréciation de la devise locale et sera nuisible pour la compétitivité du secteur manufacturier de l’exportation, ensuite la hausse de l’exportation se traduit par une hausse de la richesse domestique ayant pour effet d’augmenter les prix ainsi que les coûts de production qui réduira la compétitivité du secteur manufacturier domestique. Enfin, le capital naturel évincera le capital physique et le capital humain qui sont les principales sources de la croissance.
• DEATON et MILLER (1995), DEHN (2000), BLANEY et GREENWAY (2001), et BLATTMAN et al. (2007), quant à eux, identifient le canal de transmission par le fait que les prix des produits de base sont instables donc les pays dépendants seront plus vulnérables aux chocs extérieurs des prix. A long terme, ce fait se traduit par une incertitude décourageant les investisseurs et sera un obstacle majeur à la croissance.
• Le troisième mécanisme se repose surtout sur la gouvernance et l’institution. LEITE et WEIDMANN (1999), ROSS (2001) et ISHAM et al. (2005) suggèrent de leur côté que l’abondance et/ou dépendance en ressources naturelles favorisent la corruption et une mauvaise gouvernance, étant les principales faiblesses de la croissance et du développement. De l’autre côté, COLLIER et HOEFFLER (1998),
HUMPHREYS (2005) et FEARON (2005) ont montré que les pays en abondance de ressources naturelles sont exposés à un risque plus élevé de guerres civiles, ce qui retardera la croissance économique du pays.

Littératures empiriques

Nombreux auteurs ont analysé différents cas de plusieurs pays exportateurs afin d’identifier la nature du lien entre produits de base et croissance économique et ont pu aboutir à des résultats presque similaires.
• LYN SQUIRE et al. (1999) qui étudiait sur 757 observations provenant de 128 pays majoritairement de l’Europe et de l’Asie centrale conclut que l’abondance, voire dépendance en ressources naturelles affecte négativement la croissance
économique et accentue l’inégalité sociale.
• ANGUS DEATON (1999) a étudié le cas des pays africains et a pu conclure qu’il existe une corrélation positive entre la fluctuation des prix des matières premières et la croissance économique : un revenu supplémentaire venant de la flambée des prix des produits de bases aide l’économie africaine, tout comme elle a été négativement touchée par la perte de revenu au cours du ralentissement économique lorsque le prix chutait, ce qui montre la vulnérabilité des pays exportateurs face au choc extérieur des prix.
• Une autre étude menée par DEATON AVEC MILLER (1993) examinait les conséquences empiriques de la flambée des prix des matières premières sur quelques pays africains. Selon eux, la dette fait partie aussi de la conséquence de cette flambée des prix des produits de bases et affirment que cette dernière est la source de la crise de la dette des pays africains en 1980.
• De leur côté, COLLIER et GODERIS (2008) ont trouvé que la flambée des prix des matières premières affecte négativement la croissance économique d’un pays. Celle-ci n’aurait qu’un effet positif de court-terme mais un effet négatif de long terme car le taux de change réel, la consommation publique ou privée, ainsi que la dette extérieure étant affectés négativement, jouent un rôle important dans la croissance économique à long terme.
• MEHLUM et al. (2006), SNYDER (2006), ROBINSON et al. (2006), BRUNNSCHWEILER (2008) en se reposant sur ces précédentes théories ont pu conclure que le lien entre ressources naturelles et croissance économique n’est pas forcément négatif. Selon eux, l’abondance en ressources naturelles devrait être un avantage qui faciliterait la croissance mais cela dépendra de la qualité de l’institution.
• DESIRE AVOM et FABRIZIO CARMIGNANI (2010) a mené une autre étude sur un échantillon de 86 pays, notamment recouvrant la période 1965-2005, ayant conclu que l’effet négatif des produits de base sur la croissance économique s’avère plus fort dans les pays de l’Afrique Centrale (-0,039) et Subsaharienne (-0,033) que chez le reste du monde (-0,014) ; et que leur effet sur l’inégalité social est aussi plus fort dans les pays de l’Afrique Central (0,14) que dans les autre pays (0,086). Ces chiffres sont les paramètres estimés par la méthode des moments généralisés de l’équation mettant en relation la dépendance en produit de base et croissance économique. Les signes négatifs indiquent une relation inverse sur les produits de base et la croissance économique tandis que les signes positifs montrent que les produits de base accentuent l’inégalité sociale.

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Table des matières

INTRODUCTION DE LA PREMIERE PARTIE
CHAPITRE I : DEFINITIONS, CONCEPTS ET NOTIONS
1. Généralités sur les produits de bases
1.1 Définitions
1.2 Formes de marché
2. La croissance économique
2.1 Définitions
2.2 Les théories traditionnelles de la croissance
2.3 La croissance endogène
3. Notions sur les mines
3.1 Définitions
3.2 Types de mines
CHAPITRE II : REVUE DE LA LITTERATURE
1. Théories sur les avantages absolus et comparatifs
2. La théorie de HOS
3. Dégradation des termes de l’échange
4. Exportation et croissance économique : littératures empiriques
5. La malédiction des ressources naturelles
5.1 Origine du terme
5.2 Mécanismes de transmission
5.3 Littératures empiriques
PARTIE EMPIRIQUE : cas de Madagascar
INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE
Chapitre III : CONTEXTE ECONOMIQUE DE MADAGASCAR
1. Croissance économique
2. Qualité de l’institution
3. Aperçu global sur le secteur minier
3.1 Historique
3.2 La potentialité minière
3.3 Les grands projets miniers :
3.4 Cadre légal
CHAPITRE IV : EXPORTATION MINIERE ET CROISSANCE ECONOMIQUE
1. Analyse de la contribution macroéconomique du secteur minier
2. Analyse économétrique
2.1 Spécification du modèle et données
2.2 Méthodologie
2.3 Test de stationnarité
2.4 Détermination du nombre de retard
2.5 Test de cointégration au sens de Johansen
2.6 Test de causalité au sens de Granger
2.7 Réponse impulsionnelle du PIB
3. Commentaires et discussions
CONLUSION GENERALE
BIBLIOGRAPHIE

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