Développement des différentes stratégies des acteurs dans les segments de valorisation de la production laitière 

Définition de l’échantillonnage

Critères d’échantillonnage Cette étape a été procédée pour l’identification des groupes typologiques d’acteurs présents autour du district. Six (6) communes composent l’échantillon qui représente 50 % de la population cible, soit les 12 communes formant le district d’Antanifotsy. Ainsi, le type d’échantillonnage utilisé était l’échantillonnage aléatoire simple pour la moitié des agents enquêtés en considérant comme unité d’échantillonnage l’acteur dans chaque segment de la filière. L’étroite collaboration avec le responsable zone (RZ) a facilité la définition de l’échantillon car il connait les caractéristiques de chaque acteur. Le choix pour l’autre moitié de cet échantillon s’était basé surtout sur :
– La proximité de la commune du chef lieu de district ;
– Le nombre d’acteurs présents dans la commune ;
– La présence de MDB au niveau de la commune ;
– L’inclusion de ces communes dans les 10 communes bénéficiaires du projet à travers le District d’Antanifotsy.
Présentation de l’échantillon En fait, l’ensemble des individus statistiques est ici un échantillon de 130 agents de la filière et 10 organisations paysannes (OP). L’échantillon a été prélevé sur les acteurs potentiels recensés et encadrés par LOL surtout pour le segment de la production.

Analyse des Correspondances Multiples (ACM)

  A la différence de l’analyse factorielle des correspondances (AFC) servant à analyser des situations où les individus statistiques sont décrits par moins des variables nominales, l’ACM s’applique plutôt à des situations où il existe plus de deux variables qualitatives et où les modalités sont exprimées en codage (Carpentier, 2010). Elle fait partie des analyses multidimensionnelles des données. En effet, l’ACM est l’extension de l’AFC. Puisqu’il n’y a pas de groupes prédéfinis, l’ACM permet alors de mettre en évidence :
– Les relations entre les modalités des différentes variables ;
– Les relations éventuelles entre individus statistiques ;
– Les relations entre les variables telles qu’elles apparaissent à partir des relations entre modalités. Les individus statistiques sont en majeur partie décrits par des variables nominales.
a. Choix des variables représentant les individus
Les variables définies utilisées pour le classement des producteurs sont les suivantes :
Sexe : S
Taille du cheptel : NbC
Races bovines : R
Il faut souligner que la majeure partie des variables utilisées sont toutes des variables nominales
Génétique : G
Pratique de la culture fourragère : CF
Forme de l’étable : ED
Alimentation complémentaire : AC
Rendement moyen par vache : RDM
Intégration d’une OP : IOP
Autres activités liées à la filière : AA
b. Scorification (Scoring) Cette étape a été procédée pour faciliter le traitement des données sous XLSTAT, il s’agit donc de codifier les variables par le chiffre binaire 1 et 0.
c. Représentation des données recueillies
Les données peuvent être représentées de façon classique à l’aide des tableaux. Ceux-ci sont indispensables pour faciliter le traitement sous XLSTAT.
 Le tableau des effectifs
 Tableau de disjonctif complet
 Matrice « Présence- absence »
A travers les données collectées et apurées, nous avons procédé à l’élaboration de la matrice « présence-absence ». Elle permet de déterminer et regrouper les stratégies des acteurs pour chaque maillon. Présentée sous forme de tableau, on attribue la note un (1) lorsque les stratégies sont pratiquées par les acteurs et zéro (0) dans le cas contraire. Le chiffre 1 indique que les collecteurs ont opté pour ces variables libellés en colonne dans la réalisation de ses activités quotidiennes, il est 0 dans le cas contraire pour les autres acteurs.

