Epilepsie et securite routiere

L’insécurité routière constitue un problème majeur de santé publique.  Dans le monde, d’innombrables voitures, bus, camions, cyclomoteurs, motos et véhicules à deux ou trois roues sillonnent les routes. En rendant le transport des personnes et des marchandises plus rapide et plus efficace, tous ces véhicules contribuent au développement économique et social de nos pays. Mais, si les transports motorisés ont bien des avantages, ils peuvent aussi entraîner de lourds préjudices si la sécurité n’est pas une priorité. Parmi les effets relatifs au développement du trafic routier, certains (tels encombrements, bruits, pollution) sont connus et suffisamment perceptibles ; d’autres aussi plus dramatiques encore, comme la mortalité et la morbidité n’apparaissent qu’à la lecture des statistiques.

On rapporte que, lors de l’enquête sur le premier décès dû à un accident de la circulation, en 1896, le coroner aurait déclaré : « Cela ne doit plus jamais se reproduire ».”.Pourtant, plus d’un siècle plus tard, 1,2 million de personnes meurent chaque année sur les routes et l’on recense plus de 50 millions de blessés. Si l’on ne prend pas les mesures nécessaires, ces chiffres augmenteront encore. [1 ; 2] Si les tendances actuelles se poursuivent, le nombre des tués et des blessés sur les routes du monde augmentera de 60 % entre 2000 et 2020. [1,2] La plupart de ces accidents surviendront dans les pays en développement où de plus en plus de personnes utilisent des transports motorisés. Dans ces pays, les cyclistes, les motocyclistes, les usagers des transports publics et les piétons sont particulièrement exposés aux traumatismes liés aux accidents de la route. Au Mali, une analyse des données fournies dans le bilan des accidents dans le District de Bamako de 2002 à 2004 donne les résultats suivants [2]:
– 1194 accidents en 2002 ;
– 1358 accidents en 2003 ;
– 1585 accidents en 2004.

Données générales sur l’épilepsie en Afrique et dans les PED

Huit personnes sur mille souffrent d’épilepsie dans le monde et 80% se trouvent dans les pays en développement (PED). La définition épidémiologique de l’épilepsie est «une affection caractérisée par la récurrence d’au moins deux crises épileptiques non provoquées, survenant dans un laps de temps de plus de 24 heures ». Une nouvelle définition propose de décrire cet état comme une atteinte cérébrale caractérisée par une prédisposition persistante à la production de crises épileptiques, ainsi que les conséquences neurobiologiques, cognitive, psychologique et sociale. Cette nouvelle définition n’intéresse qu’une seule crise mais oriente le débat vers les conséquences de la maladie et les souffrances des patients et, des membres de sa famille qui devraient également être prise en compte dans la prise en charge de l’épilepsie. Le traitement de l’épilepsie a pour but, le contrôle des crises. Une prise en charge précoce et adaptée permet dans les pays développés de contrôler 70 à 80% des crises. Par contre, dans les PED, l’on retient que 80% à 90% des personnes atteintes d’épilepsies ne reçoivent pas de traitement approprié. Ces patients restent marginalisés, ils ont une qualité de vie moindre à celle des autres malades chroniques pour une espérance de vie bien faible. De nombreux facteurs rendent difficile cette prise en charge des malades surtout en zone rurale. Il s’agit entre autre le  manque de personnel qualifié et de moyens exploratoires pour assurer un diagnostic approfondi, la non-acceptation et la non-complaisance aux soins par les patients et leurs familles du fait de leurs croyances, du coût élevé des médicaments, de leur relative disponibilité et de l’impact psychosocial de la maladie.

Epidémiologie de l’épilepsie dans les PED

Les travaux actuels sur la question montrent une certaine hétérogénéité dans la distribution de la fréquence de cette maladie. Par comparaison à la prévalence moyenne de l’épilepsie active estimée à 5,4‰ en Europe et entre 5 à 10‰ en Amérique du nord, seule l’Asie du Sud-est se rapprocherait des pays développés avec 6,0‰, prévalence la plus basse parmi les PED. A l’inverse l’Afrique sub saharienne et l’Amérique Latine ont des prévalences médianes élevées avec respectivement 15,4‰ et 12,4‰. L’incidence de l’épilepsie, standardisée sur âge, varie de 24 à 53 pour 100 000 personne-années dans les pays développés. Les résultats en Asie, comme pour les prévalences, restent semblables à ceux de l’Europe, variant de 28,8 à 49,3 pour 100 000 personne-années. Par contre, en Afrique subsaharienne et en Amérique Latine les taux d’incidence sont 2 à 3 fois plus élevés et peuvent atteindre 190 pour 100 000 personne-années dans certaines zones africaines. Ces fréquences élevées de l’épilepsie dans les PED sont attribuées en grande partie aux épilepsies symptomatiques, notamment le traumatisme crânien, les maladies infectieuses et en particulier les parasitoses à tropisme neurologique que l’on ne retrouve quasiment pas dans les pays industrialisés. La neurocysticercose, par exemple, est une maladie fréquemment associée à l’épilepsie. Des travaux récents montrent que le paludisme cérébral est un facteur de risque de l’épilepsie séquellaire en Afrique subsaharien. Les convulsions fébriles au cours du paludisme peuvent également être une cause indirecte d’épilepsie, les carences sanitaires aux niveaux prénatal, périnatal et postnatal constituent également un facteur important. La connaissance et la classification des différents types de crises d’épilepsie sont nécessaires pour l’instauration d’un traitement approprié. Les crises généralisées tonico-cloniques (CGTC) sont le plus souvent retrouvées dans les études réalisées dans les PED et de façon prédominante dans les études communautaires. Elles représentent près de 60% des cas en Afrique sub-saharienne et en Asie.

