ETUDE PRELIMINAIRE DE L’ECOLOGIE DU Prolemur simus

Activités humaines

Agriculture Si l’agriculture a pris une telle importance spatiale c’est bien parce qu’il constitue pour la majeure partie des ménages ruraux la meilleure source de revenus complémentaires indispensable à la survie des ménages. Les cultures vivrières telles que le riz, haricot, café et de canne à sucre pour la fabrication de l’alcool sont les plus pratiquées par la population. L’élevage des zébus constitue aussi une sorte d’épargne pour certains foyers.
Commerce L’activité commerciale occupe une place non négligeable dans la commune rurale de Tsaratanàna. On y rencontre plusieurs épiceries détaillants et des vendeurs en gros. Les ventes de PPN dans les épiceries, vêtements, boissons alcooliques ainsi que la pratique des petites gargotes marquent ce secteur d’activité. Le commerce dispose un jour de marché qui a lieu tous les samedis. Beaucoup des vendeurs venant de Fianarantsoa, Ifanadiana, Ranomafana et d’autres y viennent pour contribuer à ce grand marché. La vente des produits agricoles par les paysans est assurée sans difficulté grâce aux collecteurs potentiels venant de certaines régions même de la grande ville comme Antsirabe et Antananarivo.
Exploitation des ressources forestières L’agriculture itinérante sur brûlis est encore entretenue par la population locale de Vohitrarivo ayant pour conséquences dramatiques et irréversible sur l’état des ressources forestières via l’environnement. La population considère la forêt comme un droit coutumier et elle fait ce qu’elle veut. Les gens bordant les rivières ont transformé la terre en champ d’haricots, après que les arbres et bambous aient été coupés et brûlés. En outre, les populations villageoises utilisent les bambous (source clé de nourriture pour Prolemur simus) pour divers usages locaux comme habitation et tuyau d’irrigation, les ravenalas pour les toitures et d’autres arbres pour les bois de chauffe. Les droits d’usages permettant à la population d’effectuer la coupe pour le défrichement sont non respectés. Ainsi, cette exploitation s’est principalement développée de manière illicite et les surfaces brûlées et le nombre d’abattis tendent à augmenter (Figure 6). Informons que quelques portions de la forêt correspondent à des plantations villageoises, champs de cultures vivrières disséminés de manioc et de canne à sucre (Figure 7). La consommation de ces derniers par Prolemur simus cause des dégâts importants et des conflits envers certains propriétaires de champ.

