Essai de réintroduction d’une espèce de CICHLIDAE endémique

Méthode de capture des poissons

                Les différentes méthodes de capture sont sélectives. Chaque espèce a un mode de vie et activité différents des autres. Les matériels de pêche aussi sont sélectifs par sa nature et son mode de fonctionnement, c’est-à-dire, un engin de pêche est donc spécifique à un type de poisson. Par conséquent, l’inventaire se fait donc par des différents matériels, de différentes manières, à différents endroits.
– Pêche au filet maillant dormant : Le filet utilisé est confectionné à partir d’un fil nylon de force 4 kg. Sa longueur est de 100 m quand il est étiré, la chute est de 1m. Le filet est étalé dans l’eau, les deux extrémités sont attachées à des substrats ou à un bâton enfoncé dans l’eau. La partie apicale ou ralingue supérieure, est suspendue par des flotteurs et la partie basale ou ralingue inférieure est tirée au fond par des plombs. Le piégeage est actif pendant 24 heures pendant 5 jours, le filet est placé suivant le diagonal de l’étang. Le filet est vérifié le matin, à midi et le soir.
– Pêche à la senne : En général, le filet senne est un filet d’assez grande taille (au moins 50 mètres de longueur) avec des mailles de 3 ou 4 centimètres, monté avec de gros fil dont la force est de 5 kg. Il peut être avec ou sans poche et manié par plusieurs pêcheurs. Il sert à encercler les poissons et à les tirer ensuite vers la berge (senne de plage) ou à les hisser dans la pirogue (senne tournante). Le filet utilisé dans cette étude est de plus petite taille. C’est un filet d’expérimentation de 16,5 mètres de longueur, de 1,5 mètres de hauteur et de 4 mm de vide de maille. Comme le filet maillant, la senne est munie d’une ralingue supérieure avec des flotteurs et d’une ralingue inférieure pourvue de plombs. Trois traits de senne sont effectués au cours de chaque pêche. Deux en zone marginale du lac diamétralement opposée et un troisième en zone médiane. (voir figure N°11 et N°12 en pages 30 et 31). La méthode utilisée est la senne tournante. Pour cela, le trait de senne consiste à fermer le filet sur lui-même : une extrémité est fixée à un bâton et l’autre est tirée par le pêcheur de la manière suivante : après avoir étalé la senne suivant sa longueur, le pêcheur tire une extrémité jusqu’à l’autre bout pour fermer la senne et les poissons sont ainsi bloqués dans le filet. L’ensemble est ensuite hissé sur le radeau. Pour le suivi de la population piscicole, la senne a été choisie après l’évaluation des avantages et les inconvénients de l’ensemble des moyens de pêches disponibles pour échantillonner les peuplements piscicoles : Les contraintes imposées par l’étude de ces plans d’eau ont conduit à utiliser un protocole original d’échantillonnage destiné à calibrer en permanence l’effort de pêche aux dimensions du milieu et à la densité des peuplements, en vue de concilier les objectifs d’efficacité (grand nombre de poissons capturés) et de survie. La senne à petite maille (4 mm), permet de pêcher la plupart des espèces de poissons présentes. Parmi les méthodes d’échantillonnage, elle est la moins sélective. C’est une pêche active qui ne dépend pas des activités des poissons.
– Pêche à la nasse : La pêche à la nasse a été choisie pour compléter le résultat de la pêche à la senne, car elle est surtout utilisée pour le « Marakely » ou Paratilapia Les nasses utilisées sont fabriquées à partir de nervures de feuilles de palmier, appelées communément « taolankira ». Elles présentent deux ouvertures opposées : l’une de grande taille en forme de cône qui est l’entrée de la nasse, l’autre de petite taille utilisée pour retirer les poissons capturés. Cette deuxième ouverture est fermée par un nœud pendant le piégeage. La taille des nasses est la suivante :
• longueur : 1,4 m ;
• diamètre : 0,6m ;
• diamètre de la grande ouverture : 0,2 m ;
• diamètre de la petite ouverture : 0,1 m.
La méthode choisie est la nasse dormante. Les nasses dormantes ont toujours été très pratiquées à Madagascar. Dix nasses ont été utilisées de diverses façons :
6 nasses ont été appâtées :
• 2 au riz ;
• 2 au manioc ;
• et 2 au mélange de riz et de manioc ;
Les 4 nasses restantes ne le sont pas. Le riz et le manioc utilisés sont légèrement cuits. Le manioc est coupé en petits morceaux. La durée du piégeage est de 24 heures, avec une vérification toutes les 12 heures. Les nasses sont dissimulées sous la végétation ou tout simplement posées dans l’eau.

