Diabète du sujet d’origine africaine

Diabète du sujet d’origine africaine

Pourquoi une partie spécifique portant sur le diabète du sujet originaire d’Afrique Subsaharienne ? D’une part, pour des raisons épidémiologiques : la prévalence du diabète sucré est en très forte augmentation en Afrique Subsaharienne. Il est prévu que le nombre de patients soit multiplié par 2,5 entre 2000 et 2025, avec une nette prédominance urbaine (38). De plus, la prévalence est encore plus élevée dans les populations d’origine africaine résidant dans les pays développés (39). D’autre part, en raison de l’existence de spécificités cliniques et physiopathologiques du diabète chez les patients d’origine africaine : en effet, il a été décrit un phénotype particulier de diabète, classifié par l’American Diabetes Association (ADA) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme diabète de type 1B ou diabète de type 1 idiopathique, qui est observé majoritairement au sein des populations noires (Africaines-Américaines, AfroCaribéennes, ou Africaines Subsahariennes) (19). Cette forme de diabète suscite un intérêt certain de par son évolution clinique marquée notamment par la restauration de l’insulinosécrétion initialement altérée. Dans cette partie, nous nous intéresserons aux particularités épidémiologiques du diabète en Afrique (section 1), aux spécificités cliniques du diabète en Afrique (section 2) et à la description du phénotype, et des données physiopathologiques du diabète non auto immun à tendance cétosique (section 3 : Article 1).

Epidémiologie du diabète en Afrique 

Elle est la traduction du phénomène de transition épidémiologique. Ce phénomène se caractérise par la régression de la morbi-mortalité liée aux maladies infectieuses, la diminution de la natalité et de la mortalité infantile, et le vieillissement de la population en relation avec le développement socio-économique, combinés à l’augmentation des maladies non-infectieuses, notamment, cardiovasculaires et métaboliques, dont le diabète de type 2. Ainsi, la prévalence du diabète et des maladies cardiovasculaires est en nette augmentation en Afrique en raison principalement du vieillissement des populations (augmentation de l’espérance de vie) et des modifications des modes de vie liées aux phénomènes d’urbanisation et d’occidentalisation. L’Europe, par exemple, a connu une transition épidémiologique très progressive, étalée sur 2 à γ siècles permettant une adaptation. Par contre, l’Afrique est en train de connaître l’une des plus rapides transitions épidémiologiques de l’histoire, en un demi-siècle.

Prévalence du diabète de type 2

Les données publiées entre 1959 et 1985 font état de taux de prévalence entre 0 et 1,4 % en Afrique Noire et 0,6 à 3,6 % en République Sud-Africaine. Les données plus récentes, qui reflètent à la fois le bénéfice d’une uniformisation méthodologique, et l’effet de l’urbanisation et de l’occidentalisation, indiquent une augmentation remarquable. Trois à quatre décennies après l’indépendance des pays d’Afrique Noire (intervenue autour des années 1960), on observe une croissance de la prévalence du diabète, avec un gradient positif rural – urbain à travers l’ensemble des populations étudiées. La prévalence du diabète est de l’ordre de 0 à β% dans les zones rurales, et de 1 à 6% en région urbaine d’Afrique Noire. En Afrique du Sud et au Maghreb, des prévalences de 4 à 9% sont rapportées. Les populations d’origine indienne vivant sur le continent africain ont les prévalences les plus élevées, 10 13%. Il est à noter que les populations Noires des Caraïbes, d’Europe et des Etats Unis d’Amérique ont des prévalences de l’ordre de 1β à 14% (40Ê, 41).

Principaux facteurs de risque du diabète de type 2 

En Afrique noire, les facteurs de risque du diabète de type 2 diffèrent peu de ceux identifiés chez les Caucasiens. L’âge, l’urbanisation, l’inactivité physique, le mode d’alimentation, l’obésité sont associés à l’augmentation de la prévalence du diabète. Comme chez les Caucasiens, les facteurs physiopathologiques intervenant dans le développement du diabète de type 2 sont l’insulinorésistance et un déficit de l’insulinosécrétion (42, 43). In fine, les facteurs de risque peuvent être déclinés en facteurs modifiables et non modifiables. Les facteurs de risque non modifiables sont l’âge et l’origine ethnique, et les facteurs modifiables sont ceux liés aux changements de mode de vie en relation avec l’urbanisation. L’âge: Comme dans les autres populations, la fréquence du diabète de type 2 augmente avec l’âge. Toutefois, il existe une spécificité démographique en Afrique. Entre les indépendances (vers 1960) et les années 1990, l’espérance de vie a presque doublé dans de nombreux pays. Par exemple au Cameroun, l’espérance de vie est passée de γ5 ans en 1960 à 57 ans en 1990.  De plus, la régression des maladies infectieuses, et la réduction de la natalité se sont accompagnées de ce phénomène connu sous le terme de transition démographique qui combine la diminution des classes d’âge jeunes et le vieillissement de la population, et favorise l’augmentation de prévalence du diabète de type β. La pandémie du SIDA tend cependant à infléchir cette tendance.

