Entropie facteur lie a un descripteur et information mutuelle especedescripteur

Indices d’utilisation des espèces

Le tableau 1 et la figure 8 ci-dessous nous donnent la valeur des indices d’utilisation de chacune des especes rencontrees dans les regions de Beroboka et d’Andranomena. L’indice d’utilisation nous renseigne sur l’importance de l’utilisation dont chaque espece fait l’objet par la population riveraine et sur la place que ces ignames occupent en particulier dans leur alimentation.

– D’apres nos calculs, le Ovy a un indice d’utilisation de 100% dans les deux localites de notre etude. Il s’agit ici de l’igname sauvage la plus utilisee, la plus appreciee et la plus connue de tout le Menabe. Selon TERRIN (1998), la frequence de consommation du Ovy y est tres elevee. Ceci est du en particulier, si l’on se refere aux dires des paysans, a son gout un peu sucre et sa durabilite dans le ventre.

– Le Bako possede un indice d’utilisation de 86,44% a Beroboka et de 70,37% a Andranomena. C’est le deuxieme tubercule d’igname le plus utilise apres le Ovy. En fait, d’apres nos enquetes, les communautes d’Andranomena et de Beroboka ont un penchant plus marque pour le Bako, ce qui devrait donc justifier un indice de 100%. Il faut cependant noter que cette igname, a la difference du Ovy, est difficile a trouver et elle est meme reputee actuellement par sa rarete. C’est ce qui explique que l’indice d’utilisation soit inferieur a celui du Ovy. Diagramme des indices d’utilisation des ignames du Menabe à Andranomena et à Beroboka Notons enfin que le Ovy et le Bako sont les ignames les plus connues dans la region du Menabe et elles representent les especes les plus utilisees. Meme les enfants les connaissent et peuvent les deterrer quand le sol n’est pas encore assez dur et quand ils ne sont pas trop profondement enterres. Ces deux especes sont recherchees meme en dehors de la periode de soudure parce qu’elles sont veritablement appreciees par la population et que les paysans commencent a deterrer les tubercules en Mars, avant la periode de pleine maturite des tubercules qui se situe a partir du mois de Juin.

– L’indice d’utilisation de l’Antaly est nul a Andranomena et de 22,03% a Beroboka. Cette valeur est tres faible a cause de la tres longue et fastidieuse preparation dont le tubercule doit faire l’objet avant de pouvoir etre mange. C’est la raison pour laquelle les gens preferent utiliser d’autres types de tubercules plus faciles a preparer. De plus le gout amer que garde l’Antaly meme apres preparation le deprecie aux yeux des populations.

– Le Veoveo a un indice d’utilisation de 18,64% a Beroboka contre 0% a Andranomena. La cause de cette faible valeur est probablement due a la toxicite de cette espece et au manque de connaissance sur le mode de detoxification. Cette espece est beaucoup plus utilisee pour tuer les animaux indesirables et rarement utilisee comme nourriture. Il faut noter que l’Antaly et le Veoveo sont bien connus et utilises par les populations de Beroboka. Par contre, a Andranomena, les gens en ont seulement connaissance car ces deux ignames n’y poussent pas, c’est ce qui explique egalement les valeurs de l’indice d’utilisation de ces deux especes.

– En ce qui concerne l’Angily, l’indice d’utilisation est de 15,25% a Beroboka et 33,33% pour Andranomena. Bien que l’Angily soit connu dans les deux localites, elle figure parmi les ignames les plus faiblement utilisees car elle est difficile a trouver et possede aussi un gout amer. Selon les personnes enquetees c’est l’igname du dernier recours celle que l’on utilise quand il n’y a plus rien d’autre.

– L’indice d’utilisation des diverses sortes de Sosa et de Babo est proche de 70% dans les deux localites. Il s’agit de tubercules frequemment deterres et consommes. En effet etant donne les conditions du climat et la penurie d’eau que l’on observe dans la region, notamment pendant la saison seche qui correspond grosso modo a la periode de maturite des tubercules, les gens utilisent ces especes comme source d’eau pour se desalterer, mais egalement pour la cuisson des aliments. Ce sont les enfants et les gardiens de troupeaux qui sont les principaux recolteurs de ces ignames.

