Dégagement d’une approche d’étude de faisabilité en contexte de gestion de projet social

Description de certains concepts

  Il est opportun à cette étape de définir les principaux concepts que nous emploierons tout au long de cette étude.
Environnement socio-économigue L’environnement socio-économique comprend la description et l’analyse des indicateurs socio-économiques, de la structure de l’emploi et des prévisions de main-d’oeuvre de la région de Val d’Or. Dans le cadre du présent projet, l’environnement est une variable fort importante. Elle peut même parfois influencer de façon marquée les décisions à prendre dans le cadre de l’étude de faisabilité.
Étude de marché: Dans le cadre de ce projet, l’étude de marché consiste à recueillir et analyser le maximun de données concernant:
• L’enseignement professionnel au Québec et dans les commissons scolaires de la région 08;
• L’évolution des populations étudiantes jeunes et adultes de l’enseignement professionnel pour toutes les commissions scolaires de la région 08;
• La fréquentation scolaire et la probabilite d’obtenir un diplôme au secondaire;
• La mobilité des effectifs scolaires entre les commissons scolaires. Toutes ces données ont été traitées et analysées avec l’aide du logiciel Statview utilisé sur Macintosh.
Faisabilité technigue L’analyse technique d’un projet social diffère de beaucoup de celle d’un projet industriel. Ainsi, des outils tels que les courbes de rendement, les cédules de production, les estimations de main-d’oeuvre et autres ne peuvent nous être bien utiles dans notre cas. De plus, nous nous sommes pas seulement attardé à vérifier si le projet est techniquement faisable ou non, mais plutôt à déterminer de quelle façon il va pouvoir étre réalisé et dans quelles conditions.
L’étude de faisabilité technique comprend:
• Description et analyse du profil des intervenants en formation professionnelle à la CSRLV;
• Description des ressources matérielles disponibles à la CSRLV;
• Structure organisationnelle de la CSRLV et de la formation professionnelle;
• Mise en place du plan de développement et analyse des scénarios de réalisation.
Faisabilité sociale Dans le cadre du présent projet, la faisabilité sociale consiste à recueillir et analyser les perceptions et besoins tant du milieu socio-économique (entreprises, main-d’oeuvre … ) que de la CSRLV incluant les enseignants. Cette analyse sociale est fortement inter-reliée avec la faisabilité technique. Cette étape consiste aussi à vérifier auprès du milieu socio-économique et de la CSRLV, la faisabilité du ou des scénarios qui seront retenus après analyse. Cette évaluation se faisant à la réponse à des besoins ou perceptions ressenties. Les techniques utilisées consistent surtout à des rencontres structurées ou non (groupe nominal ou autres) et à des évaluations par questionnaire.

