En quoi la pomme, objet réel puis objet peint, devient-elle un objet de reflexion sur la peinture elle-meme ? 

L’art de peindre une pomme : la pomme comme sujet d’étude ou le principe de l’ « Imitatio » en art

Peindre une pomme n’est pas une tâche si aisée qu’on le croit. Et pourtant il s’agit là d’une étape, parmi tant d’autres, dans la formation d’un artiste. On pose une pomme devant lui et on lui demande de la copier afin qu’il comprenne au mieux l’imbrication de la lumière et du volume dans l’art de la représentation plastique d’une chose. Le clair-obscur rend compte de l’arrondi du fruit, qui se substitue alors facilement à la sphère, et encourage l’élève, l’apprenti, l’artiste en formation, à intégrer les principes fondamentaux du dessin et de la peinture à partir de l’objet le plus simple qui soit et un des plus faciles à trouver : la pomme.
Ainsi le fruit sert-il à éduquer à la fois l’œil et la main du jeune peint re, à l’inviter à appréhender le réel et à le restituer avec la plus grande exactitude possible. La pomme envahit les livres d’apprentissage car elle est accessible au plus grand nombre et revêt divers visages.
Les artistes veulent représenter la nature, la copier, l’imiter selon le principe platonicien. En effet, la pomme permet de répondre aux exigences de l’ « Imitatio » (ou mimèsis ) pour les peintres qui ont comme but de représenter la réalité ; elle est un sujet d’étude de choix. Rappelons que Platon, dans la République, dénonce l’art en tant que mensonge et illusion. Il y fait une critique de la peinture comme tekhnè génératrice d’illusion.

« Peindre une pomme, quoi de plus bête ! » ou comment la pomme réelle fait-elle place à la pomme peinte ? Les grands enjeux de la représentation au sein de la nature morte

Pourquoi peindre une pomme ? Il ne semble pas y avoir de sujet d’étude plus simple.
Et pourtant la réalité artistique est tout autre. C’est ce que semble nous révéler Odilon Redon lorsqu’il écrit dans son Journal intime les mots suivants : « L’art de peindre réside, pour qui sait peindre, dans une pomme, au coin d’une table. Peindre une pomme, quoi de plus bête ! Et cependant pour faire de cette donnée si simple quelque chose qui s’élèvera { la beauté, il faudra que la peinture y soit tout entière, solide, souple, riche et substance. » [Odilon Redon]
L’artiste montre comment la pomme, sujet d’étude apparemment simple, est en réalité un champ de bataille entre l’artiste et l’objet, un corps à corps qu’il effectue avec des objets trop souvent regardés mais si rarement contemplés, voire admirés. Peindre une pomme signifie beaucoup et Derain ira jusqu’à dire qu’il faut un orgueil démesuré pour limiter un tableau à la représentation de deux pommes et d’un couteau . Comment réaliser un tableau extraordinaire en prenant comme modèle un objet aussi ordinaire qu’une pomme, aussi délicieuse soit-elle ? Peut-être est-ce moins de l’orgueil que du talent qui se manifeste dans ce genre de représentations. C’est à travers le genre pictural de la nature morte que la pomme a pris son importance et a dépassé le statut de simple fruit issu de la nature et donc de la réalité. En effet, la peinture de pommes s’inscrit dans une tradition picturale beaucoup plus vaste que nous devons étudier afin de comprendre comment de la pomme réelle nous sommes passés à la pomme peinte ainsi que la nature des enjeux dans le choix d’une telle représentation.

Une tradition picturale : une brève histoire de la pomme en tant que sujet d’étude intemporel et universel dans la sphère artistique