Le Circuit de commercialisation et de distribution du lait frais dans le District d’Antanifotsy

  A travers le District d’Antanifotsy, seulement 60% de la production laitière sont collectés (CIRDR, 2011). Les entretiens effectués auprès des collecteurs ont permis de mettre en exergue :
– Les communes très productrices et à fortes potentielles ;
– Les marchés approvisionnés. Notons qu’à présent, le marché approvisionné s’étend vers la province de Tamatave et Fianarantsoa, et
– Le circuit de commercialisation du lait cru.
Les enquêtes effectuées au niveau des collecteurs autour du District d’Antanifotsy ont également laissé entrevoir le circuit d’acheminement du lait vers le marché.D’après cette figure, le lait est parfois commercialisé dans des circuits relativement longs. Ce sont surtout les éleveurs organisés qui vendent directement leur production sur le marché ou aux transformateurs artisanaux et industriels.Les principaux circuits existants sont :
 Le Circuit court
– Eleveurs laitiers – Consommateurs
– Eleveurs laitiers – Marché détaillant – Consommateurs
– Eleveurs laitiers – Transformateurs
 Le Circuit moyen
– Eleveurs laitiers – Centre de collecte – Marché détaillant – Consommateurs
– Eleveurs laitiers – Points de collecte – Grossistes – Transformateurs
 Le Circuit long
– Eleveurs laitiers – Points de collecte – Centres de collecte – Grossistes – Marché détaillant –Transformateurs
– Eleveurs laitiers – Points de collecte – Centres de collecte – Grossistes – Marché détaillant – Consommateurs .De l’autre côté, les destinataires directs du lait frais varient d’un producteur à l’autre. La typologie des collecteurs sur cette étude s’est essentiellement basée sur les variables : « ancienneté, quantité collectée, moyens de transport, réalisation de contrôle ». Cette typologie est au nombre de trois, à savoir :
Type 1 : Les Collecteurs spéculateurs : dotés d’une grande capacité de collecte vue leurs moyens performants et fiables, ce type de collecteurs favorise le développement de réseau de collecte, grâce à leurs moyens. Les éleveurs dans certaines zones enclavés comme ceux d’Ambatomiady, Ambatolahy ont pu écoulés leur production malgré les mainmises que ces collecteurs exercent sur eux surtout en matière de fixation prix. En moyenne, un collecteur de ce type collecte 800 litres de lait frais. Parmi les collecteurs de ce type enquêtés, 50 % entre eux réside en dehors du district d’Antanifotsy. Il faut noter également que ce type de collecteurs réalisent les 35 % de la collecte dans la zone.
Type 2 : Les Trayeurs cyclistes : ils se sont beaucoup développés ces dernières années et représentent 50 % des collecteurs enquêtés. Ce sont eux qui assurent la plupart de la collecte dans un rayon de 15 à 20 km autour du district d’Antanifotsy. Il faut préciser également que, les nouveaux venus sur le marché de la collecte dans cette zone appartiennent à cette classe de collecteurs. Leur ancienneté varie de 3 à 5 années.
Type 3 : Les Trayeurs à pieds : ce sont des petits acteurs qui manquent des moyens et ne collectent que 50 à 100 litres de lait par jours. Malgré leur faible capacité, ils participent pleinement à l’écoulement du lait vu leurs effectifs nombreux. On a constaté que 65 % des centres de collecte transformateurs consommateurs collecteurs speculateurs colporteurs points de collecte collecteurs de cette classe résident dans les communes périphériques comme Antsahalava, Ambihitompoina dont l’accès s’avère difficile. D’après les résultats, en moyenne, leur ancienneté dans la profession est de 5 à 8 années, ce qui veut dire bien avant la fermeture de la Société TIKO.

Des producteurs intensifs commencent à se développer dans cette zone

  Les éleveurs « Type 1 » optent pour des approches différentes selon leurs moyens du bord et leurs connaissances en matière de conduite d’élevage. Plusieurs cas ont été rencontrés au cours de cette étude. En effet, l’intégration des techniques innovantes dans le système de production ainsi que des races bovines importées à haut potentiel génétique caractérise cette catégorie de producteurs. La race la plus optée est actuellement le PRN (7/8 de sang) qui pourrait donner jusqu’à 40 litres par jour en haute lactation. La majeure partie de producteurs de ce type réside dans les communes rurales d’Antanifotsy, d’Ampitatafika et d’Ambohimandroso, soit sur l’axe RN7. En outre, l’alimentation des vaches est le plus grand facteur déterminant de la production journalière du lait, dans une exploitation moderne, une vache laitière devrait manger plus de 50 kg des fourrages verts par jour, et plus de 8 kg de provende selon la norme (Ministère de l’Elevage, 2006).A titre indicatif, le niveau moyen de production par jour, par vache est de 10 litres pour la Région de Vakinankaratra, 8 litres pour la Région d’Analamanga et ceci se situe à 6 litres pour les régions de Bongolava et d’Itasy (Consulting Plus, 2010).

