Diagnostic des potentialités et des faiblesses de la commune 

LA ZONE EN AMONT OU CRISTALLINE

Au niveau de la scolarisation, Ifotaka dispose d’un lycée et de 7 Ecoles Primaires Publics (EPP) pour ses 18 Fokontany.
Par manque d’enseignants, plusieurs EPP ont été obligées de fermer dans la Communes d’Ebelo. L’existence d’une école communautaire créée par l’initiative des parents à pu améliorer la situation scolaire des enfants.
Pour le cas de l’hygiène, seule cette zone dispose de bornes fontaines et ce ne sont que les chefs lieux des Communes qui en possèdent. La majorité des Fokontany utilise l’eau de source, l’eau de fleuve, rivière ou dans la mare. L’utilisation des latrines ne concerne que très peu de ménage, dans 40 ménages enquêtés, 10 seulement en possèdent.
Parmi ces 10 ménages, 6 seulement l’utilisent convenablement par peur d’être sanctionnés par les responsables du village. Mais c’est une question d’habitude et d’éducation qui s’estompera- il faut l’espérer – avec le temps. Pour leur toilette, les gens vont dans les rivières ou sur les fleuves ce qui favorise la propagation de diverses maladies, surtout la bilharziose.
En ce qui concerne la nutrition, l’aliment de base est le maïs, ensuite le manioc. Le taux de malnutrition est assez modéré par rapport aux 2 autres zones, celle- ci étant apaisée par la disponibilité et la variabilité des cultures. Cette zone pratique la culture maraîchère.
Au niveau de la production agricole, la Zone Cristalline est la plus productive, elle possède un système d’irrigation initiée par CARE, ce qui favorise la culture.

LA ZONE INTERMEDIAIRE 

Nous n’avons pas pu étudier la Commune d’Ambatoabo, de nombreuses circonstances contraignantes rencontrées sur terrain en furent les causes: l’éloignement des sites d’intervention, les passages cycloniques et les contraintes temps (car la durée du stage était limitée).
La Commune d’Ankariera manque d’infrastructures scolaires, l’éloignement des
Ecoles Primaires Publiques (EPP) est un grand problème pour les parents. Les enfants doivent faire plusieurs kilomètres pour rejoindre l’école, ils n’en prennent le chemin qu’à l’âge de 7 ans.
Pour le cas de l’hygiène, elle connaît des difficultés pour avoir de l’eau, surtout pour la cuisson. La majorité des gens utilisent l’eau de la rivière. La majorité de la population se plaint de la bilharziose qui infecte leur source.
Seuls ceux qui ont les moyens utilisent le « Sur’eau » : produit purificateur d’eau à base d’hypochlorite. Ceux qui n’en ont pas font bouillir l’eau et d’autres la boivent sans traitement.
En ce qui concerne la nutrition, le riz est le plus consommé ensuite le maïs et enfin le manioc. Le taux de malnutrition est moins sévère par rapport à celui de la zone littorale.
A part les céréales, la culture maraîchère commence à se développer.
C’est une zone qui possède de fort rendement en riz. Des collecteurs venant de Taolagnaro viennent s’y approvisionner.

LA ZONE LITTORALE 

Au niveau de la scolarisation, l’éloignement des écoles et le manque d’enseignants sont les principaux soucis des parents.
Sur le plan hydraulique, c’est la zone qui rencontre le plus de difficulté en matière d’accès à l’eau potable surtout pour la cuisson, en particulier Andranobory .Elle ne dispose pas de bornes fontaines, la population se sert des impluviums traditionnels. Des bassins de captages sont en cours de construction par CARE, avec la participation de la population par le processus du Vivre Contre Travail (VCT).
En ce qui concerne la nutrition, le maïs est le plus consommé, s’y ajoute le manioc.
C’est la zone la plus touchée par la malnutrition, en particulier Tanandava. Cela est dû à la sécheresse qui persiste chaque année.
Au niveau de la production, la principale récolte est le maïs, ensuite le manioc, mais elles ne sont destinées qu’à la consommation, car la production est faible et le climat ne favorise pas la culture.
C’est la seule zone où la pêche est très développée, elle est bordée par la mer et certaines localités se trouvent sur une embouchure.
En général, on a pu constater que très peu de ménage ont accès à l’eau qualifiée de potable dans la zone d’intervention.