Avant de nous intéresser à la pomme dans la peinture de Cézanne, Picasso et Magritte, nous devons d’abord tenter de comprendre pourquoi la pomme a une importance si grande dans l’histoire et comment elle a été considérée et représentée dans les siècles antérieurs. Il nous faut donc établir une petite étude rétrospective permettant de saisir tous les enjeux de notre question et évaluer les transformations apportées par Cézanne, dans un premier temps, puis par Picasso et Magritte, par la suite, à la représentation d’un tel objet. Pour mettre en relief une rupture il faut commencer par établir l’histoire et c’est pour cela que nous allons revenir sur celle de la pomme.
Du grec « mêlon », désignant alors la pomme et les autres fruits de forme et de taille voisines comme la grenade, la poire ou le coing, la pomme est devenue en latin « malum ». C’est ce glissement phonétique qui a entraîné un glissement sémantique et qui a fait de la pomme, non plus le terme métaphorique pour désigner les joues ou les seins d’une femme , mais celui pour désigner l’essence du mal. La pomme est devenue le fruit de la discorde et le fruit du péché originel de l’homme. On lui associe de nombreux mythes – les pommes d’or du Jardin des Hespérides ou le Jugement de Pâris par exemple –, de nombreuses figures – Adam et Eve, Isaac Newton et Guillaume Tell –, ainsi que de nombreuses questions essentielles comme l’immortalité, l’essence du Bien et du Mal, la recherche de la connaissance, la richesse, l’amour, la sexualité, la nourriture ou encore la santé. Ainsi la pomme est-elle un fruit parfaitement symbolique qui occupe alors une place de premier ordre sur la scène humaine et, de fait, dans le théâtre artistique. Guy Ducourthial, dans son ouvrage consacré à la pomme , établit un parallèle entre l’imprécision linguistique qui a eu cours dans la désignation de ce fruit et l’imprécision visuelle et formelle que l’on retrouve parfois dans la manière de le représenter. C’est pourquoi l’histoire de la pomme et de sa symbolique est indissociable de l’histoire de ses modes de représentation. En outre, la pomme est fréquemment représentée dans les œuvres sur le péché originel et dans l’iconographie mariale.

Histoire synthétique de la pomme dans l’art jusqu’à Cézanne

Comme nous venons de le voir, la pomme occupe une place prépondérante dans l’histoire symbolique et mythologique, justifiant ainsi son omniprésence dans la peinture de l’Antiquité à nos jours. En effet, les représentations au sein desquelles nous pouvons voir des pommes sont particulièrement nombreuses. On peut les distinguer en trois catégories principales : les scènes du péché originel, les scènes mythologiques et les natures mortes. La pomme y occupe des rôles différents ; tantôt sujet principal, tantôt sujet secondaire ; tantôt fruit délicieux, tantôt fruit défendu ; tantôt prise pour elle-même, tantôt prise comme symbole ; tantôt entière, tantôt coupée ou mangée… On ne peut énumérer toutes les œuvres dans lesquelles nous pouvons distinguer des pommes car la liste serait bien trop longue et le travail bien trop fastidieux. Toutefois nous pouvons citer quelques exemples marquants ayant jalonné l’histoire de l’art au cours des siècles. L’iconographie d’Adam et Eve a nourri l’œuvre de bien des artistes comme Albrecht Dürer  , Lucas Cranach ou encore Le Douanier Rousseau . De même, il existe d’abondantes scènes mythologiques où les pommes apparaissent. Outre les pommes figurant sur certains vases grecs , des scènes telles que le Jugement de Pâris ont été représentées en peinture. Rubens notamment a exécuté deux toiles ayant ce mythe pour thème principal. Nous pouvons également rappeler à notre mémoire visuelle toutes les œuvres d’art baroque dans lesquelles la mort est figurée par un squelette tenant dans la main une pomme. Sans compter les natures mortes qui laissent entrevoir quelques pommes négligemment ou soigneusement posées sur une table, à l’image des toiles de Siméon Chardin . Cette prolifération de la pomme en peinture pousse Michel Pastoureau à déclarer : « La pomme a tenté d’innombrables peintres, au point d’être probablement le végétal le plus souvent représenté dans la peinture occidentale » . Il est vrai que la pomme a attiré la plupart des artistes, a servi à leur formation et même au-delà mais cela signifie-t-il pour autant que peindre une pomme relève de la tradition artistique ? Pourquoi faire de la pomme un sujet d’étude ?

Qu’est-ce qu’un sujet d’étude ?

