Éléments théoriques sur l’entrepreneuriat

L’entrepreneuriat est considéré comme étant l’un des leviers stratégique pour la création des emplois et des richesses au niveau d’une nation. L’entrepreneur, figure emblématique de la théorie Schumpétérienne, est un individu innovateur et moteur de la croissance économique. Partant de là, plusieurs pays voient dans l’encouragement à la création des petites et moyennes entreprises une voie stratégique prometteuse pour doper de manière permanente le tissu entrepreneurial. Le Maroc n’en est pas en reste. Des politiques d’accompagnement et d’appui à la création de PME et de TPE ont été mises en place durant la première décennie des années 2000 . Les diplômés de l’enseignement supérieurs, de la formation professionnelle et les bacheliers sont la principale cible.

Le début de cette première décennie marque aussi un changement radical dans l’enseignement supérieur et plus particulièrement dans l’enseignement de l’entrepreneuriat et l’intégration des modules de création d’entreprises dans pratiquement tous les enseignements universitaires alors qu’ils se limitaient aux écoles de commerce et de gestion avant la mise en place de la réforme  . De même la recherche sur l’entrepreneuriat et les méthodes pédagogiques de son enseignement sont en phase de gestation. Il semble donc important d’œuvrer pour rendre le dispositif universitaire plus performant en termes de sensibilisation, de formation et d’accompagnement des jeunes porteurs d’idées de projets. L’accent doit être mis essentiellement sur les attitudes à l’égard de la création d’entreprise, les aptitudes entrepreneuriales et l’intention des étudiants à rendre leur comportement plus performant. Toutefois et contrairement à d’autres pays, rares sont les recherches ou études qui ont permis, à notre connaissance, d’examiner l’intention entrepreneuriale des étudiants universitaires au Maroc (Boussetta 2003). L’Observatoire Internationale de l’Intention Entrepreneuriale des Etudiants ne fait référence à aucune recherche sur le cas du Maroc contrairement à ses voisins arabes (Tunisie, Algérie et Mauritanie). De même le rapport de Global Entrepreneurship Monitor ne fait aucune référence à l’entrepreneuriat et les activités entrepreneuriales au Maroc. Le présent article consiste à présenter les résultats d’une recherche menée auprès de 302 étudiants de licence, de master (Bac+4 et Bac+5) ainsi que les étudiants ingénieurs appartenant aux établissements universitaires marocains.

Eléments théoriques Sur l’entrepreneuriat

L’approche globale tente d’apporter une compréhension générale du phénomène entrepreneurial à travers une analyse de ces divers niveaux. La multiplicité de ses manifestations fait qu’il est très difficile de cerner un tel phénomène transversal et complexe et explique la grande diversité des recherches en entrepreneuriat privilégiant cette première approche . A la suite de Julien et Marchesnay (1992) et Verstraete (1994, 1999,2000), on peut considérer l’entrepreneuriat comme un phénomène qui combine deux niveaux d’analyse indissociables et ayant une relation dynamique et dialectique: L’entrepreneur et son organisation qui se définissent mutuellement. Trois dimensions ont été mises en avant dans ce cadre :

– La dimension cognitive: Elle comprend trois composantes dont en premier lieu, la pensée stratégique qui constitue une réflexion globale sur l’organisation et une vision considérée comme étant un futur souhaité et réalisable par l’entreprise.

Dans ce sens, Kar/Weick a proposé un modèle qui lie l’entrepreneur et l’organisation en expliquant l’action d’organiser par l’engagement de l’individu/entrepreneur tout en mettant en scène un réel engagement à travers notamment une mobilisation des ressources qu’il transforme créant ainsi un contexte qui le contraint dans ses actions subséquentes. Il y a en deuxième lieu, la réflexibilité qui correspond à la capacité de l’individu à interpréter, comprendre et à apprendre dans son action. Ainsi l’action doit guider la pensée et celle –ci la sert également. Cette réflexibilité est ainsi fortement liée à l’apprentissage et à la pensée stratégique qui est enrichie en permanence par le vécu quotidien de l’entrepreneur.

En troisième lieu, l’apprentissage qui provient de l’accumulation des connaissances et des expériences, du vécu des motivations ainsi qui des capacités intrinsèques de chacun. Les sciences de gestion distinguent entre l’apprentissage en bouche simple dans laquelle la situation rencontrée provoque un processus répandu et actif et une bouche double dans laquelle la situation conduit à une remise en cause des logiques   et hypothèses sous-jacentes à l’action lorsque l’individu fasse un certain raisonnement.

– La dimension structurale : A la suite des travaux de Berger et Luckman (1986) et ceux de Burdieux (1987) on peut affirmer que cette dimension se compose de deux types de structures :

*La structure objective : C’est ce que Bourdieux. P (1987) appelle la genèse sociale qui est le produit de l’existence auto logique et sociale de l’agent social. Elle est fonction de sa position dans cet espace, ce qui produit ainsi de différences de vue entre les hommes.

Cette dimension façonne et contraint les pratiques et les représentations des individus, par conséquent, elles ne se sont pas du tout neutres par rapport à leurs observations et aux informations vécues. La position occupée par une personne dans un espace social déterminé est une grande opportunité d’appréhension de ses conventions et d’intronisation de ses représentations sociales.

