Du plurilinguisme des Empires vers un monolinguisme national dans les Balkans: quelques repères historiques

Malgré les innombrables heures de travail solitaire, pendant de longs mois, la thèse que je viens d’achever n’aurait ni la forme ni le fond qu’elle a aujourd’hui, sans le soutien et la présence de personnes que j’ai eu l’occasion de connaître et de côtoyer tout au long de ce parcours. Des femmes et des hommes qui m’ont entouré pendant ces années ont contribué, chacun à sa manière, à faire avancer ma recherche doctorale. Tout d’abord, je tiens à rendre hommage à quelqu’un dont j’aurais souhaité la présence à ma soutenance. Anastasios-Fivos Christidis, bien qu’absent, reste toujours présent dans l’esprit et les cœurs de ceux et celles qui l’ont connu. Même si notre contact fut de courte durée, il a su me faire profiter de sa sagesse, de son expérience et m’a transmis ses valeurs qui ont nettement influencé le parcours de ma recherche. Après une série de mésaventures académiques qui ont suivi mon DEA, ma recherche doctorale s’est mise en route de manière décisive et définitive grâce au soutien de Madame Andoniadis et à la confiance de Monsieur Dertilis. Je remercie mon directeur de thèse, Monsieur Georges Dertilis, pour sa patience tout au long de ces années, mais surtout pour l’intérêt qu’il a montré, dès le début, pour un sujet qui ne relève pas uniquement du domaine de l’histoire. Je tiens à remercier aussi Hélène pour sa disponibilité, son accueil, et j’aimerais aussi témoigner de la qualité de son contact humain.

Du plurilinguisme initial vers un monolinguisme national dans les Balkans : quelques repères historiques

Pendant les siècles qui ont précédé l’émergence des États nationaux dans les Balkans, dans les grandes formations étatiques comme l’Empire byzantin ou ottoman, nous constatons la coexistence de plusieurs langues au-delà de la langue officielle. Il s’agit de langues qui ont une distribution et des fonctions plus ou moins précises dans l’espace social et géographique. Nous savons aussi que cette réalité plurilingue était légitime, et que le multilinguisme social était toléré par l’État byzantin ou ottoman. En ce qui concerne les langues employées par l’État ottoman, nous pouvons constater une coexistence, toute limitée ou ponctuelle qu’elle soit, du turc ottoman avec une série d’autres langues. Nous savons, par exemple, que le grec a été employé de façon systématique, comme langue de la diplomatie ottomane de la fin du XVe jusqu’à la seconde moitié du XVIe siècle. Pendant cette même période, la Porte entretenait des chancelleries où l’on employait le serbe, le grec, l’arabe, le persan ou la langue ‘acemi, en fonction de la langue des sujets auxquels l’administration s’adressait. Ponctuellement, la correspondance interne de l’Empire pouvait se faire en une autre langue qu’en turc ottoman. D’autre part, dans les régions arabophones, la langue des tribunaux était l’arabe, les registres des tribunaux (kadî sicili) se tenaient en arabe, tandis qu’on traduisait vers le turc ottoman les documents rédigés en arabe.

Le grec archaïsant qui est utilisé par l’administration ottomane est aussi la langue du Patriarcat oecuménique de Constantinople et, quelles que soient ses variantes, il constitue une langue commune à un groupe de savants, aussi bien laïcs que cléricaux. Il s’agit d’une langue commune écrite, qui est suffisamment codifiée, et qui est utilisée par excellence dans la gestion des affaires de l’Église, dans la liturgie orthodoxe, ainsi que dans les domaines du savoir concernant la théologie et la philosophie. Néanmoins, l’Église de Constantinople fait preuve de tolérance face au multilinguisme de ses fidèles. Les différentes langues, ou variétés d’une même langue, parlées par les orthodoxes de l’Empire, sont tout à fait compatibles avec l’idéologie oecuménique que le Patriarcat véhicule jusqu’au XIXe siècle : « N’oublions pas que jusqu’à la fin du XIXe siècle la tradition de l’orthodoxie […] continuait à agir de manière restrictive sur la reconnaissance de l’identité nationale. Au sein de cette tradition, les différents dialectes n’acquéraient pas un poids particulier puisque leur usage n’écartait pas celui de la langue de l’Église ; cette dernière était employée de façon parallèle, sans être en concurrence avec les dialectes locaux. Quoique la forme de la langue liturgique soit importante dans la tradition de l’orthodoxie, la survie des dialectes locaux et le fait de ne pas utiliser une langue unifiée sont des éléments qui n’ont pas d’importance particulière dans sa vision du monde. » Au-delà de l’administration et de l’usage officiel, les langues parlées et écrites dans l’Empire ottoman sont nombreuses et occupent un certain nombre de fonctions. Les langues, ou les variétés d’une langue, occupent des places différentes dans des champs de communication tels que l’enseignement, les cérémonies religieuses, le négoce au sein de l’Empire, les marchés urbains, le village, etc. ; elles varient également selon le milieu et l’origine sociale.

