Dynamique vegetale de la foret des MIKEA

Madagascar est un pays riche en biodiversité et est classé parmi les dix premiers de « hot spot » de la biodiversité avec un taux d’endémisme très élevé (Myers, 1998 ; PNAE, 2003, Mittermeier et al., 2004). Le nombre d’espèces végétales est estimé à 12 000 dont 90 % sont endémiques et 96% d’espèces d’arbres et de grands buissons sont endémiques (Schatz, 2000). Toutefois, cette richesse d’une valeur inestimable est menacée par diverses perturbations telles que la culture sur brûlis, l’exploitation illicite des ressources forestières, l’exploitation minière, les cataclysmes naturels (cyclones, inondation, sécheresse…) ; ce phénomène touche l’ensemble de pays tropicaux (Jepson et al., 2001; Laurance et al., 2004). En effet, la réduction de la couverture forestière est l’un des faits les plus marquants de la dégradation de l’environnement à Madagascar qui a perdu 236 560 ha de forêts entre les années 2000 et 2005 avec un taux de déforestation de 0.53% par an (MEFT, USAID, CI, 2009). La culture itinérante sur brûlis qui est le système de culture prédominant est la cause principale de cette diminution de la couvertue forestière (Raharimalala et al., 2010 ; De Wilde et al., 2012).

La situation est particulièrement grave dans le Sud-ouest de Madagascar où le taux de dégradation des ressources forestières de la région Atsimo Andrefana a été plus important par rapport à l’ensemble de Madagascar (1,19% contre 0,83%) entre 1990 et 2000 (MEFT, USAID, CI, 2009). Pour la forêt de Mikea, Lasry et al., (2004) ont rapporté que la surface défrichée a été de 69,72 km² entre 1999 et 2001 soit une vitesse annuelle de 34 km². La culture sur abattis-brûlis ou Hatsaky pratiquée depuis les années 1970 dans la forêt dense sèche de Mikea (Blac Pamard, 2001) a changé complètement le paysage. Actuellement, cette zone se présente comme une mosaïque de fragments de forêt, d’une grande étendue d’abandons culturaux, de champs de culture de Vigna unguiculata ou lojy, manioc, maïs, coton] et de savanes.

DESCRIPTION DE LA ZONE D’ETUDE 

La forêt des Mikea se trouve au nord de la ville de Toliara, dans la partie Sud-ouest de Madagascar. Ses limites au Sud est la rivière Manombo, au Nord la ville de Morombe, à l’Est la route nationale n°9 (RN9) et enfin à l’Ouest, le canal de Mozambique. Elle occupe une vaste pénéplaine littorale de 180 km sur 75 km environ ONE (2000).

Localisation de la zone d’étude

Notre zone d’étude se situe aux environs du village d’Analabo aux abords de la forêt de Mikea à l’Ouest d’Ampasikibo (S22°31’55’’, E43°38’8’’) et d’altitude de 150m, village situé à 100 km au nord de Toliara, dans la commune d’Analamisampy .

Climat

La forêt des Mikea est située dans la zone semi aride de la région Ouest selon la classification de Thornthwaite appliquée à Madagascar (Salomon & Hoerner, 1980), avec une pluviosité entre 600 à 800 mm d’eau en moyenne par an et des températures relativement basses Marchal et Dandoy (1972). D’après la classification de Morat (1969); Cornet (1976) la région du Sud-ouest de Madagascar est soumise à un climat chaud et sec. Ce climat est caractérisé par une longue saison sèche environ 7 à 8 mois par an avec une saison de pluie située en général entre le mois de novembre et le mois de février.

Selon Morat (1969) cette région existe deux types de bioclimat :
❖ le type semi aride, pour l’ensemble des zones à l’intérieur, caractérisé par une pluviosité annuelle entre 500-900 mm d’eau dont plus de 70 % de précipitations s’observent pendant la période chaude et humide allant du mois de décembre jusqu’au mois de mars avec une température moyenne annuelle comprise entre 23°C et 24°C ;
❖ le type subaride caractérisé par une pluviométrie annuelle inférieure à 500 mm d’eau avec une valeur moyenne annuelle oscillant autour de 350mm d’eau et une légère augmentation de température.

Bien que la région des Mikea fasse partie du domaine du Sud, elle reçoit une précipitation de 500 mm d’eau, une valeur maximale reçue par cette partie de l’île Humbert (1959). De ce fait, on peut conclure que le bioclimat de cette région est du type semi-aride. Les vents dominants, du secteur Ouest, Sud-ouest, appelés vent du sud ou «tsiokantimo» influent également dans la région des Mikea et ils sont surtout très forts sur les zones littorales. Ce type de vent dominant peut avoir une vitesse moyenne mensuelle de 12-15 km/heure, il est très violent de juillet en novembre et souffle principalement l’après-midi (Thomasson, 1991).

Végétation

En général, l’aspect et le type de la végétation est en relation avec les facteurs édaphiques et climatiques de la région. D’Est en Ouest, au fur et à mesure que les précipitations diminuent, on passe de la forêt dense sèche au bois fourré, avec toutes les étapes transitoires (Dina et Hoerner, 1976).