Notre étude consiste à comprendre comment s’est opéré, dans l’histoire de la peinture, le glissement de la pomme-sujet à la pomme-objet. Pour cela, il nous faut déterminer ce qu’est un sujet d’étude. Du latin « subjectum », le sujet désigne ce qui est soumis à l’esprit, à la pensée, ce sur quoi s’exerce la réflexion. C’est ce qui est représenté ou évoqué dans une œuvre plastique. Aussi la pomme fut-elle considérée pendant longtemps comme un sujet d’étude, c’est-à-dire un sujet d’observation pour l’artiste qui, ensuite, l’intégrait dans une composition plus complexe. Il s’agissait donc, la plupart du temps, d’un sujet d’étude qui ne se suffisait pas à lui-même mais servait pour d’autres thèmes et parfois à d’autres fins. Un peu comme l’intrigue dans un roman, le sujet doit être le cœur même du tableau ; ce qui tient le spectateur en alerte et ce qui le touche profondément. Le sujet est une question fondamentale dans l’histoire de la peinture comme en témoigne Roger de Piles, dans ses célèbres cours de peinture , ainsi que les autres membres de l’Académie royale de peinture. E n effet, tous les sujets ne se valent pas et sont déterminants dans l’appréciation d’une œuvre. Jusqu’à Cézanne, la pomme pouvait être un sujet d’observation idéal mais, en aucun cas, elle ne pouvait être le seul et unique sujet d’un tableau. Au Salon des Refusés (1863), on proclamait que le sujet d’un tableau avait plus d’importance que les éléments artistiques qui le composaient. Or Cézanne faisait partie des Refusés. C’est avec lui que la pomme fut prise pour elle-même et de sujet d’étude, elle devint sujet de tableaux. En faisant basculer le statut de la pomme au sein de ses œuvres, le maître d’Aix a participé à l’évolution du statut de la nature morte en peinture et à sa valorisation.

De la nature vivante à la « nature morte » : pomme peinte ou pomme feinte ? Retour sur le principe de la mimésis en art et sur l’histoire de la nature morte

La pomme peinte s’est substituée à la pomme réelle et de la nature vivante nous sommes passés à la « nature morte ». Entre la pomme peinte et la pomme feinte, il n’y a pas seulement une lettre de différence mais tout un arrière-plan intellectuel qui consiste à essayer de percer le mystère de la peinture et de son rapport avec la nature. Pourquoi représenter la nature ? De quelle manière ? Et surtout pourquoi appeler les tableaux représentant, le plus souvent, des objets pris dans la nature des « natures mortes » ? En représentant une pomme, l’artiste se place dans une tradition picturale indéniable remontant à l’Antiquité et, notamment, aux idées platoniciennes et aristotéliciennes.
Qu’est-ce que l’ « Imitatio » ? Réflexion autour de la peinture comme art de représentation. Peindre une pomme ou copier la nature. Aristote a proclamé que l’art imite la nature et permet donc un retour au réel. L’art est fait, pour le philosophe, à l’image de ce qui est, en continuité avec ce qui est. Cette vision réaliste de l’art ne va pas sans rappeler la fameuse légende du peintre Zeuxis selon laquelle les grains de raisin qu’il avait peints furent picorés par des pigeons vivants. Dans les ateliers, on se répète cette anecdote racontée par Pline : deux célèbres artistes grecs se jettent un défi pour savoir lequel sera le plus fidèle à la nature. Zeuxis peint alors des grappes de raisin avec tant de réalisme que les oiseaux viennent les picorer. Puis on va chez le concurrent, Parrhasios.
L’œuvre est dissimulée par un rideau. Zeuxis demande alors qu’on ouvre le rideau pour pouvoir juger l’œuvre. Mais le rideau était peint et Parrhasios est déclaré vainqueur. Si Zeuxis a trompé les oiseaux, son concurrent, lui, a trompé Zeuxis. Cette histoire apocryphe montre bien l’ambition des classiques : réaliser une peinture qui se confond avec le trompe-l’œil.
Peindre une pomme pour copier la nature, est-ce là le but essentiel de l’art ? L’ « Imitatio » a longtemps été enseigné comme l’un des principes fondateurs de l’art, depuis l’art antique jusqu’à l’art tel qu’il est enseigné à l’Académie royale de peinture. On définit la peinture comme la mimésis de la nature ou, à un degré d’illusion au-dessus que n’a pas manqué de définir Platon, comme la mimésis de la mimésis. Les artistes s’attachent donc à représenter le plus fidèlement possible la nature ou, du moins, les apparences de la nature ; tant et si bien que Roger de Piles définira la peinture de cette façon : « l’essence et la définition de la Peinture, est l’imitation des objets visibles par le moyen de la forme et des couleurs » . Les jeunes artistes doivent coller au plus près à la réalité et réussir ce que l’antique Zeuxis était parvenu à faire : donner l’illusion du réel . Certains peintres confèrent à leurs pommes un caractère extrêmement réaliste qui les rapproche de la conception aristotélicienne de l’art, et ce, encore au XIXe siècle. En effet, on peut penser aux natures mortes d’Antoine Berjon ou encore à celles d’Henri Fantin-Latour , au sein desquelles apparaissent parfois une ou plusieurs pommes. S’inscrivant dans une certaine tradition, leurs pommes peintes semblent presque être feintes et seul le ver manque pour que la réalité la plus crue soit totalement présente. Aussi réalistes soient-elles, leurs pommes sont des pommes choisies et disposées selon leurs subjectivités, appartenant ainsi au genre des « natures mortes ».