Mode de consommation et mode préparation des différentes sortes d’ignames Les ignames sauvages que nous avons recensees peuvent toutes etre consommees meme si certaines comme l’Antaly, l’Angily et le Veoveo necessitent une preparation prealable de detoxification.

– Ovy et Bako : Les preparations prealables a la consommation de ces deux ignames sont identiques. Toutes les deux se mangent cuites. Les tubercules sont epluches, puis laves. Ils sont ensuite decoupes en morceaux. Ces derniers sont ensuite mis a cuire jusqu’a ebullition dans de l’eau dont le niveau depasse celui des morceaux. Il faut noter que le temps de cuisson equivaut a celui de la patate douce. Quand les tubercules sont coupes en morceaux de 12 a 20 cm de long, la preparation obtenue apres cuisson est appelee ≪ sambaiky ≫. Quand les morceaux sont plus petits (de 2 a 4 cm de long) le plat est appele ≪ katokato ≫ et a la consistance d’une bouillie. Les deux preparations peuvent etre servies avec du poisson et du miel. Elles sont souvent consommees au moment des repas principaux comme aliment de base, mais peuvent etre utilisees comme en-cas. D’apres la majorite des personnes enquetees, le gout de ces deux ignames est meilleur que celui d’autres tubercules comme le manioc, la patate douce ou le taro, surtout quand elles sont accompagnees de miel.

– Antaly : L’Antaly se mange cuite mais elle demande un traitement prealable. Pour cela, le tubercule est pele et decoupe en petits morceaux de 0,5 a 1cm de long. Les morceaux sont ensuite seches 3 a 4 jours, puis places dans un sac en tissu et trempes dans l’eau courante d’une riviere pendant une semaine. Cette pratique correspond au rouissage que l’on observe aussi par exemple dans le traitement du manioc amer en Amerique. Il permet de debarrasser le tubercule des principes toxiques qu’il renferme et de lui enlever son amertume. Apres ce traitement, les morceaux de tubercules peuvent etre cuits et consommes. La cuisson ressemble a celle du ≪ katokato ≫ realise avec le Ovy. L’Antaly est utilisee comme plat de resistance et elle peut etre consommee par tout le monde.

– Veoveo : Le Veoveo se consomme cuit mais cette igname necessite aussi un traitement prealable avant d’etre consommee. La preparation est minutieuse et il y a deux facons de proceder : Premier cas : le tubercule est pele, lave, puis le coeur (le sommet du tubercule) est enleve (il s’agit de la partie epigee du tubercule a partir de laquelle se forme la tige). Cette extraction est necessaire car c’est la partie la plus toxique du tubercule. Sa differenciation avec le reste du tubercule se fait par le toucher (le coeur etant plus dur). Le tubercule est ensuite decoupe en morceaux. Ces derniers sont alors seches 3 a 4 jours au soleil. Les morceaux sont ensuite mis dans un sac, puis trempes dans l’eau courante d’une riviere pendant une semaine. Ils sont de nouveau seches et peuvent se conserver plusieurs mois sous cette forme avant d’etre consommes. Deuxieme cas : apres extraction du coeur du tubercule, ce dernier est pele, lave puis rape. Ensuite, on procede au rouissage jusqu’a ce que le gout amer disparaisse… Enfin, il est seche 3 a 4 jours au soleil, on obtient alors une farine avec laquelle on prepare du ≪ mofo ravina≫ (une sorte de gateau enveloppe dans des feuilles de bananier et cuit a la vapeur) ou de la bouillie. Le tubercule de Veoveo se mange comme gouter. Cependant, quand les paysans ne trouvent rien a manger pendant la periode de soudure, ils l’utilisent comme aliment de base. Les personnes qui consomment le Veoveo sont les adultes et les enfants de plus de 2 ans. Ces derniers n’en prennent qu’une faible quantite.

