Estimation de la densité des plantes consommées

Situation géographique du milieu d’étude

Cette étude a été réalisée dans la Forêt de Tsinjoarivo qui se trouve à l’Est d’Ambatolampy. Une Commune rurale dont les infrastructures manquent généralement. Situé à 90 km à vol d’oiseaux d’Antananarivo, dans le District d’Ambatolampy. Tsinjoarivo se trouve aussi à cheval entre les Hautes Terres et l’Est (Fig. 1), la zone pourrait servir, de pont entre deux régions et deux cultures (Irwin, 2006). Elle est une forêt de haute altitude de Madagascar qui est actuellement presque disparue de l’ile et située entre deux grands fleuves, l’Onive et la Mangoro. Ses coordonnées géographiques sont 19º 41’S, 47º 48’E (Humbert & Cours-Darne, 1965 ; Dupuy & Moat, 1996). Plusieurs fragments de forêts, isolés ou plus ou moins connectés, y persistent. Rares sont les blocs forestiers en très bon état. Certains fragments ont même subi des dégâts récents. De nombreuses espèces de flore et de faune endémiques, rares ou menacées de disparition, cohabitent dans ce milieu (Goodman et al., 2000).

Des chasses illicites menacent la forêt de tsinjoarivo (Irwin, 2006). La figure 2 montre la Commune de Tsinjoarivo et la localisation des deux sites d’étude. Andasivodihazo-Mahatsinjo et Ankadivory sont les deux sites d’étude dans la forêt de Tsinjoarivo. Andasivodihazo-Mahatsinjo (19º 40’S, 47º 45’E) est un bloc forestier totalement isolé des autres zones forestières depuis plusieurs décennies et couvre une superficie d’environ 200 à 250 ha (Razakavololona, 2006) (Fig. 3). La forêt est dominée par la présence d’une végétation secondaire. Cette forêt est en dégradation comme le confirme la présence des traces de déboisement, de feux de brousse et d’activités des zébus qui sont omniprésentes (Irwin, 2006). L’existence de champ de culture à l’intérieur même de la forêt et à la bordure avec la présence d’une piste de circulation perturbe encore plus la forêt. La forêt continue d’Ankadivory (19° 98′S, 47° 29′E) fait partie du grand bloc forestier environ 800 à 1000 ha (Razakavololona, 2006). Elle est située environ à 8 km au sud-est d’Andasivodihazo-Mahatsinjo (Fig. 4). Quelques parties de la forêt montrent des traces de déboisement et d´autres parties ont subi les dégâts récents par les feux.

Faune : De nombreuses espèces d’animaux se trouvent à Tsinjoarivo (Rakotondraparany, 1997 ; Goodman et al., 2000 ; Irwin et al., 2000). Cette zone partage 54 espèces d’herpetofaunes dont sept espèces sont endémiques du Plateau Central : Boophis rhodoscelis, Zonosaurus ornatus, Liopholidophis grandidieri, Mantidactylus ambohimitombi, Boophis goudoti Liopholidophis sexlineatus, Liopholidophis dolicocercus (Goodman et al., 2000). La richesse spécifique de primate compte 11 espèces (Irwin et al., 2000) parmi eux, deux diurnes (Hapalemur griseus griseus, Propithecus diadema), six nocturnes (Microcebus lehilahytsara, Cheirogaleus crossleyi, Cheirogaleus sibreei, Avahi laniger, Daubentonia madagascariensis, Lepilemur mustelinus) et trois cathémerales (Eulemur fulvus, Eulemur rubriventer, Prolemur simus). La forêt classée de Tsinjoarivo possède 92 espèces d’oiseaux (Goodman et al., 2000 ; Irwin et al., 2010) parmi les plus abondantes figurent : Hypsipetes madagascariensis, Coua caerulea, Milvus aegypticus, Nectarinia souimanga, Copsychus albospecularis. Pour les carnivores, six espèces sont répertoriées à Tsinjoarivo : Cryptoprocta ferox, Fossa fossana, Galidia elegans, Viverricula indica, Galidictis fasciata et l’espèce introduite Felis silvestris.