Définition et description d’un projet social

   Nous avons jugé important, dès le début de cette étude, de bien cerner la différence pouvant exister entre les concepts de projet social et projet industriel.La définition et les caractéristiques principales d’un projet social sont présentées sous plusieurs angles dans la littérature. Notons que la caractéristique la plus connue d’un projet social est que son objectif principal n ‘est pas obligatoirement la rentabilité financière du projet. Voici quelques définitions présentées par certains auteurs. Selon les cas, ces derniers ont oeuvré soit dans la gestion de projet social ou la gestion de projet industriel. Clifton et Fyffe définissent un projet social selon les critères d’évaluation suivants:
• utilise un minimum d’échanges étrangers:
• utilise un minimum de temps de la part des travailleurs:
• utilise un maximum d’efforts de la part du travailleur:
• utilise un minimum de capital financier:
• etc …
Tous ces critères étant basés sur des objectifs nationaux. Même si ces critères sont présentés comme étant rattachés à un projet social, ils peuvent très bien s’appliquer autant dans un projet industriel. C’est une définition très large de projet social.L’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), définit un projet social comme suit: “Les principaux objectifs des projets sociaux sont de nature sociopolitique tandis que les projets économiques visent surtout à assurer la croissance économique.  Ils ajoutent: “La distinction entre projets économiques et projets sociaux ne peut être opérée en fonction des seuls effets d’un projet. Les projets économiques ont une incidence sociale et les projets sociaux ne sont pas sans rapport avec la croissance économique.”lO Bridier et Michaïlof adoptent une définition plus générale du concept de projet. Ils parlent de projet de développement que ce soit industriel ou social. Un projet de développement est selon eux: “Un ensemble complet d’activités et d’opérations qui consomment des ressources limitées (telles que main-d’oeuvre, devises, etc … ) et dont on attend (on= certains indMdus, groupes ou classes sociales ou la collectivité entière) des revenus, ou autres avantages monétaires ou non monétaires. nll Darmon, Laroche et Pétrof, spécialistes du marketing, définissent un projet social en fonction de la notion de services. Les services possèdent selon eux, six caractéristiques spécifiques, soit:
• Ils sont des “biens intangibles”.
On ne peut toucher l’enseignement comme pour un objet.
• Ils sont périssables. Un cours de formation où il n’y a pas d’étudiants est complètement perdu, on ne  peut le stocker comme de la marchandise dans un entrepôt.
• La performance n’est pas standardisée. Un même cours donné par deux enseignants est différent.
– L’implication de l’acheteur. Le consommateur se sent plus impliqué dans l’achat d’un service que dans l’achat d’un produit. Dans l’enseignement, les désirs de la population sont déterminants (c’est principalement pour cette raison que nous avons accordé beaucoup d’importance à l’environnement du projet).
– Une industrie décentralisée. Le secteur des services en est un où le degré de concentration est faible, mais souvent soumis au contrôle de l’état.
– Un faible taux de productivité. Plusieurs raisons expliquent ce faible taux de productivité: La main-d’oeuvre ne peut être automatisée de manière générale, la qualité de la main-d’oeuvre employée dans le secteur services tend à être inférieure à celle du secteur manufacturier ou industriel. Il est important de noter tout de même que la productivité et la qualité de la main-d’oeuvre ne se mesurent pas de la même façon dans un projet industriel ou dans un projet social. En analysant la littérature portant sur ce sujet, on note certaines divergences tant dans le type d’activités que dans les objectifs premiers d’un projet social et d’un projet industriel. Par contre, la distinction entre projet industriel et projet social ne peut être faite en fonction seulement des résultats ou conséquences d’un projet. Remarquons que bien des projets industriels possèdent des aspects sociaux importants dont il faut tenir compte dans une étude de faisabilité et que certains projets sociaux ont une incidence avec la croissance économique. En conséquence, la distinction entre projet social et projet industriel ne peut se faire à la base d’une différenciation de la nature du projet. Elle est plutôt reliée aux aspects particuliers mis en relief par le projet. La majorité des auteurs s’accorde tout de même pour dire qu’un projet social possède généralement des objectifs de nature socio-politique non-directement productifs et les projets industriels mettent en relief des objectifs de nature économique directement productifs.