Le paradoxe de la nature morte : une composition donnant l’illusion d’un morceau de réel

En cherchant à imiter la nature, le peintre s’attache aux apparences rencontrées dans la réalité et fait alors surgir l’un des grands paradoxes de la peinture de nature morte : bien qu’entièrement composée, la nature morte se veut réaliste et donner au spectateur l’illusion du réel pris dans son immédiateté et dans son absolue simplicité. Quelques pommes négligemment posées, un torchon délicatement froissé, un couteau légèrement mis de biais sur un bout de table, dans un coin de cuisine, demandent, contrairement à ce que le peintre veut bien nous faire croire, une longue préparation et une composition rigoureuse. Hubert Comte nous rappelle que le peintre de natures mortes construit son motif et que, par conséquent, il faut voir la nature morte non comme un morceau de réel pris sur le vif mais comme une véritable mise en scène. Mais faut-il considérer pour autant la peinture de natures mortes comme une artificialisation du réel ? Les pommes que l’on retrouve au sein de natures mortes sont-elles réelles, réalistes, artificielles ou mensongères ?

Pourquoi peindre une pomme ? Les difficultés rencontrées par le peintre devant un tel modèle

La peinture de natures mortes répond à de nombreuses exigences et nous invite à nous interroger sur le rapport que le peintre entretient avec ce modèle si singulier. La pomme est alors, au sein de ce genre pictural relevant d’une certaine tradition, un modèle courant, voire omniprésent. Elle est tellement peinte que l’on peut se demander pourquoi. Quelles sont les raisons qui justifient que la pomme est sans cesse représentée ? Quels sont les intérêts et les attraits d’un tel modèle ?

Les caractéristiques physiologiques de la pomme et leurs attraits picturaux

Afin de comprendre pourquoi la pomme est à ce point représentée dans l’histoire de la peinture, il nous faut étudier sa forme, sa couleur, sa structure interne et externe…, un peu à l’image de l’artiste qui cherche à former son œil et à posséder, pour cela, toutes les données concernant l’objet qu’il s’évertue à peindre. Dans le Dictionnaire de l’Académie française (édition de 1798), la pomme est ainsi définie : « sorte de fruit à pépins, de forme ronde, bonne à manger ». La forme du fruit est donc particulièrement mise en avant et fait dire à Guy Ducourthial : « la pomme, par sa forme et par son volume, appartient à la très riche symbolique du cercle et de la sphère qui paraissent avoir représenté depuis la haute antiquité à la fois la perfection et la totalité » . La physionomie d’une pomme varie entre les espèces ; toutes les pommes ont des formes différentes, des tailles et des couleurs diverses ainsi que des textures pouvant aller du lisse au rugueux. Aussi trouve-t-on des pommes rouges, vertes, jaunes, marrons… offrant au peintre tout un panel de couleurs à exploiter au sein de sa toile.
Peu de fruits proposent une telle diversité, c’est pourquoi la pomme fut tant représentée. De forme généralement arrondie, voire parfaitement ronde pour certaines variétés, la pomme permet à l’artiste de jouer sur les contrastes de formes, de lumières et de volumes. De plus, la pomme est un fruit qui se détériore lentement et que l’on peut donc observer durant des journées entières. Elle est, de ce fait, un modèle docile et relativement durable. De même, elle intéresse les peintres par ses multiples états : la pomme entière, la pomme croquée, la pomme coupée ainsi que le trognon de pomme. Nous pouvons ajouter à cela le caractère bon marché de ce fruit qui, depuis le Moyen Age, est facile à acquérir et à conserver. Ne faisant l’objet d’aucune transaction importante ni d’aucun commerce à longue distance, ce fruit présente des avantages considérables.