Autres éléments dissous dans l’eau

                Les éléments étudiés sont le nitrite (NO2), l’ammonium NH3/NH4+ et le carbonate KH et le GH. Les résultats obtenus montrent qu’il n’y a pas encore de risque de toxicité en nitrite ni en ions ammoniums de l’eau. Ils y sont sous forme de trace. Pour ce qui est de taux de minéralisation, de carbone dissous et des autres éléments comme le calcium et le magnésium les valeurs restent très faibles.
• Les taux de carbone dissous dans les deux étangs varient entre 3 mg/l et 19 mg/l. Celui du lac N°1 est plus stable. Son taux de carbone est plus faible par rapport au lac N°2. Ce dernier renferme beaucoup plus de débris de végétaux morts (feuilles, branches…). La dureté carbonate du lac N°1 se trouve toujours dans cette zone optimale. Pour le lac N°2 en Janvier 2002 (3 mg/l) et en Septembre 2002 (19 mg/l), les valeurs obtenues se trouvent dans la zone de tolérance des poissons. En ce qui concerne les autres mois, les résultats enregistrés du lac N°2 se situent dans la zone optimale.
• La dureté générale des deux lacs est toujours de 0,5 °dH. Cette valeur est très faible pour les poissons d’eau douce. Le taux de minéralisation globale mesuré et la conductivité de l’eau confirment la faiblesse de la dureté de l’eau. Cette dernière s’avère trop molle. C’est l’une des caractéristiques des eaux continentales malgaches, en général.

Poissons

– Inventaire piscicole : La liste des espèces capturées par toutes méthodes confondues, au niveau de chaque étang pendant toute la durée de l’étude, est présentée dans le tableau N° 11 ci-après. A propos de Paratilapia sp. Fony (CICHLIDAE), cette espèce a été autrefois abondante dans les plans d’eau de la région Est. Avant la réintroduction de décembre, le Fony n’est jamais capturé dans le lac N°1, de ce fait, l’étang N°1 a perdu cette espèce au fil des années. Mais, même après la réintroduction, les essais de captures des individus ré-introduits restent vains. Le lac N°1 possède peut-être des endroits où Paratilapia sp. Fony peut se réfugier, il s’agit éventuellement de la partie peu profonde de l’étang qui est envahie par la végétation. Les fréquences des Fony capturées en décembre 2001 et en janvier 2002 dans le lac N°2 sont respectivement 7 % et 4 %. Ces résultats indiquent que cette espèce n’est pas dominante et elle est même dépassée par Bedotia madagascariensis. Il a été constaté que la fréquence a diminué même après une introduction de 78 individus, la population de Fony a donc subi une perte entre le mois de décembre et janvier. Dans cette étude, seulement l’étang N°2 abrite le Zono et pour l’étang N°1 on trouveplutôt Gambusia holbrooki. Les observations des autres étangs d’Ivoloina révèlent que Bedotiaet Gambusia ne cohabitent pas, ce qui veut dire que si l’un est présent l’autre serait absent. On en déduit que la compétition entre ces deux genres se traduit par la disparition de l’un ou de l’autre.
– Échantillonnage par la senne : Les tableaux N°12 et N°13 ci-dessous présentent les résultats des échantillonnages. Ces résultats sont obtenus par la méthode de la senne tournante. Comme il s’agit d’un inventaire qualitatif, le nombre d’individus capturés n’est pas encore mentionné dans les tableaux. Ils indiquent tout simplement la capture ou non des espèces à chaque mois d’étude. L’anguille n’a jamais été capturée par la senne. Cette espèce est nocturne et se cache sous les troncs d’arbres immergés pendant le jour. Pour le lac N°1, la senne semble spécifique des Tilapinés qui sont pris en abondance. Les autres espèces : Ophicephalus striatus et Gambusia holbrooki, se cachent le plus souvent sous la végétation, donc elles s’échappent aux traits de senne. Paratilapia sp. Fony n’a jamais été non plus capturé par la senne dans le lac N°1. Pour le lac N°2, l’abondance des poissons de ce lac a augmenté les chances de capture des différentes espèces.
– Échantillonnage par le filet maillant dormant : Les espèces capturées suivant cette méthode appartiennent toutes au genre Tilapia. Cette méthode est très sélective. La maille (2.5 cm) du filet utilisé est normale et ne permet pas de capturer les petits individus. Le filet est dit normale quand il respecte les lois en vigueur en matière de pêche.
– Échantillonnage par les nasses : Les résultats des échantillonnages par les nasses ne sont pas très satisfaisants. Cette méthode est spéciale pour pêcher les Fony car les nasses utilisées leur sont particulières. Elles sont appelées nasses à « Marakely » sur les hauts plateaux. Les poissons piégés sont presque à 100% les Tilapinés : Tilapia rendalli. Cette espèce est la seule qui soit attirée par l’appât utilisé : le riz. La capture de l’anguille aurait été accidentelle ou il se pourrait que cette dernière fût seulement attirée par les Tilapia saisis dans les nasses. Pour attraper les autres espèces, il faut donc utiliser d’autres types d’appâts qui doivent correspondre aux régimes alimentaires de l’espèce cible par rapport à la période de pêche. En autres, le non capture de Paratilapia pourrait causé par la faiblesse de sa densité ou carrément par son absence dans le milieu. Les espèces suivantes ont toujours été rencontrées à chaque observation : Tilapia, Gambusia et Bedotia : ces espèces sont toujours facilement observables surtout aux alentours du moine. C’est un endroit peu profond bien dégagé où les riverains puisent de l’eau et font la vaisselle ou la lessive. Cette méthode est aussi efficace pour observer Ophicephalus striatus avant le dérangement de l’étang, c’est-à-dire avant la pêche à la senne, car ce poisson se cache pendant plusieurs jours une fois que l’étang est perturbé. O. striatus est facilement observable dans les eaux peu profondes et bien transparentes.