L’écologie linguistique de l’Empire est bouleversée au XIXe siècle en raison du nouveau contexte historique qui se forme à partir du XVIIIe. À la fin du règne du Suleiman I (1566), l’Empire entre progressivement dans une crise prolongée. Lors du passage du XVIe au XVIIe siècle, le déclin de la flotte ottomane, l’ouverture des nouvelles voies maritimes pour le négoce européen, contournant l’Empire, l’affaiblissement du pouvoir central, le surplus démographique, la baisse des revenus fiscaux de l’État et les conflits civils marquent un début du déclin pour l’Empire. D’un point de vue politique et économique, l’État ottoman se transforme, au milieu du XVIIe siècle en un empire périphérique circonscrit aux Balkans, à l’Asie Mineure et aux pays arabes. L’affaiblissement de l’Empire ottoman, qui se poursuit au XVIIIe siècle, favorise les visées expansionnistes de la Russie, d’abord, et bientôt des autres grandes puissances de l’Europe. La victoire de l’armée du Tsar face aux Ottomans et le traité de Koutchouk-Kaïnardji (1774) marquent le début de la question d’Orient et l’ingérence grandissante des Européens dans les affaires de l’Empire. La question d’Orient, close avec le démantèlement de l’Empire à l’issue de la première guerre mondiale, met sur la scène de l’Est méditerranéen les grandes puissances européennes (la Grande-Bretagne et la Russie avant tout, mais aussi l’Autriche, la France et la Prusse), l’Égypte vassale (mais autonome de fait), ainsi que les mouvements nationaux qui donnent lieu à la création des États balkaniques. Cette question concerne la rivalité des puissances européennes, notamment la Russie et la Grande-Bretagne, qui ont pour objectif le contrôle des institutions et de l’économie de l’État ottoman, de ses voies maritimes et terrestres, l’annexion des territoires et qui, d’une manière générale, s’apprêtent à tirer le maximum de bénéfices de l’éventuelle désagrégation définitive de l’Empire. Cet antagonisme se manifeste à travers les guerres et les traités qui se succèdent pendant tout le XIXe siècle, et qui affaiblissent de plus en plus l’Empire. L’émergence des nationalismes dans les Balkans vient s’ajouter progressivement aux visées expansionnistes des grandes puissances. Les projets nationalistes des élites ou des États balkaniques se déploient, pendant le siècle des indépendances dans les Balkans, en fonction des objectifs et de la volonté des grandes puissances sur la question d’Orient. Ainsi, le Royaume grec est né en 1830, suite au traité de Londres, confirmant la volonté des grandes puissances européennes de créer un État indépendant, après neuf années d’hostilités qui ont suivi l’insurrection de 1821. À l’issue de la guerre de Crimée, la Serbie, la Moldavie et la Valachie acquièrent l’indépendance sous la suzeraineté de l’Empire ottoman. Vingt ans plus tard, après une nouvelle guerre russo-turque, le congrès de Berlin (1878) déclare la Bulgarie principauté vassale. Un siècle après la paix de Koutchouk Kaïnardji, l’Empire se retrouve sérieusement rétréci et sous un protectorat de facto.  Dès le début, les nouveaux États considèrent leurs frontières comme une ligne de séparation provisoire et aspirent à l’annexion de nouvelles régions. La remise en question de la légitimité politique du Sultan et de l’État ottoman sera suivie, parfois, d’une remise en question de la primauté du Patriarcat oecuménique sur les orthodoxes dans les Balkans. C’est dans ce cadre que s’élaborent de nouveaux modèles politiques de gouvernement et de nouvelles identités collectives, tandis que les rapports de production capitalistes se développent, ne serait-ce que lentement, dans l’Est méditerranéen.