– Angily Le tubercule d’Angily se consomme cuit pendant la periode de soudure. Il n’est pas tres consistant du fait de sa teneur en eau tres elevee. La consommation de ce tubercule necessite une preparation prealable. D’abord, les tubercules peles sont laves, rapes ou tranches suivant leur longueur (15 a 20 cm de long et 0,1 a 0,5 cm d’epaisseur). Les morceaux de tubercules d’Angily sont seches au soleil pendant 2 a 3 jours afin d’en enlever l’amertume. Contrairement a la preparation de Veoveo et d’Antaly, le tubercule d’Angily n’a pas besoin d’etre trempe dans l’eau. Il semblerait donc que le principe amer de ce tubercule s’elimine par evaporation. Quand le tubercule est rape, on melange le produit obtenu avec de la farine de riz, puis on cuit le tout pendant une trentaine de minutes avec de l’eau pour obtenir une sorte de bouillie ressemblant a du tapioca. Quant aux tranches de tubercules, elles sont cuites directement dans l’eau a la maniere du manioc. Toutes les categories de gens peuvent consommer l’Angily, mais selon nos enquetes, on n’arrive pas a en manger en grande quantite a cause du gout particulier que revetent les preparations malgre le traitement prealable que l’on fait subir aux tubercules.

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Table des matières

INTRODUCTION
MILIEU D’ETUDE
I- Milieu physique
I-1 : Localisation geographique et rattachement administratif
I-2 : Climat
I-2-1 : Temperature
I-2-2 : Pluviometrie
I-2-3 Diagramme ombrothermique
I-2-4 : Humidite atmospherique
I-2-5 : Vent
I-2-6 : Insolation
I-3 : Evapotranspiration
I-4 : Topographie
I-5 : Geologie et pedologie
I-6 : Hydrographie
II- Milieu Biologique
II-1 : Flore et vegetation
II-2 : Faune
II-3 : L’Homme et ses activites
III-3-1 : Composition ethnique
III-3-2 : L’agriculture
III-3-3 : L’elevage
III-3-4 : Autres activites
METHODOLOGIE
I- Enquetes ethnobotaniques
II- Methode d’etudes biologique et anatomique
1- Description morphologique
2- Etude anatomique
3- Etude phenologique
III- Etude ecologique
1- Collecte des donnees
2- Parametres etudies
IV- Methode d’etude du sol
A- Collecte des echantillons de sol
B- Analyse des sols au laboratoire
1- Granulometrie
2- pH du sol
3- Dosage de carbone organique
4- Dosage des bases echangeables
5- Determination de la couleur du sol
V- Traitement des donnees
A- Determination d’indice d’utilisation des especes
B- Etude de la distribution des especes
1- Profils bruts
2- Profils elabores
3- Abondance relative
4- Entropie facteur lie a un descripteur et information mutuelle especedescripteur
RESULTATS ET INTERPRETATIONS
I- Enquetes ethnobotaniques
A- Recensement des especes d’ignames de la region d’etude
B- Indice d’utilisation des especes
C- Mode de consommation et mode de preparation des differentes especes
d’ignames
D- Autres utilisations des Dioscorea dans le Menabe
E- Les donnees economiques relatives aux ignames du Menabe
II- Description et determination des ignames recoltees dans le Menabe
A- Ovy
B- Angily
C- Antaly
D- Veoveo
E- Anjiky
F- Trengitrengy
G- Sosan-drano
H- Sosan’ala
I- Babo gasy
J- Babo menamionga
K- Bako
L- Ovy toko
III- Biologie des ignames du Menabe
IV- Etude ecologique
A- Presentation des sites d’etude
B- Distribution des especes selon leur abondance relative
C- Profils ecologiques des especes
1- Exigences ecologiques des especes
2- Information mutuelle espece-descripteur
3- Efficacite des descripteurs
DISCUSSION
I- Inventaire et utilisation des ignames
II- Morphologie, biologie, anatomie des ignames du Menabe
III- Ecologie des ignames
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES

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