Etude comparative des interlocuteurs choisis par les journalistes de Sciences et Avenir et du Monde dans leurs dossiers sur la pilule de 3e génération

Le journaliste scientifique

Qui est le journaliste scientifique, qui visiblement souffre d’un manque de confiance de la part des lecteurs ? Quel est son profil type ? Dans un livre plus tout jeune maintenant, mais néanmoins remarquable, Françoise Tristani-Potteaux, docteur en sciences de l’information et de la communication, a effectué une centaine d’entretiens avec des journalistes scientifiques dont elle a tiré donnés et diagrammes.
Selon elle, le journaliste scientifique est plutôt un homme (61%), jeune (65% ont moins de 45 ans), Parisien (89% des journalistes scientifiques interrogés vivent dans la capitale ou en banlieue) , et non-issu d’une école de journalisme (69%). Sa situation professionnelle est relativement instable, puisqu’en 1995, Françoise Tristani-Potteaux avance une valeur de 32% de pigistes, soit le double de la moyenne nationale à l’époque (16,8%), et travaille majoritairement dans la presse spécialisée grand public, qu’il soit pigiste ou intégré dans une rédact ion . Il
est bilingue et issu d’un milieu social favorisé  , et possède un haut niveau d’études, puisque 63% d’entre eux « ont fait des études supérieures scientifiques et 47% ont un diplôme de 3e cycle scientifique » , (un diplôme de 3e cycle est l’équivalent du doctorat actuel). Tous ne sont pas pour autant passés par une filière scientifique, puisque sur les 96% des diplômés d’études supérieures, si l’on ôte la population de scientifiques (63%), cela signifie que tout de même 33% des journalistes scientifiques possèdent une autre qualification (lettres, sciences politiques…).

Les clés d’un bon article journalistique scientifique

Toujours dans l’Eurobaromètre « La recherche scientifique et les médias », un sondage portait sur l’intérêt que portaient les Européens à la recherche scientifique.
Si en Europe, en moyenne, 57% des sondés se déclaraient « très intéressés » ou « plutôt intéressés », l’Hexagone peut se targuer de faire partie des « bons élèves », puisque 80 % des Français sondés y portent un intérêt, soit vingt-trois points de plus que la moyenne au sein de l’Union européenne . En effet, selon le sondage, la recherche scientifique fait partie du domaine d’information préféré des Français, devant les arts et la culture, les sports, et la politique. En revanche, en République tchèque, le domaine scientifique séduit quatre fois moins les habitants qu’en France, et arrive bon dernier dans l’ordre des préférences . Comment expliquer de telles disparités ? Dans un « Cours en ligne de journalisme scientifique » , la journaliste scientifique égyptienne Nadia El-Awady donne pour elle, les critères fondamentaux pour qu’un article journalistique scientifique soit lu. Ils sont au nombre de deux.
Premièrement, il faut « relie[r] la science à la vie quotidienne » , c’est-à-dire faire oublier le préjugé du journaliste inaccessible, incompréhensible, « rat de laboratoire », en l’humanisant, en montrant que ce sont des gens comme tout le monde : « Mettez en relief des aspects humains auxquels n’importe qui peut s’identifier: le geste qu’il fait quand il réfléchit à une question avant de répondre, […] comment ses yeux s’allument quand elle parle de sa recherche, etc. Décrivez l’endroit, les odeurs, les couleurs. » Pour que le lecteur se sente investi, et perçoive un intérêt personnel dans l’article qui lui est présenté, Nadia El-Awady insiste pour que le sujet traité puisse avoir un impact dans le quotidien du lecteur, et de quelle manière. En étant un peu caricatural, la découverte d’une molécule capable de ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer est plus apte à provoquer l’int érêt du lecteur que la découverte d’une nouvelle espèce de méduse en mer Egée. Pour la journaliste Egyptienne, le second pilier d’un bon article journalistique scientifique et non le moindre, « simplifie[r] la science » . Pour ce faire, elle recommande chaudement l’utilisation de figures de styles telles que la métaphore, ou la comparaison, qui « font appel à des références culturelles pour rendre la science plus compréhensible » , et permettent de mieux appréhender les nombres, souvent omniprésents dans l’information scientifique, en la rapportant à des savoirs, des objets plus universels, plus ancrés dans l’expérience de vie, dans le quotidien de tout un chacun. Par exemple, dire que le poids du porte-avions français Charles de Gaulle est de 40 000 tonnes est moins percutant que de dire que son poids est équivalent à quatre fois celui de la Tour Eiffel. Et, détail pouvant paraître évident mais ayant son importance : Nadia El-Awady préconise que chaque mot faisant partie du « jargon scientifique » pouvant être mal compris ou interprété doit être explicité. Adjoindre à ces termes une définition entre parenthèses ou les renvoyer à un lexique attenant à l’article peut être une solution, à l’instar de la métaphore.

