Etude de l’effet de l’extrait dti 4110 sur la cicatrisation des plaies ouvertes chez le rat

La peau est le plus grand organe, elle enveloppe le corps entier pour protéger les organes contre l’agression de l’environnement. Elle constitue un réservoir de sang et joue également des fonctions sensorielles et métaboliques telle que la synthèse de la vitamine D. Elle joue aussi un rôle important dans l’homéostasie thermique (KANITAKIS, 2002). Une rupture de son intégrité, suite à une blessure, entrave ses fonctions (VINAY et al., 2013). Il est ainsi indispensable de prendre soins des plaies suite aux accidents ménagers ou de travail…. Les plaies de la face et les plaies au niveau des membres sont les plus fréquentes, elles représentent 13 % des recours aux services d’urgences (MONTEIL, 2010). Selon la durée d’évolution de la plaie, elle est classée en plaie aigue ou chronique. Une plaie aigue est en général causée par une coupure et se cicatrise au bout d’un mois. Une plaie chronique se prolonge dans le temps. Environ 6 millions de personnes à travers le monde souffre d’une plaie chronique (KUMAR et al., 2007). Une infection locale, une lésion importante, la présence de corps étrangers, le diabète, la malnutrition, la deficience immunitaire, le vieillissement, une mauvaise circulation… sont les causes les plus fréquentes de cette classe de plaie (SANTALAXME et al., 2012).

La réparation et la régénération des tissus lésés sont des processus dynamiques et complexes qui dépendent de l’état de santé de l’individu, de son environnement, de la profondeur et de la surface de la plaie (AMBUJ et al., 2012 ; KARAMI et al., 2016). La cicatrisation d’une plaie implique différentes phases interdépendantes : l’hémostase, l’inflammation, la formation de tissu de granulation, l’épithélialisation et le remodelage (EMING et al., 2014).

L’hémostase constitue la première phase de la cicatrisation d’une plaie. Elle est initiée par une vasoconstriction locale qui diminue le flux sanguin ; elle a pour but d’arrêter le saignement. Ensuite l’endothélium mis à nu active les plaquettes aboutissant à la formation d’un caillot (COOPER, 1999). Les plaquettes activées produisent des médiateurs vasoactifs et des facteurs chimiotactiques comme les protéases, les cytokines et les facteurs de croissance incluant le PDGF (facteur de croissance dérivé de la plaquette) et le TGF (Transforming Growth Factor). Par ailleurs, le caillot protège les tissus mis à nus, et en même temps constitue une matrice extracellulaire provisoire favorisant la migration des cellules inflammatoires vers le site lésé, il sert aussi de réservoir de facteurs de croissance et de cytokines libérés par la dégranulation des plaquettes activées (BROUGHTON et al., 2006).

L’inflammation appelée aussi phase de détersion succède à l’hémostase. Elle a pour objectif d’éliminer les débris des tissus endommagés et les microorganismes sur la plaie. Elle est initiée par les cytokines provenant des mastocytes et macrophages qui se trouvent au niveau de la plaie (GHARAEE et al., 2001 ; LI et al., 2007). Pendant cette phase, les médiateurs vasoactifs, l’histamine et les prostaglandines, dilatent les vaisseaux sanguins de la plaie, augmentant ainsi leur perméabilité ce qui entraine l’exsudation du plasma et des polynucléaires neutrophiles. Ces derniers sont attirés vers le centre de la plaie pour assurer sa détersion (COHEN et al., 1992).

PARTIE CHIMIQUE

Préparation de l’extrait

Les feuilles utilisées pour cette étude ont été récoltées à Andasibe, dans le district de Moramanga, région d’Alaotra Mangoro, au mois de Septembre 2017. Ces feuilles ont  été séchées dans un endroit aéré, à l’abri des rayons de soleil, à la température ambiante, pendant cinq semaines. Une fois séchées, elles ont été broyées à l’aide d’un broyeur électrique à marteau (BROOK CROMPTON série 2000) afin d’obtenir une poudre dont deux cent grammes ont été macérées dans 1,5 L d’un mélange éthanol-eau (60 : 40) pendant 72 heures. Le macérât a ensuite été filtré sur du coton hydrophile, puis évaporé avec un distillateur à la température de 80° C et au bain marie à la température de 100° C afin d’obtenir un extrait hydroalcoolique sec (Figure 1).