La situation socio économique de la population

L’agriculture et l’élevage sont les activités les plus pratiquées dans les trois zones d’intervention de CARE, elles sont les principales activités génératrices de revenu.
Ensuite, la plantation sisalière chez GALLOIS dans la zone en Amont ou Cristalline et dans la zone Littorale. La pêche n’est pratiquée que seulement dans la zone Littorale : La Commune d’Analapatsy est bordée par la mer, la Commune d’Andranobory ainsi que celle de Tanandava sont traversées par le lac Anony. Cette activité pourrait être rentable à la population si quelques améliorations étaient effectuées.
Les poissons d’eau douce sont vendus sur place, le système de fumage pour la conservation est appliqué aux invendus. Les poissons de mer sont achetés par des collecteurs sur place et les restes sont vendus aux gens du village à très bas prix. La pêche n’est pas développée dans la Zone Cristalline ou Amont ( Ifotaka et Ebelo), une petite partie du fleuve de Mandrare traverse cette zone et le lac Andratina est assez dangereux, le courant est fort et l’eau est infestée de caïmans.
Les cultures les plus pratiquées sont le manioc, la patate, le maïs, les légumes secs (haricot rouge, pois de cap) et le sorgho dont la culture s’est développée suite à « l’opération sorgho » réalisée en 2007 par CARE.
La majorité des chefs de ménage sont des agriculteurs. Soit, ils sont regroupés dans des Associations soit, ils sont des paysans ambassadeurs (MAFA). Le pouvoir de décision sur la vente ou l’achat d’un produit appartient au chef de ménage, mais il doit aviser sa conjointe avant toute opération.
Etant donné que la production est très faible, presque la totalité de la production est absorbée par la consommation, la part consacrée à la commercialisation est très infime.
L’élevage est la seconde activité qui intéresse les ménages dans cette zone. L élevage de bovin et de poules est le plus pratiqué.
Au sein du ménage chacun a sa propre activité quotidienne. Les adultes ont leurs habitudes, pour les enfants celle-ci dépend si ces derniers vont à l’Ecole ou restent à la maison.

L’ethnie ANTANDROY

L’Antandroy est un conservateur, où qu’il soit, il garde ses traditions. Par exemple, un Antandroy qui s’installe à Antananarivo ne se sépare pas de sa lance. C’est aussi un nomade, pour gagner sa vie il n’a pas peur de quitter son village natal. D’autres partent avec leurs troupeaux et ne reviennent qu’après quelques mois.
Pour eux, l’homme est le chef au foyer, c’est lui qui détient le pouvoir. La femme est destinée à faire le ménage, elle participe aussi aux activités dans les champs. C’est elle qui détient la caisse familiale. D’après elles, l’homme ne doit pas tenir la caisse car il a trop de caprice et il pourrait dépenser l’argent en alcool et en cigarette.
La femme n’a ni droit à la parole ni à la prise de décision dans la société. Avant de faire quoi que ce soit, elle doit demander l’avis de son mari.
Les Antandroy ont une mode de vie assez spéciale. La parole de leurs chansons clame souvent la souffrance qu’ils subissent, en particulier la sécheresse, mais ils gardent toujours espoir.
Le fait de posséder un ou plusieurs zébus est une marque de richesse, celui qui en possède le plus grand nombre est appelé « Mpanarivo ».
La vie dans l’au de là est très importante pour l’ethnie Antandroy. Lors d’un décès, la famille du défunt sacrifie un ou plusieurs zébus selon son niveau de vie. La viande y sera partagée aux personnes qui présenteront leurs condoléances à la famille. C’est un tabou pour la famille d’en manger. Cette coutume est appelée « LOFO ». C’est une sorte de cérémonie qui consiste à entamer la séparation définitive du défunt de sa famille.
Le « SAVATSE » est une cérémonie qui consiste à circoncire tous les jeunes garçons. C’est à partir de cette cérémonie qu’un jeune garçon deviendra un homme. Elle est pratiquée une fois tous les ans.
Le « SANDRATSE » est une guérison par l’absorption de sang de zébu mélangé avec de l’eau. Pendant plusieurs jours ou des semaines, le malade dénommé « Tearano » danse au son de l’accordéon et de tambours tous les soirs. Au jour indiqué pour boire la préparation (sang de zébu mélangé avec de l’eau), on abat le zébu, tous les membres de la famille ainsi que tous les proches y sont conviés.
Le « SORODRANO » est une offrande réalisée dans le but de faire tomber la pluie, celle ci est marquée par la pratique du « JORO » ou un à plusieurs zébus seront sacrifiés.
Le « LONAKY » est la personne la plus considérée, la plus écoutée au village. Les gens prennent conseil auprès de lui lors d’un problème ou lorsqu’il y a une décision à prendre.

