Diagnostic des parcelles de planteurs

Diagnostic des parcelles de planteurs

Les pratiques de conduites de références

Les pratiques de conduite des palmeraies industrielles de DANEC font référence en matière de conduite d’une palmeraie monospécifique. Ce modèle technique se fonde sur l’usage de type Tenera, mais également d’intrants chimiques. Quant aux opérations d’entretien et de récolte, elles sont exclusivement manuelles.
Au démarrage de la plantation, la densité préconisée est de 143 palmiers par hectare. En effet, les palmiers disposent d’un système racinaire dense formant un tapis pouvant couvrir un rayon de 3 à 5 mètres. Cette densité permet d’éviter qu’ils ne rentrent en compétition pour les ressources nutritives.
Pendant la phase juvénile, il est conseillé de semer en association du Pueraria javanica, légumineuse de couverture évitant le développement des adventices, permettant de lutter contre l’érosion et de fixer de l’azote. En complément, une fertilisation azotée est recommandée. En cas d’association avec d’autres types de culture, et ce d’autant plus si le précédent n’est pas forestier, la fertilisation doit être plus conséquente. Au pied des jeunes palmiers des cercles bien désherbés d’environ 1,50 m de diamètre doivent être entretenus afin d’éviter l’envahissement des plantes adventices et la compétition pour les ressources du milieu.
Pendant la phase de production, il est recommandé d’entretenir ce cercle aux pieds des palmiers pour éviter le recrû de jeunes palmiers et pour repérer plus facilement les fruits tombés, et donc les régimes mûrs, et les récolter à temps avant qu’ils ne pourrissent.
L’élagage des palmes les plus basses permet également de mieux repérer les régimes mûrs et ainsi d’éviter les pertes. Il est conseillé de laisser deux feuilles en dessous du régime : il faut sectionner uniquement ce qui est encombrant et ne fait plus de photosynthèse et non pas toutes les palmes.
Les feuilles coupées doivent être regroupées en andains afin de faciliter leur décomposition et laisser un passage libre pour la récolte.
Les éléments nécessaires aux palmiers en production sont l’azote, le potassium, le magnésium et le bore. Selon PDA et ANCUPA l’application séparée des éléments minéraux selon des analyses de sol est plus appropriée que celle d’un engrais complet car elle permet de mieux cibler les besoins de la culture en fonction des ressources du sol de la palmeraie. Il se pourrait que dans la région de Quininde, le jaunissement des feuilles observé, et pouvant s’apparenter à un manque de magnésium, soit en fait dû à un déficit d’ensoleillement (source personnelle, Bernard Dubos).
Lorsqu’un régime est mûr il faut le récolter immédiatement pour éviter qu’il ne pourrisse. Les fruits tombés au sol lors de la coupe étant les plus mûrs et donc les plus riches en huiles, ne doivent pas être négligés. Dans les conditions de l’Equateur, la récolte s’échelonne toute l’année, tous les 10 à 15 jours, avec des variations de production selon la période de l’année, la saison des pluies étant plus propice aux bons rendements.
La région de l’Occident est affectée par diverses maladies telles que la Pourriture du Cœur (PC) et l’« anillo rojo ». La PC est encore récente dans la région et si dans le nord de l’Equateur l’hybride interspécifique résistant est utilisé, il est encore rare dans cette région. En cas de PC il est donc préconisé de couper la flèche pour extraire la partie pourrie.
En cas d’ « anillo rojo » il n’existe pas de traitement. La maladie étant causée par un nématode transmis par un insecte (Rhunchophorus palmarum), la lutte phytosanitaire est basée sur la mise en place de piège contenant de la mélasse et/ou de l’ananas ainsi qu’une phéromone attractive. Si un palmier est affecté par la maladie, il est préconisé de l’éliminer et de le brûler afin qu’il ne devienne pas une source de contamination.