L’élevage de type traditionnel et extensif toujours très opté

   C’est un élevage de type familial. L’élevage laitier surtout dans les communes les plus reculées est fait de manière traditionnelle, avec peu des moyens de vulgarisation, sa taille est assez restreinte et les rendements sont peu élevés avec un intervalle de vêlage assez long. Ce système d’élevage extensif est caractérisé par la faible qualité et quantité de l’alimentation bovine: herbes ramassés, pâturage, résidus de culture (son,…) et la mauvaise condition sanitaire des bétails dont la réalisation de contrôle phytosanitaire de l’étable, l’hygiène de la traite, la vaccination, le vermifuge. Ce sont donc des petits producteurs au faible poids économique qui ne sont pas en mesure de « faire » le prix ou de modifier à leur avantage les conditions du marché. Pour ce type des producteurs (Type 3), l’un des paramètres de reproduction très problématique est la longueur de l’intervalle de vêlagevêlage variant de 15 à 20 mois.A l’échelle mondiale, la taille moyenne d’un troupeau laitier est d’environ 2 vaches donnant un rendement moyen journalier de 11 litres de lait par exploitation (FAO, 2011).Dans tous les pays faisant l’objet de l’étude de la FAO, les petits producteurs laitiers ont des coûts de production très compétitifs, ce qui veut dire que s’ils sont organisés, ils disposent un potentiel pour rivaliser avec les grands systèmes de production ‘high-tech’ à forte intensité de capital. En outre, les stratégies de développement du secteur laitier, recommande la FAO, ne doivent pas uniquement porter sur les producteurs laitiers, mais doivent améliorer la compétitivité de toute la filière laitière en amont comme en aval (éleveurs, fournisseurs d’intrants, négociants, transformateurs, détaillants, etc…) (FAO, 2010). Ils représentent 60 % des producteurs enquêtés dans la zone. En effet, le suivi zootechnique et sanitaire s’avère insuffisant.En matière de génétique et de reproduction dont l’adoption des races locales non-améliorées comme le zébu, le manque des logeurs professionnels et la mauvaise qualité des géniteurs font partie des contraintes majeures pour ces acteurs.

Les cultures fourragères

  Une vache laitière a besoin de 0,4 à 0,75 ha de culture fourragère par jour soit un équivalent de 50 kg de fourrage vert. La faiblesse de l’alimentation explique en partie la mauvaise qualité sanitaire du lait produit ce qui pose des problèmes de conservation (Ministère de l’Elevage, 2011). L’apport en fourrages tout venant contribue à hauteur de 74 % dans la ration en fourrages alors que seulement 11% de besoins réels sont couverts par la production (Consulting Plus, 2010). A Madagascar, la surface fourragère par vache laitière s’élève en moyenne 0.2 ha (FIFAMANOR 2009). Actuellement, la surface fourragère moyenne par vache disponible dans le District d’Antanifotsy est de l’ordre de 0,25 ha (FIFAMANOR, 2011). Face à cette situation, des PCF se sont développés dans cette zone, ces derniers qui approvisionnent en même temps d’autres zones et des régions du triangle laitier en fourrages verts, semences fourragères, fourrages secs, et des souches. Les variétés fourragères comme l’avoine, le RayGrass, le Chloris, le Brachiaria, le Radis sont trèsconnues alors que le pennisetum dont les « Kizozi et Relaza » est l’espèce la plus cultivée sur les Hautes Terres.Il a été constaté que les principaux producteurs des fourrages dans la zone sont les communes d’Antsahalava, d’Ambohimandroso et d’Ambatotsipihina. Il faut noter qu’un PCF peut produire plus de 200 tonnes des fourrages verts par saison dont le prix moyen d’un kilogramme varie de Ar 200 à 300. Mais l’étude auprès des PCF a montré que la technique de conservation n’est pas encore parfaitement maitrisée malgré l’appui technique apporté par LOL et de FIFAMANOR.