L’ethnie ANTATSIMO

L’Antatsimo constitue un peuple sédentaire, il a tendance à rester dans son village natal. Il n’aime pas trop quitter sa localité. Il affirme même: « nous sommes nés ici et nous mourrons ici ».
C’est un peuple très accueillant, à l’arrivée d’un étranger il sert toujours à boire ou à manger, c’est aussi une sorte de test pour savoir si cette personne s’adaptera et si elle apprécie l’accueil du village.
L’homme est toujours le chef de famille. Le revenu familial est divisé en deux. Une partie est destinée aux dépenses ménagères, elle est tenue par la mère de famille. L’autre partie est destinée à l’achat de zébu laquelle est tenue par un grand parent que le couple a choisi.
Le « Lonaky » est aussi appelé « Olo-be » chez les Antatsimo, c’est toujours la personne la plus considérée.
Le sacrifice d’un zébu est aussi pratiqué lors d’un décès mais le nombre de zébu à abattre dépend du niveau de vie de la famille du défunt
Le « Sorodrano » y est aussi pratiqué, mais les gens commencent à constater que son usage n’est plus efficace.
C’est un tabou pour le père de famille de faire le ménage. Si jamais sa femme tombe malade ou si elle vient d’accoucher, cette dernière confiera les tâches à l’une des membres de la famille ou à une proche. Dans le cas contraire, le père de famille serait considéré comme un «Tindrin’ampela ». Il serait déconsidéré par la société et perdrait sa marque de virilité.

Transport, eau et assainissement 

Les moyens de transport utilisés sont : les charrettes, les bicyclettes (elles sont très utiles pour les transports d’eau, la population d’Andranobory Centre doit faire 16 kilomètres pour aller chercher de l’eau), les motos et les véhicules 4X4 sont utilisés par les agents administratifs et les agents des Programmes d’aide.
Les routes reliant Andranobory à Amboasary et celles d’Andranobory vers Taolagnaro sont praticables. Il existe des pistes reliant les Fokontany mais elles sont inaccessibles en période de pluie. Le Projet de type HIMO ou Vivre Contre Travail réalisé par CARE participe à l’amélioration des routes de la Commune.
Si l’initiative de CARE sur les Projets routières est bénéfique pour la population, l’entretien et la durabilité des routes restent critiques, la notion d’entretien n’est pas très connue, de plus, les routes réalisées ne sont que des terrassements et ne sont pas bitumées.
Même si la Commune est traversée par le lac ANONY le transport fluvial n’y est pas pratiqué.
L’eau constitue le problème majeur de la Commune d’Andranobory. Le puits est leur principale source d’eau, destinée à la cuisson.
Ce puits se trouve à 10 kilomètres d’Andranobory Centre, à Antsivelo. Quelques bassins de captage sont en cours de construction dans certains Fokontany : Ampihamy, Ankazomalagny.
Les infrastructures sont assurées par CARE par le processus du Vivre Contre Travail ou VCT.
Des impluviums sont localisés dans les Fokontany d’Andranobory et de Belay. Le problème au niveau de ces bassins de captage et des impluviums résulte de la pluviométrie très faible de cette localité (700mm/an). La quantité d’eau captée ne suffit pas pour une prévision annuelle. La mise en place d’un pipe-line, d’un forage et/ou le dessalement du lac ANONY seraient un grand atout pour la population. Mais leur réalisation est trop couteuse pour la Commune, le Gouvernement Japonais a déjà mis en place un système de forage mais ça n’a pas pu réussir. Plusieurs Projets ont déjà étudié le cas d’Andranobory mais le problème reste non résolu. La nappe phréatique est inaccessible de par la morphologie du terrain de la région.

Artisanat

C’est une activité traditionnelle de toutes les femmes de cette localité, elle se pratique toujours et se transmet de génération en génération. Leurs oeuvres sont très attrayantes et diversifiés.
La cherté des matières premières introuvables dans leur environnement immédiat constitue également leur principal problème. Aucune Association ou Groupement artisanal n’y existe. Les réalisations ne servent qu’à leur propre usage domestique, et ne contribuent pas à améliorer le budget familial.
La Commune Rurale d’Andranobory, notre terrain de recherche a de fortes potentialités : La pêche y est déjà pratiquée, l’artisanat qui est maîtrisé par les femmes de la localité pourrait être développé.
Mais le non accès à l’eau potable reste un problème majeur. Voyons maintenant la situation sociale et administrative du lieu.

