Etude d’impact du phenomene de migration

Généralités

Le phénomène de migration est présent dans n’importe quel territoire malgache et dans n’importe quel pays du monde. C’est l’importance de l’impact qu’il apporte qui la différencie d’un territoire à un autre ou d’un pays à un autre. La migration est qualifiée ici comme étant un déplacement à partir d’un point de départ donné vers un point d’arrivée pour un temps définitif ou temporaire. Les points de départ et d’arrivée peuvent être des villages, des villes, des régions, des pays. Bien que la migration puisse s’appliquer sur des animaux (oiseaux migratoires), dans notre cas, elle s’applique sur un individu, une famille, une communauté. Elle est souvent motivée par une volonté manifeste de changement de la part des concernés, mais elle peut aussi résulter d’une décision politique à l’insu des migrants. La migration suppose une dynamique sociale, culturelle économique et politique. Le besoin de changement déclenché par les migrants se transmet dans les lieux de destination et engendre une dynamique dans l’espace et dans le temps. L’arrivée des migrants dans un endroit donné entraîne des réactions de la part des résidents du lieu. Cette confrontation contribue aussi aux dynamiques. Les migrants sont considérés comme des étrangers par la communauté d’accueil et apportent avec eux des changements conséquents. Une obligation d’adaptation aux nouveaux cadres de vie, suivie de certaines mutations s’impose pour les deux entités.

Interprétation historique de la migration

Les fouilles archéologiques réalisées en Afrique ont permis de remonter la première apparition de l’homme (Homo Sapiens) sur la planète terre il y a environ un million d’années. Comment expliquer alors l’existence humaine dans divers endroits terrestres sinon à partir des phénomènes migratoires depuis cette ère ? Il reste donc à savoir quels ont été les grands circuits migratoires de l’histoire humaine. Il semble que le déplacement de l’Homo sapiens en dehors de l’Afrique date de 80 000 ans. Les premières destinations de ce mouvement migratoire furent l’Eurasie et l’Australie. Ce qui permet de déduire l’existence des aborigènes en Australie il y a 40 000 ans plus tard.

Au point de vue zoologique, les hommes actuels appartiennent donc à une seule espèce, l’Homo sapiens, qui fait partie de l’ordre des primates. C’est un point sur lequel les zoologistes, les anatomistes modernes se mettent d’accord. De cette unité spécifique des divers types humains découlent les difficultés présentées par toute tentative d’études à différencier les grandes unités raciales du globe. Dans le domaine de l’anthropologie, aucune caractéristique ne peut isolément suffire à définir une race.Il s’agit ici des caractères de la morphologie crânienne, ou squelettique, de la musculature, de la couleur de la peau ou du caractère du système pileux. C’est la notion de groupement territorial qui se précise de plus en plus à la place de la notion raciale. C’est dans ce même ordre d’idée que M. HOVELAQUE disait que : « En définitive les classifications n’ont point de réalité et ne répondent pas à des catégories précises ; sans doute il est commode de parler de race blanche, de race jaune, de race noire, – de race à tête allongée, à tête courte, – à cheveux lisses, à cheveux crépus : il existe des races présentant tels ou tels de ces caractères, mais prétendre systématiser un ensemble de caractères ; cela est le chimère ou un jeu puéril ». (Dictionnaire des sciences Anthropologiques, p. 949).

Parmi les dates importantes de la migration se situe l’ère de grandes explorations (le XVème siècle et le Moyen Age) avec l’ouverture des voies maritimes. Cette époque, riche en découverte des terres nouvelles, favorise également l’ouverture des circuits historiques de migration. Au début du XVème siècle, la passion du Portugais Don Enrique, fils du roi, pour la navigation a occasionné le financement de plusieurs expéditions à travers le monde. Le Portugal commença alors à explorer la côte occidentale de l’Afrique. A la suite de ces expéditions le cap de Bonne Espérance fut découvert par le portugais Bartolomeu Dias en 1488. Ces explorations se poursuivaient à la fin du Moyen Age. Le Portugal et l’Espagne, deux royaumes de la péninsule ibérique ont été les pionniers. La découverte de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud et l’exploration des côtes occidentales de l’Afrique, de l’Asie du Sud Est, déclenchaient des échanges commerciaux au départ pour aboutir à certaines colonisations par la suite, entraînant à leur tour des migrations. Parmi les grands pays explorateurs, on peut citer le Portugal, l’Espagne; la France et l’Angleterre. La plus célèbre découverte fut celle de l’Amérique qui est attribuée à Christophe COLOMB.

