Évaluation du potentiel repli des roselières littorales d’Occitanie impactées par le risque de submersion marine

Le périmètre d’étude du projet Roselières s’étend sur le linéaire du littoral d’Occitanie, soit les départements des Pyrénées Orientales (66), de l’Aude (11), de l’Hérault (34) et du Gard (30). Sur ce linéaire de 230 km, le projet recense 28 sites  : compte tenu d’une superficie inférieure à 1 ha, le site n°3 ne présente que quelques linéaires de roselières et ne sera donc pas retenu dans la suite de cette étude. La façade littorale d’Occitanie relie la frontière espagnole à la limite Ouest de la Camargue : 85 % de son linéaire, soit 190 km, est de nature sableuse composée de côtes basses à grandes plages, tandis que les 40 km restants composent une côte rocheuse (Klesczewski 2020).

La répartition de ces roselières crée une continuité écologique entre les roselières espagnoles et celles de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur  . Aux multiples rôles que remplissent ces zones humides, s’ajoute la fonction de trame turquoise particulièrement utilisée comme couloir de migration pour l’avifaune paludicole. Ce type de trame est défini comme un « espace de projet qui englobe la trame bleue et la partie de la trame verte en interaction fonctionnelle forte avec la trame bleue » (Agence de l’eau 2021). Jouant un rôle majeur dans la dynamique d’un territoire, cette trame turquoise appuie d’autant plus l’importance des services socioéconomiques présents sur ce littoral.

Le Phragmite australis est une espèce résiliente capable de tolérer les pics estivaux de salinité de l’eau par phénomène d’évaporation et de concentration, dont les valeurs peuvent parfois excéder les 20 g/L (Sinnassamy J.M. 2001). Cette condition n’est pas optimale pour sa pérennité mais permet de concurrencer d’autres espèces colonisatrices en assurant son maintien face à des entrées ponctuelles d’eau salée et tant qu’un apport d’eau douce est parallèlement maintenu. En revanche, sa faiblesse réside dans son incapacité à résister à un apport en eau de concentration moyenne en sel de façon prolongée. Cette intolérance est une menace pour le maintien de ce milieu : un évènement de submersion marine est donc un contexte définitif et mortel pour la roselière.

Ce rapport se concentre uniquement sur les scénarios de submersion marine dits « instantanés » et non inertiels. C’est-à-dire que les remontées d’eau souterraines liées au biseau salé ne sont pas prises en compte dans la construction du protocole. En revanche, sont inclus au modèle les submersions marines qui impactent les apports en eau douce et qui influent indirectement sur la submersion du site.

L’objectif de cette étude est double : il s’agit de répondre à la menace actuelle de perte d’habitats en lien avec les conséquences du changement climatique et de fournir des pistes de décisions d’adaptation sur le long terme des plans de gestion des roselières littorales d’Occitanie. Plus précisément, cet objectif peut être ordonné selon les trois étapes suivantes :
• Prioriser les roselières littorales d’Occitanie selon leur vulnérabilité face à l’aléa submersion marine ;
• Construire un protocole dont la méthodologie soit réplicable sur des roselières non inclus au projet ;
• Identifier les secteurs de repli potentiels des plus vulnérables d’entre elles.

Données utilisées dans la création et l’application du protocole 

La construction et l’application du protocole sont basées sur des données et des logiciels libres de droits, car au-delà des résultats fournis, l’objectif est de proposer un cadre d’étude permettant d’appliquer la méthodologie sur d’autres territoires disposant de données concernant la submersion marine. Structuré selon l’organisation suivante  , la conception du protocole requiert l’usage de nombreuses données : l’objectif de cette partie est de les inventorier pour faciliter la compréhension de la suite du travail ainsi que l’application de la méthode à des sites non inclus au projet.

Résultats de l’étude du BRGM

L’étude du BRGM sur les simulations de scénarios de submersion marine est l’unique donnée non utilisable sur d’autres secteurs d’études car sa conception est appliquée aux 28 roselières du projet . Ici, seront repris uniquement les résultats finaux de ce rapport, la méthodologie ainsi que les détails techniques des modèles appliqués sont repris au sein du rapport du BRGM (E. Palvadeau 2021). Au total, 9 scénarios sont simulés selon les variables de temporalité et de caractère de la submersion (Tableau 3). Les pas de temps utilisés 2030-2050, 2100 et après 2100 sont les références utilisées pour les études concernant le changement climatique. Le projet MISEEVA ayant été construit à l’échéance 2030, le BRGM a souhaité continuer de travailler avec cette date. En revanche, le très faible laps de temps qui nous sépare de cette échéance conduit à la décaler à 2050 : les résultats fournis à partir des hypothèses pessimistes de 2030 fournissent les mêmes résultats pour 2050 et les modifications des paramètres ne sont pas suffisantes pour constater une différence flagrante sur 20 ans d’écart.

