Des histoires de rencontres singulières

La rencontre avec Axel

Le cabinet libéral 

Nous avons rencontré Axel en cabinet libéral de psychomotricité à Paris. La praticienne responsable du cabinet exerce à la fois en tant que psychomotricienne et psychologue clinicienne deux journées par semaine, associée à d’autres professionnels qui interviennent sur le reste de la semaine. Le fait d’avoir les deux qualifications permet l’orientation des patients selon leurs besoins spécifiques au sein du même cabinet.

L’exercice en libéral nécessite une organisation spécifique au quotidien. Nous prenons en charge les enfants à partir de prescriptions médicales, la sécurité sociale ne prend pas en charge le remboursement des séances. Les enfants sont âgés de 3 à 13 ans. Au-delà des fonctions du psychomotricien, la particularité de l’activité libérale requiert la mise en réseau avec les partenaires extérieurs comme le secteur médical et médico-social, avec des professionnels médicaux et paramédicaux intervenant dans le suivi des patients.

La demande de bilan psychomoteur émane des parents, de l’école ou du médecin généraliste, et concerne le plus souvent des difficultés d’ordre scolaire comme les difficultés d’apprentissages en termes de lecture et d’écriture, des difficultés attentionnelles et des maladresses. Le bilan psychomoteur permet d’objectiver les difficultés de l’enfant, à l’aide de tests étalonnés selon la moyenne des enfants du même âge. A l’issue du bilan, il est possible d’établir un profil psychomoteur de l’enfant et d’évoquer l’impact des difficultés rencontrées dans le quotidien de l’enfant. Il peut s’agir d’un retard d’acquisition ou bien de troubles installés. Le bilan se déroule sur deux séances. La première est consacrée en grande partie à l’anamnèse, c’est-à-dire à l’histoire des difficultés rencontrées dans le parcours de vie de l’enfant. La psychomotricienne interroge en premier lieu l’enfant quelque soit son âge, dans la mesure où il a acquis le langage. D’un point de vue clinique, cela permet d’observer la manière dont l’enfant s’exprime, ce qu’il a compris de ce rendez-vous et là où il en est par rapport aux difficultés qu’il rencontre. Cela nous amène à appréhender les dynamiques du système familial et les modalités relationnelles entre les membres de la famille. C’est souvent l’occasion pour les parents de parler de leurs propres ressentis. Assez naturellement, la suite de l’entretien consiste à interroger les parents sur leur venue et ce qu’ils percoivent des difficultés de leur enfant. Le bilan se poursuit au cours du deuxième entretien, sans la présence des parents dans la majeure partie des cas. La restitution se fait lors d’un troisième rendez-vous, généralement en présence des parents uniquement, afin de discuter d’un éventuel suivi, selon les conclusions du bilan et de leurs attentes. Ce troisième rendez-vous permet de part et d’autre de clarifier la demande de chacun. Cette temporalité est importante et a un effet structurant au niveau psychique, l’intervalle entre la rencontre et la restitution faisant souvent émerger des informations importantes et utiles à la prise en charge. La psychomotricienne travaille particulièrement avec le référentiel psychanalytique des troubles psychomoteurs, tout en restant ouverte à d’autres pistes théoriques. En séance, elle utilise des outils cliniques variés, comme la graphomotricité, la méditation, des techniques dérivées de l’hypnose auxquelles elle a été formée. Les médiations bâtons, tissus, balles sensorielles, relaxation, parcours moteurs, jeux de sociétés, enveloppements dans des couvertures, sont régulièrement proposées aux enfants. Les séances en cabinet libéral implique de répondre aux attentes des parents, en termes d’évolution et de progrès de leur enfant. Ainsi, il s’agit pour la professionnelle en formation, de s’inscrire dans la lignée de la psychomotricienne tout en essayant de prendre une place au sein de la relation en triade dans l’objectif de se former. En tant que professionnelle en formation, nous participons activement aux entretiens, à la passation des bilans, à la cotation et à l’écriture des bilans psychomoteurs. Au sein des séances, nous sommes force de proposition aux cotés de la psychomotricienne. C’est dans ce cadre de travail que nous avons rencontré Axel.