Les colonisations faites par ces pays explorateurs ont déclenché le phénomène d’esclavage. Les autochtones ont été soumis à l’esclavage pour servir les intérêts des envahisseurs tant au sein des pays colonisés qu’au niveau des pays des colons. Le commerce d’esclaves figure alors parmi les grands circuits migratoires dans le monde. On assiste dans de tels cas à des migrations forcées dont l’Amérique en est l’exemple renommé. Des esclaves noirs africains ont été déportés en Amérique pour travailler les immenses plantations et pour exécuter des services domestiques. L’occupation des terres de découverte par les étrangers a été également à l’origine des dominations religieuses et de l’expansion du christianisme. Dans le cadre de ces diverses explorations, différentes dates peuvent être retenues : – En 1492,une expédition maritime financée par les Espagnols, et menée par Christophe COLOMB se dirigeait vers l’Ouest et se terminait par la découverte d’un nouveau continent, c’est l’Amérique. – En 1497, sous le règne du roi d’Angleterre Henri VII, Jean CABOT découvrit les côtes du Canada – En1499, Amerigo Vespucci explora les côtes de l’Amérique du Sud, pour le compte de l’Espagne. Son prénom « Amerigo » est à l’origine du choix de l’appellation du nouveau monde « l’Amérique » – En 1500, le portugais Pedro Alvarez Cabral découvrit à son tour le Brésil – En 1520, les différents périples de découvertes et de conquêtes donnèrent lieu à la traversée de l’Océan pacifique par Fernand de MAGELLAN pour le compte de l’Espagne.

L’histoire est l’une des matières qui permettent d’expliquer la répartition de la population mondiale. D’après elle, les phénomènes migratoires ont été présents depuis la genèse de l’humanité. La traite des esclaves a contribué par exemple à dépeupler certaines régions littorales de l’Afrique. Les migrations les plus marquantes et les plus visibles ont été d’ordre international, c’est-àdire d’un pays à d’autres. Toutefois la migration peut être interne et touche les déplacements d’un individu ou d’un groupe de personnes d’un endroit à d’autres à l’intérieur d’un pays.

Pour le cas de Madagascar, le peuplement est le résultat des flux migratoires, tant externe qu’interne. Outre les « Vazimba », la présence de la population d’origine asiatique, arabe, africaine a été soulignée au début du XVIIIe siècle. La répartition spatiale du peuplement se faisait primordialement sur trois principales espaces : – le centre (Hautes terres), à haute densité démographique – le littoral Est et Ouest avec une population relativement élevée-les espaces intermédiaires, « vides d’hommes » ou très faiblement peuplés. L’histoire, avec les politiques d’expansion de la monarchie merina a accentué cette structure spatiale du peuplement. Cette politique datait du temps d’Andrianampoinimerina (1787-1810) qui souhaitait élargir son royaume jusqu’à la mer et qui avait pour devise : «Ny ranomasina no valam parihiko» (la mer est la limite de mon royaume). Il a réalisé d’importants travaux d’aménagements des plaines rizicoles permettant d’améliorer la production en riz (Betsimitatatra). La population sur les Hautes terres s’est accrue en conséquence.