Problématique et hypothèses

Une vie humaine n’étant probablement pas suffisante pour mener de façon exhaustive une étude comparative du traitement de l’actualité scientifique entre les media généralistes et les media spécialisés, il a été décidé dans cette étude que nous retiendrions seulement deux noms de journaux : un titre de presse généraliste, et un titre de presse spécialisée scientifique. Du côté de la presse généraliste, le choix s’est tourné vers Le Monde. Malgré ses 275 000 exemplaires vendus quotidiennement , un nombre inférieur au Figaro (317 000 exemplaires) , à OuestFrance (733 000 ex.) ou encore à 20 Minutes , proche du million d’exemplaires quotidiens (996 000 pour avril 2014.), Le Monde a retenu notre attention pour cette étude, puisque c’est par ce titre que l’affaire de la pilule 3e génération a commencé, lorsque le 14 décembre 2012, le monde.fr plaçait un article de Sandrine Cabut, Pascale Krémer et Pascale Santi en une du site : « Alerte sur la pilule de 3e et 4e génération ». Le lendemain, le 15 décembre donc, le grand quotidien faisait sa une sur l’affaire, titrant : « Alerte sur la pilule », avec un dossier couvrant les pages 2 et 3 (voir annexe 1). Du côté de la presse spécialisée scientifique, c’est au magazine Sciences et Avenir que ce travail s’intéressera, pour deux raisons. Premièrement, il a une grande visibilité de par son tirage, (260 000 ex. par mois environ), un nombre bien supérieur à Pour la Science (26 000 ex. par mois) et à La Recherche (30 400 ex. par mois). Le magazine Science et Vie avait été premièrement envisagé, puisqu’il s’agit de l’un des magazines scientifiques les plus diffusés en France, avec en moyenne 273 000 exemplaires distribués par mois en 2013, mais après la lecture des éditions de janvier, février et mars 2013, il est apparu que la couverture de Science et Vie à propos de l’affaire de la pilule 3e génération avait été plutôt succincte, y consacrant un article 3 mois seulement après le début de l’affaire, dans le numéro 1146 de Mars 2013, sans mention sur la page de couverture, à l’inverse de Sciences et Avenir, qui dès Février a publié tout un dossier sur la pilule (voir annexe 2). C’est pour ces raisons que le présent travail comparera exclusivement les articles traitant de la pilule de 3e génération présents dans le quotidien Le Monde du 15 décembre 2012, n°21121, de Pascale Krémer, Pascale Santi et Sandrine Cabut (Annexe 1), et dans le mensuel Sciences et Avenir de Février 2013, n°792, d’Emilie Gillet (Annexe 2), afin de répondre à la problématique suivante : Le Monde et Sciences et Avenir ont-ils effectué un traitement de l’affaire de la pilule de 3e génération de la même façon ?

Comparaison de l’accessibilité du contenu des dossiers journalistiques sur la pilule entre Le Monde et Sciences et Avenir

Le Monde

Le dossier du Monde sur la pilule de 3e génération fait la une du journal du 15 décembre (Annexe 1). Il s’étale sur la première double page du quotidien, et est structuré de la façon suivante : un article principal « La pilule de 3e génération en accusation », qui couvre les deux pages, accompagné d’une infographie, signé de Sandrine Cabut, Sandrine Krémer et Pascale Santi. Sur la page de gauche, il est accompagné d’un encadré de Sandrine Cabut, « Le risque de thrombose varie selon les pilules ». Sur celle de droite, adjacents à l’article principal, deux articles, l’un de Philippe Bernard, « Aux Etats-Unis, 15000 plaintes déjà déposées contre Bayer », l’autre de Pascale Krémer, « Marion Larat, l’injustice transformée en combat », et un dessin humoristique Les indégivrables complètent le tout. Comme cela a été précisé dans la partie « Problématique et hypothèses », seul l’article principal sera le sujet de la présente critique.
Le premier critère d’un article journalistique susceptible d’être lu mis en avant par Nadia El-Awady (cf. E, p.15-17) était de « relier la science à la vie quotidienne », en l’humanisant, et/ou en expliquant en quoi le sujet traité influencera la vie du lecteur.
Celui-ci semble tout à fait respecté par les trois journalistes du Monde, puisqu’ils expliquent dans le chapô (courte phrase d’introduction sous le titre) en page une que la pilule de 3e génération présente des risques, et « qu’1,7 millions de femmes sont concernées ». Ce sujet touche donc directement le quotidien des Français comme Nadia El-Awady le préconise, puisque tout lecteur du Monde, qu’il soit homme, femme, jeune ou âgé, s’il n’est pas directement concerné, connaît forcément plusieurs personnes de son entourage prenant la pilule. L’article possède également une réelle valeur d’usage, puisque via l’infographie, il détaille par quel facteur sont multipliés les risques de complications selon la génération de la pilule, sa molécule (Figure 3), et détaille les marques concernées.