À l’aube de cette nouvelle époque et sous le poids des événements qui surviennent tout au long du XIXe siècle, l’écologie linguistique de l’Empire ottoman subit d’importantes transformations. Le désenclavement progressif de la société traditionnelle, qui se produit comme résultat de la globalisation du marché, se traduit par l’élargissement et l’intensification de la communication. Au même moment, les frontières des États nationaux, flottantes pendant tout le XIXe siècle, confinent, de plus en plus, un espace qui avait été politiquement unifié pendant des siècles. De l’autre côté, nous assistons à des migrations de populations, déjà amorcées au siècle précédent, ainsi qu’à une première vague d’urbanisation. Les migrations, mettant en contact les populations de l’Empire, vont s’intensifier tout au long du XIXe, mais plutôt sous forme de mouvements forcés. En outre, nous observons la montée des nouvelles langues communes au niveau du territoire national. L’alphabétisation, c’est-à-dire l’usage de l’écrit et de la lecture, au sein des États nationaux, comme résultat de la scolarisation massive, s’étend au-delà des couches lettrées des siècles précédents, se conjuguant avec la diffusion de l’imprimé. À la fin de la première guerre mondiale, l’Est méditerranéen voit son espace communicatif redéfini. Toutefois, les mutations auxquelles on assiste pendant le XIXe siècle vont dans une direction précise.

Au moment de l’émergence des États nationaux en Europe, et plus particulièrement dans les Balkans, pendant le XIXe siècle et au delà, on assiste à un effort de la part de l’État, des sociétés littéraires, des revues, des élites lettrées pour imposer aux locuteurs qui se trouvent à l’intérieur des frontières des États une seule langue, et, en même temps, une seule variété de cette langue. Cela signifie que l’on a, d’un côté, un effort d’élimination des autres langues parlées et/ou écrites, et de l’autre, l’élimination des multiples variétés d’une langue. En effet, il s’agit de « l’uniformisation d’un espace communicatif sur le plan d’un territoire national par le monolinguisme », ce que D. Baggioni qualifie d’invention européenne.  De nos jours, dans la plupart des États nationaux formés après la dissolution de l’Empire Ottoman, nous pouvons constater qu’au niveau du pouvoir central, une seule langue est reconnue en tant que langue officielle et que cette reconnaissance est, dans la plupart des cas, formelle, c’est-à-dire que c’est l’État qui reconnaît formellement dans ses textes législatifs une langue en tant que langue officielle. Avec le recul d’un siècle, nous savons que le XIXe est bien l’époque où commence le compte à rebours pour les variétés régionales du grec moderne, ainsi que pour les autres langues se trouvant dans l’État grec ; il s’agit d’un processus qui va se précipiter après 1922. En revanche, le grec moderne commun, déjà formé autour de 1830, dans ses traits morpho-syntaxiques principaux, gagne toujours du terrain face aux variétés dialectales et face aux autres langues. Le grec moderne commun conquerra le pays progressivement, se fixera vers le milieu du XXe siècle, pour acquérir finalement le statut de la langue officielle de l’État grec en 1976.