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Table des matières

REMERCIEMENTS
RESUME
ABSTRACT
LISTE DES TABLEAUX
LISTE DES FIGURES
LISTE DES GRAPHES
LISTE DES ABREVIATIONS et ACRONYMES
INTRODUCTION
I. MATERIELS ET METHODES
1. MATERIELS
1.1. Zone d’étude
1.1.1. Choix de la zone d’étude
1.1.2. Justification de choix du sujet
1.1.3. Situation géographique et démographique
1.2. Les outils de traitement

2. METHODES
2.1. Démarche commune pour la vérification des hypothèses
2.1.1 Démarche exploratoire
2.1.1.1. Revue bibliographique et webographique

2.1.1.2. Etudes préliminaires
2.1.2. Elaboration du questionnaire d’enquête
2.1.3. Définition de l’échantillonnage
2.1.3.1. Critères d’échantillonnage

2.1.3.2. Présentation de l’échantillon
2.1.4. Démarche formelle
2.1.4.1. Travail d’investigation sur terrain

2.1.4.2. Dépouillement des données
2.1.4.3. Traitement et analyse des données
2.2. Démarche spécifique pour la vérification de chaque hypothèse
2.2.1. Démarche spécifique de vérification de l’hypothèse 1 : « L’approche économique et agronomique des producteurs laitiers connaissent un changement notable. »
2.2.1.1. Analyse des Correspondances Multiples (ACM)
a. Choix des variables représentant les individus
b. Scorification (Scoring)

c. Représentation des données recueillies

2.2.2.1. Construction des groupes typologiques d’acteurs suivant leurs stratégies
a. Classification Ascendante Hiérarchique
2.2.2. Démarche spécifique de vérification de l’hypothèse 2
2.2.3. Démarche spécifique de vérification de l’hypothèse 3 : « La consolidation des activités du groupement MDB renforce les rapports économiques entre les acteurs directs en amont comme en aval de la filière »
2.2.3.1. Analyse SWOT ou FFOM

a. Logique de l’analyse SWOT5-
b. Mise en œuvre de l’analyse SWOT
3. Démarche générale de l’étude
4. Chronogramme de réalisation de l’étude

5. Limite de l’étude
II. RESULTATS
1. Les stratégies d’adaptation des éleveurs laitiers
1.1.1. Caractéristique de la typologie des producteurs
2. Développement des différentes stratégies des acteurs dans les segments de valorisation de la production laitière
2.1. La collecte 
2.1.1.Les différentes formes d’organisation de la collecte
2.1.2.Le Circuit de commercialisation et de distribution du lait frais dans le District d’Antanifotsy
2.2. Développement rapide de l’activité de transformation

3. Analyse SWOT de MDB
3.1. Les Forces et les Faiblesses (Srengths and Weaknesses) de l’acteur MDB
3.2. Les Opportunités et Menaces (Opportunities and Threats) de MDB
3.3. Les principaux aspects ayant connu des évolutions significatives dans les relations acteurs – MDB
III. DISCUSSIONS ET RECOMMANDATIONS
3.1. DISCUSSIONS
3.1.1. Pratiques et stratégies des producteurs assez hétérogènes
3.1.1.1. Des producteurs intensifs commencent à se développer dans cette zone
3.1.1.2. L’élevage de type traditionnel et extensif toujours très opté
3.1.2.3. La réalisation des activités mixtes par les producteurs
a. La provenderie

b. Les cultures fourragères
c. Autres activités adoptées
3.1.2. Le développement des actions de valorisation de la production laitière
3.1.2.1. Les différentes formes d’organisation de la collecte
a. Les collecteurs spéculateurs

b. Les trayeurs-cyclistes
c. Les trayeurs à pieds
3.1.2.2.L’activité de transformation en pleine expansion
a. Les petits transformateurs

b. Les transformateurs artisanaux
c. Les transformateurs spécialisés
3.1.3. Interdépendance des acteurs réunis autour de MDB
3.2. RECOMMANDATIONS
3.2.1. L’évolution de l’approche agronomique et économique des éleveurs
3.2.2. Les stratégies des acteurs de valorisation du lait
3.2.2.1. Pour le segment de la « Collecte »
3.2.2.2. Pour le segment « Transformation »
3.2.3. Coordination des relations économiques et techniques au sein du groupement «
MDB»
CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
WEBOGRAPHIE
ANNEXES

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