Sciences et Avenir

Le dossier sur la pilule du Sciences et Avenir de Février 2013 court sur une double page, et une page de gauche. Un lexique et une infographie accompagnent l’article d’Emilie Gillet « Pilule de 3e génération, ses dangers décryptés », dont la deuxième page est mangée par une photo de plaquettes de pilules qui s’étale sur toute la hauteur et sur les deux tiers de la largeur.
Dans cet article, la liaison entre la science et le quotidien, critère primordial pour susciter l’intérêt du lecteur, est moins évident que dans le cas précédent. En effet, cet article paraît dans le mensuel de Février, soit au minimum un mois après la parution du numéro du Monde, et l’information n’est plus toute chaude. Bien qu’il comprenne un ancrage à l’actualité (le déremboursement des pilules de 3e génération), le sujet a déjà été traité à maintes reprises, et contient peu de plus -value par rapport à d’autres travaux journalistiques. Hormis ses sources (que l’on détaillera plus tard), l’article de Sciences et Avenir se distingue en revanche par le schéma du corps humain détaillant les effets de la pilule contraceptive à l’échelle de l’organisme, les organes concernés et les mécanismes biologiques responsables des complications. Les informations principales sont données, mais dans la mise en forme, la structure, l’on se sent moins impliqué, l’impact sur la vie quotidienne est moins flagrant. Le chapô par exemple, aurait pu être plus « accrocheur », en soulignant notamment le nombre de femmes concernées par la pilule de 3e génération, ou sur le statut d’ « objet du quotidien » que véhicule la pilule contraceptive. L’article reste en définitive très factuel et didactique, un avantage pour le lecteur, si tant est qu’il ressente l’envie de s’y plonger.
Concernant la simplification scientifique, et l’accessibilité du contenu en revanche, Sciences et Avenir se distingue positivement du Monde. Hormis peut-être le terme « hypophyse » qui n’est explicité que dans l’infographie, lorsque l’on tourne la page, ou l’acronyme « Inserm » non développé, le vocabulaire est limpide. On retrouve précisément les mêmes termes d’ « embolie » ou de « thrombose », mais la présence d’un lexique en première page permet à la journaliste d’utiliser les plus courants à son gré, tandis que d’autres sont explicités directement dans la phrase. Prenons un exemple tiré de l’article : « On parle de générations, car elles sont apparues successivement dans le temps, et surtout, diffèrent dans leur composition.
Dans leur grande majorité, elles contiennent de l’éthyniloestradiol (EE), une hormone synthétique qui mime les effets des œstrogènes [NB : mot défini dans le lexique], associé à un progestatif, équivalent synthétique de la progestérone [NB : également dans le lexique]. »
En deux phrases, l’auteur explicite aisément un mécanisme complexe et définit deux termes tout en s’appuyant sur deux définitions du lexique. Cette volonté d’une information neutre et rigoureuse, certes plus plate, permet d’alerter le lecteur tout en minimisant l’effet anxiogène d’une telle information.