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Table des matières

INTRODUCTION
A. Aperçu historique
1. Du plurilinguisme des Empires vers un monolinguisme national dans les Balkans: quelques repères historiques
2. Aperçu de la question de la langue avant 1850
3. Les langues dans le Royaume grec, les langues des Grecs
B. Objet de recherche
1.La formation d’une langue nationale, en Grèce, dans la seconde moitié du XIXe siècle
2.Les acteurs sociaux
3.Les sources : approche méthodologique et classification
C. De l’usage de quelques termes et de certains glottonymes dans notre recherche
1. Démoticisme, démoticistes et démotique
2. « Savants du XIXe » et « intellectuels démoticistes du XXe »
3. La langue nationale
4. Le grec moderne entre la « diglossia » et la « dimorphia »
PREMIÈRE PARTIE LE RÔLE DE LA CONJONCTURE SOCIO-POLITIQUE DANS LA CONSOLIDATION DE LA LEGITIMITE DE LA LANGUE NATIONALE LEGITIMITE DE LA LANGUE NATIONALE
I. LA « MISSION DE LA LANGUE GRECQUE » ET LE « DROIT D’INGERENCE » DES SAVANTS OCCIDENTAUX
A. Changements et continuité dans la première moitié du siècle : vers la découverte du grec moderne en Europe
B. La guerre de Crimée et son impact sur la définition des objectifs nationaux
C. Le grec « langue véhiculaire » et « langue de civilisation » en Orient : l’émergence d’un projet et le fondement idéologique d’une stratégie
1. De l’insurrection à une « conquête pacifique » de l’Empire : Markos Renieris et la mission de la langue grecque
2. Suite et répercussions dans les milieux des lettrés grecs : les « sociétés littéraires » et la « propagation de l’hellénisme à l’Orient »
D. D’une langue commune de l’Orient à une langue universelle : le cas de d’Eichtal
1. Le projet de d’Eichtal : objectifs, moyens et acteurs
2. Le choix du grec : la « langue élue » de l’histoire
E. « L’universalité du grec » et le cadre historique des années 1860
1. La « question de la prononciation du grec ancien » : les hellénistes entre la théorie d’Érasme et le grec moderne
2. G. d’Eichtal : helléniste et saint-simonien
F. Suite et retentissements du projet de d’Eichtal
1. Échos de la publication et initiatives
2. Le débat
3. L’adoption de la prononciation grecque-moderne et son enjeu idéologique
G. Le poids des attentes européennes et la « dette grecque »
1. La fondation de l’ Association pour l’Encouragement des Études Grecques et la formation d’une conjoncture
2. « Droits et devoirs » des lettrés grecs
II. L’ÉMERGENCE DE LA LEXICOGRAPHIE DIALECTALE ET SON IMPACT
A. Apparition et aspect des recherches
1. Morphologie de l’activité éditoriale dans la seconde moitié du siècle
2. L’élan dialectologique de la seconde moitié du siècle
3. Étendue de la recherche lexicographique et profil des lettrés qui y sont engagés
4. La construction d’un objet : délimitation du terrain et constitution des corpus
B. Motifs et objectifs des travaux dans le cadre politique et idéologique de la période en question
1. La thèse de Fallmerayer et sa dynamique pour le développement des travaux dialectologiques
2. La topographie de la lexicographie dialectale et le « paradoxe » de la Macédoine
3. Les études dialectologiques face à l’intérêt des hellénistes pour le grec
4. Le « trésor lexical » et la langue cible
C. Origines linguistiques et origine nationale : le cas des régions « excentrées »
1. Le substrat proto-hellénique de Cappadoce
2. La Thrace des Pélasges et des Grecs
3. La transition du grec de l’Asie Mineure à Chypre
4. La théorie indo-européenne et l’usage du pélasgique dans l’hellénisation des origines linguistiques
D. L’impact de la dialectologie sur l’image du grec dialectal: parenté synchronique et parenté diachronique
DEUXIÈME PARTIE HISTOIRE, PHILOLOGIE ET LINGUISTIQUE : LA VISION DE L’ÉVOLUTION DE LA LANGUE DANS LA PERSPECTIVE DE LA LÉGITIMATION DES OBJECTIFS POLITIQUES ET LINGUISTIQUES
III. « DÉGÉNÉRESCENCE » ET « RÉGÉNÉRATION » D’UNE LANGUE : LA RÉHABILITATION, ET LE REGARD SUR L’HISTOIRE DU GREC
A. L’aspect des études historiques du grec
B. La question de l’évolution du grec au carrefour des différentes disciplines
1. L’entrée de la linguistique comparée dans l’étude de la langue grecque : un bref aperçu historique
2. L’historiographie grecque au milieu du siècle
C. Mutations dans la conception de l’histoire du grec, dans la seconde moitié du siècle
1. L’Eglise – « Arche de la nation et de la langue »
2. L’archéologie des langues indo-européennes au service de la pureté linguistique
