Évaluation de la nuisibilité des insectes au S. asiatica et aux plantes de couverture

GÉNÉRALITÉS

Plante parasite : Striga asiatica

La classification de Striga asiatica est la suivante (ANDRIANAIVO, 1997 ; SALLE et al., 1995) :

Règne : VÉGÉTAL
Embranchement : PHANEROGAMES
Sous-embranchement : ANGIOSPERMES
Classe : DICOTYLEDONES
Sous-clase : ASTERIDAE
Ordre : SCROPHULARIALES/PERSONALES/(Tubiflorales)
Famille : OROBANCHACEES/SCROPHULARIACEES
Sous-famille : RHINANTHEAE
Genre : Striga
Espèce : asiatica (KUNTZ, 1891)

C’est une plante herbacée à port grêle, dressée et raide, souvent poilue, annuelle et mesure 13 à 50 cm. Les feuilles sont vertes, simples, opposées vers le bas, alternées vers le haut. Les fleurs sont rouges ou jaune et leurs corolles sont zygomorphes dont le tube et coudé ; l’androcée est composé de moins de cinq étamines fertiles incluses dans le coude du tube ; le gynécée bicarpellé possède de nombreux ovules sur des placentas volumineux didynames (RAYNAL-ROQUES, 1985 ; PARE, 1993). Les fleurs sont groupées en épis ou en glomérules (ROGER, 1954).

Répartition de S. asiatica

Il est répandu dans le monde de l’Afrique de l’Est à l’Asie, l’Océan Indien et l’Amérique du Nord. A Madagascar, Striga asiatica est répartie dans l’ensemble de l’île. On la rencontre notamment dans les régions du Moyen-Ouest (Carte 1), du Sud-ouest particulièrement à Sakaraha, Ambahiza, Vineta et Analamisampy (RANDRIANARISOAcommunication personnelle), du Nord-Ouest à Anketrakabe et le long de la côte Est (Sambava, Antalaha, Manakara) où elle parasite aussi bien les cultures céréalières que les graminées sauvages (RASOLOFO et ANDRIANAIVO, 1989).Très rarement des S. asiatica à fleurs jaunes ont été rencontrées dans la région du Moyen-Ouest (RANDRIAMANOHINAcommunication personnelle) (Cf. Carte).

Développement de Striga

Le développement de Striga comporte quatre phases phénologiques : conditionnement et germination, fixation, pénétration, floraison et fructification. Les trois premières sont souterraines et la dernière est aérienne (DEMBELE et AMADOU, 2009).

Un plant de Striga peut produire de 10 000 jusqu’à 100 000 graines minuscules (SALLE et RAYNAL-ROQUES, 1989 ; ANDRIANAIVO et al., 1998 ; https://www.unihohenheim.de/www380/380b/science/supraregional/Cours). Elles sont facilement disséminées par le vent, les eaux de ruissellement mais aussi par le bétail, le matériel agricole et l’homme par le biais des semences des cultures et des chaumes contaminés (SALLE et al., 1994).Les graines peuvent survivre dans le sol pendant 10 à 20 ans (SALLE et RAYNAL-ROQUES, 1989, ANDRIANAIVO et al.,1998 ; DEMBELE et RAYNAL-ROQUES ,1993; SALLE et al.,1994) en conservant leur faculté germinative, jusqu’à ce qu’elles rencontrent les conditions favorables à la germination (HUSSON, 2008).Les graines de Striga parvenues à maturité entrent en dormance de 4 à 6 mois (THALOUARN et FER, 1993).

Après la levée de dormance, les semences doivent passer par une phase dite de «pré-conditionnement », qui correspond à une réhydratation au moment des premières pluies (HUSSON, 2008).à température élevée (25° à 35°C) et à l’obscurité pendant 2 semaines environ (SALLE et RAYNAL-ROQUES, 1989), condition au laboratoire. Cette phase n’est cependant pas suffisante pour déclencher la germination. Les graines doivent encore percevoir un signal chimique spécifique émanant des racines de la plante hôte afin de pouvoir germer. Le premier stimulant naturel de la germination nommé strigol a été isolé et identifié en 1972 à partir des exsudats racinaires du cotonnier ; c’est un sesquiterpène actif à très faible dose (10- 12 M). Depuis, des stimulants spécifiques ont été isolés dans les exsudats racinaires du sorgho (NETZLY, et al., 1988), les sorgoléones, que l’on distingue les unes des autres par leur masse moléculaire (Figure 2 :a,b,c).

Il se forme alors un suçoir ou haustorium avec lequel Striga prélève de l’hôte toutes les substances nécessaires à son métabolisme (eau, hydrates de carbone, et autres éléments nutritifs). Striga est un holoparasite. Dans le cas où la germination a été stimulée par une plante qui n’est pas une plante hôte, la radicule de Striga n’arrive pas à se fixer sur la racine de cette plante « piège » et meurt rapidement. On parle alors de germination « suicide » du Striga (THALOUARN et FER, 1993 ; HUSSON, 2008).