Collecte des données sur terrain

Scan group sampling Pour évaluer quantitativement les différentes catégories d’activité des animaux dans la forêt, on a adopté la méthode « Scan group sampling » (Altman, 1974) qui consiste à observer le comportement des individus du groupe. La fiabilité des données obtenues dépend de l’intervalle de temps choisi c’est-à-dire plus l’intervalle de temps est court, plus les données sont fiables (Dunbar, 1976 ; Simpson et al., 1997). L’enregistrement des données se fait par intervalle de 5mn (Martin et Boteson, 1993).
Les comportements observés
Alimentation : En tenant compte de la cueillette, de la prise de l’aliment par la main et la mastication par l’animal
Repos : L’animal reste immobile ou inactif (assis ou couché), endormi ou éveillé
Déplacement : L’animal se déplace par différents types de locomotion sur un arbre, d’un arbre à un autre et d’une branche à un autre ou même sur le sol
Activités sociales : L’animal fait des toilettages, des agressions et des marquages
Ø Le toilettage est divisé en deux catégories :
* Toilettage social : c’est le toilettage entre 2 ou plusieurs individus, il est mutuel ou réciproque.
* Toilettage individuel : c’est le toilettage de soi-même sans qu’il y ait intervention des autres.
Ø L’agression se fait à la suite d’une chasse et frappe résultant d’un déplacement ou fuite avec ou sans vocalisation. L’agression nourricière est le fait que l’un soit chassé de son lieu d’alimentation par un autre.
Autres : L’animal fait du jeu ou du breuvage
Ø Jeu : L’animal s’accroche et se balance l’un sur l’autre. Il fait des acrobaties ou bien ils se poursuivent.
Ø Abreuvement : L’animal tire de l’eau sur certains troncs d’arbre/bambous ou il boit directement dans la rizière.
D’autres paramètres ont été aussi pris en considération :
Ø Le nom vernaculaire de l’arbre et la partie consommée en cas d’alimentation
Ø La hauteur par rapport au sol.
Ø L’horaire de l’observation et la zone de la forêt où se trouve le groupe.
Ø Le temps qu’il fait.
Données primitives sur l’activité nocturne de P.simus Nous n’avons pas effectué des observations nocturnes mais nous avons noté l’état de la lune (sans lune, avec lune) afin de vérifier s’il y a variation diurne du rythme d’activité de l’espèce au fur et à mesure que l’état de la lune change. Ceci va aider dans l’émission d’hypothèse concernant leur activité dans la nuit. Cette notation est à la fois obtenue par une observation directe et gravée aussi automatiquement dans le GPS.
Niveaux des strates utilisés par Prolemur simus L’estimation de la hauteur où se trouve l’animal se fait par observation directe, c’est la hauteur par rapport au sol. Nous avons subdivisé quatre (4) niveaux ou strates de végétation fréquentées par le groupe P.simus :
· Niveau 0 (N0), lorsque l’animal se trouve au sol ou à une hauteur de moins de 1 m.
· Niveau 1 (N1), lorsque l’animal se trouve à une hauteur comprise entre 1 m et 3 m, sur la base des troncs d’arbres ou sur les branches d’arbustes.
· Niveau 2 (N2), lorsque l’animal se trouve à une hauteur comprise entre 3 m et 6 m.
· Niveau 3 (N3), lorsque l’animal se trouve à une hauteur supérieure à 6 m

Composition des groupes étudiés

                  Notre étude s’est coïncidée avec la naissance de 4 petits. Ainsi, nous avons recensé un total de 82 individus dans les deux groupes dont 78 adultes et juvéniles (qui peuvent se déplacer et chercher de nourriture) et 4 petits encore sur la poitrine de leur mère (Tableau V). Les juvéniles étant considérés avoir 1 an à 2 ans et de petite taille, mais pouvant se déplacer et chercher de nourriture. Comme les adultes, ont plus de 2 ans et de taille assez grande. Concernant la composition des groupes, nous avons rencontrés des difficultés dans la détermination du sexe des individus observés. Les raisons en sont que les groupes sont très larges, de plus ils sont farouches, rendant impossible toute observation prolongée. La différence entre les deux sexes était donc très difficile à faire dans les groupes suivis.

Répartition des parties végétales consommées par les deux groupes

                 La figure 15 montre que les feuilles mâtures sont autant consommées plus que les autres parties des végétaux. Elles constituent 56,20% de leur régime pour G1 et 67,89% pour le G2. Ce qui témoigne le caractère folivore de P.simus. G1 et G2 exploitent majoritairement cette partie végétale de Valiha diffusa avec des taux respectifs 48,24% et 62,62%, le pourcentage restant est fourni parFlagellaria indica. Les feuilles sont riches en fibres cellulosiques, difficile à digérer et hypocaloriques. Ainsi, la consommation des tiges fait suite à cette dominance, ils constituent 40,09% pour G1 et 20,16% dans l’activité nourriture du G2. La tige provient surtout de la plante aromatique Aframomum angustifolium (37,89%) pour G1. Pour G2, cette partie végétale est quasi tirée dans le bambou Valiha diffusa avec 13,28% suivie de loin par Aframomum (5,79%). La consommation des fruits (3,59% et 11,38%) respectivement pour G1 et G2, tirés uniquement chez Clidemia hirta, s’explique toujours par l’apport énergétique que l’animal procure dans leur besoin journalier. La durée de consommations des autres items tel que les jeunes pousses et les jeunes feuilles sont dûment négligeables au point de vue pourcentage inférieur à 1%. Or, ces dernières figurent parmi les nourritures clé des grands hapalémurs. La période d’étude (période sèche) influence aussi sur ce taux car la feuillaison et la pousse des bambous se produisent surtout pendant la saison de pluie. Nous avons remarqué durant notre étude que Prolemur simus consomme aussi de la terre pour atténuer la forte concentration des tanins contenus dans les feuilles de bambou et il s’abreuve directement dans la rizière si l’occasion se présente soit il absorbe de l’eau contenu dans les tiges de bambou.