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Table des matières

INTRODUCTION
Première partie : CADRE THEORIQUE ET ETUDE DE LA ZONE
Chapitre I : APPROCHE THEORIQUE
Section 1 : Lutte contre la crise alimentaire
I- Crise alimentaire, Madagascar ne sera pas épargné
II- Une crise, deux règles
III- Astuce contre l’insécurité alimentaire
Section 2 : La maîtrise de la lutte contre la malnutrition, indispensable au développement
I- Améliorer la nutrition et la sécurité alimentaire
II- Une promotion destinée à assurer l’autosuffisance alimentaire
III- Nutrimad, une stratégie de lutte contre la malnutrition
Chapitre II : PRESENTATION DE CARE INTERNATIONAL ET LES ZONES D’INTERVENTION
Section 1 : Présentation de CARE International
I- CARE International
II- Présentation du Projet ANJAGNA et ses objectifs
III- Organisation au niveau du Projet
Section 2 : Les zones d’intervention
I- Les caractéristiques et les spécificités des zones
II- La situation socio-économique
III- Profil ethnographique de la zone
Chapitre III : LES FACTEURS DE BLOCAGE DE LA POPULATION CIBLE :
Section 1 : Sur le plan social et économique
I- Influence de la tradition
II- Problème foncier
III- Répartition des revenusdes ménages
Section 2 : Le « Kéré » : problème majeur de la Région Sud (période de soudure)
I- Les indicateurs du « Kéré »
II- Les principales victimes du « Kéré »
III- Décapitalisation cyclique
Deuxième partie : DIAGNOSTIC ET ANALYSE 
La Commune d’ANDRANOBORY, terrain des recherches
Chapitre I : DIAGNOSTIC DES POTENTIALITES ET DES FAIBLESSES DE LA COMMUNE 
Section 1 : Au niveau de la production et des infrastructures
I- Agriculture et élevage
II- Transport, eau et assainissement
III- Artisanat
Section 2 : Au niveau social et administratif
I- Education
II- Santé et nutrition
III- Infrastructure communautaire et actes administratifs
Chapitre II : PERTINENCE DU PROJET (ANALYSE SPECIFIQUE) 
Section 1 : Le Projet ANJAGNA, ses activités face aux réalités
I- Adéquation des objectifs et des résultats du Projet
II- Permanence des actions
III- Appropriation par la population cible
Section 2 : Intégration et mise en confiance des cibles
I- Mode de participation des autorités administratives et traditionnelles
II- Les activités du Projet et la tradition
III- Efficacité de l’approche sur terrain
Chapitre III : ANALYSE SPECIFIQUE DES EFFETS ET IMPACTS DU PROJET 
Section 1: Les prospectives du projet ANJAGNA
I- Population cible, responsable et acteur de développement
II- Pérennité des activités
III- Autonomie et indépendance économique de la population
Section 2 : Perception du Projet par la population
I- Considération des activités du Projet par la population cible
II- Conséquence de la faiblesse du niveau d’éducation cible
III- Utilité de la présence de CARE
Troisième partie : SYNTHESE ET SUGGESTIONS POUR PREVENIR LA CRISE ALIMENTAIRE A ANDRANOBORY
Chapitre I : LA NUTRITION FACTEUR DE DEVELOPPEMENT DURABLE 
Section 1 : Mécanisme organisationnelle
I- Responsabilisation et participation des acteurs du développement
II- Volet à créer : Soutien aux femmes marginalisées
III- Renforcement de la collaboration Commune/ Système d’Alerte Précoce
Section 2 : Instauration d’un Programme de nutrition
I- Plaidoyer pour une politique nutritionnelle prioritaire
II- Mise en place d’un Programme de Nutrition Communal
III- Introduction de l’Education Nutritionnelle dans le Programme scolaire
Chapitre II : UNE AGRICULTURE ET DES INFRASTRUCTURES ADAPTEES POUR UNE MODE DE VIE MEILLEURE
Section 1 : Au niveau de la production
I- Création d’un grenier communautaire
II- Contribution de l’élevage dans l’économie de la Région
III- Pratique d’un système de culture adaptée aux « micros pluviométrie » et la promotion de l’ « Ananambo »
Section 2 : Au niveau des infrastructures et exploitation
I- Mise en place d’un type d’irrigation adaptée
II- Une infrastructure routière pérenne
III- Organisation des circuits commerciaux
Chapitre III : UNE FORTE POTENTIALITE SOCIO-ECONOMIQUE EXPLOITABLE 
Section 1 : Au niveau social
I- Création d’une Association Artisanale
II- Encourager une collaboration CARE/Plantation Sisalière.
III- Amélioration de l’éducation
Section 2 : Au niveau économique
I- Promotion de l’épargne
II- Exploitation des produits locaux
III- Développement de la filière pêche
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
TABLE DES MATIERES
LISTE DES TABLEAUX
ANNEXES
CV et RESUME

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