Flore : La forêt de Tsinjoarivo est un carrefour biogéographique où coexistent des espèces végétales de l’Est et du Centre de Madagascar (Rainiberiaka, 1997). Sa végétation est une des reliques très rares de la forêt pluviale de l’Est de haute altitude. D’après l’étude effectuée par Rainiberiaka en 1997, 274 espèces floristiques sont recensées dans la forêt de Tsinjoarivo dont 76,62% endémiques de Madagascar. La forêt de Tsinjoarivo présente une stratification assez bien définie. Les formations végétales se distinguent selon la variation topographique et pédologique du milieu (Randrianjafy, 1999). La canopée supérieure est occupée par des grands arbres appartenant aux certaines espèces y incluant : Syzygium spp., Ocotea spp, Ficus tilifolia, Cryptocarya spp., Erythroxylum spp., Beguea apetala. La strate moyenne est composée essentiellement par Ocotea sp, Weinmannia sp., Podocarpus madagascariensis, Ravenea sp., Gaertnera sp., Garcinia sp., Cassinopsis madagascariensis, Nuxia capitata. La strate inférieure est constituée par les espèces herbacées et des plantules d’arbre des autres strates supérieures. Les mousses, les lichens et autres épiphytes sont développés sur les troncs d’arbre et également la présence des orchidées. Les jeunes poussent des bambous commencent à être abondantes au mois de novembre (Rainiberiaka, 1997).

Biologie et écologie Hapalemur griseus griseus est folivore, son régime alimentaire est dominé par les différentes parties de bambous (Grassi, 2006). D’autres feuillages et de fruits sont consommés périodiquement (Tan, 2000 ; Grassi, 2001 ; Grassi, 2006). Ils choisissent la base des jeunes feuilles, la partie immature des feuilles porteuses de rameaux et les pousses des branches (Glander et al., 1989) En général, la période d’accouplement de Hapalemur griseus griseus se situe aux mois de mai et juin. Après 137 jours de gestation (Tan, 1999 ; Grassi, 2001), la femelle donne naissance à un unique petit par portée entre le mois d’octobre au mois de janvier (Tan, 2000). Les petits sont portés dans la bouche de leur mère (Wright, 1990 ; Tan, 1999) mais parfois ce sont les mâles qui les portent (Jenkins, 1987 ; Goodman & Patterson, 1997 ; Mittermeier et al., 2010). La surface de leur territoire varie de 6 à 15 ha. Les cris de H. g. griseus ont été reconnus depuis longtemps (Petter & Charles-Dominique, 1979). Galidia elegans, Boa madagascariensis et Homo sapiens sont souvent les prédateurs potentiels de Hapalemur griseus griseus (Rakotondravony et al., 1998). En outre, Cryptoprocta ferox est un prédateur commun des primates (Wright et al., 1998). La pratique du système agricole traditionnel (le tavy) et la transformation de la forêt en espace arable sont les principales sources de dégradation de la forêt de Tsinjoarivo (Irwin, 2006). La surexploitation de bambous a été identifiée comme étant l’une des principales menaces pour la population de Hapalemur griseus griseus (Wright, 1986 ; Tan, 2000). Ces bambous sont beaucoup utilisés pour la construction de radeaux, de petits ponts et, souvent, des plafonds des maisons (annexe XI).

Pour obtenir des résultats scientifiquement valables, deux méthodes ont été appliquées pour le suivi de l’animal. La méthode dite « animal focal continu » (Altmann, 1974) dans laquelle le suivi des activités des animaux se fait de manière continue. A chaque prise d’aliments, l’enregistrement se fait du début à la fin. Il faut noter avec attention l’espèce de la plante et la partie consommée (Martin & Bateson, 2001). Cette observation permet en outre de mesurer le temps consacré à chaque prise de nourriture. Dans la méthode dite « animal focal discontinu » (Altmann, 1974) tous les comportements effectués par l´animal focal sont notés par observations instantanées (Martin & Bateson, 2001). Cette technique consiste à observer un individu focal suivant une fréquence temporelle bien déterminée. Pour le cas de la présente étude, l’observation s’est faite toutes les 5 mn. A chaque « bip » de 5 mn, l’activité observée est enregistrée pour chaque individu. Les données ont été obtenues à partir d’observations directes à l’oeil nu ou à l’aide d’une paire de jumelles. La première période d’étude a été consacrée au suivi des deux groupes à Mahatsinjo- Andasivodihazo (forêt fragmentée), tandis que le reste du temps a été dépensé au suivi des deux autres groupes à Ankadivory (forêt continue). Les collectes de données ont été réalisées entre 6h00 et 18h30 jusqu’à ce que l’individu focal rentre dans les arbres pour le repos nocturne. Le suivi journalier d’un individu focal ne concernait que les individus adultes du groupe pour minimiser les différences comportementales entre les classes d’âge (Martin & Bateson, 2005). Toutes les cinq minutes, les données relatives au comportement ont été relevées sur un seul individu. L’exemple de fiche de relevé est donné par l’annexe I.