Explication géographique de la migration

La migration est associée à la géographie ici car l’un ne peut exister sans l’autre. Différents auteurs font d’ailleurs référence à la géographie pour expliquer les phénomènes de la migration. La géographie étant une science qui a pour a objet la description et l’explication de l’aspect actuel, naturel et humain, de la surface de la terre. Elle est également un ensemble des caractères qui constituent la réalité physique et humaine de telle ou telle région. Elle englobe le sol, le climat, la population. Ce qui explique le concept de la géographie humaine qui est basée sur les études des réalités de la population : – localisation – évolution démographique et spatiale. Il peut à la fois s’intéresser à la géographie économique. Toutefois, c’est l’étude de la population qui y prédomine. Les principaux aspects de l’étude sont axés sur la distribution de la population à la surface du globe et les variations de cette répartition. Cette étude fait d’ailleurs appel à l’histoire, l’économie, la culture, la sociologie pour expliquer le peuplement d’une région et les mouvements de celui-ci. Sa portée atteint alors la migration. C’est ainsi que le géographe Ernest George Ravenstein s’est penché sur l’étude des phénomènes migratoires dans sa carte intitulée « Courants migratoires » publiée pour la première fois en 1885. Il a basé ses théories à partir des observations des flux migratoires tant local qu’international dans plusieurs pays du monde. D’après lui, et selon les réalités observées à l’époque, sept points fondamentaux qu’il a baptisés « lois » régissent la migration. Ces lois se présentent comme suit :

1- Le nombre des migrants de courte distance dépasse largement celui des migrants de longue distance. La migration de longue distance concerne particulièrement les grands centres industriels et commerciaux.
2- La population se déplace progressivement vers le centre.
3- Le flux migratoire génère un flux compensatoire inverse.
4- La migration touche beaucoup plus la population rurale que la population urbaine.
5- Les femmes sont concernées particulièrement par la migration de courte durée.
6- Le développement de la technologie contribue à l’accroissement de la migration.
7- La migration est motivée par un besoin de réussite matérielle et sociale.

Par ailleurs, la répartition de la population mondiale s’explique par des éléments naturels : les régions froides, les montagnes, les déserts, les grandes forêts sont en général très peu peuplées. Au contraire les littoraux, les vallées, les plaines, les régions tempérées, ou chaudes, et humides, les régions fertiles, sont en général peuplées. Les zones volcaniques, malgré le risque, sont le plus souvent peuplées en raison de leur fertilité. En outre, Camille ARAMBOURG dans « la genèse de l’humanité »(1943) décrit les origines historiques et géographiques de l’humanité. Les climats, les faunes et les flores, ont joué un rôle primordial dans l’évolution de la race humaine. L’homme est apparu avec les climats et les faunes quaternaires. Il se déplaçait au gré des variations climatiques auxquels il a été soumis. Ce qui justifiait sa répartition géographique. L’installation définitive de l’homme ne datait qu’à la période postglaciaire. C’est d’ailleurs l’époque à laquelle le climat tempéré s’est installé dans les parties moyennes de l’hémisphère, remplaçant le climat tropical. Par ailleurs, les phénomènes glaciaires ont provoqué des fluctuations au niveau de la transformation du climat, empêchant celui-ci de suivre une évolution progressive. La composition et la répartition des faunes et des flores en subissaient la conséquence.

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Table des matières

INTRODUCTION
PARTIE INTRODUCTIVE
PARTIE I : PRESENTATION DU CADRE DE LA RECHERCHE
Chapitre I : Etat des lieux et présentation de la commune rurale d’Ankadinondry Sakay
Chapitre II : Ankadinondry Sakay, historique du peuplement
Chapitre III : cadrage théorique et historique de la migration
PARTIE II : CAUSES ET REALITES DE LA MIGRATION
Chapitre IV : Les acteurs de la migration et motivation de l’implantation des migrants
Chapitre V : Caractéristiques des circuits migratoires
Chapitre VI : Mode de vie des migrants
PARTIE III : ANALYSE SOCIOLOGIQUE DE LA MIGRATION
Chapitre VII : Volets économique, social, culturel dans la zone d’arrivée
Chapitre VIII : Circuit relationnel avec la zone de départ
Chapitre IX : Suggestions et prospectives
CONCLUSION GENERALE
BIBLIOGRAPHIE
TABLE DES MATIERES
LISTES : abréviations, tableaux, figures, schémas.
ANNEXES

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