Description et biologie des gorilles

Description et biologie des gorilles 

Les gorilles sont des espèces vivant en forêt, la plupart hors des zones protégées. Ils habitent des forêts pluviales tropicales, la lisière des forêts et des clairières, des forêts traversées par des cours d’eaux, des marécages et des champs abandonnés (PNUE- CMS, 2009). Ils vivent généralement en groupe, dominés par un male appelé dos argenté.

La taille des groupes de gorilles peut changer dans le temps à cause des naissances, des mortalités et des migrations. Le nombre d’individus dans un groupe varie entre 2 et 18 (Tutin, 1996 ; Magliocca et al., 1999 ; Parnell, 2002 ; Yamagiwa et al., 2003 ; Gatti et al., 2004 ; Robbins et al., 2004). Les nouveaux groupes se forment lorsque les femelles quittent leurs groupes originels pour rejoindre des mâles solitaires ou dans des cas rares le groupe se sépare en deux (Robbins, 1999).

Le gorille est décrit comme le plus grand des singes anthromorphes à la face noire et au pelage de même couleur, devenant gris avec l’âge chez le mâle. A l’âge adulte les gorilles ont des poids de 251 kg environ et mesurent jusqu’à deux mètres de haut, avec une face et une poitrine nues (Kingdom, 1997) tandis que les femelles peuvent mesurer 1,5 m pour un poids de 115 kg à l’âge adulte. Les mâles adultes ont une crête sagittale rouge au-dessus de la tête, qui est une caractéristique des gorilles de plaines de l’Afrique Centrale (Salah, 2011 ; Tutin et al., 2005 ; Morgan, 2006). Le cycle sexuel du gorille est le même que celui de l’espèce humaine, la femelle a ses menstruations tous les 28 jours environ et peut s’accoupler en toute saison. Après 9 mois naît un unique petit (rarement des jumeaux) qui pèse entre 2 et 2,5 kg à la naissance. L’allaitement dure environ 18 mois, mais à partir de 16 mois, les plantes deviennent l’aliment de base. La longévité des gorilles est de 30 ans environs (Parnell, 2002).

Les fruits constituent l’aliment de base des gorilles. Ces fruits comprennent des espèces consommées sur de longues périodes telles que Duboscia macrocarpa, Klainedoxa gabonensis, Tetrapleura tetraptera et Ficus sp., et d’autres consommées en grande quantité sur des périodes courtes, telles que Angylocalyx pynaertii, Anonidium mannii, Diospyros&q sp., Drypetes sp., Gambeya (Chrysophylum) lacourtiana, Greenwayodendron suaveolens, Grewia sp., Haumania danckelmaniana, Nauclea sp., Tabernaemontana sp.ou Treculia africana. L’autre aliment de base du Gorille est constitué par les plantes aquatiques telles que Hydrochaerus chevalieri, qui ressemble aux nénuphars. Les gorilles se nourrissent aussi régulièrement d’herbes et de carex comme Rynchospora corymbosa, qui ressemble aux ciboules (Triplet, 2009).

Aire de distribution de Pan 

Les chimpanzés appartiennent au genre Pan divisé en deux espèces : les bonobos (Pan paniscus) occupent les forêts humides de plaine au sud du fleuve Congo tandis que les chimpanzés (P. troglodytes) vivent dans un territoire forestier plus vaste au nord du fleuve Congo (Groves, 2001). L’aire de distribution des chimpanzés dépasse largement les forêts d’Afrique Centrale parce qu’ils sont observés depuis la Tanzanie et l’Ouganda à l’Est, jusqu’au Sénégal et la Gambie à l’Ouest (Kingdom, 1997). Ce sont des animaux forestiers principalement mais qui colonisent aussi les forêts galeries, les savanes boisées et même les zones semi-désertiques (Boesch et Boesch, 2000).