Corrélation entre abondance relative des plantes et fréquence d’alimentation L’utilisation du test de Kendall a été mise en évidence pour trouver une corrélation entre l’abondance relative de plantes consommées et la fréquence d’alimentation. Dans la forêt fragmentée, il existe une corrélation positive (p = 0,048) entre la fréquence d’alimentation et l’abondance de plantes consommables dans leur territoire. Plus les densités des plantes consommables sont élevées, plus leur taux de consommation s’accentue et vice versa (Fig. 19). Dans la forêt fragmentée les individus mangent toutes les plantes consommables se trouvant en abondance, qui est précisément les espèces des bambous. Dans la forêt continue, au contraire, aucune corrélation (p = 0,096), le choix de l’animal pour sa nourriture ne dépend pas seulement de l’abondance ou l’insuffisance des plantes consommables (Fig. 18). De ce fait, il a plus d’opportunités de s’alimenter en fonction de sa préférence. L’espèce de Volosodina (Nastus borbonicus) est la plus consommée aussi bien dans la FFRG que FCON. En contrepartie, l’espèce Famakilela est la moins exploitée dans la FCON et Mananasikazo pour la FFRG. A part les bambous, les individus de la FFRG mangent une espèce de Hanambolotsangana en grande proportion pour satisfaire ses besoins alimentaires.

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Table des matières

Remerciement
Résumé
Sommaire
Introduction
I- PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE
I-1) Situation géographique de la zone d’étude
I-2) Faune
I-3) Flore
I-4) Hydrogéologie
I-5) Climat
II – MATERIELS ET METHODES
II-1) Matériel biologique
II-1-1) Position systématique
II-1-2) Répartition géographique
II-1-3) Biologie et écologie
II-2) Méthodes
II-2-1) Choix du site
II-2-2) Choix de l’espèce
II-2-3) Choix des groupes étudiés
II-2-4) Choix de la période d’étude
II-2-5) Capture
a) Marquage
b) Morphométrie
c) Relâchement
II-2-6) Observations et suivi
a) Observation comportementale
b) Comportement relevé
II-2-7) Détermination des plantes consommées
II-2-8) Estimation de la densité des plantes consommées
II-2-9) Analyse statistique des données
III- RÉSULTATS ET INTERPRÉTATIONS
III-1) Composition des groupes étudiés
III-2) Capture
III-2-1) Individus capturés
III-2-2) Comparaison générale de la morphologie
III-3) Types d’activités
III-3-1) Répartition des activités générales
III-3-2) Comparaison des pourcentages des activités
III-3-3) Rythme d’activité
III-3-4) Niveaux de strates utilisés
III-3-5) Distance entre le voisin le plus proche
III-4) Comportement alimentaire
III-4-1) Temps d’échantillonnage
III-4-2) Plantes consommées
III-4-3) Préférence alimentaire
III-4-4) Catégories alimentaires
a) Parties consommées des plantes
b) Fréquence d’alimentation
III-5) Corrélation entre abondance relative des plantes et fréquence d’alimentation
IV- DISCUSSION
IV-1) Données morphologiques
IV-2) Répartition des activités
IV-3) Comportement alimentaire
IV-3-1) Régime alimentaire
IV-3-2) Parties consommées des plantes
Conclusion
Recommandations et perspectives
Références bibliographiques
Annexes
Résumé

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