Plantes hôtes
Les principales cultures hôtes de S. asiatica et S. hermonthica sont : Zea mays, Oriza sativa, Sorghum bicolor, Pennisetum americanum, Eleusine coracana et Saccharum officinale. Par contre S. gesnerioides attaque Vigna unguiculata et Nicotiana tabacumen particulier Les graminées spontanées servent aussi d’hôte alternatif au Striga : Heteropogon contortus, Cynodon dactylon, Rottbelia exaltata, Echinochloa colona, Brachiaria distachya, Brachiaria erecta, Stenotaphrum dimidiatum, Setaria spacealata et il n’est pas rare de voir fleurir le parasite au milieu de la jachère (SALLE et RAYNAL-ROQUES, 1989; ANDRIANAIVO, et al., 1998 et (https://www .unihohenheim .de/www380/ 380b/science/supraregional/CourseHH.htm).

Conditions favorables au développement de Striga :
Le Striga est une plante particulièrement adaptée aux zones à faible pluviométrie, avec saison sèche bien marquée et des températures annuelles élevées. Il se développe mal dans les zones à forte pluviométrie et en climats subtropicaux. Les sols favorables au développement du Striga sont des sols pauvres, à faible teneur en matière organique et en azote. Les petites exploitations défavorisées sont les plus touchées: petites parcelles ne permettant pas la rotation de culture, pas d’accès aux intrants ni parfois même au fumier, pas de jachère, peu de force de travail, etc. … (HUSSON, 2008).

Symptômes d’attaque.
L’attaque sur la plante hôte se fait sentir très tôt, bien avant l’émergence du parasite et se traduit par un mauvais développement de la partie aérienne, une chlorose (jaunissement) suivie d’un dessèchement progressif des feuilles, une réduction de la taille de la culture et une mauvaise fructification, donc une baisse de rendement importante.

Impacts de Striga
L’importance des pertes de rendement des céréales dues à Striga dépend de leur degré d’infestation que l’on peut évaluer en comptant le nombre de pieds de Striga au mètre carré. Mais il faut savoir que 10 à 30% seulement des graines germées fixées sur les racines de la plante-hôte émergent et que les plantules souterraines (non visibles à la surface) font déjà beaucoup des dégâts sur la plante parasitée, surtout lorsque cette dernière en est encore aux premiers stades de son développement ; elle peut alors être anéantie assez facilement (THALOUARN et FER, 1993).

A Madagascar, les pertes de production dues à Striga asiatica varient de 20% à près de 100% selon le taux d’infestation, la qualité du sol et le niveau de fertilisation. Les parcelles trop infestées et sur lesquelles la culture de céréales est devenue impossible sont abandonnées par les agriculteurs. Les taux d’infestation élevés font que des villages entiers sont obligés de migrer pour pouvoir retrouver des conditions de cultures propices à la production de céréales (GEIGER, 1994).

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Table des matières

INTRODUCTION
I. GÉNÉRALITÉS
I.1. Plante parasite : Striga asiatica
I.2. Répartition de S.asiatica
I.3.Développement de Striga
II. MATÉRIELS ET MÉTHODES
II.1. Site d’études
II.2. Dispositifs expérimentaux
II.3. Matériels et méthode d’échantillonnage
II.3.1. Matériels et mode de collecte des insectes
II.3.2. Évaluation de la nuisibilité des insectes au S. asiatica et aux plantes de couverture
II.3.3. Analyse statistique
III. RÉSULTATS ET INTERPRÉTATIONS
III.1. Inventaire des insectes nuisibles à S. asiatica
III.2. Caractéristiques et biologie de quelques espèces nuisibles à Striga asiatica
III.2.1. Données acquises sur Precis orithya madagascariensis
III.2.2. Données acquises sur Helicoverpa armigera armigera
III.2.3. Données acquises sur Spodoptera littoralis
III.2.4. Données acquises sur Platyptilia gonodactyla
III.2.5. Données acquises sur Proictes sp
III.2.6. Données acquises sur Aphthona sp
III.3. Hyménoptères parasitoïdes des chenilles associés au S. asiatica
III.3.1.Ammophila sp
III .3.2. Sous-famille de Nyssoninae (Tribu de Bembicini)
III.4. Évolution dans le temps de l’abondance des insectes et de S. asiatica
III.5.Relation entre le nombre de S. asiatica, le type de plante de couverture et le nombre des insectes
III.7. Évaluation des impacts des insectes sur S. asiatica
III.7.1.Évaluation des impacts des insectes inventoriés sur S. asiatica en laboratoire
III.7.2.Évaluation des impacts des insectes inventoriés sur S. asiatica sur le terrain
IV. DISCUSSION
IV.1. Inventaire des insectes utiles pour lutter contre S. asiatica
IV.2. Biologie des insectes recensés
IV.3. Polyphagie des espèces inventoriées
IV.4.Insectes prédateurs des ravageurs de Striga asiatica
IV.5.Évolution de l’abondance de S. asiatica
IV.6. Évolution de la diversité de l’abondance des insectes
IV.7. Relation entre le nombre de S. asiatica, le type de plantes de couvertures et le nombre des insectes
IV.8. Impacts des insectes recensés sur S. asiatica
CONCLUSION 

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