ETUDE D’UNE MUTUELLE D’EPARGNE ET DE CREDIT EN MILIEU RURAL

Problématique de l’adhésion à une Mutuelle d’Epargne et de Crédit

              Dans les principes, les services d’épargne et de crédit sont parmi les instruments de réduction de la pauvreté car ceux-ci peuvent aider les ménages, qu’ils soient urbains ou ruraux, à gérer et augmenter leurs propres ressources. Les Institutions de MicroFinance ont été incitées justement depuis les années 90 pour faciliter l’accès en particulier des ménages défavorisés et des paysans aux services d’épargne et de crédits. La période qui va de 1996 à 2001 est qualifiée de phase d’expansion et d’extension des réseaux d’Institutions Financières Mutualistes et Non-Mutualistes. Selon les statistiques, toutes les provinces à Madagascar disposent actuellement d’au moins un réseau, soit un taux de couverture national de 60 %, avec 71 Fivondronana sur 118. Toutefois, même si le nombre d’adhérents à ces institutions est en constante augmentation – croissance de plus 27 % par rapport à l’année 2000, plus de 15, 7 % par rapport à 2001, leur taux de pénétration demeure encore relativement faible : moins de 3 % de la population ciblée par ces services financiers de proximité3. Pour expliquer le recours encore moyen des malgaches à ces Institutions de MicroFinance, des hypothèses ont été avancées. En général, on pense que les conditions offertes sont, malgré une différence palpable par rapport à celles des institutions bancaires, encore difficiles à remplir par les ménages défavorisés et la majorité des paysans. Mais ces conditions d’accès constituent-elles essentiellement les principaux obstacles ? N’y a-t-il pas d’autres facteurs qui méritent également d’être considérés de façon plus approfondie ? 1 M. Zeller, M. Sharma, Finances rurales et réduction de la pauvreté, Rapport de politique alimentaire, Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires. On pose donc au départ comme hypothèse qu’en dehors des considérations techniques, des dimensions psychologiques et socioculturelles déterminent également, d’une manière ou d’une autre, l’adhésion aux Institutions de MicroFinance, en prenant le cas de la caisse OTIV à Ambohitrimanjaka. C’est cette hypothèse qui constituera donc le premier axe problématique de cette étude. L’analyse des facteurs d’adhésion, quel que soit l’angle d’analyse adopté, se justifie dans la mesure où une des actions préconisées en vue de l’efficacité de ces institutions est la révision du système de ciblage de ces MicroFinances, en vue de l’amélioration de l’impact sur la réduction de la pauvreté. En effet, malgré les résultats positifs enregistrés par ces Institutions de MicroFinance, il est recommandé « (…) l’intensification des efforts, avec comme obligation l’atteinte d’une couverture spatiale et d’un niveau de réalisation qui soient significatifs pour le développement rural».

Approche méthodologique générale

                    En ce qui concerne l’état des lieux par rapport au sujet de recherche proposé, il a été constaté que la plupart des études menées dans le domaine des Institutions de MicroFinance mettent souvent l’accent sur les aspects techniques (économie, comptabilité, finance, etc.). Par ailleurs, les réflexions sont surtout focalisées dans le domaine du crédit en faisant ressortir les avantages, opportunités et contraintes du système dans le contexte des pays en voie de développement, dont Madagascar. Ces études sont menées à travers des considérations d’ordre général (pour les pays en voie de développement, d’Afrique, d’Asie et pour Madagascar) ou à travers des études de cas plus précis. En premier lieu, l’objectif est donc de se démarquer de cette dimension technique pour privilégier une approche sociologique. Pour mettre en avant cette approche sociologique, l’étude offre par exemple une opportunité – sans s’écarter des deux axes problématiques principaux – pour étudier l’opinion d’un échantillon de population donné par rapport à des notions économiques comme l’épargne, le crédit et l’argent. Les résultats de ces enquêtes complémentaires seront ainsi exploités de diverses manières, même si la prétention n’est pas d’en faire une analyse exhaustive. En second lieu, compte-tenu du cadre théorique du séminaire dans lequel l’étude est réalisée (Espace financier et développement rural), une approche géographique sera également privilégiée. Ainsi, la Commune d’Ambohitrimanjaka sera considérée au cours des différentes analyses suivant les différentes approches de l’espace proposées par Pierre George : descriptif ou analytique du point de vue de la géographie, quantitatif du point de vue de l’économie et qualitatif du point de vue de la sociologie. Toutefois, même si ces deux approches principales sont favorisées, une vision pluridisciplinaire (histoire, économie, psychologie, etc.) par le biais d’une approche systémique pour donner plus de consistance aux analyses.

