ETUDES DES VERTUS ANTIULCEREUSE ET CICATRISANTE DE LEPTADENIA MADAGASCARIENSIS

Etude ethnopharmacologique

              Cette plante est connue sous plusieurs noms vernaculaires selon la région mais en générale ces noms sont liés à sa forme végétale lianescente :
Taritarike : Région Atsimo-adrefana, Menabe, Androy
Vahirontogno : Région Sava et Diana
Mojy : Région Melaky
Taritarika ou Taritariky : Hautes terres
D’après les études bibliographiques, la décoction de la racine de cette plante ou de la plante entière est indiquée en usage interne pour faciliter l’accouchement et favoriser l’allaitement et en usage externe pour les soins post-partum. Elle est également utilisée en cas de constipation ou de fatigue. Elle connait aussi de vertu médicinale vétérinaire. L’application du latex autour des cornes de zébu soigne le Beravigny qui est une maladie infectieuse affectant les oreilles et les cornes de zébu en traînant leur chute et une perte d’appétit. Elle connait également des usages rituels pendant le Tromba (8). D’après nos enquêtes sur l’utilisation empirique de cette plante auprès de la population des villages aux alentours de la ville de Tuléar, le latex de taritarike peut être appliqué directement sur une plaie pour accélérer la cicatrisation et la tisane préparée par décoction de la partie aérienne calme les douleurs stomacales. Ces deux vertus médicinales qui ne sont pas encore étudiées scientifiquement ont attiré nos attentions.

Physiologie de l’Estomac

L’estomac est un réservoir d’aliments, constitué de haut vers le bas :
– le cardia qui est la jonction œsophage-estomac, ayant un sphincter fermé à l’extérieur et à l’intérieur assurant ainsi l’activité anti-reflux
– le fundus (grosse tubérosité et correspond à la poche d’air) ayant un corps avec une grande épaisseur
– l’antre et le pylore forment la partie inférieure ayant des fibres musculaires lisses très développées (9-11):
De l’intérieur vers l’extérieur, il comporte 4 couches :
– la muqueuse ou paroi gastrique constituée par l’épithélium monostratifié glandulaire
– la sous muqueuse
– la musculeuse gastrique formée par des muscles lisses organisés en 3 couches la couche oblique profonde, la couche circulaire intermédiaire et la couche longitudinale externe
– la séreuse enveloppant l’organe (10, 11).
L’innervation de la musculeuse est assurée par :
– le système nerveux intrinsèque divisé en 2 plexus, celui d’Auerbach ou plexus myentérique et celui de Meissner ou plexus sous muqueux.
– le système nerveux extrinsèque composé du système parasympathique et sympathique (11)
L’organisation des cellules de l’estomac est fluctuée selon les différentes parties. Au niveau du fundus, on trouve surtout :
– les cellules à mucus qui sécrètent le mucus, le bicarbonate
– les cellules pariétales qui assurent la sécrétion de l’acide chlorhydrique et les facteurs intrinsèques
– les cellules principales qui assurent la production de pepsinogène
– les cellules entéro-chromafine like (ECL) qui sécrètent de l’histamine
– les cellules D qui produisent de la somatostatine
– les cellules à ghréline qui sécrètent de la ghréline (hormone oréxigène)
Au niveau de l’antre, les cellules pariétales et principales sont absentes tandis qu’on y observe les cellules à mucus, les cellules D et les cellules G qui sécrètent de la gastrine et peu des cellules ECL (9-11). L’estomac sécrète environ 1 à 1,5l de suc gastrique par jour. La production est faible à jeun mais élevée en période postprandiale. C’est un liquide incolore, visqueux, très acide qui contient des éléments hydrominéraux (acide chlorhydrique, bicarbonate) et des éléments organiques (mucus, pepsinogène, lipase gastrique, facteurs intrinsèques) (9). Il assure également la sécrétion des hormones (gastrine et ghréline). La sécrétion gastrique est sous contrôle de plusieurs facteurs :
– les facteurs stimulants comme la gastrine, la ghréline, l’histamine et l’acétylcholine
– les facteurs inhibiteurs formés par la somatostatine, la prostaglandine, la sécrétine, la cholécystokinine et le Glucose Insulinotropic Peptide ou GIP (9- 11).
La motilité de la paroi de l’estomac est réglée par le phénomène électromécanique. Elle est assurée par les couches musculaires circulaires et longitudinales. Les cellules musculaires de la partie proximale ont des ondes contractiles faibles et celles de la partie distale ont des ondes péristaltiques élevées (11, 12). Le trajet des ondes est orienté vers la partie inférieure entraînant une fermeture de pylore et la contraction du duodénum (10). La vidange gastrique c’est-à-dire le passage du contenu de l’estomac vers le duodénum, commence quelques minutes après le début du repas et elle est rapide le matin. Plusieurs facteurs peuvent ralentir la vidange gastrique à savoir le stress, la position allongée, les aliments gras et l’acidité. La durée augmente avec la taille des aliments et le volume du repas. Certains médicaments peuvent également ralentir ou accélérer la vidange gastrique (11).