Conclusion partielle

Les articles de Sciences et Avenir et du Monde possèdent chacun leurs qualités et leurs défauts. Si le grand quotidien français a le mérite de traiter d’une actualité très récente, pleine de plus-values et d’informations à réelle valeur d’usage, permettant l’implication du lecteur en touchant directement sa vie quotidienne, la partie de simplification de l’information est proche du zéro pointé. À quoi bon inonder l’article de termes techniques et scientifiques s’ils ne sont pas traduits à destination d’un lectorat profane ? À l’inverse, si le travail de simplification effectué par le journal spécialisé a été effectué grâce à sa forme didactique, où les mots susceptibles d’être incompris sont définis, notamment dans un lexique, la plus -value était moindre, étant donnée l’ancienneté de l’actualité traitée et la pléthore d’articles déjà publiés sur le sujet. Une circonstance atténuante joue cependant en la faveur des deux journaux, notamment Le Monde : la temporalité. Connaissant les contraintes temporelles d’un journal quotidien, les journalistes du Monde ont bénéficié d’un laps de temps très restreint pour récolter l’information et la mettre en forme. Si cela donne au Monde une grande visibilité grâce à la primeur, à « l’exclusivité » de l’information, ce dont manque Sciences et Avenir, le grand quotidien, contrairement au mensuel, n’a en revanche pas eu le temps d’avoir le recul nécessaire pour effectuer un travail pleinement accessible au plus grand nombre. Notre première hypothèse, qui supposait que le contenu journalistique de Sciences et Avenir était plus accessible pour le lecteur semble donc vérifiée.

Etude comparative des interlocuteurs choisis par les journalistes de Sciences et Avenir et du Monde dans leurs dossiers sur la pilule de 3 e génération

Le Monde

L’article du quotidien français « La pilule de 3e génération en accusation » ne contient pas moins de huit interlocuteurs, en comptant l’encadré. Si l’un d’entre eux, la mère de Marion Larat peut être considéré comme témoin et non comme spécialiste, les sept autres sont tous médecins. Sur ces sept médecins, gynécologues, hématologues, généralistes… l’un d’eux se distingue, le professeur Yves Gruel, dans l’encadré, car il ne se positionne ni en faveur, ni contre la pilule de 3e génération. Sa parole est seulement utilisée pour détailler les facteurs génétiques pouvant augmenter les risques d’apparitions de troubles. Il joue ici un rôle de « vulgarisateur ». Les six autres interlocuteurs expriment en revanche ouvertement leur avis, prenant position dans le débat. Ce sont ici des experts. Le tableau ci dessous récapitule le nom de ces experts, leur domaine de compétences ainsi que leur prise de position dans le débat sur la pilule de 3e génération.

Sciences et Avenir

Dans l’article d’Emilie Gillet, on peut toujours chercher l’intervention d’interlocuteurs, il n’y en a pas ! Hormis une mention brève du directeur général d e la santé de l’époque, la seule voix audible dans les trois pages est celle de la journaliste. Un résultat surprenant, puisqu’intuitivement nous avions pensé qu’un journal spécialisé comme Sciences et Avenir n’hésiterait pas au contraire à accorder une place prépondérante aux spécialistes (Hypothèse 2). En lieu et place d’experts, l’auteur puise ses informations dans une dizaine d’articles scientifiques parus dans des publications médicales. Cela donne à cet article une objectivité presque parfaite, même si le choix des études utilisées pour construire l’article relève d’une décision subjective. En revanche, comme mentionné dans la partie précédente, cette absence de dialogue crée une certaine platitude par manque de rythme. Par courrier électronique, nous avons interrogé Emilie Gillet à ce propos. Telle est la question qu’on lui a posée : « On voit que dans les autres articles de presse, la quasi-totalité des journalistes fait intervenir dans ses articles des “experts” : gynécologues, endocrinologues, représentantes du planning familial, de l’Ansm… Vous, non. Pourquoi ? »
Voici sa réponse : « Le but de cet article, commandé par Sciences & Avenir était d’expliquer pourquoi les pilules de 3e et 4e générations sont plus risquées que les autres, et dans quelle mesure. Quelque chose de très factuelle (sic), basée (sic) sur des infos officielles et des études parues dans des revues à comité de relecture. Il fallait avant tout rentrer dans des explications techniques, scientifiques. Pas besoin pour cela de citer quelqu’un de l’ANSM ou du Planning Familial. Je me suis renseignée auprès d’experts bien sûr (et surtout me suis plongée dans les trois grandes études incontournables ce sujet), mais je n’avais pas la nécessité de les citer. Ça n’a pas gêné S&A que je ne cite personne, peut-être même que ça les arrangeait car alors on ne se faisait pas prendre à partie par un expert « pour » ou « contre »… D’ailleurs, on a fait attention citer toutes les sources (bibliographie) ce qui est plutôt rare dans un article de presse grand public. L’idée, la volonté de mon « chef », c’était d’être inattaquable, or un expert peut presque toujours être contredit par un autre expert… »
On apprend ainsi que l’absence d’interlocuteurs est un choix délibéré de la rédaction de Sciences et Avenir. La posture choisie par le mensuel afin de transmettre la science est ici celle du vulgarisateur, qui fait passer les informations du milieu scientifique au lectorat, sans les commenter. Il ne peut généralement pas être contredit, à l’instar de ce cas précis, puisqu’Emilie Gillet s’appuie sur des résultats d’études ou d’enquêtes qui suivent un protocole si strict qu’ils sont inattaquables.
Ainsi le « produit » fourni par le magazine spécialisé est un article purement didactique, et vulgarisateur, à la limite du journalisme de par son absence de locuteurs. Sa volonté n’est pas de créer ou participer à un débat, mais de donner aux gens les données, les « armes » nécessaires pour qu’eux-mêmes se forgent un avis.