L’origine ethnique: L’Afrique est le deuxième continent en superficie et abrite environ 800 millions d’habitants répartis au sein d’une soixantaine de nationalités et un millier d’ethnies. Les études de populations multiethniques mettent en évidence des variations de prévalences inter groupes qui ne sont pas expliquées par le seul niveau socio-économique. Ainsi, les populations africaines d’origine indienne ont les prévalences les plus élevées, suivies des populations maghrébines et des populations noires urbaines (40). Les plus faibles prévalences sont retrouvées dans les populations rurales d’Afrique Subsaharienne. A notre connaissance, aucune étude génétique à grande échelle n’a identifié de mutations, polymorphismes ou gènes candidats spécifiques.

L’urbanisation: La résidence urbaine est associée à des prévalences du diabète 1,5 à 4 fois supérieures à celles observées en milieu rural (44). Cette observation est spécifique à l’Afrique et la Chine, ailleurs, il n’existe plus de grande différence de prévalence urbaine – rurale (38). En plus de la résidence urbaine, la durée totale ou le pourcentage d’années de vie passées en milieu urbain sont aussi des facteurs indépendamment associés au diabète de type 2 (45). La population africaine est en majorité rurale (66% rurale et 34% urbaine), cependant le taux de croissance urbaine est très élevé, et l’on estime à 70% la population du continent africain qui résidera en zone urbaine en 2025 (46).

L’inactivité physique: La principale différence entre les populations urbaines et rurales africaines est le niveau d’activité physique, chez les hommes et chez les femmes, quelle que soit la tranche d’âge. Les activités professionnelles en zone rurale sont essentiellement agropastorales et à haute intensité de main d’œuvre, contrairement aux villes qui sont plus occidentalisées et dont marquées par une proportion croissante d’emploi sédentaire. Par ailleurs, la plus grande différence en terme de dépense énergétique quotidienne entre les populations urbaines et rurales est liée à l’usage de la marche comme moyen de transport (47). Quels que soient la tranche d’âge et le sexe, les populations rurales utilisent la marche comme moyen de transport 2 à 5 fois plus souvent que les populations urbaines, et le nombre de minutes de marche est inversement associé au diabète dans ces mêmes populations (48). Les populations rurales africaines ont une activité physique jusqu’à 5 fois plus importante que celles des pays développés d’âge comparable (49-51).

Les habitudes alimentaires: la différence entre les populations urbaines et rurales est moins nette. Dans certaines populations, la consommation calorique quotidienne et l’apport lipidique sont peu différents (52). Toutefois, la consommation de sucres raffinés augmente dans les villes, et les aliments de consommation fréquente en zone urbaine tendent à être d’index glycémique plus élevé que ceux de consommation courante en zone rurale (53). La relation entre l’alimentation et la prévalence du diabète de type 2 en Afrique a été peu étudiée.

L’obésité: Découlant des différences de mode d’alimentation et d’activité physique, l’obésité est beaucoup plus fréquente dans les populations urbaines africaines par rapport aux populations rurales. Par exemple 7.3% vs. 0.2% chez les hommes urbains vs. ruraux et 19.8% vs. 4.2% chez les femmes urbaines vs. rurales en Tanzanie (54). L’obésité est associée de façon indépendante au diabète de type 2 dans ces populations. La prévalence de la surcharge pondérale et de l’obésité est plus élevée encore dans les populations d’origine Afrocaribéennes résidant en Europe et en Amérique.

Les projections

La conjonction du vieillissement de la population et de l’urbanisation rapide avec l’augmentation de l’inactivité physique et de l’obésité donnera lieu à une multiplication de la prévalence du diabète de type 2 en Afrique. Dans ce continent, le nombre d’adultes vivant avec le diabète passera de 19,8 millions en 2013 à 41,4 millions en 2035, soit une augmentation d’environ 109 % de personnes vivant avec le diabète (1). On estimait à 3,5 millions le nombre de patients diabétiques résidant en Afrique Subsaharienne en β000, et d’ici à 2025, ce nombre pourrait atteindre 8,4 millions (38). Le diabète qui constitue déjà un problème majeur de santé publique représentera un fardeau sur les systèmes de santé disproportionnés par rapport aux ressources consacrées à la santé dans les pays africains.