Hauteurs fréquentées par les deux groupes de P.simus

                Le niveau N2 (3 à 6) est le plus utilisé par les groupes de P.simus durant leur activité journalière mais G1 y montre un taux assez élevé que G2. De même pour N3 (plus de 6m), il est de l’ordre de 7,71% contre 3,43%. Par contre, pour l’utilisation des niveaux assez bas, les taux d’occupation sont plus grands chez G2 que ceux du G1. Les taux respectifs des groupes G1 et G2 à l’utilisation du niveau N0 (0-1 m) est de 20,73% auprès de 12,05% et pour le niveau N1 (1-3m), il est de l’ordre de 34,11% contre 25,17%. Ce choix pourrait s’expliquer encore une fois par la qualité du site et le degré de la dégradation du site. P.simus quand ils sont très perturbés par l’oiseau prédateur aérien, ils restent longtemps sur le sol. La raison de cette fréquentation par le petit groupe à ce niveau moins haute en est, qu’il est toujours attentif en garantissant le milieu propice pour faire face aux prédateurs tandis que le grand groupe est dominant à se défendre contre le dernier.

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Table des matières

INTRODUCTION
GENERALITES ET METHODES
Chapitre I : PRESENTATION GENERALE DE LA ZONE D’ETUDE
I.1. Historique
I.2. Milieu physique
I.2.1. Situation géographique
I.2.2. Climat
I.3. Pédologie et hydrologie
I.4. Diversité biologique
I.4.1. Végétation
I.4.2. Faune
I.5. Population humaine
I.5.1. Répartition démographique
I.5.2. Diversification ethnique
I.5.3. Activités humaines
Chapitre II : MATERIELS ET METHODES D’ETUDE
II.1. Matériels d’étude
II.1.1. Matériel biologique: Prolemur simus
II.1.2. Autres matériels
II.2. Méthodes d’étude
II.2.1. Différentes méthodes d’observation
II.2.2. Collecte des données sur terrain
II.2.3. Analyses des données
RESULTATS ET INTERPRETATIONS
Chapitre III : RYTHME D’ACTIVITE DE Prolemur simus DANS LA NATURE
III.1. Composition des groupes étudiés
III.2. Domaine vital des groupes étudiés
III.3. Rythme d’activité de Prolemur simus
III.3.1. Répartition de la période active et de la période inactive des grands hapalémurs dans la nature selon la plage horaire
III.3.2. Activités générales des deux groupes
III.3.3. Activités sociales des deux groupes
III.3.4. Résultats préliminaires suivant la phase lunaire
Chapitre IV : ETUDE DE L’ACTIVITE ALIMENTAIRE ET UTILISATION DE L’HABITAT DE Prolemur. simus
IV.1. Répartition des plantes consommées
IV.2. Répartition des parties végétales consommées
IV.3. Utilisation de l’habitat
IV.3.1. Hauteur fréquentée par les deux groupes
IV.3.2. Site forestier utilisé par les deux groupes
DISCUSSIONS
I. Rythme d’activité de Prolemur simus dans la nature
I.1. Activités générales
I.2. Cathéméralité chez Prolemur simus
I.3. Activités sociales
II. Activité alimentaire et utilisation d’habitat
III. Domaine vital et taille de groupe
IV. Pressions humaines : Impact à la survie de Prolemur simus
SUGGESTIONS ET INTERETS DE L’ETUDE
CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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