Le modèle de Clifton et Fyffe

   Le plus connu des modèles d’étude de faisabilité utilisé en gestion de projet est sans conteste celui de Clifton et Fyffe . Ce modèle induit un certain nombre d’étapes avec lesquelles il est possible de faire varier différents éléments. Les informations nécessaires pour évaluer les différentes étapes de l’analyse de faisabilité sont fonction de l’ampleur du projet et de sa complexité. C’est un modèle très cartésien. A chacune des étapes du modèle, l’on doit se poser la question “est-ceque l’étape réalisée montre que le projet est faisable ou non?” Si l’on répond non, alors l’étude de faisabilité se termine là. Si on répond oui, on peut alors passer à l’autre étape du modèle. C’est un modèle développé expressément pour des projets industriels. Voici une description sommaire des quatre principales étapes du modèle:
A. L’identification C’est le point de départ de toute étude de faisabilité. On y établit l’objectif visé par le projet.
B. La pré-sélection L’étape de pré-sélection est parfois appelée dans la littérature, l’étude de préfaisabilité. Il s’agit de savoir ici si nous devons examiner en détailla faisabilité du projet. L’étude de pré-faisabilité comprend généralement une description sommaire du marché, un aperçu du processus de production, ainsi qu’un estimé appoximatlf du coût de l’opération et des investissements requis. On décide donc avec cette étape s’il est rentable ou non d’effectuer l’étude de faisabilité en tant que telle.
C. L’analyse de faisabilité Si la décision prise à l’étape de pré-faisabilité est favorable, on procède à l’étude de faisabilité. une étude de faisabilité complète comprend les trois éléments suivants:
a . Faisabilité de marché;
b. Faisabilité technique;
c. Faisabilité financière.
d. Faisabilité de marché
Selon le sujet étudié, une étude de marché peut comprendre les éléments suivants:
a. Description du marché, des canaux de distribution. des zones d’influence, des moyens de transport, etc … ;
b. Analyse de la demande ou du besoin passé et présent;
c. Estimation de la demande future;
d. Analyse des sources d’approvisionnement passées et présentes, détermination de la position des compétiteurs, des prix, de la qualité, etc … ;
e. Estimation du profil de la compétition, de la part du marché, du marketing du projet, etc …
f. Faisabilité technique On cherche à savoir ici si le projet est techniquement réalisable ou non. A cette étape, l’on doit aussi fournir une base pour estimer le coût du projet. Cette étape peut comprendre les éléments suivants:
– Description du produit, des spécifications, proprtétés, .utilisation, etc .. . ;
– Description du processus de fabrication;
– Détermination de l’aire et de la cédule de production;
– Sélection de la machinerie et de l’équipement avec les descriptions;
– Identification du plan de localisation. Si plusieurs choix sont offerts, on doit y indiquer les avantages et inconvénients de chacun;
– Confection des plans et devis;
– Estimation et description de la disponibilité de la matière première;
– Estimation des coûts de production;
– Étude sur la main-d’oeuvre requise;
– Vérification de la conformité du projet avec les lois environnementales et de la santé et sécurité du travail.
g. Faisabilité financière Avec l’aide des données recueillies aux deux point précédents, on réalise ici une étude de faisabilité financière. Cette dernière peut comprendre les étapes suivantes:
– Établissement des états financiers avant le projet;
– Projections financières relatives au projet, soit les états de revenus et des dépenses, bilan, budget de caisse, etc … :
– Analyse de la rentabilité financière du projet; point mort, retour sur l’investissement, V AN, TRI, etc … ;
– Analyse de la sensibilité du projet pour vérifier les variables ayant un impact sur la rentabilité financière.
D. Évaluation et prise de décision C’est l’étape finale de la démarche de Fyffe. C’est ici que l’on décide si oui ou non le projet doit être réalisé. Si le projet est faisable, on réalise alors une étude de l’impact social du projet et par la suite on effectue une proposition de financement. Ce modèle a été expérimenté à plusieurs reprises au cours d’études de faisabilité de projets industriels. C’est un modèle très rigide qui fait en sortè que si les résultats ne sont pas concluants à une des étapes, le projet s’arrête à ce stade. Un exemple, si lors de l’étude de faisabilité financière, on arrive à la conclusion que le projet n’est pas rentable, on cesse donc de travailler sur ce projet, aucune alternative n’étant offerte. Rappelons-nous que l’objectif principal d’un projet social n’est pas nécessairement sa rentabilité financière, alors donc, il serait inapproprié dans ce cas d’abandonner le projet ou l’étude. En conséquence, le modèle Clifton et Fyffe, tel que présenté, n’est pas vraiment fonctionnel dans le cas d’un projet social.

Le plan de développement de la formation professionnelle à la CSRLV

   C’est en 1971 que l’on procède à Val d’Or à l’ouverture de la première école polyvalente de la CSRLV, soit Le Carrefour. L’école polyvalente Le Tremplin de Malartic fut inaugurée en 1975. Avant l’ouverture de ces deux polyvalentes, la formation professionnelle à Val d’Or n’était qu’embryonnaire. Depuis lors, de nombreuses réorganisations ont eu lieu. Notons en autre, le plan de développement en formation professionnelle déposé en 1974 par le Service de l’organisation de l’enseignement du ministère de l’Éducation. Ce plan offrait deux objectifs principaux, soit:
– coordonner la mise en place des aires de base et spécialisation conformément aux plans régionaux élaborés par les comités régionaux de planification de l’enseignement professionnel.
– permettre aux commissions scolaires de planifier leur propre développement compte tenu des priorités et des disponibilités financières de la commission scolaire.Ces objectifs sont fort différents de ceux d’aujourd’hui. Basés alors sur les clientèles qui étaient en abondance et sur les équipements, ils deviennent fonction maintenant des besoins de la main-d’oeuvre et des industries locales ou régionales. A partir de 1974, l’organisation de la formation professionnelle devient donc tributaire d’une concertation entre les commissions scolaires. Les baisses de clientèles forcant cette concertation, oblige donc certaines commissions scolaires à fermer des options. A titre indicatif, les tableaux 4 et 5 vous donnent la liste des spécialités offertes en enseignement professionnel court et long et à l’éducation des adultes à la CSRLV depuis son ouverture. La formation professionnelle au Québec connaît depuis les cinq demières années, une situation difficile caractérisée par une baisse importante de sa clientèle. C’est en réponse à cette situation et pour faire suite à une demande_ de la direction régionale du ministère de l’Éducation de l’Abitibi-Témiscamingue (DRAT), que la CSRLV dépose en mai 1985 un plan de développement de la formation professionnelle (voir annexe 1). Ce plan s ‘inscrit dans une perspective de développement, c’est-à-dire qu’il établit que la CSRLV se doit d’oeuvrer dans tous les secteurs d’importance de l’activité économique qui l’environnent et pour lesquels peuvent se dispenser de la formation professionnelle.