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Table des matières

INTRODUCTION
CHAPITRE I: REVUE DE LA LITTERATURE
PARTIE I.1: Diabète du sujet d’origine africaine
Section 1: Epidémiologie du diabète en Afrique
1.1. Prévalence du diabète de type 2
1.2. Principaux facteurs de risque du diabète de type 2
1.3. Les projections
1.4. Epidémiologie du diabète de type 1
Section 2: Spécificités cliniques
2.1. Les complications
2.2. Les diabètes atypiques
Section 3: Diabète non auto-immun à tendance cétosique (KPD)
Article 1: Pathophysiology of ketosis-prone atypical diabetes
PARTIE I.2: Infections virales et diabète en Afrique
Article 2: Infections virales et diabète en Afrique
PARTIE I.3: Inflammation et diabète
1. Inflammation et diabète de type 2
Article 3: Diabetes mellitus and inflammation
2. Inflammation et diabète de type 1
3. Inflammation et diabète non auto-immun à tendance cétosique
CHAPITRE II: OBJECTIFS
CHAPITRE III: MATERIEL ET METHODES
1. Type d’étude
β. Lieu et durée d’étude
γ. Population d’étude
4. Collecte des données
4.1. Examen clinique
4.2. Echantillons biologiques
5. Transfert des échantillons biologiques
6. Dosages biochimiques
6.1. Mesure de la glycémie capillaire
6.β. Dosage de l’Hémoglobine glyquée
6.3. Dosage sérologique des auto-anticorps GAD, IA-2 et ICA
6.4. Dosage des paramètres du profil lipidique
6.5. Dosage du peptide-C
6.6. Dosage de l’insuline
7. Interprétation de l’insulinosecretion et de l’insulinoresistance
8. Sérologie HHV8 et détection de l’ADN viral HHV8
8.1. Sérologie HHV8
8.2. Détection de l’ADN viral HHV8
9. Dosage des marqueurs de l’inflammation
10. Analyse statistique
11. Considérations éthiques
CHAPITRE IV: RESULTATS
PARTIE IV.1: Fréquence et caractéristiques cliniques du diabète non auto-immun à tendance cétosique (KPD) dans notre population
Article 4: Ketosis-prone atypical diabetes in Cameroonian patients with hyperglycaemic crisis: frequency, clinical and metabolic phenotypes
PARTIE IV.2: Etude de l’association entre l’infection par le virus HHV8 et les phénotypes de diabète
1. Fréquence du virus HHV8 dans la population
1.1. Sérologie HHV8 dans la population générale (KPD et DT2)
1.2. Sérologie HHV8 en fonction du phénotype de diabète (KPD1, KPD2 et DT2)
1.γ. Détection de l’ADN viral HHV8 en fonction du phénotype de diabète (KPD1, KPD2 et DT2)
2. Association entre la présence du virus HHV8 et les caractéristiques cliniques et métaboliques (insulinosécretion et insulinoresistance)
2.1. Association entre la présence des anticorps anti-HHV8 et les caractéristiques cliniques et métaboliques (insulinosécretion et insulinoresistance) dans la population générale
2.2. Association entre la présence des anticorps anti-HHV8 et les caractéristiques cliniques et métaboliques (insulinosécretion et insulinoresistance) chez les patients diabétiques de type 2
2.3. Association entre la présence des anticorps anti-HHV8 et les caractéristiques cliniques et métaboliques (insulinosécretion et insulinoresistance) chez les patients KPD
2.4. Association entre la présence des anticorps anti-HHV8 et les caractéristiques cliniques et métaboliques (insulinosécretion et insulinoresistance) chez les patients KPD en phase cétosique
2.5. Association entre la présence des anticorps anti-HHV8 et les caractéristiques cliniques et métaboliques (insulinosécretion et insulinoresistance) chez les patients KPD en phase non cétosique
2.6. Association entre la présence de l’ADN viral HHV8 et les caractéristiques clinques et métaboliques (insulinosécretion et insulinoresistance) dans la population générale
2.7. Association entre la présence des anticorps anti-HHV8 et les caractéristiques clinques et métaboliques (insulinosécretion et insulinoresistance) en l’absence de l’ADN viral dans la population générale
CONCLUSION

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