Description et biologie des chimpanzés

Le chimpanzé mesure de 63 à 94 cm de long ; lorsqu’il se tient debout et se redresse totalement, il peut atteindre 1,20 m de haut. Le mâle pèse entre 34 et 70 kg ; la femelle, plus petite et plus gracile, avec un poids compris entre 26 et 50 kg. Les bras du chimpanzé sont très longs ; leur envergure est équivalente à une fois et demie la hauteur du corps. La plante des pieds est assez large et les orteils courts, ce qui permet à l’animal de se tenir debout et de parcourir quelques mètres en position bipède. Le pelage est sombre  ; la face, la paume des mains et la plante des pieds sont glabres.

La couleur de la peau du visage est rose ou brune chez le jeune chimpanzé commun, et devient de plus en plus foncé au fur et à mesure que l’animal prend de l’âge. Les oreilles, les lèvres et les arcades sourcilières sont saillantes et la queue est absente. Le cerveau du chimpanzé est à peu près deux fois moins volumineux que celui de l’homme ; compris entre 300 et 400 cm3 , il est presque comparable à celui des premiers australopithèques (Gautier et al., 1999). Les chimpanzés sont diurnes et vivent au sein d’une structure sociale dite de fissionfusion: à tout moment la communauté de 5 à plus de 110 individus peut se diviser en sousgroupes instables puis se reformer. Ce dynamisme et cette fluctuation au niveau de la structure sociale permettent une flexibilité dans l’exploitation des ressources disponibles dans leur habitat en permettant à certaines communautés de chimpanzés de réduire les problèmes de compétition intra et inter spécifique lors de périodes de pénurie de fruits ou dans les habitats dont les ressources sont inégalement distribuées ou même rares (Triplet, 2009). Selon (Sanz et al., 2004), les chimpanzés sont omnivores et ont un régime très varié. Ils peuvent consommer plus de 200 espèces de plantes dans leur environnement. Les fruits constituent la majorité de leur régime alimentaire ce qui a conduit Williamson et al., (1995) à les placer dans la classe des frugivores car les 50 à 80% du temps qu’ils passent en alimentation sont dévolus à la collecte des fruits. Ils consomment aussi une grande variété de matière animale allant de l’insecte (termites et fourmis essentiellement, mais aussi abeilles, guêpes, diptères et papillons) aux œufs, aux oiseaux et aux mammifères (Kingdom, 1997).

Les chimpanzés comme tous les primates simiens se reproduisent à un rythme relativement lent. Les femelles ne sont fertiles qu’à partir de l’âge de 12 ans et ne donnent naissance à un seul enfant qu’à un intervalle de cinq à six ans. Elles ont un cycle menstruel de 35 jours ; elles sont fécondables pendant environ 6 jours lors de chaque cycle. Il n’y a pas de saison des amours ; l’accouplement peut avoir lieu chaque mois, pendant les jours de fécondité de la femelle. Après une gestation de plus de sept mois, la femelle met au monde un unique jeune, rarement des jumeaux. Juste après la naissance, le petit sans défense s’accroche au pelage de sa mère, et s’installe sur son dos quand elle se déplace. Le jeune chimpanzé est sevré vers l’âge de 4 ans, mais peut continuer à se déplacer avec sa mère jusqu’à l’âge de 10 ans. Il arrive que certains individus restent en contact avec leur mère pendant toute la vie de celle-ci. La longevité du chimpanzé est de 40 à 60 ans en captivité comme dans la nature. (Di Fiore, 2003).

Statut de conservation du Chimpanzé et du Gorille 

Les chimpanzés et gorilles sont respectivement considérés comme des espèces en danger et en danger critique selon la liste rouge de l’UICN (2008). Au Cameroun ce sont des espèces entièrement protégées et répertoriées dans la classe « A » par la loi n°94/01 du 20 janvier 1994 portant régime de forêts, de la faune et de la pêche MINFOF (1994). Selon ladite loi dans son article 78:
(1) Les espèces animales vivant sur le territoire national sont réparties en trois classes de protection A, B et C, selon des modalités fixées par arrêté du ministre chargé de la Faune.
(2) Sous réserve des dispositions des articles 82 et 83 de la présente loi, les espèces de la classe A sont intégralement protégées et ne peuvent, en aucun cas, être abattues. Toutefois leur capture ou détention est subordonnée à l’obtention d’une autorisation délivrée par l’Administration chargée de la Faune.
(3) Les espèces de la classe B bénéficient d’une protection, elles peuvent être chassées, capturées ou abattues après obtention d’un permis de chasse.
(4) Les espèces de la classe C .sont partiellement protégées. Leur capture et leur abattage sont réglementés suivant des modalités fixées par arrêté du ministre chargé de la Faune.

