Eléments d’evaluation du programme alimentation en eau

La Région Androy couvre 43.000 km2 sur les 72.000 km2 constituant la totalité des régions du Sud. Bien avant les théories sur les changements climatiques, la pluviométrie moyenne de l’Androy ne dépasse pas 400 mm (Battistini R., 1965). Privée des vents humides de l’Est à cause de la chaîne de l’Anosy , la Région ne reçoit que des vents chauds et secs dont celui du Sud, le tiomena, qui contribue encore plus à assécher fortement la zone. L’Androy connaît un problème chronique et sévère de disponibilité et d’accessibilité en eau : source de maladies, d’insécurité alimentaire chronique, d’exode forcée, de dégradation de la capacité de production agricole, en somme une source d’aggravation de la pauvreté.

La consommation en eau des habitants de l’Androy est estimée entre 3 et 6 litres par jour et par personne (Morlat, 2008) si la recommandation minimale de l’Organisation Mondiale de la Santé est de 20 litres d’eau par jour et par personne. Ces dernières années, on observe en plus une diminution significative de l’intensité des précipitations dans l’extrême Sud de la zone littorale. L’Alimentation en Eau dans le Sud (AES) a commencé en 1980 en tant qu’opération. Les investissements à outrance ont marqué la première décennie de son existence avec des résultats assez mitigés. Les impluviums n’ont pas apporté les résultats escomptés. Au débuts des années 1990, la famine s’est révélée au grand jour sous le nom de KERE, un terme en dialecte local qui signifie « aride », l’aridité étant la cause des famines répétitives dans ces régions. Le mot KERE est devenu synonyme de grande famine.

Concepts et Etat de l’art

L’évaluation

Il existe un grand nombre de définitions de l’évaluation, cela traduit la réalité qui lui permet d’avoir une grande diversité de démarche. L’évaluation a un sens assez large. Elle englobe les examens périodiques auxquels procède l’équipe de direction, tout comme des interventions à appellation précise effectuées à des dates fixes, L’évaluation ex ante qui est effectuée avant la réalisation du projet, l’évaluation à mi-parcours, l’évaluation terminale et l’évaluation rétrospective (Casley et Kumar, 1987). Par contre, la Banque mondiale (2008) définit l’évaluation comme étant « une mesure, aussi systématique et objective que possible, des résultats d’un projet, d’un programme ou d’une politique en vue de déterminer sa pertinence, et sa cohérence, l’efficience de sa mise en œuvre, son efficacité et son impact ainsi que la pérennité des effets obtenus ». Enfin pour Neu (2001), « évaluer, c’est apprécier la qualité pour faciliter la décision ».

Ces trois définitions prises individuellement restent incomplètes mais ensemble, elles traduisent avec une plus grande fidélité la réalité de l’évaluation dans sa pratique et sa finalité. Le but d’une évaluation est d’analyser les effets d’un programme et de porter un jugement. Ce jugement s’articule autour d’une palette de critères : Nous avons retenu les critères du Comité d’Aide au Développement de l’OCDE « CAD ». Les Cinq critères recommandés par le CAD font référence dans le domaine du développement : Pertinence, Efficacité, Efficience, Impact, Viabilité.

La pertinence
Mesure selon laquelle les objectifs de l’action correspondent aux attentes des bénéficiaires et aux besoins du territoire. La pertinence concerne la valeur ajoutée du projet. Sa mise en oeuvre est-elle motivée ?

La pertinence d’un projet repose principalement sur sa conception. Elle concerne la mesure dans laquelle les objectifs envisagés par le projet répondent correctement aux problèmes identifiés ou aux besoins réels. La pertinence doit être évaluée tout au long du cycle du projet. Dans l’hypothèse où des changements se produiraient tant au niveau des problèmes initialement identifiés, que du contexte (physique, politique, économique, social, environnemental ou institutionnel), une mise au point ou une nouvelle orientation devrait être donnée. La pertinence concerne l’adéquation du projet avec les problèmes à résoudre à deux moments donnés : lors de sa conception et lors de son évaluation.

L’efficacité
L’efficacité décrit la réalisation des objectifs. C’est la comparaison entre les objectifs fixés au départ et les résultats atteints : d’où l’importance d’avoir des objectifs clairs au départ. L’intérêt est de mesurer des écarts et de pouvoir les analyser.

L’efficience
L’efficience concerne l’utilisation rationnelle des moyens à disposition et vise à analyser si les objectifs ont été atteints à moindre coût (financier, humain et organisationnel). Le critère d’efficience mesure la relation entre les différentes activités, les ressources disponibles, et les résultats prévus. Cette mesure doit être quantitative, qualitative et doit également porter sur la gestion du temps et du budget. La question centrale que pose le critère d’efficience est « le projet a-t-il été mis en œuvre de manière optimale ? » Il pose la question de la solution économique la plus avantageuse. Il s’agit donc de voir si des résultats si des résultats similaires auraient pu être obtenus par d’autres moyens, à un coût moins élevé et dans les mêmes délais.

L’impact
L’étude de l’impact mesure les retombées de l’action à moyen et long terme, c’est l’appréciation de tous les effets, du projet sur son environnement, effets aussi bien positifs que négatifs, prévus ou imprévus, sur le plan économique, social, politique ou écologique. C’est l’ensemble des changements significatifs et durables dans la vie et l’environnement  des personnes et des groupes ayant un lien de causalité direct ou indirect avec le projet. L’impact porte sur les relations entre le but (ou l’objectif spécifique) et les objectifs globaux du projet. En d’autres termes, l’impact mesure si les bénéfices reçus par les destinataires ciblés ont eu un effet global plus large sur un plus grand nombre de personnes dans le secteur, la région ou le pays dans son ensemble. Cette analyse devra dans la mesure du être aussi bien quantitative que qualitative.

La durabilité (pérennité, viabilité)
Le cinquième critère, la durabilité (ou encore pérennité ou viabilité), vise à savoir si les effets du programme perdureront après son arrêt. C’est l’analyse des chances que les effets positifs de l’action se poursuivent lorsque l’aide extérieure aura pris fin. La viabilité, permet de déterminer si les résultats positifs du projet (au niveau de son objectif spécifique) sont susceptibles de perdurer une fois taris les financements externes. Viabilité financière mais aussi opportunité de reproduire ou généraliser le programme à plus grande échelle.

Le multiplicateur Keynésien 

Le « multiplicateur Keynésien » est également appelé « multiplicateur d’investissement ». La théorie du multiplicateur établit qu’un investisssement additionnel produit un effet démultiplié sur le niveau de la production et de l’emploi. Ce qui nous intéresse ici en tant qu’évaluation d’impact est l’effet sur l’emploi On peut aisément démontrer, dans un cadre de réflexion keynésien que ,

Variation Emploi = k x Variation de l’investissement

Le multiplicateur d’investissement a longtemps été considéré comme la justification théorique des politiques de relances menées par l’Etat. Cette théorie suggère que le moyen d’intervention publique le plus efficace consiste en l’investissement public financé par l’emprunt (la création monétaire).

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Table des matières

Introduction
1 Concepts et Etat de l’art
1.1 L’évaluation
1.2 Le multiplicateur Keynésien
1.3 Le changement climatique
1.4 L’économie d’échelle
2 Matériels et Méthodes
2.1 Matériels
2.2 Méthodes
3 Résultats
3.1 Pertinence et éfficacité
3.2 Efficience
4 Discussions et Recommandations
4.1 Discussions
4.2 Recommandations
Conclusion
Bibliographie
Liste des Annexes

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