D’Ampasikibo à l’Est de la forêt vers l’Ouest à Salary (sur la côte), les différentes formations végétales sont :
• les savanes boisées et des savanes herbeuses situées entre les villages d’Ampasikibo et Analabo
• les recrûs forestiers qui sont des parcelles mises en jachère se trouvant à l’Ouest du village d’Anjabetrongo.
• la forêt dense sèche décidue qui est une formation d’une potentialité écologique très importante avec un taux d’endémicité élevé. C’est sur ce type de forêt se développant sur le sable roux que s’établit la culture sur abattis-brûlis et le sol est favorable à la culture du maïs.
• le fourré xérophile qui est une formation végétale adaptée au climat chaud et sec. Il se trouve du coté du village de Salary à l’Ouest.

Pédologie

Plusieurs facteurs peuvent intervenir dans la formation des sols : la nature de la roche mère, le climat, la végétation et le temps (Sourdat, 1972). Il existe 4 types de sol que l’on peut rencontrer dans la région sud ouest de Madagascar :

• les sols minéraux bruts qui se trouvent souvent dans les zones très accidentées où la roche mère est mise à nu.
• les sols peu évolués d’apport alluvial (baiboho) qui sont localisés dans la dépression du couloir d’antseva.
• les vertisols ayant de bonnes propriétés chimiques mais en revanche, ils sont médiocres du point de vue physique, et de couleur sombre.
• Les sols hydromorphes qui occupent les bas fons et contiennent de forte teneur en matière organique.

Plus particulièrement dans notre zone d’étude, Leprun (1998) a distingué quatre types de formations sableuses dunaires de la côte vers l’intérieur (entre Salary à l’Ouest et Ampasikibo à l’Est) autrement dit des plus récentes au plus anciennes :
• les plus récents sont les sables blanc beiges calcaires, d’origine marine ; la végétation est un fourré à Euphorbia stenoclada et à Didierea madagascariensis ;
• viennent ensuite les sables roux clairs non calcaires avec un faible taux d’argile 5%, probablement d’origine éolienne et la végétation est un fourré à Didierea madagascariensis ;
• ensuite, on trouve les sables roux siliceux avec un taux d’argile entre 5 et 10%, d’origine éolienne sur lesquels s’installe une forêt à Didierea madagascariensis ;
• les plus anciens sont les sables roux rouge et rouge siliceux ayant un taux d’argile entre 10 et 15%, probablement d’origine fluvio-eolienne, portant une forêt dense sèche décidue haute à Commiphora grandifolia – Adansonia fony – Euphorbia laro.

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Table des matières

I. INTRODUCTION
II. DESCRIPTION DE LA ZONE D’ETUDE
II.1 Localisation de la zone d’étude
II.2 Climat
II.3 Végétation
II.4 Pédologie
II.5 Hydrologie
II.6 Systèmes d’exploitation
II.6.1 Agriculture
II.6.2 Elevage
II.6.3 Exploitation forestière
II.6.4 Cueillette
II.7 Population
III. METHODOLOGIE
III.1. Recherche bibliographique
III.2. Choix de site et des parcelles
III.2.1 Chronoséquence étudiée
III.2.1.1 Historique des parcelles
III.2.1.2 Physionomie des 7 parcelles
III.2.2. Inventaire floristique
III.2.2.1 Paramètres mesurés
III.2.2.2 Etude du peuplement ligneux
III.2.3. Mesure de phytomasse
III.2.3.1. Terminologie
III.2.3.2. Méthodes de mesure de phytomasse
III.2.3.2.1 Phytomasse épigée
III.2.3.2.2 Phytomasse hypogée
III.2.3.2.3 Phytomasse totale
III 3 Traitement statistiques des données
III.3.1 Analyse Factorielle des Correspondances (AFC)
III.3.2 Classification Ascendante Hiérarchique (CAH)
III.3.3 Analyse en Composantes Principales (ACP)
III.3.4 Analyse des variances (ANOVA)
IV. RESULTATS
IV.1. Cortège floristique
IV.2. Richesse et diversité floristique
IV 2 1 Richesse floristique
IV.2.2. Indice de Shanon-Weiver (H’)
IV 2 3 Indice de régularité
IV.3. Proportion des annuelles
IV.4. Structure du peuplement ligneux
IV.5. Densité des ligneux
IV.6. Recouvrement des ligneux
IV.7. Surface terrière
IV.8. Résultats de l’AFC
IV.9. Classification Ascendante Hiérarchique (CAH)
IV.10. Résultats de l’ACP
IV.11. Phytomasses
IV.11.1. Phytomasse herbacée épigée
IV.11.2. Phytomasse ligneuse épigée
IV.11.3. Phytomasse hypogée
IV.12.4. Phytomasse totale
V. DISCUSSIONS
V.1. Diversité floristique
V.2. Densité des ligneux
V.3. Phytomasse
V.3.1. Phytomasse herbacée épigée
V.3.2. Phytomasse ligneuse
V.3.3. Phytomasse hypogée
V.3.4. Phytomasse totale
V.4. Comparaison des paramètres biotiques des 7 parcelles en 1997 et 2012
V.4.1 Richesse floristique
V.4.2 Proportion d’espèces annuelles
V.4.3 Densité des ligneux
V.4.4 Phytomasse totale
V.5. Trajectoire de l’écosystème
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES

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