Connaissance insuffisante de l’OTIV

                  22 % des non-membres interrogés (15/69 des répondants) affirment qu’ils ne connaissent pas encore suffisamment l’OTIV, ce qui les ont poussés à ne pas encore y adhérer. Aucun profil particulier mérite d’être signalé. On retrouve parmi les non-membres qui ont apporté cette réponse une proportion quasi-égale de femmes que d’hommes, et de tous les secteurs d’activité. Toutefois, il convient de signaler que tous les non-membres interrogés – s’ils ignorent les détails – ont entendu parler ou ont vu, soit de l’OTIV, soit d’une caisse du type épargne, soit d’une agence, de crédit ou non, qui s’est installée à Ambohitrimanjaka. Le choix d’Ampanomahitsy, qui est un des centres de la Commune, pour établir la caisse y est pour quelque chose.

Difficultés des travailleurs occasionnels

                Malgré la richesse de cette région, les « petits boulots » – qui sont saisonniers, journaliers et du secteur informel – prédominent. De ce fait, même si la population n’est pas pauvre, la constitution – régulièrement ou non – d’une épargne peut parfois être problématique. C’est cette situation que des non-membres appellent par « izay tonga lany » (lit. L’argent gagné sera immédiatement dépensé). A noter d’ailleurs que 70 % de ces non-membres (45/55 membres) estiment qu’ils éprouvent des difficultés pour constituer régulièrement une épargne. Ainsi, même si on estime que la majorité de la population ne vit pas dans une grande pauvreté, il est difficile pour ceux qui n’ont pas d’emploi fixe – mais qui sont journaliers ou qui travaillent pendant des périodes déterminées – d’adhérer à des organismes financiers comme l’OTIV. En effet, dans leur cas, l’arg