Axel

Axel est un garçon de 6 ans et 4 mois (né le 25/12/2014) et scolarisé en CP. Il est suivi en psychomotricité au cabinet libéral depuis qu’il a 4 ans et 11 mois, à raison d’une séance hebdomadaire. La demande de prise en charge émane des parents concernant d’éventuelles difficultés graphiques entraînant une lenteur.

Anamnèse 

Axel est un enfant qui a été désiré et attendu par ses parents, la grossesse s’est déroulée dans un contexte d’inquiétudes pour la santé de la maman et au sujet d’évènements familiaux importants. Il est né trois semaines avant le terme, le score d’apgar était de 2 puis de 6, suite à un problème de cordon ombilical autour du cou. Il a fait ses nuits vers 4 mois et a marché à 16 mois. Nous n’avons pas d’informations précises quant à l’investissement des différents niveaux d’évolution motrice avant l’acquisition de la marche.

Axel est décrit par sa mère comme « un bébé très tonique qui demandait beaucoup les bras ». Il était gardé par une assistante maternelle avant l’entrée en petite section. Les parents travaillent beaucoup et le père est souvent en déplacement. Aucun élément spécifique n’est précisé concernant l’entrée en maternelle. La maîtresse de moyenne section souligne cependant une forme de mutisme et un refus de faire certaines activités, en précisant que le fait d’investir la mascotte de la classe a permis à Axel d’être plus à l’aise et de s’inscrire dans le groupe classe. A la suite de l’anamnèse, Axel a réalisé une évaluation psychomotrice à 4 ans et 11 mois. Les échanges verbaux avec la psychomotricienne et les supports écrits (bilan psychomoteur) nous permettent de retracer son suivi en psychomotricité.

Bilan psychomoteur

Axel se présente comme un petit garçon mince et d’apparence assez tendue dans son corps. Il se montre impressionné lors de l’entretien et se tourne vers sa maman pour qu’elle réponde à sa place aux questions qui lui sont posées. Le bilan psychomoteur est réalisé en présence de la mère, l’éventuelle séparation entraînant de l’inquiétude chez Axel. La psychomotricienne note qu’il se rassure progressivement au fil de la rencontre et montre des capacités à s’appuyer sur l’adulte.

Le tonus et l’émotionnel 

Au cours du bilan, nous repérons des troubles de la régulation tonico-émotionnelle avec une tendance à la raideur et un recrutement tonique excessif dans la motricité. Les coordinations globales sont impactées par la tendance à la contraction. Les coordinations/dissociations des membres supérieurs et inférieurs sont coûteuses, tout comme l’inhibition d’actions simultanées. Le tonus des doigts est à tendance hypotonique et ne permet pas de réaliser correctement les gestes fins. Le découpage et la manipulation de la pâte à modeler montrent de bonnes praxies fines. Cependant, des difficultés de déliement digital et une importante lenteur sont remarquées lors de l’imitation des positions des mains. En ce qui concerne la sphère relationnelle, nous repérons la présence de réactions de prestance et d’anxiété. Le bilan révèle globalement une tendance à l’inihibition notamment au niveau verbal.

Latéralité 

Le processus de latéralisation s’achève généralement aux alentours de 7 ans. Cependant, pour Axel, la latéralité s’oriente à droite et de manière homogène œil/main. Une latéralité homogène favorise de bonnes coordinations occulo-manuelles, nécessaires à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Ecriture

Le passage au graphisme fait chuter les résultats d’Axel. D’une manière générale, il est réalisé en tension et si le facteur rapidité intervient, tout le bras est impacté avec des raideurs diffuses et une posture inefficace. La pince tridigitale est en cours d’acquisition. Des syncinésies à diffusion tonique sont présentes lors du passage à l’écriture, ce qui est normal à son âge au vu de la maturité neurologique, mais qui témoigne néanmoins de l’effort engagé chez Axel.