Le carbénoxolone

              C’est un produit terpénoide, composé de l’acide 18β-glycyrrhétinique hémisuccinate de sodium. Son action se localise principalement au niveau de la muqueuse gastrique. Il peut stimuler la production de mucus. Il prolonge aussi la demivie de cellules de la muqueuse gastrique en réduisant le taux de renouvellement, diminue la synthèse de l’ADN et l’exfoliation épithéliale. Il peut également agir directement au niveau de la muqueuse gastrique contre les effets néfastes de l’aspirine et la sécrétion d’acide (19, 20). Plus tard, on a découvert que le carbénoxolone a une activité minéralocorticoïde et amplifie les effets des minéralocorticoïdes naturels comme l’aldostérone. Ses principaux effets secondaires sont la rétention de sodium, l’alcalose hypokaliémique, la suppression de la rénine plasmatique et l’hypertension (20).

Phase initiale vasculaire et inflammatoire

                Elle dure 2 à 4 jours et aboutit à la formation du caillot puis à la migration des cellules participant à la réaction inflammatoire (31). La mise à nu du sous-endothélium vasculaire provoque l’adhésion et l’activation plaquettaire grâce au facteur de von Willebrand, à la thrombine et au collagène extravasculaire. Les protéines aboutissant à la formation du caillot de fibrine sont libérées par les plaquettes activées et par l’extravasation sanguine. Ce caillot sert d’une part à arrêter le saignement et d’autre part de servir de matrice provisoire pour la migration des cellules pro-inflammatoires, dermiques et épidermiques sur le site de la plaie (28, 32). Les plaquettes activées libèrent des facteurs de croissance : platelet-derived growth factor (PDGF), basic fibroblast growth factor (bFGF) et transforming growth factors a et b (TGF) (33). Les polynucléaires neutrophiles et les monocytes sont attirés dans la plaie par les facteurs de croissance libérés par les plaquettes et par des peptides bactériens, des facteurs du complément, des produits de dégradation de la fibrine et de la lyse cellulaire (33). Les neutrophiles libèrent des enzymes protéolytiques favorisant la pénétration des cellules dans la plaie et des cytokines pro-inflammatoires participant au recrutement et à la prolifération des fibroblastes et des kératinocytes. Les monocytes migrant dans la plaie se différencient ensuite en macrophages activés. Ils libèrent dans la plaie des facteurs de croissance (TGFb, le « tumour necrosis factor a » (TNFa), le « vascular endothelial growth factor »(VEGF) et le PDGF) amplifiant la réponse inflammatoire et stimulant la formation du tissu de granulation. Ils ont également un rôle de détersion locale (phagocytose de micro-organismes, débris nécrotiques, etc.) (34). Vers le 5e jour, peu de cellules inflammatoires persistent, et les fibroblastes deviennent les types cellulaires prédominants.

Etude de l’activité cicatrisante

                L’objectif de cette étude était d’évaluer l’activité cicatrisante de deux pommades (à base de vaseline) contenant 10% et 20% d’extrait brut méthanolique de feuilles taritarike (EBF) chez le rat et de la comparer à celle de la pommade Ody Fery Meva ou OFM produite par la société SOAMADINA, filiale commerciale et productive de l’IMRA.
Principe : Deux pommades à base de vaseline ont été préparées. L’une contient 10% d’EBF (masse/masse) et la deuxième en contient 20%. Pour ce faire, une quantité de vaseline a été pesée. Une quantité suffisante d’EBF a été préparée de façon à avoir 10 ou 20% de la masse finale du mélange vaseline-EBF. Les deux produits ont été malaxés pendant plusieurs minutes jusqu’à avoir un mélange bien homogène. Des rats de race Wistar jeunes, sans distinction de sexe et pesant en moyenne 150 g ont été utilisés pour ce test. Ils ont été répartis en 5 lots contenant chacun 3 rats. La région dorsolombaire de chaque animal a été rasée à l’aide d’un rasoir Bic à double lame en évitant de blesser l’animal puis nettoyée avec un morceau de coton imbibé d’alcool éthylique 90°. Une plaie circulaire d’environ 1 cm de diamètre a été provoquée au niveau de la zone rasée par incision de la peau. La plaie a été de nouveau nettoyée avec l’alcool. Pour la mesure de la surface de la plaie, la méthode planimétrique a été utilisée. Une feuille de plastique transparente a été étalée sur la plaie et sa circonférence a été tracée sur la feuille à l’aide d’un marqueur à pointe fine. La feuille a été ensuite découpée à l’aide d’une paire de ciseaux en suivant soigneusement la trace de la circonférence de la plaie. Le morceau découpé a été pesé à l’aide d’une balance de précision et sa surface a été calculée par rapport à la masse d’un morceau de 1 cm2. Après la prise de la surface de plaie, les animaux de chaque lot ont été traités quotidiennement et pendant 7 jours par application directe du produit sur la plaie à l’aide d’une spatule bien propre.
• Les animaux du premier lot ou lot témoin absolu n’ont reçu aucun traitement
• Ceux du second lot ont été traités avec de la vaseline 100% qui est le véhicule utilisé pour la préparation des pommades.
• Les animaux du troisième lot ont été traités avec l’OFM.
• Les animaux du 4e et du 5e lot ont été traités soit avec de la pommade à 10% d’EBF, soit avec celle à 20% d’EBF.
La vitesse de cicatrisation a été suivie quotidiennement par mesure de la surface de la plaie et calculée par rapport à celle de départ (J1).