 

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Table des matières

REMERCIEMENTS 
INTRODUCTION 
CHAPITRE I – L’ART DE PEINDRE UNE POMME : LA POMME COMME SUJET D’ETUDE
OU LE PRINCIPE DE L'”IMITATIO” EN ART
A- “PEINDRE UNE POMME, QUOI DE PLUS BÊTE !” OU COMMENT LA POMME RÉELLE FAIT-ELLE PLACE À LA POMME PEINTE ? LES GRANDS ENJEUX DE LA REPRÉSENTATION AU SEIN DE LA NATURE MORTE
1- UNE TRADITION PICTURALE : UNE BRÈVE HISTOIRE DE LA POMME EN TANT QUE SUJET D’ÉTUDE
INTEMPOREL ET UNIVERSEL DANS LA SPHÈRE ARTISTIQUE
RETOUR SUR L’ÉTHYMOLOGIE ET LA SYMBOLIQUE DU FRUIT
HISTOIRE SYNTHÉTIQUE DE LA POMME DANS L’ART JUSQU’À CÉZANNE
QU’EST-CE QU’UN SUJET D’ÉTUDE ?
2- DE LA NATURE VIVANTE À LA “NATURE MORTE” : POMME PEINTE OU POMME FEINTE ? RETOUR SUR LE PRINCIPE DE LA MIMÉSIS EN ART ET SUR L’HISTOIRE DE LA NATURE MORTE
QU’EST-CE QUE L’ “IMITATIO” ? RÉFLEXION AUTOUR DE LA PEINTURE COMME ART DE REPRÉSENTATION. PEINDRE UNE
POMME OU COPIER LA NATURE
DÉFINITION ET HISTOIRE D’UN GENRE : LA NATURE MORTE
LE PARADOXE DE LA NATURE MORTE : UNE COMPOSITION DONNANT L’ILLUSION D’UN MORCEAU DE RÉEL
3- POURQUOI PEINDRE UNE POMME ? LES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES PAR LE PEINTRE DEVANT UN TEL
MODÈLE
LES CARACTÉRISTIQUES PHYSIOLOGIQUES DE LA POMME ET LEUR ATTRAIT PICTURAL
PEINDRE UNE POMME POUR APPRENDRE À VOIR
LE PEINTRE ET SON MODÈLE DANS LE POÈME DE PRÉVERT
B- “LE MONDE EST UNE POMME” : LES NATURES MORTES DE CÉZANNE ET LE TOURNANT MODERNISTE DE LA PEINTURE
1- “CONQUÉRIR PARIS AVEC UNE POMME” : L’AMBISTION CÉZANIENNE OU LA CONSTRUCTION D’UN MYTHE
LA VIE DE CÉZANNE : UN PEINTRE ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ
LA POMME : UN OBJET QUI JALONNE L’ENSEMBLE DE SA VIE ET DE SA CARRIÈRE
LE RÔLE DES COLLECTIONNEURS ET DES MARCHANDS D’ART DANS LA DIFFUSION DE L’OEUVRE CÉZANIEN (LE PÈRE TANGUY ET AMBROISE VOLLARD EN PARTICULIER)
2- LES GRANDS PRINCIPES DE L’ART DE CÉZANNE : L’ÉMERGENCE D’UN VÉRITABLE “MONDE” D’ARTISTE
ÉTUDE DES PROPOS DE CÉZANNE : LE RAPPORT DU PEINTRE À LA NATURE
“EST-CE QUE CELA BOUGE UNE POMME ? “ : QUESTION DE L’IMMOBILITÉ, DE LA SPATIALITÉ ET DE LA TEMPORALITÉ DANS L’OEUVRE DE L’ARTISTE
CÉZANNE : LE “PEINTRE DE LA RÉALITÉ” DANS LE POÈME DE PRÉVERT ?