Criblage phytochimique

Cette manipulation a eu pour but de déterminer les familles chimiques présentes dans l’extrait DTI 4110. Elle est basée sur des réactions de précipitation et de coloration en utilisant des réactifs spécifiques pour chaque famille chimique (Tableau I). La présence d’une famille chimique est caractérisée par le changement de coloration ou la formation d’un précipité (FONG et al., 1977).

Pour quantifier la présence des familles chimiques présentes dans l’extrait DTI 4110, les signes suivants ont été utilisés :
– : absence
± : présence en très faible teneur
+ : présence en faible teneur
++ : Présence en teneur moyenne
+++ : Présence en forte teneur

Préparation de la crème contenant 10 % d’extrait DTI 4110
Pour préparer cette crème, 10 g de l’extrait DTI 4110 ont été mélangés avec 90 g de crème de base. Cette crème a été conservée dans un récipient bien fermé et placé dans un endroit frais, à l’abri de la lumière pour éviter les réactions d’oxydation provoquées par les rayons lumineux.

Animaux d’expérimentation
Des rats mâles de race Wistar, âgés de quatre mois, pesant entre 180 et 200 g ont été utilisés dans cette expérimentation. Ils ont été élevés à l’animalerie du Laboratoire de Pharmacologie Générale, de Pharmacocinétique et de Cosmétologie (LPGPC) dans des conditions de 12 /12 heures d’obscurité et de lumière et à la température ambiante. Ils ont été nourris avec de la provende LFL 1420 et ont eu accès à de l’eau à volonté. Les animaux ont été répartis en deux lots de quatre rats : un lot témoin traité avec la crème de base, et un lot traité avec la crème contenant 10 % de l’extrait DTI 4110 (LOPES et al., 2005).

Création de la plaie

Les poils du dos des animaux ont été tondus avec une tondeuse électrique (NOVA©). La partie tondue a été nettoyée avec de l’eau savonneuse, puis après 24 h, les animaux ont été anesthésiés par inhalation d’éther diéthylique (SURGUNA et al., 1996). Ensuite, deux plaies circulaires de 1 cm de diamètre ont été créées au niveau de la zone scapulaire de chaque rat, de part et d’autre de la ligne médiane de la colonne vertébrale. Un dispositif circulaire comportant une lame tranchante de 1 cm de diamètre et 1 mm de profondeur a été utilisé pour créer les plaies (DELEAGE, 2011). Durant toute l’expérience, les animaux ont été placés dans des cages individuelles. Tout de suite après la création de la plaie, et une fois par jour à une heure fixe jusqu’à la fermeture complète de la plaie, 10 mg de la crème ont été appliqués sur chaque plaie, tout en laissant la plaie ouverte (MANJUNATHA et al., 2005). Avant l’application de la crème et durant tout le traitement, la zone autour des plaies a été nettoyée avec de l’eau savonneuse, puis la croûte a été enlevée. Pour ce faire, elle a été humectée avec un coton imbibé d’eau, une fois la croûte enlevée, la surface de la plaie a été séchée à l’aide d’un papier buvard.

Étude de l’activité de l’extrait DTI 4110 sur les différentes phases la cicatrisation

Le but de cette expérience a été d’étudier l’effet de l’extrait DTI 4110 sur la cicatrisation des plaies ouvertes expérimentales chez le rat. L’étude est basée sur deux critères, la durée de la cicatrisation et l’évolution de la surface des plaies pendant les différentes phases de la cicatrisation (OUAFIS et BOUGUEDORA, 2009). Une observation macroscopique de la plaie a été faite tous les jours jusqu’à la cicatrisation complète (SANDEEP et al., 2014), et la surface de la plaie a été mesurée une fois par jour à la même heure par planimétrie directe (BENSEGUENI et al., 2007).