Statut de conservation des animaux dans la Réserve de Biosphère du Dja 

Selon leur niveau de protection, les gros mammifères et les plus caractéristiques de la RBD sont les suivants (MINFOF, 2004) :
• Classe A (Protection absolue) : la Panthère (Panthera pardus), le Gorille (Gorilla gorilla), le Chimpanzé (Pan troglodytes), le Magistrat (Colobus guereza).
• Classe B (protection partielle) : l’Eléphant (Loxodonta africana cyclotis), le Buffle (Syncerus caffer nanus), le Sitatunga (Tragelaphus spekei), le Pangolin géant (Manis gigantea), le Potamochère (Potamochoerus porcus), le Céphalophe à bande dorsale noire (Cephalophus dorsalis), le Bongo (Boocerus sp.)
• Classe C (Protection réglementée) : le Hocheur (Cercopithecus nictitans), le Moustac (Cercopithecus cephus), le Cercocèbe à joues blanches (Cercocebus albigena), le Cercocèbe agile (Cercocebus agilis), le Mone (Cercopithecus pogonias), le singe de Brazza (Cercopithecus neglectus), le Cephalophe bleu (Cephaloplus monticola) … Les études sur l’abondance de ces mammifères indiquent que la densité des éléphants est de 0,56 individus/km2 , 1,71 individu/km2 pour le Gorille, 0,79 individu/km2 pour le Chimpanzé.

Menaces qui pèsent sur ces deux espèces 

Diverses menaces affectent les gorilles et les chimpanzés en Afrique centrale, il s’agit du braconnage, des maladies, etc…

Le braconnage
Ngangui (2001) montre que la survie des mammifères est plus menacée par la chasse commerciale que par les défrichements pour l’agriculture. Les grands singes d’Afrique Centrale sont braconnés même s’ils sont sous la protection des lois nationales et internationales dans tous les pays de leur aire de distribution. Le Cameroun, la RDC et la Guinée sont les premiers pays d’approvisionnement pour les chimpanzés et les gorilles ( Stiles et al., 2013). Les grands singes sont rarement les cibles spécifiques des chasseurs, mais seront tués à vue ou peuvent se faire prendre dans les pièges (Tuttin et al., 2005). Triplet (2009) explique que l’une des raisons de la chasse et du braconnage est la consommation directe de viande dans certaines régions, les chimpanzés ne sont pas chassés pour des raisons traditionnelles ou religieuses. Cependant, en dépit de tabous puissants relatifs à leur mise à mort et à la consommation, ils peuvent être mutilés ou tués quand ils sont attrapés dans des pièges installés pour la capture d’autres animaux. Ce qui a entrainé la diminution de ces populations de plus de 66% au cours des trente dernières années passant de 600 000 à moins de 200 000 individus (Kormos et al., 2003). En effet,  grands singes sont généralement capturés par les braconniers à l’aide de pièges, de flèches anesthésiantes, d’appâts empoisonnés, de méthodes de chasses traditionnelles, ou lorsqu’ils s’aventurent sur les terres agricoles pour piller les récoltes (Stiles et al., 2013). Le commerce international des spécimens vivants au marché des animaux domestiques est aussi l’une des principales menaces qui pèsent sur les grands singes (WWF, 2005). Au Cameroun par exemple ; deux trafiquants ont été arrêté lors d’une tentative de vente d’un bébé chimpanzé. Ils étaient bien conscients de la nature et du risque d’arrestation qu’ils couraient et ont fait des efforts pour ne pas attirer l’attention des forces de l’ordre. Ils comptaient aussi sur la complicité des forces d’un policier pour les libérer en cas d’arrestation (Wildlife justice, 2006).