3- LA PLACE DE LA POMME DANS L’OEUVRE PEINT DE CÉZANNE : ANALYSE THÉMATIQUE, STATISTIQUE ET STYLISTIQUE
LA RÉCURRENCE D’UN MOTIF : CÉZANNE EST-IL VRAIMENT “LE PEINTRE DES POMMES” ?
LES DIFFÉRENTES MANIÈRES DE TRAITER UN MÊME SUJET : ANALYSE DE QUELQUES NATURES MORTES  MEYER SCHAPIRO ET L’ANALYSE PSYCHANALYTIQUE DES POMMES DE CÉZANNE
C- UNE POMME N’EST PAS UNE POMME : LA REMISE EN CAUSE DE LA PLACE PRÉPONDÉRANTE DU SUJET
EN PEINTURE OU LA LEÇON CÉZANIENNE
1- LES NATURES MORTES DE CÉZANNE SONT-ELLES DES CONSTRUCTIONS ESTHÉTIQUES PUREMENT FORMELLES ? MATÉRIALITÉ, FORME ET COULEUR DANS LA REPRÉSENTATION DES POMMES
COMMENT CÉZANNE COMPOSAIT-IL SES NATURES MORTES ?
LA QUESTION DE L’ART “PUR”
2- CE QUE LES POMMES DE CÉZANNE DONNENT À PENSER : HISTOIRE DE LA RÉCEPTION CRITIQUE ET DES DIVERSES INTERPRÉTATIONS DES NATURES MORTES CÉZANIENNES
LES TÉMOIGNAGES DES CONTEMPORAINS
TRAVAIL HISTORIOGRAPHIQUE : CE QUE NOUS RÉVÈLENT LES ÉCRITS DES HISTORIENS DE L’ART
3- CÉZANNE EST-IL LE “PÈRE DE LA MODERNITÉ” EN PEINTURE ?  L’HOMMAGE À CÉZANNE : UNE OEUVRE SIGNIFICATIVE
“IL ÉTAIT NOTRE PÈRE À TOUS” : LE RAPPORT DE LA JEUNE GÉNÉRATION À L’OEUVRE CÉZANIEN
CHAPITRE II – DE LA FORME A L’ESSENCE ET DE LA PROSAIQUE REALITE A LA PEINTURE : COMMENT LA POMME PEUT-ELLE DEVENIR UN OBJET D’ART
A- LA POMME OU L’ÉLOGE DE LA BANALITÉ : EN QUOI L’APPARENTE SIMPLICITÉ DE CET OBJET DU
QUOTIDIEN DONNE-T-ELLE UNE IDÉE DE L’AMPLEUR DE LA FORME DANS LE DOMAINE PICTURAL ?
1- L’IMPORTANCE DE L’OBJET DU QUOTIDIEN DANS L’ART MODERNE : LA NAISSANCE D’UNE ESTHÉTIQUE
NOUVELLE
L’INFLUENCE DES POÈTES : GUILLAUME APOLLINAIRE ET FRANCIS PONGE
PICASSO ET L’ART DE LA “RÉCUPÉRATION” : UNE MANIÈRE DE CHANGER NOTRE REGARD SUR LE QUOTIDIEN
RETOUR SUR LA DÉFINITION KANTIENNE DE L’ART : LA PEINTURE N’EST PAS LA REPRÉSENTATION D’UNE BELLE CHOSE MAIS LA BELLE REPRÉSENTATION D’UNE CHOSE
2- REPRÉSENTER, STYLISER, GÉOMÉTRISER, DÉSTRUCTURER : LA POMME PICASSIENNE DANS TOUS SES ÉTATS
LES NATURES MORTES CUBISTES (ANNÉES 1900-1910) : L’ÉCLATEMENT DE LA POMME
 SOURCES ET DÉFINITION DU CUBISME : UNE PEINTURE D’AVANT-GARDE
 ETUDE DES PROPOS DE BRAQUE ET DE DELAUNAY
 STYLISATION, GÉOMÉTRISATION ET DÉSTRUCTURATION : ANALYSE DES OEUVRES
LES NATURES MORTES DES ANNÉES DE GUERRE : LE RETOUR AUX TRADITIONS