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Table des matières

INTRODUCTION
I.Historique de la création des Institutions de MicroFinances
II.Présentation du sujet
III.Définition de la problématique de l’étude
A. Problématique de l’adhésion à une Mutuelle d’Epargne et de Crédit
B.Etude de l’impact de la présence d’une Mutuelle d’Epargne et de Crédit
IV.Méthodologie
A.Approche méthodologique générale
B.Recherche et analyse documentaire
C.Enquêtes orales
1.Catégories de populations cibles
2.Echantillonnage (Taux = 20 %)
a)Echantillonnage auprès des membres de l’OTIV
b)Echantillonnage auprès des non-membres de l’OTIV
3.Méthodologie d’enquête
a)Techniques d’enquêtes
b)Contact et approche lors des enquêtes
c)Outils méthodologiques
D.Limites de l’étude
PREMIERE PARTIE : PRESENTATION DU CHAMP D’ETUDE : LE RESEAU OTIV ET LA COMMUNE D’AMBOHITRIMANJAKA
I. Le réseau OTIV
A.Statut et structure
B. Extension géographique
C.Zones d’intervention à Antananarivo
D. Différents produits proposés
1.Epargne
a)Epargne à vue
b)Epargne spécialisée
c)Epargne à terme
2.Crédit
E.Campagnes de sensibilisation des produits OTIV
II.La Commune d’Ambohitrimanjaka
A.Données géographiques
B.Données démographiques
C.Activités économiques
1.Répartition selon les secteurs d’activité (par rapport à la population active)
2.Répartition selon chaque secteur
a)Agriculture
b)Elevage
c)Artisanat
d)Commerce
e)Etablissements industriels
D.Traits sociologiques
1.Respect des traditions
2.Ouverture vers la modernité
E.Problèmes rencontrés dans la région
1.Problèmes économiques
2.Problèmes sociaux
3.Problèmes fonciers et géographiques
4.Problèmes de l’agriculture et de l’élevage
DEUXIEME PARTIE : MOTIVATIONS ET BLOCAGES DE L’ADHESION A L’OTIV 
I.Analyse préliminaire du profil des membres actuels de l’OTIV 
A.Catégories
1.Répartition
a)Tableau
b)Graphique
2.Commentaires
B.Sexe
1.Répartition
a)Tableau
b)Graphique
2.Commentaires
C.Localisation géographique
1.Répartition
a)Tableau
b)Graphique
2.Commentaires
D.Activités
1.Répartition
a)Tableau
b)Graphique
2.Commentaires
II.facteurs d’adhésion
A.Graphique des résultats
B. Explications des résultats
1.Conditions acceptables
2.En vue d’épargner
3.Sécurité de l’épargne
4.Perspective de recours au crédit
5.Existence d’épargne
6.Incitation par d’autres membres
7.Proximité géographique
III.OBSTACLES à l’adhésion
A.Graphique des résultats
B. Explications des résultats
1.Absence d’épargne
2.Utilisation d’autres formes d’épargne
3.Connaissance insuffisante de l’OTIV
4.Attente évolution de l’OTIV
5.Problèmes fonctionnement OTIV
IV.ANALYSE DES facteurs d’adhésion et de blocage
A.Dimensions psychosociologiques autour de l’adhésion
1.Connaissance de l’OTIV
a)Remarques concernant les sensibilisations des produits OTIV
b)Réticence à l’égard de la bureaucratie
2.Confiance à l’égard de l’OTIV
3.Représentations autour du statut de membre de l’OTIV
a)Etre membre signifie être « riche » ou être « paysan »
b)Discrétion à l’égard du statut de membre
c) Problématique du statut de mutuelle
4.Influence de l’entourage
a) Influence des parents et amis
b)Influence des autorités locales
B. Dimensions socioéconomiques
1. Difficultés financières
a)Niveau de vie moyen de la population
b)Difficultés des travailleurs occasionnels
2.Motivation à l’égard de l’épargne
3.Motivation à l’égard du crédit
4.Motivation des associations, groupements et collectivités
C. Dimensions pratiques
TROISIEME PARTIE : EVALUATION DE L’IMPACT DE LA PRESENCE DE L’OTIV AUPRES DES MEMBRES ET SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA COMMUNE
I.Impact de l’adhésion a l’OTIV
A.Graphique des résultats
B.Commentaires et analyses des résultats
1.Existence d’épargne individuelle/familiale
2.Possibilité d’achat grâce à l’épargne
3.Amélioration de la gestion du budget familial
4.Aucun impact
5.Solution face aux dépenses imprévues
6.Sécurité psychologique
7.Perception taux d’intérêt
II.ETUDE DE LA présence de l’OTIV DANS LA COMMUNE
A.Impacts directs ou indirects de la présence de l’OTIV
B.Perspectives de développement sectoriel apportées par l’OTIV
1.Motifs de demande de prêts
a)Prêts octroyés
b)Types de projets envisagés
2.Secteurs considérés :commerce, élevage, construction et services
3. Secteurs délaissés :artisanat et agriculture
a)L’agriculture
b)L’artisanat
C.Perspectives d’évolution de l’OTIV
1.Portées et limites du système de crédit offert par l’OTIV
a)Recours en cas de demande de crédit
b)Recours auprès des usuriers
c)Recours auprès d’autres organismes
d)Investissement, échec, argent
2.Dernières tendances :augmentation croissante du nombre d’adhérents
CONCLUSION GENERALE
SOURCES ET BIBLIOGRAPHIES6
ANNEXES
FICHE INDIVIDUELLE

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