Les maladies
Les grands singes sont vulnérables à plusieurs maladies pathogènes affectant les hommes ainsi qu’à des épidémies de zoonoses telles qu’Ebola (Tuttin et al., 2005). Depuis 1990, Ebola a causé une série de mortalités massives de gorilles dans les blocs de forêts reculés, au cœur de leur milieu de vie (Walsh et al., 2008). Des études rapportent que 1es gorilles et plusieurs chimpanzés ont été retrouvés morts, tués par le bacille de l’anthrax (Bacillus anthracis) dans la forêt équatoriale du Cameroun (Leendertz et al., 2006).

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Table des matières

INTRODUCTION
1. Contexte
2. Problématique
3. Objectif de l’étude
4. Importance de l’étude
5. Contraintes de l’étude
CHAPITRE 1 : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LA LITTERATURE
1.1. Cadre conceptuel et clarification des concepts
1.1.1. Filière
1.1.1.1. Délimitation d’une filière
1.1.1.2. La typologie des acteurs d’une filière
1.1.1.3. Analyse comptable d’une filière
1.1.1.4. Analyse organisationnelle d’une filière
1.1.2. Approche filière
1.1.3. Commercialisation
1.1.4. Primates
1.1.5. Grands singes
1.1.6. Réserve de biosphère
1.1.7. Aire protégée
1.1.8. Parc national
1.1.9.Conservation
1.1.10. Faune
1.1.11. Chasse
1.1.12. Gibier
1.1.13. Vian de de brousse
1.1.14. Exploitation illégale/Braconnage
1.1.15. Acteur
1.2. Revue de la littérature
1.2.1. Biologie et écologie des grands singes
1.2.1.1. Gorille
1.2.1.2. Aire de répartition des gorilles
1.2.1.3. Description et biologie des gorilles
1.2.1.4. Chimpanzé
1.2.1.5. Aire de répartition de pan
1.2.1.6. Description et biologie des chimpanzés
1.2.1.7. Statut de conservation du chimpanzé et du gorille
1.2.1.8. Statut de conservation des animaux dans la réserve de biosphère du Dja
1.2.1.9. Menaces qui pèsent sur ces deux espèces
1.2.1.1. Circuit de commercialisation
CHAPITRE 2 : METHODOLOGIE
2.1. Localisation de la zone
2.1.1. Localisation administrative
2.1.2. Végétation et climat
2.1.3. Faune
2.1.4. Rôle de la chasse/braconnage dans l’économie locale
2.1.5. Braconnage et commercialisation du gibier
2.1.6. Ethnographie
2.2. Collecte des données
2.2.1. Collecte des données dans les villages
2.2.2. Collecte des données dans les marches
2.2.3. Triangulation de l’information
2.2.4. Echantillonnage
2.2.5. Analyse des données
CHAPITRE 3 : RESULTATS ET DISCUSSION
3.1. Présentation des résultats
3.1.1. Caractéristique des acteurs impliqués dans la filière grands singes
3.1.1.1. Les acteurs directs
3.1.1.1.1. Les chasseurs
3.1.1.1.2. Les transporteurs
3.1.1.1.3. Les commerçantes
3.1.1.1.4. Les différentes catégories de commerçantes
.1.1.1.5. Les consommateurs
3.1.1.2. Les acteurs semi directs
3.1.1.2.1. Les intermédiaires
3.1.1.2.2. L’administration forestière
3.1.1.2.3. Les ONG de conservation
3.1.1.2.4. Les sociétés forestières
3.1.1.3. Les relations entre les différents acteurs
3.1.1.3.1. Acteurs directs
3.1.1.3.2. Acteurs semi directs
3.1.1.3.3. Acteurs semi directs et directs
3.1.2. Analyse spécifique et détaillée du circuit de commercialisation
3.1.2.1. La chasse aux grands singes
3.1.2.2. Le transport des grands singes vers leurs destinations finales
3.1.2.3. Techniques d’évacuations des grands singes vers les grandes métropoles
CONCLUSION

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