LES NATURES MORTES TARDIVES
B- LA POMME COMME SYMBOLE D’UN CHANGEMENT AU SEIN DE L’HISTOIRE DE L’ART : UN OBJET ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ
1- LES POMMES D’UN SIÈCLE À L’AUTRE
PICASSO HÉRITIER DE CÉZANNE : L’ART DE LA CITATION OU L’ “HOMMAGE PAR CHOSIFICATION”
LES STEIN : DES PASSEURS ARTISTIQUES
ÉTUDE DES “PROPOS” DE PICASSO AU SUJET DE CÉZANNE : “IL ÉTAIT MON SEUL ET UNIQUE MAÎTRE”
2- “LA PROMENADE DE PICASSO” : DE L’ART POÉTIQUE À LA POÉTIQUE DE L’ART. QUAND L’ÉCRITURE POÉTIQUE VEUT SE FAIRE L’ÉCHO DE L’HISTOIRE DE L’ART
CONTEXTUALISATION DU POÈME ET MISE EN RELIEF DE LA RELATION PRÉVERT-PICASSO
CE QUE LE POÈME NOUS DIT DE L’ART PICASSIEN : ANALYSE SOUS L’ANGLE DU JEU ET DE LA RUPTURE
MISE EN PERSPECTIVE DES ENJEUX DE LA REPRÉSENTATION ET LIMITES
3- EN QUOI LA POMME EST-ELLE SYMBOLIQUE DE LA RUPTURE PICASSIENNE ?
DE LA “NATURE MORTE” À LA “NATURE VIVANTE” : LA QUESTION DE L’ANIMÉ ET DE L’INANIMÉ DANS LES NATURES MORTES DE PICASSO
COLLAGES ET NOUVEAUX MODES DE REPRÉSENTATION : LES GRANDES INNOVATIONS PICASSIENNES
FAIRE ENTRER LA RÉALITÉ DANS LA TOILE : L’EXEMPLE DU TABLEAU-RELIEF DE 1937
C- LA POMME PEUT-ELLE ÊTRE CONSIDÉRÉE COMME UN OBJET HERMÉNEUTIQUE AU SEIN DE LA PEINTURE MODERNE ?
1- VERS UN NOUVEAU SYMBOLISME DE LA POMME ?
RÉFLEXION SUR LES POSSIBLES INTERPRÉTATIONS DES TROIS POMMES QUI HANTENT L’OEUVRE DE PICASSO
LES LIMITES : PRIMORDIALITÉ DE LA FORME SUR LE SENS
2- POMME ET ÉROTISME DANS L’ART PICASSIEN
LA POMME N’EST PLUS SEULEMENT “SUJET” DE NATURES MORTES
LA POMME ET LA FEMME
LE BIOMORPHISME : EXEMPLE DE LA NATURE MORTE AU PICHET ET AUX POMMES
3- LA POMME RÉVÉLATRICE DES “TERRIFIANTS PÉPINS DE LA RÉALITÉ”
DE LA POMME ENTIÈRE À LA POMME COUPÉE
LA PEINTURE EST-ELLE UNE ANTI-MIMÉSIS ?
CHAPITRE III – DU TROMPE-L’OEIL AU “TROMPE-L’ESPRIT” : EN QUOI LA POMME, OBJET REEL PUIS OBJET PEINT, DEVIENT-ELLE UN OBJET DE REFLEXION SUR LA PEINTURE ELLE-MEME ? 
A- “CECI N’EST PAS UNE POMME” : L’IMPACT DE LA “RÉVOLUTION SURRÉALISTE” SUR LES MODES DE REPRÉSENTATION ET L’ÉMERGENCE D’UN ART PICTURAL QUI RÉFLÉCHIT SUR LUI-MÊME
1- LES GRANDS PRINCIPES DU SURRÉALISME ET LEURS CONSÉQUENCES SUR LA REPRÉSENTATION
QU’EST-CE QUE LE SURRÉALISME ? ANDRÉ BRETON COMME INTERMÉDIAIRE ENTRE PICASSO ET MAGRITTE