Les représentations corporelles
Axel connaît bien le vocabulaire du corps, sait en nommer les différentes parties. Au dessin du bonhomme, il dessine sa mère en noir et blanc. Sa production correspond presque à son âge selon la cotation. Il dit bien aimer son dessin mais n’exprime pas plus d’éléments et ne parle pas de contenu imaginaire autour de sa production.

Espace, temps, rythme
Axel semble peu repéré dans le temps, il n’est pas repéré dans la séquence de la journée ni dans les jours de la semaine. Pour autant, il montre des capacités pour replacer et ordonner les cartes séquentielles et raconte bien l’histoire qu’il voit sur les images. Les capacités d’analyse et de structuration rythmique sont efficientes. Il est plutôt bien repéré dans l’espace, il connaît le vocabulaire topologique et reconnaît bien les formes géométriques du rond, du carré et du rectangle. Il a de bonnes compétences visuo-perceptives et visuospatiales.

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Table des matières

INTRODUCTION
PARTIE 1 : DES HISTOIRES DE RENCONTRES SINGULIÈRES
1. La rencontre avec Axel
1.1 Le cabinet libéral
1.2 Axel
1.2.1 Anamnèse
1.2.2 Bilan psychomoteur
1.2.2.1 Le tonus et l’émotionnel
1.2.2.2 Latéralité
1.2.2.3 Ecriture
1.2.2.4 Les représentations corporelles
1.2.2.5 Espace, temps, rythme
1.2.2.6 Conclusion du bilan psychomoteur
1.2.3 Les troubles du contrôle des impulsions
1.2.4 L’écriture
2. La rencontre avec Izia et Mel
2.1 La PMI
2.2 Izia
2.2.1 Anamnèse et environnement familial
2.2.2 La première rencontre
2.2.3 L’observation clinique des signes psychomoteurs
2.2.4 Le reflux gastro-oesophagien
2.3 Mel
2.3.1 Anamnèse et environnement familial
2.3.2 La première rencontre
2.3.3 L’observation clinique des signes psychomoteurs
2.3.4 Les retards d’acquisitions
PARTIE 2 : DES HISTOIRES DE FONDATIONS ESSENTIELLES
1. Le tonus à la base de la construction psychomotrice
1.1 Le tonus et les émotions
1.1.1 Le dialogue tonico-émotionnel
1.1.2 Une spécificité de l’approche psychomotrice
1.2 Le tonus, premier pallier de l’étayage psychomoteur
1.2.1 La théorie de l’étayage psychomoteur
1.2.2 Du corps à la psyché et de la mère au bébé
1.3 La carapace tonique
1.3.1 L’incohérence dans les attitudes maternelles
1.3.2 Conséquences posturales et respiratoires
1.3.3 Conséquences sur les perceptions et représentations corporelles
2. L’expérience de l’individuation
2.1 Les interactions précoces
2.1.1 La communication réciproque
2.1.2 Les troubles des interactions précoces
2.2 L’attachement
2.2.1 Comment s’élabore l’attachement ?
2.2.2 S’attacher pour mieux se détacher
2.3 L’image du corps
2.3.1 L’image reflétant la construction de la subjectivation
2.3.2 Le travail autour de l’image du corps
PARTIE 3 : LA TRAVERSÉE GUIDÉE PAR UNE POSTURE
1. De la demande au soin : enquêter, articuler, créer
1.1. L’engagement de l’observateur
1.1.1. La question de la demande
1.1.2. La différence entre les signes et les symptômes
1.1.3. Une question de points de vue
1.2. Le corps en relation
1.2.1. Deux corps en relation
1.2.2. L’articulation psychomotrice
1.2.3. La fonction thérapeutique
2. La question de la posture
2.1 Le soin psychomoteur
2.1.1 Le versant rééducatif
2.1.2 Le versant éducatif
2.1.3 Le versant thérapeutique
2.2 La posture du psychomotricien
CONCLUSION

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