Étude de l’effet de l’extrait DTI 4110 sur l’hémostase
L’effet de l’extrait sur l’hémostase a été étudié en chronométrant la durée de saignement des plaies (PANDITH et al., 2012). Tout de suite après la création des plaies, 10 mg de crème de base ont été appliquées sur chaque plaie des animaux témoins, et 10 mg de crème contenant 10 % de l’extrait DTI 4110 sur les plaies des animaux du deuxième lot. Tout de suite après, la durée de saignement a été chronométrée .

Étude de l’effet de l’extrait DTI 4110 sur l’inflammation
L’étude de l’effet de l’extrait durant cette phase, a été effectuée en observant les signes de l’inflammation au niveau de chaque plaie, leur intensité ainsi que la durée de l’inflammation. Ces dernières ont été notées et celles observées sur les plaies du lot témoin ont été comparées avec celles des plaies traitées avec la crème contenant l’extrait (SANDEEP et al., 2014).

Étude de l’effet de l’extrait DTI 4110 sur la granulation
Afin d’étudier l’effet de l’extrait sur cette phase, le temps d’apparition des granulations à la surface des plaies a été observé puis enregistré. Le nombre de granule a été compté et comparé avec celui du témoin.

Étude de l’effet de l’extrait DTI 4110 sur l’épithélialisation
La phase d’épithélialisation est marquée par l’apparition d’une membrane couvrant la surface de la plaie. L’effet de l’extrait sur cette phase de la cicatrisation a été évalué en observant le temps d’apparition de ce tissu afin sur les plaies des animaux des deux lots (RASHED et al., 2003)

Étude de l’effet de l’extrait DTI 4110 sur la variation de la surface des plaies
L’effet de l’extrait sur la contraction des plaies a été étudié en mesurant la surface des plaies, une fois par jour, à la même heure, par planimétrie directe. Cette méthode consiste à tracer le contour de la plaie à l’aide d’un crayon à pointe fine sur un papier millimétré transparent posé sur la plaie. La surface des plaies a été mesurée tous les jours juste après leur création et jusqu’à leur fermeture complète. La surface et le temps de fermeture des plaies des animaux traités avec l’extrait ont été observés et comparés avec celui des animaux du lot témoin (BENSEGUENI et al., 2007). Le temps de cicatrisation à 50 % (TC50) des animaux traités avec l’extrait a été déterminé graphiquement et comparé avec celle des plaies témoins.

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Table des matières

I. INTRODUCTION
II. MATÉRIELS ET MÉTHODES
A. PARTIE CHIMIQUE
1. Préparation de l’extrait
2. criblage phytochimique
B. PARTIE PHARMACOLOGIQUE
1. Préparation de la crème de base
2. Préparation de la crème à 10% contenant l’extrait DTI 4110
3. Animaux d’expérimentation
4. Création de la plaie
5. Etude de l’activité de l’extrait DTI 4110sur la cicatrisation
a. Étude de l’effet de l’extrait DTI 4110 sur l’hémostase
b. Étude de l’effet de l’extrait DTI 4110 sur l’inflammation
c. Étude de l’effet de l’extrait DTI 4110 sur la granulation
d. Étude de l’effet de l’extrait DTI 4110 sur l’épithélialisation
e. Étude de l’effet de l’extrait DTI 4110 sur la variation de la surface des plaies
C. EXPRESSION ET ANALYSES DES RÉSULTATS
III. RÉSULTATS
A. PARTIE CHIMIQUE
1. Rendement de l’extraction
2. Criblage phytochimique
B. PARTIE PHARMACOLOGIQUE
1. Effet de l’extrait DTI 4110 sur l’hémostase
2. Effet de l’extrait DTI 4110 sur l’inflammation
3. Effet de l’extrait DTI 4110 sur la granulation
4. Effet de l’extrait DTI 4110 sur l’épithélialisation
5. Effet de l’extrait DTI 4110 sur la variation de la surface des plaies
IV. DISCUSSION
V. CONCLUSION
VI. BIBLIOGRAPHIE

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