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Table des matières

INTRODUCTION
1. PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE ET DE L’ESPECE ETUDIEE
1.1. MILIEU D’ÉTUDE
1.1.1. Description et historique
1.1.2. Situation géographique
1.1.3. Climat
– Température
– Pluviosité
– Humidité
1.1.4. Pédologie
1.1.5. Hydrologie
1.2. MATERIEL BIOLOGIQUE
1.2.1. Caractères taxonomiques et morphologiques
1.2.2. Répartition géographique
1.2.3. Généralités sur la bioécologie de Paratilapia sp. Fony
– Exigences écologiques
– Régime alimentaire
– Reproduction
– Alevins.
1.2.4. Origines des alevins
2. MATERIELS ET METHODES
2.1. ETUDE DES PARAMETRES PHYSICO-CHIMIQUES DE L’EAU
2.1.1. Dimensions des étangs
2.1.2. Température
2.1.3. Turbidité
2.1.4. Conductivité
2.1.5. Taux d’oxygène dissous
2.1.6. pH
2.1.7. Autres éléments dissous dans l’eau
2.2. FACTEURS BIOTIQUES.
2.2.1. Invertébrés aquatiques
– Prospection générale
– Piégeage lumineux des insectes
2.2.2. Marquage
2.2.3. Méthode de capture des poissons
– Pêche au filet maillant dormant
– Pêche à la senne
– Pêche à la nasse
– Inventaire des poissons par observation directe
2.2.4. INVENTAIRE FLORISTIQUE
2.3. REINTRODUCTION DES FONY DANS LES BASSINS D’IVOLOINA
2.3.1. Réception des poissons
– Déjavelisation de l’eau
– Aération de l’eau de la cuvette
2.3.2. Transfert des poissons
2.3.3. Préparations pour l’expédition des poissons à Ivoloina
2.3.4. Relâchement des poissons dans les étangs du parc d’Ivoloina
2.4. SUIVI DE LA POPULATION PISCICOLE APRES LA REINTRODUCTION
2.4.1. Echantillonnage piscicole
2.4.2. Biologie des poissons
– Alimentation
– Croissance des poissons
Mesures morphométriques des « Fony »
– Reproduction
2.5. METHODE D’ANALYSE DES RESULTATS
2.5.1. Abondance relative de chaque espèce
2.5.2. Abondance-dominance de chaque espèce
2.5.3. Diversité spécifique.
2.5.4. Diagramme de rang-fréquence
2.5.5. Coefficient d’alimentation k (Arrignon, 1993[4bis])
2.5.6. Méthode de Khi-deux (Whiley, 2002 [53])
2.5.7. Calcul des moyennes (Bourouba, 1999 [10 bis])
2.5.8. Corrélation de Pearson (SCHERRER, 1984 [49])
2.5.9. Analyse des composantes principales (SCHERRER, 1984 [49])
3. RESULTATS ET INTERPRETATIONS
3.1. PARAMETRES PHYSICO-CHIMIQUES
3.1.1. Taille des étangs
3.1.2. Profil des étangs
3.1.3. Température de l’eau
3.1.4. Turbidité de l’eau
3.1.5. Conductivité de l’eau
3.1.6. Taux d’oxygène dissous
3.1.7. pH de l’eau
3.1.8. Autres éléments dissous dans l’eau
3.2. FACTEURS BIOTIQUES
3.2.1. Invertébrés aquatiques
– Etude qualitative
– Etude quantitative
3.2.2. Poissons
– Inventaire piscicole
– Échantillonnage par la senne
– Échantillonnage par le filet maillant dormant
– Échantillonnage par les nasses
– Résultats des inventaires par observations directes
3.2.3. Flore
3.3. REINTRODUCTION DES FONY
3.4. ETUDES BIO-ECOLOGIQUES
3.4.1. Abondance relative
3.4.2. Abondance-dominance de la population piscicole
3.4.3. Stade de la population piscicole
3.5. BIOLOGIE DES POISSONS
3.5.1. Alimentation
– Alimentation des « Fony »
– Alimentation des espèces de Tilapinés
3.5.2. Croissance
– Croissance des Fony
– Croissance des Tilapinés
3.5.3. Notes sur Ophicephalus striatus
3.6. ANALYSES STATISTIQUES DES DONNEES SUR LA POPULATION PISCICOLE
3.6.1. Test de Khi deux
3.6.2. Analyse des moyennes
3.6.3. Coefficient de corrélation
3.6.4. Analyse des composantes principales
4. DISCUSSIONS ET PERSPECTIVES
4.1. METHODES D’ECHANTILLONNAGE
4.2. RÉINTRODUCTION DES FONY
4.3. PERSPECTIVES
4.3.1. Elevage en captivité en étangs ou en bassins
4.3.2. Méthode d’échantillonnage
CONCLUSION

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