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Table des matières

Liste des tableaux
Liste des figures
Liste des annexes
Introduction
Chapitre 1: Problématique 
Chapitre 2: La méthodologie 
1. Limites et contraintes de la recherche 
2. Description de certains concepts 
3. Écrits consultés 
4. Définition et description d’un projet social 
5. Modèles d’étude de faisabilité 
5.1 Le modèle de Clifton et Fyf’fe
5.2 Le modèle de Bridier et Michaïlof
5.3 Le modèle de l’OCDE
6. Choix d’un modèle 
7 . Dégagement d’une approche d’étude de faisabilité en contexte de gestion de projet social
Chapitre 3: La formation professionnelle au Québec et A la CSRLV
1. La formation professionnelle au Québec
1.1. Perspectives historiques
1.2 La nouvelle politique de formation professionnelle
1.2.1 Les inconnus
1.2.2 L’impact sur les clientèles
1.3. Constats et hypothèses
2 . Le plan de développement de la formation professionnelle à la CSRLV
Chapitre 4: Le contexte soclo-économique de la région de Val d’Or
1. Cadre géographique
2. Les indicateurs socio-économiques
2.1 Caractéristiques de la population de l’Abitibi-Témiscamingue
2.2 Caractéristiques de la population de la région de Val d’Or
2.3 Les revenus d’emploi
2.4 La scolarité de la population de la région de Val d’Or
2.5 L’emploi et la main-d’oeuvre
3 . La structure socio-économique
3 .1 L’activité primaire
3.2 L’industrie manufacturière
3.3 Le bâtiment
3 .4 Le transport, communications et services
3.5 Secteur des services socio-culturels, commerciaux et personnels
3.6 Le commerce
3.7 Finance, assurances, affaires immobilières
3.8 Administration publique
4. Prévisions de main-d’oeuvre à court terme
4 .1 Méthodologie utilisée par le MMSR
4.2 Prévisions des besoins en main-d’oeuvre
5. Les constats
Chapitre 5 Les populations étudiantes au secondaire professionnel: Évolution et perspectives
1. Cadre de l’étude sur les populations étudiantes
1.1 Le secondaire
1.2 Source des données
2.Évolution globale des population étudiantes au Québec
2.1 Évolution globale des populations étudiantes en Abitibi Témiscamingue
3 . L’enseignement professionnel au Québec
3.1 L’enseignement professionnel dans la région 08 et à la CSRLV
4 . La fréquentation scolaire et la probabilité d’obtenir un diplôme au secondaire
5. L’évolution des clientèles par option professionnelle
5.1 Les clientèles par option professionnellle pour la Province de Québec
5.1.1 Le professionnel long
5.1.2 Le professionnel court
5.2 Les clientèles par option professionnelle pour la région 08 et la CSRLV
5.2.1 Le professionnel long dans les commissions scolaires de la région 08
5.2.2 Le professionnel court dans les commissions scolaires de la région 08
5.3 Les options au professionnel court et long dans chaque commission scolaire de la région
5.3.1 Commission Scolaire Régionale La Vérendrye
5.3.1.1 Le professionnel long
5.3.1.2 Le professionnel court
5.3.2 Commission Scolaire Lac Témiscamingue
5.3.2.1 Le professionnel long
5.3.2.2 Le professionnel court
5.3.3 Commission Scolaire Rouyn-Noranda
5.3.3.1 Le professionnel long
5.3.3.2 Le professionnel court
5.3.4 Commission Scolaire Abitibi
5.3.4.1 Le professionnel long
5.3.4.2 Le professionnel court
5.3.5 Commission Scolaire Régionale Harricana
5.3.5.1 Le professionnel long
5.3.5.2 Le professionnel court
6. La mobilité des effectifs scolaires entre les commissions scolaires de la région 08 et de la Province
7. Prévisions de clientèle à moyen terme à la CSRL 
8 . Constats
Chapitre 6: Faisabilité technique 
1. Les inteivenants en formation professionnelle à la CSRLV 
1.1. Profil du personnel enseignant
1.2. Perception du personnel enseignant
1.3. Le profil du personnel non-enseignant
2. Les ressources matérielles 
3. Structure organisationnelle de la CSRLV 
Chapitre 7: Paramètres de développement et recommandations 
1. La mission de l’école secondaire 
2. Les orientations de la formation professionnelle à la CSRLV
3. Les pôles de développement 
3. 1 Pôle de développement – Industriel
3.2 Pôle de développement – SeiVices
Conclusion
Bibliographie

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