Les niveaux de submersion proposés « permanent », « récurrent » et « exceptionnel» sont définis de la façon suivante :
• « Submersion permanente : zone submergée 100% du temps par conditions météorologiques moyennes (temps calme) : pression, vent et vagues annuels moyens. Le niveau de la marée considéré est le niveau des plus basses mers astronomiques ;
• Submersion récurrente : zones submergées au moins une fois par an par conditions météorologiques moyennes (temps calme) : pression, vent et vagues annuels moyens. Le niveau de la marée considéré est le niveau des plus hautes mers astronomiques ;
• Submersion exceptionnelle : submersion enregistrée seulement lors des phénomènes de tempêtes. Basse pression atmosphérique et vents violents. La tempête de 1982 est utilisée comme référence. Le niveau de la marée est le niveau réel lors de cette tempête. » (Serrand M 2013) .

Conditions stationnelles favorables à l’installation et au maintien d’une roselière

L’évaluation des conditions stationnelles favorables à l’installation et au maintien d’une roselière s’axe autour de trois thématiques : l’hydromorphie, la géologie et l’hydrologie. La définition de ces critères permettra dans un second de procéder à l’analyse et la comparaison de ceux identifiés sur les sites d’études.

Hydromorphie 

L’hydromorphie est étudiée grâce à la couche raster « Zones potentielles humides – Milieux potentiellement humides de France » dont la légende est la suivante  . Le fonctionnement naturel de la roselière tend à favoriser son implantation sur les zones dont la probabilité de présence de milieux humides est forte à très forte, soit sur les indices de valeurs 2 et 3. Il est cependant nécessaire d’analyser cette composante sur les sites d’études pour dégager la tendance d’implantation locale des roselières.

Géologie

L’étude géologique du sol est dans la continuité de l’analyse de l’hydromorphie. On cherche à observer sur quels types de couches géologiques affleurantes les roselières littorales d’Occitanie ont tendance à s’implanter et à se développer pour préciser les conditions favorables à leurs pérennités. Pour ce faire il convient de se procurer un support d’étude de carte géologique (interface Géoportail, couches disponibles sur Infoterre, cartes papiers, etc.) et de procéder au référencement de la nature des couches affleurantes sur lesquelles sont implantées les roselières étudiées.

Hydrologie 

Le Phragmites australis est une herbacée hélophyte : ses rhizomes s’enracinent dans le substrat aquatique tandis que ses parties supérieures sont aériennes. Bien que cette espèce ait la capacité de résister à des périodes d’assecs estivaux plus ou moins prolongées, son caractère semi-aquatique requiert un sol inondé sur la majeure partie de l’année. L’hydropériode est un facteur majeur de développement des roselières. Il convient donc d’analyser la nature des sources en eau douce sur chacun des sites d’études pour estimer la régularité et la quantité d’eau disponible au cours d’une année pour les roselières.

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Table des matières

Liste des abréviations
Lexique
Introduction
Table des matières
Table des figures
Table des tableaux
1. Contexte et objectifs
2. Matériel et méthodes
2.1. Données utilisées dans la création et l’application du protocole
1.1.1. Résultats de l’étude du BRGM
1.1.2. Autres données utilisées
1.2. Conditions stationnelles favorables à l’installation et au maintien d’une roselière
3. Résultats
3.1. Conditions stationnelles favorables à l’installation et au maintien des roselières littorales d’Occitanie
3.2. Construction du protocole d’évaluation des secteurs de repli
3.2.1. Étape 1 – Priorisation des roselières à risques
3.2.2. Étape 2 – Sélection des roselières favorables à la recherche des secteurs de repli
3.2.3. Étape 3 – Délimitation des zones favorables comme secteurs de repli
3.3. Application du protocole d’évaluation des secteurs de repli
3.3.1. Étape 1 – Priorisation des roselières à risques
3.3.2. Étape 2 – Sélection des roselières favorables à la recherche des secteurs de repli
3.3.3. Étape 3 – Délimitation des zones favorables comme secteurs de repli
3.4. Analyse de la situation actuelle sur les zones de repli potentiels
3.4.1. Prospection des zones identifiées comme favorables au potentiel repli
3.4.2. Occupation du sol
Discussion
Conclusion
Annexes
Annexe 1 – Protocole d’application de l’indice I12 « pression de l’artificialisation » de la boîte à outils RhoMéo
Annexe 2 – Mise en relief de la topographie correspondante aux niveaux NGF des 3 scénarios permanents
Annexe 3 – Cartographie du bâti et du réseau de transports des sites d’études
Annexe 4 – Cartographies de l’hydromorphie (zones humides potentielles) et du bâti des sites d’études
Annexe 5 – Cartographie de délimitation des zones humides potentielles selon l’altitude minimale de recherche des secteurs de repli
Annexe 6 – Cartographies des secteurs de repli potentiels
Annexe 7 – Cartographies intégrant le réseau hydrographique aux zones de délimitations de repli potentiels
Annexe 8 – Cartographies de l’occupation du sol des zones de repli potentiels
Bibliographie

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