3. La « force morale de la nation » et la « puissance assimilatrice » du grec
D. La cristallisation des mythologies linguistiques
1. De la « corruption » à l’ « immutabilité » et à « l’unicité » du grec moderne
2. « La particularité historique du grec » et le cas du latin
3. Enjeux idéologiques et politiques
4. « Le grec – langue vivante », le latin et l’attitude des hellénistes occidentaux
E. La conception de l’évolution du grec et son impact sur sa nomenclature
IV. LA CONCEPTION DE L’ÉVOLUTION HISTORIQUE DU GREC ANCIEN DANS LA LÉGITIMATION IDÉOLOGIQUE DES OBJECTIFS LINGUISTIQUES: L’APPORT DE LA THÉORIE ÉOLODORIENNE
A. La théorie éolodorienne et l’origine homérique des dialectes populaires du grec moderne
1. L’origine et la diffusion de l’approche éolodorienne
2. Langue littéraire et langue vernaculaire : les traces antiques de deux chemins parallèles
3. Le grec ancien au fil des siècles : une écologie linguistique immuable ?
4. Langue éolodorienne et langue homérique : l’association du modèle éolodorien à la lexicographie dialectale
5. Textes homériques et contexte historique
B. Le modèle éolodorien et son impact sur la réforme de la langue
1. Appuis scientifiques du modèle éolodorien : les outils de la linguistique historique
2. La katharevousa comme nouvelle koinè et la « véhicularité » en tant que droit historique
3. L’autorité des savants comme droit historique
4. La complémentarité des arguments linguistiques et historicistes
5. Cadres sociopolitiques et usages idéologiques
TROISIÈME PARTIE LA CONCEPTION DE LA RÉFORME : ACTEURS, ACTIONS ET STRATÉGIES
V. LES ÉLITES LETTRÉES FACE À LA RÉFORME DE LA LANGUE
A. Fixation du grec moderne : l’autorité des savants et le « laisser faire » linguistique
1. La responsabilité collective de la communauté des lettrés et l’autorité individuelle
2. Engagement collectif, perspective temporelle ouverte et accomplissement des objectifs nationaux
3. Fixation et diffusion : deux procédures naturelles et associées
4. Le processus d’archaïsation comme une contrainte historique
B. Les concours de l’Université et la mise en place des projets puristes : projets linguistiques et développement des stratégies
1. L’université, les associations et les revues comme facteur d’alliance et terrain d’action au service des projets linguistiques
2. Le concours pour « l’histoire de la langue grecque moderne » : cadre et objectif
3. L’initiative d’Asopios vue en rapport à son projet linguistique et ses objectifs linguistiques
4. Le courant archaïste, le concours de la poésie et le rôle de Tsokanios dans les projets des puristes modérés
5. L’enjeu idéologique
6. Le rôle des concours universitaires, des revues et des associations dans la promotion des projets puristes
C. Les objectifs de la réforme, les priorités et la langue cible
1. Vernaculaires et langue commune : une cohabitation possible ?
2. Définition des priorités dans la réforme du grec
3. Quelle langue cible ?
VI. LES ÉLITES LETTRÉES FACE À L’ETAT
A. Politique linguistique de l’Etat grec : la politique du « laisser faire »
1. Académie des Lettres : une « lacune » dans la réforme de la langue?
2. Les traces d’une planification linguistique et le rapport des savants avec les institutions de l’État
B. Langue officielle : témoin identitaire et outil operationel pour le pouvoir politique
1. La formation d’une variété au service de l’appareil de l’État : initiatives privées, responsabilité collective et devoir national
2. L’efficacité de l’outil linguistique face à l’aspect identitaire de la langue
C. Les initiatives des autorités institutionnelles et les limites de la fixation
1. Critères de correction : priorités et enjeux
2. L’aspect de l’intervention de l’État : actions ponctuelles et encadrement
D. La réforme du grec moderne entre les élites lettrées et l’État : du « laisser-faire » à l’ « interventionnisme », vers la fin du siècle
1. La réforme de l’appareil éducatif et l’interventionnisme émergeant de l’État
2. La remise en question des fondements de la réforme et la réaction des lettrés
3. L’Assemblée face à la question de la reconnaissance officielle de la katharevousa
E. Les stratégies des intellectuels démoticistes face à l’héritage psycharien
1. Les contradictions du purisme et les limites de la katharevousa
2. L’émergence du mouvement démoticiste : ruptures et continuité
3. Les nouveaux intellectuels démoticistes : une génération parricide?
CONCLUSIONS

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