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Table des matières

INTRODUCTION
Première Partie : GENERALITES
I. Etude botanique et ethno-pharmacologique de Leptadenia madagascariensis (Decne)
1. Etude botanique
2. Etude ethnopharmacologique
II. Rappels sur l’ulcère gastroduodénal
1. Physiologie de l’Estomac
2. Physiopathologie de l’ulcère gastroduodénal
2.1 Facteurs agressifs
2.1.1- L’Acide chlorhydrique (HCl)
2.1.2- Le pepsinogène
2.1.3- Helicobacter pylori
2.2 Facteurs protecteurs
2.2.1- Le mucus
2.2.2- L’ion bicarbonate (HCO3-)
2.2.3- Les prostaglandines
3. Propriétés pharmacologiques des antiulcéreux
3.1- Les antiacides
3.2- Les protecteurs de la muqueuse gastrique
3.2.1- Les sucralfates
3.2.2- Le carbénoxolone
3.2.3- Les sels de bismuth
3.2.4- Les analogues de la prostaglandine
3.3- Les modulateurs de la sécrétion gastrique ou anti-sécrétoires
3.3.1- Les antagonistes du récepteur H2 ou antihistaminiques H2
3.3.2- Les anti-cholinergiques muscarinique M3
3.3.3- Inhibiteurs de la pompe à proton
III. Rappels sur la cicatrisation
1. Physiologie de la peau
1.1- Epiderme
1.2- Derme
1.3- Hypoderme
2. Les différents types de plaie
2.1- Les plaies aiguës
2.2- Les plaies chroniques
3. Physiologie de la cicatrisation
3.1- Mécanisme de la cicatrisation
3.1.1- Phase initiale vasculaire et inflammatoire
3.1.2- Phase de réparation tissulaire
3.1.3- Phase de maturation
3.2- Type de la cicatrisation
3.2.1- Cicatrisation de première intention
3.2.2- Cicatrisation de seconde intention
3.3- Cicatrisations pathologiques
3.3.1- Cicatrisation excessive
3.3.2- Cicatrices rétractiles
3.3.3- Retards de cicatrisation
Deuxième partie : PARTIE EXPERIMENTALE
I- Tests phytochimiques
1. Préparation de l’extrait
2. Criblage chimique
II- Tests pharmacologiques
1- Animaux d’expérience
2- Etude de l’activité antiulcéreuse
2.1- Tests in vivo
2.1.1- Ulcère de stress
2.1.2- Ulcère gastrique provoqué à l’Ethanol à 96°
2.2. Tests in vitro sur organe isolé
2.2.1- Etude de l’effet d’EHA sur le récepteur muscarinique
2.2.2- Etude de l’effet d’EHA de tige sur le récepteur histaminique H2
3. Etude de l’activité cicatrisante
III. Etude de la toxicité aiguë d’EHA de tige de taritarike
IV. Expression des résultats
I. Résultats chimiques
1. Rendement des extractions
II. Résultats pharmacologiques
1. Activité antiulcéreuse de l’extrait brut méthanolique de tige de taritarike (EHA)
1.1- Ulcère de stress
1.2- Ulcère provoqué à l’éthanol
2. Analyse du mécanisme d’activité antiulcéreuse d’EHA
2.1- Effet sur le récepteur muscarinique M3
2.2- Effet d’EHA sur le récepteur histaminique H2
3. Activité cicatrisante de l’extrait brut méthanolique des feuilles de taritarike (EBF)
III. Résultats de l’étude de toxicité aiguë de l’extrait brut méthanolique de tige taritarike (EHA)
Quatrième partie : DISCUSSION
I. Activité antiulcéreuse de l’extrait brut méthanolique des tiges de Leptadenia madagascariensis (EHA)
II. Activité cicatrisante de l’extrait brut méthanolique des feuilles de Leptadenia madagascariensis (EBF) 
CONCLUSION
REFERENCES

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