Politiques nationales et régionales de prise en charge de l’épilepsie 

Sous l’égide de la Ligue Internationale Contre l’Epilepsie(LICE), du Bureau International pour l’Epilepsie (BIE), et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) des déclarations régionales ont été faites en 2000 à New Delhi (Inde), à Dakar (Sénégal), et à Santiago (Chili) en vue d’élaborer des stratégies de prise en compte de l’épilepsie comme problème majeur de santé publique pour les grandes régions des PED. A cet effet, des objectifs ont été énoncés dans le sens de renforcer les systèmes de soins de santé primaire, la disponibilité de techniques diagnostiques, les spécialistes, les médicaments antiépileptiques et les traitements chirurgicaux. Ces déclarations furent importantes sachant que dans beaucoup de PED il n’existe pas de programme national de lutte contre l’épilepsie. Une étude en Amérique Latine a montré que près de 30 pays en sont dépourvus. Ce manque d’engagement des gouvernements des PED dans la lutte contre l’épilepsie est la résultante d’une part des difficultés économiques et d’autre part des politiques prioritaires souvent tournées vers les maladies infectieuses comme le VIH/SIDA, le paludisme, la tuberculose et les maladies diarrhéiques de l’enfance. Cependant, certains pays ont mis en place des programmes d’action, c’est le cas du Vietnam, où un programme national de distribution du phénobarbital (PB) (Gardénal®) dans les communautés a été mis en place depuis 10 ans. Ces programmes sont souvent peu connus, aucune évaluation n’est faite sur leurs activités pour non seulement recenser les difficultés rencontrées mais aussi pour déterminer les avantages au plan international. Plusieurs projets de démonstration ont été planifiés ou sont en cours de réalisation dans certains PED avec le soutien de l’OMS, la LICE et le BIE. Le principe des projets actuels est de traiter en priorité des patients ayant des crises généralisées tonico cloniques. Si l’impact de tels projets est effectif, une transposition voire un élargissement pourrait être envisagé avec une disponibilité de tous les médicaments pour tous les types de crises ainsi que la mise en place de la chirurgie de l’épilepsie.

Infrastructures de prise en charge dans les PED 

La majorité des PED n’ont qu’une très mauvaise couverture sanitaire, caractérisée par une rareté de dispensaires, d’hôpitaux, une inégale répartition médicale au détriment des zones rurales, avec une concentration des spécialistes dans les villes et grands hôpitaux. Les services de neurologie y sont rares, et sont pour la plupart sous-équipés avec peu ou pas d’appareils d’électroencéphalographie. Il en est de même pour les services de radiologie et à fortiori de neuroradiologie. Les centres de traitement pour épileptiques graves font de même cruellement défaut. D’un pays à l’autre, il existe une grande variabilité dans les prises en charge de l’épilepsie. Cette variabilité dépend de facteurs tels le statut économique, le lieu de résidence (rural ou urbain), le niveau d’éducation, le cadre socioculturel, la qualité des systèmes de soins de santé primaire, la disponibilité des ressources humaines et matérielles, etc.

Disponibilité et accessibilité de ressources humaines et matérielles

Selon l’OMS, le nombre médian de neurologues pour 100 000 habitants est de 0,03 en Afrique, 0,07 en Asie du Sud-est, 0,77 dans le Pacifique Ouest, 0,83 en Amérique Latine et 8,84 en Europe. Ce faible nombre de spécialistes a une répercussion sur le temps de consultation et l’efficacité de l’examen clinique. Ainsi, un neurologue dans un PED doit travailler davantage et le temps moyen consacré à chaque patient est réduit d’autant. De plus, la plupart des neurologues travaillent dans les grandes villes. Les conséquences de cette situation sont doubles :c’est d’abord une pénurie de spécialistes et ensuite l’inaccessibilité des habitants des zones rurales à une prise en charge adéquate. Le traitement de l’épilepsie (prescription, administration, suivi) dans la communauté est rarement réalisé par un épileptologue, mais le plus souvent par un médecin généraliste voire un infirmier. Les professionnels paramédicaux connaissant la pathologie tels que les rares techniciens en EEG et les éducateurs spécialisés participent peu à cette prise en charge.

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Table des matières

SOMMAIRE
I .INTRODUCTION
II.OBJECTIFS
III. GENERALITES
IV. METHODOLOGIE
V. RESULTATS
VI. COMMENTAIRES ET DISCUSSIONS
VII. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS
VIII. BIBLIOGRAPHIE
IX. ANNEXES

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