MAGRITTE : UN SURRÉALISTE À PART ?
ANALYSE DES ÉCRITS DE MAGRITTE
2- LA PLACE DE LA POMME DANS L’OEUVRE DE MAGRITTE : ANALYSE THÉMATIQUE ET STYLISTIQUE
QUELLE RELATION ENTRE MAGRITTE ET PICASSO ET CÉZANNE ?
LES DIFFÉRENTS TYPES DE POMMES DANS LES TABLEAUX DE L’ARTISTE
LA POMME “TRADITIONNELLE”
LA POMME PÉTRIFIÉE
LA POMME MASQUÉE
LA POMME DÉMESURÉE, HYPERTROPHIÉE
LA POMME FLOTTANTE
3- LA POMME ET SON IMAGE : QU’EST-CE QUE LA REPRÉSENTATION SELON MAGRITTE ?
LA QUESTION DE LA RESSEMBLANCE : LA PEINTURE OBJECTIVE DE LA POMME
ANALYSE DU TABLEAU “CECI N’EST PAS UNE POMME” AU REGARD DE L’OUVRAGE DE FOUCAULT SUR “CECI N’EST PAS UNE PIPE” : DU TROMPE-L’OEIL AU “TROMPE-L’ESPRIT” ?
UNE PEINTURE POÉTIQUE : “FAIRE HURLER LES OBJETS LES PLUS FAMILIERS”
B- DÉTOURNEMENT DE L’OBJET : LA POMME COMME “JEU” PICTURAL
1- DE L’ORIGINALITÉ DU BANAL : L’INCONGRUITÉ DES ASSOCIATIONS ET LES ENJEUX DE LA DÉFAMILIARISATION
UN TABLEAU DOIT ÊTRE “BEAU COMME LA RENCONTRE FORTUITE SUR UNE TABLE DE DISSECTION D’UNE MACHINE À COUDRE
ET D’UN PARAPLUIE” : L’ART DU DÉCALAGE CHEZ MAGRITTE
LES DIFFÉRENTES STRATÉGIES DE DÉFAMILIARISATION
LE DÉPLACEMENT
LE REDOUBLEMENT
L’ISOLEMENT
LA MÉTAMORPHOSE
LA DÉNOMINATION FAUTIVE
RÉINVESTIR LE MONDE EXISTANT POUR METTRE À MAL L’ÉVIDENCE DES APPARENCES : L’ÉTRANGETÉ D’UNE POMME
2- LE “DÉTOURNEMENT” HUMORISTIQUE ET IRONIQUE D’UN OBJET QUI NE SE PREND PAS AU SÉRIEUX : UNE VISION INSOLITE DE LA POMME
LE CHOIX DÉTERMINANT DES TITRES : LE JEU DES ASSOCIATIONS
MAGRITTE : LE MAÎTRE DE L’IRONIE EN PEINTURE ?
LE LUDISME DE LA PEINTURE MAGRITTIENNE
3- LE MYSTÈRE DE LA POMME OU LE JEU DU VISIBLE, DE L’INVISIBLE ET DU VISIBLE CACHÉ
LE MYSTÈRE DE ET DANS LA PEINTURE MAGRITTIENNE
ETUDE DU FILS DE L’HOMME ET DE LA GRANDE GUERRE
C- VERS UNE DÉMATÉRIALISATION DE LA POMME ?
1- QUAND LA POMME SE FAIT PERSONNAGE : DE LA RÉIFICATION DES ÊTRES À L’HUMANISATION DES
CHOSES
LA DÉMATÉRIALISATION DE LA POMME
LE VISAGE ET LA POMME
UNE PEINTURE QUI PRODUIT L’OBJET ? LA POMME-OBJET OU LA PEINTURE EN TANT QUE CRÉATION
PURE D’UNE AUTRE RÉALITÉ
LA CONSTITUTION D’UNE UNITÉ PICTURALE INÉDITE
LES ENJEUX DE LA CRÉATION
CONCLUSION 
BIBLIOGRAPHIE

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