Analyse du profil des journalistes de Sciences et Avenir et du

Monde en charge de l’affaire de la pilule de 3e génération

Le Monde

L’article « La pilule de 3e génération en accusation » a été rédigé par trois journalistes du Monde, Pascale Santi, Pascale Krémer et Sandrine Cabut. Il est important de dire tout de suite que nous n’avons réussi à avoir que très peu d’informations au sujet de la première des susnommées, malgré les nombreuses tentatives effectuées pour la joindre. L’on sait seulement qu’elle est passée par différents services au sein du Monde (économie, médias) avant de rejoindre le service santé et médecine, et de rédiger désormais exclusivement des articles ayanttrait avec ces thématiques. Sa collègue Pascale Krémer a suivi une formation de sciences politiques avant d’intégrer une école de journalisme (le CFJ de Paris). Cela fait maintenant vingt ans qu’elle fait partie de la rédaction du Monde, d’abord au service économie, puis au service société. La transversalité de cette thématique lui permet aussi bien de traiter de sujets liés à l’éducation, qu’à l’emploi, la politique ou les sciences. Dans l’article sur la pilule, c’est elle qui s’occupe de l’aspect sociétal que revêt l’affaire, notamment en réalisant l’interview de la jeune Marion Larat , à l’origine de la plainte contre les laboratoires Bayer . La troisième du trio de journalistes est Sandrine Cabut. Docteur en médecine, elle a écrit directement pour la presse sans passer par la case « école de journalisme ». Journaliste santé et médecine, elle a occupé ce poste pendant six ans à Libération, puis trois ans au Figaro avant d’intégrer la rédaction du Monde. L’archétype du journaliste scientifique dessiné par Françoise Tristani-Potteaux dans son étude (cf. page 14), selon lequel il était plutôt masculin ne fonctionne pas ici ! Deux faits peuvent expliquer cette prédominance féminine : tout d’abord le sujet lui-même, puisqu’il concerne exclusivement les femmes, et ensuite la féminisation progressive du métier de journaliste depuis des années : en 2000, elles représentaient 39,9% des journalistes, contre 45,7% en 2012  . Malgré le côté bancal de cette analyse induit par le manque de données au sujet de Pascale Santi, on constate que le triumvirat choisi par le Monde semble tout à fait cohérent avec le sujet de la pilule, puisque deux de ces journalistes ont un profil scientifique, et la troisième un profil plutôt social. Or, si la pilule contraceptive est un médicament et relève de la science, son ancrage dans la vie quotidienne des Françaises et la symbolique de féminisme et de liberté qu’elle implique en font également une problématique sociale.

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Table des matières
I Introduction
A) Naissance de la presse scientifique
B) Communication, vulgarisation, expertise
C) Rôle du journaliste
D) Le journaliste scientifique
E) Clés d’un bon article scientifique
F) Hypothèses
II Comparaison de l’accessibilité du contenu des dossiers journalistiques sur la pilule entre Le Monde et Sciences et Avenir
A) Le Monde
B) Sciences et Avenir
C) Conclusion partielle
III Etude comparative des interlocuteurs choisis par les journalistes de Sciences et Avenir et du Monde dans leurs dossiers sur la pilule de 3e génération
A) Le Monde
B) Sciences et Avenir
C) Conclusion partielle
IV Analyse du profil des journalistes de Sciences et Avenir et du Monde en charge de l’affaire de la pilule de 3e génération
A) Le Monde
B) Sciences et Avenir
C) Conclusion partielle
Conclusion
Bibliographie
Webographie
Table des annexes

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