Synthèse du contexte actuel équatorien

L’Equateur présente des régions pédoclimatiques très contrastées et certaines zones, comme le bloc Occidental, ne semblent pas idéales pour la culture du palmier étant donné que la luminosité y est assez restreinte.
Le groupe DANEC est la première agro-industrie d’huile de palme à s’être installée en Equateur. Il dispose de plusieurs huileries et de 2 plantations industrielles (PDA et PDE). Autour de ces plantations se sont installés de nombreux planteurs qui aujourd’hui possèdent des palmeraies de tailles très variables. Au cours du temps, de nombreuses huileries s’approvisionnant exclusivement chez les planteurs se sont installées à tel point qu’aujourd’hui la production des planteurs ne suffit pas à répondre à la demande en régimes des usines durant la saison sèche. Les usines se font donc concurrence pour attirer les planteurs qui peuvent choisir et changer leur lieu de livraison.
Les pratiques culturales des planteurs peuvent varier mais, pour une bonne production, les possibilités sont assez restreintes, l’itinéraire technique de référence étant celui de l’agro-industrie DANEC. Le choix du matériel végétal fait partie des pratiques divergentes chez les agriculteurs. En effet, les planteurs peuvent se diriger vers différents types de matériel végétal disponible sur le marché : le matériel INIAP, CIRAD, ASD et EPACEM. Le matériel EPACEM, hybride interspécifique résistant à la PC, n’est pas très répandu dans la zone du bloc Occidental mais plutôt au nord de l’Equateur où la maladie est très présente. Parmi le matériel CIRAD et ASD, il existe également des hybrides interspécifiques mais de la même façon ils ne sont pas encore très répandus dans la région Occidentale. Les matériels les plus couramment utilisés dans cette zone sont donc des palmiers Tenera d’Elaeis guineensis (croisement Dura et Pisifera). Les différents types de matériel végétal disponibles sur le marché divergent par l’origine des palmiers Dura et Pisifera à la base du Tenera. Le matériel CIRAD vendu dans la région est principalement du Deli x Lamé et celui de l’ASD du Deli x Ghana. Le matériel de l’INIAP n’est pas issu d’une sélection particulière et il est simplement appelé « Tenera ».
Face aux divers types de palmiers disponibles, on peut se demander comment les planteurs font pour choisir ? Sont-ils conseillés et par qui ? La perception du matériel peut varier en fonction des producteurs. En effet, PDA (plantation industrielle de DANEC) cherche plutôt à obtenir des fruits riches en huile, alors que les planteurs étant rémunérés en fonction du poids de régimes livrés n’ont peut-être pas les mêmes critères d’appréciation. D. Pré-diagnostic par l’analyse des contraintes à dire de planteurs :
Une mission conjointe Cirad-PalmElit a eu lieu en novembre 2011.
L’objectif était de connaître l’ensemble des acteurs de la filière et de réaliser un pré-diagnostic du bloc Occidental en analysant les contraintes de la culture de palmier à dire de planteurs.
Ce pré-diagnostic, réalisé par Yvan Noboa, a permis de faire ressortir trois contraintes principales rencontrées par les petits planteurs :
 Un manque de connaissance de la gestion de la plantation et des techniques de culture. En effet, malgré les interventions de conseil, il existe un défaut certain de connaissance au niveau des agriculteurs.
 Des difficultés à obtenir des crédits :
Pour obtenir un crédit les planteurs peuvent se tourner vers la Banque d’état. Cette banque fournit des crédits à faible intérêt mais exige des garanties. Le délai d’obtention du crédit est très long et peu s’étendre à plus de 6 mois.
Les agriculteurs peuvent également aller vers des banques privées. Ces banques fournissent des « crédits relais » disponibles au bout de 3 mois mais avec des intérêts élevés.
 Une politique agricole axée vers les petits producteurs de cultures vivrières comme le maïs et non vers les planteurs de palmier à huile :
Bien que le gouvernement actuel soit de tendance socialiste et pro-petits agriculteurs, la priorité du gouvernement est aux cultures vivrières et non aux cultures de rente comme celle du palmier à huile.
Les observations réalisées lors de cette mission ont également permis d’approfondir les connaissances du milieu.
En effet, une couverture nuageuse de 70 km de large est présente de façon permanente le long de la cordillère des Andes, du nord au sud. Cette nébulosité est responsable d’une lumière diffuse et on ne relève que 800 à 1000 heures d’ensoleillement par an.

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Table des matières

I. Introduction
II. De la demande de stage à la construction de la problématique
A. Le projet MVPalm : un partenariat entre PalmElit, le CIRAD et ANCUPA en Equateur
B. Le palmier à huile : caractéristiques, origine et diffusion
C. Le palmier à huile en Equateur : historique, acteurs et pratiques culturales
D. Pré-diagnostic par l’analyse des contraintes à dire de planteurs
E. Problématique, questions de recherche et hypothèses
III. Méthodologie
A. Le choix des méthodes
B. La zone d’étude
C. Dispositifs et démarche
IV. Résultats
A. Diagnostic des parcelles de planteurs
B. Enquêtes socio-économiques
V. Discussion
VI. Conclusion
BIBLIOGRAPHIE

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