*La dimension subjective qui est la résultante de la subjectivité individuelle ou collective dans le sens notamment où les individus érigent des frontières artificielles autour de leurs environnements afin de leur donner une certaine intelligibilité. Ainsi par exemple, même s’il n’y a pas de véritable définition juridique de l’entreprise4 le droit trace certaines frontières et érigent quelques règles de cette organisation en matière de propriété, de responsabilité, de gestion…

Ces règles institutionnalisées par le biais de conventions et de contrats permettent aux acteurs de réguler leurs relations. Cette structure subjective signifie l’existence d’un univers conventionnel ainsi que des représentations sociales régissant le comportement des différents acteurs (banquiers, fournisseurs…) pour lesquelles l’adhésion peut être volontaire ou involontaire, consciente ou inconsciente.

Ces deux composantes sont fortement liées entre elles et entretiennent une relation dialectique. Les représentations sociales, les conventions et les contrats constituent l’essence de cette liaison. L’entrepreneur se positionne au sein de ses structures en initiant son organisation dans le tissu social.

– La dimension praxéologique: qui à travers ses diverses facettes représente l’essentiel de la matérialisation et de la concrétisation du phénomène entrepreneurial à travers deux catégories d’action :

* Les positionnements de l’entrepreneur au sein de ses différents environnements. Son placement se fait par rapport à ses concurrents, mais aussi vis-à-vis des parties prenantes effectives ou potentielles de son entreprise appelées stackholders. Ceux-ci attendent de la valeur de l’entreprise (les fournisseurs des commandes, les clients des services, les salariés des rémunérations…).

Dans l’objectif d’initier et de développer son projet l’entrepreneur va tenter d’atteindre ses aspirations en essayant d’accéder aux trois types de capital  : Le capital financier (argent, ligne de crédit…), le capital humain (compétences, charme…) et le capital social (relations avec les autres acteurs). Ce dernier joue un rôle essentiel plus que toute relation sociale qui pourrait élargir le capital de l’entrepreneur en accédant aux espèces de capital des autres .

La mise en place d’une configuration organisationnelle qui s’avère indispensable pour produire ce qui est attendu par les espaces sociaux dans lesquels l’entrepreneur s’insère. Elle peut s’agir soit d’une contrainte dans le cas d’une crise de leadership quand l’entrepreneur fait ce qu’il peut seul, ce qui ne lui permet pas de relever les défis de la croissance. Il peut soit représenter une opportunité lorsque l’entrepreneur conduit son organisation vers sa réussite qui est supposée être sa croissance.

Afin d’optimiser le positionnement par rapport aux différents acteurs et avec la croissance de l’entreprise, la spécialisation devient nécessaire avec un service GRH, un service marketing, un service financier…. Il s’agit de tout ce qui concerne les stratégies fonctionnelles et organisationnelles qui permettent d’aboutir à des résultats satisfaisants pour chaque partie prenante. Les positionnements renvoient ainsi aux activités de marketing, mais aussi aux éléments de stratégie (analyse concurrentielle) et aux politiques fonctionnelles, (achats, finance…). A partir d’une certaine croissance de l’organisation, l’entrepreneur tisse des relations durables avec toutes les parties prenantes de toutes les spécialisations avec des répartitions des tâches des modes de régulation ….L’inter action entre ces multiples dimensions renvoie aux questions relatives au système d’information, au contrôle, au management stratégique..

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Table des matières

INTRODUCTION GÉNÉRALE
CHAPITRE1: L’APPROCHE GLOBALE
1: Éléments théoriques Sur l’entrepreneuriat
2: L’entrepreneuriat des jeunes
2.1- Le jeune entrepreneur et son rôle
2.2- Les jeunes entrepreneurs au Maroc
CHAPITRE 2: STRATÉGIE PUBLIQUE DE PROMOTION ET D’ACCOMPAGNEMENT DES JEUNES ENTREPRENEURS AU MAROC
1: Sources de vulnérabilité de l’entrepreneuriat des jeunes au Maroc
2: La stratégie publique d’accompagnement financier de l’entrepreneuriat des jeunes au Maroc
CHAPITRE 3: L’EXPÉRIENCE DU PROGRAMME “MOUKAWALATI”
1: Objectifs généraux du programme
2: Sélection des jeunes entrepreneurs potentiels
3: Conditions d’éligibilité et dispositif financier du programme
4: Structures de pilotage et de suivi du programme
5: L’organisation institutionnelle
6: L’accompagnement des porteurs de projets
7: Résultats globaux du programme
CHAPITRE 4: STATISTIQUES SUR L’INTENTION ENTREPRENEURIALE DES ÉTUDIANTS UNIVERSITAIRES AU MAROC ET SUR LA CREATION DES ENTREPRISES
1: Enquettes sur la création des entreprises
2: l’intention entrepreneuriale des étudiants universitaires au Maroc
CHAPITRE 5: LES CONTRAINTES DE CRÉATION
1:Quels sont les obstacles rencontres par les jeunes qui souhaitent créer leur propre entreprise?
2: Tous les jeunes rencontrent-ils les mêmes obstacles?
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE

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