Définitions de l’obésité chez l’adulte

Définitions de l’obésité chez l’adulte

Critères de diagnostique 

Selon l’Organisme mondial de la santé (OMS), le surpoids et l’obésité se définissent comme étant une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle, pouvant nuire à la santé. L’Indice de Masse Corporelle (IMC) est à l’heure actuelle la manière la plus simple et la plus utile pour diagnostiquer un problème de surpoids ou d’obésité chez une personne. Cet indice donne une évaluation du niveau d’adiposité (surcharge de graisse dans les tissus de l’organisme) et indique la relation constatée statistiquement entre l’IMC et le taux de mortalité (ou risques encourus pour la santé).

Même si l’IMC est largement utilisé, il est critiquable sous certains aspects. En effet, Quetelet (1835) estime lui-même à l’époque de la création de l’IMC (ou indice Quetelet) que « il s’agit seulement d’un des nombreux facteurs et, inévitablement, tout le monde ne correspond pas au modèle standard. Nous savons qu’il est un bon indicateur des tendances du niveau de la population, mais pas toujours un bon indicateur à un niveau individuel ». La valeur prédictive individuelle apparait donc faible. Ainsi, les sportifs ou les personnes présentant une activité professionnelle physique importante se voient attribuer un IMC supérieur à 30, sans pour autant rencontrer les problématiques de santé incombées à l’obésité. Inversement, une personne peu musclée peut présenter une augmentation pathologique de sa masse grasse sans que son IMC atteigne 30. De plus, une des limites majeures également évoquée de cet indicateur réside en son interprétation normative, qui tend à enfermer l’individu dans un cadre arbitraire de « poids idéal théorique ». Enfin, gardons à l’esprit que ce sont les compagnies d’assurance américaines qui ont défini les seuils d’indice de masse corporelle pour instaurer des tarifs différents selon le niveau d’IMC. En effet, l’obésité a été définie par un IMC supérieur à 30, exposant donc la personne à des risques accrus et donc à une assurance plus chère (Knowler & Garrow, 1982).

Il semble donc nécessaire de considérer des indicateurs supplémentaires à l’IMC qui influencent les risques notables pour la santé de l’individu. Ainsi, il a été démontré que la répartition de la masse graisseuse joue un rôle prédominant dans le développement de maladies métaboliques et vasculaires (Clément, Basdevant, & Dutour, 2009). L’accumulation des graisses au niveau abdominal (aussi appelée obésité abdominale ou androïde) apparait plus délétère en termes de santé physique, comparée à une répartition de la masse graisseuse  se trouverait autour des hanches ou des cuisses (appelée obésité gynoïde). C’est pour cette raison que le tour de taille est un marqueur d’adiposité complémentaire à celui de l’IMC. L’obésité abdominale a été démontrée comme associée à un risque accru de diabète, d’hypertension, d’hypertriglycéridémie et de maladie vasculaire (Shields, Tremblay, Gorber, & Janssen, 2012). En outre, le tour de taille est associé positivement à la mortalité, même chez les personnes présentant un IMC normal (Janssen et al., 2002 ; Pischon et al., 2008). Les critères retenus sont les suivants : un tour de taille supérieur à 102 cm chez l’homme et à 88 cm chez la femme est considéré comme une adiposité abdominale et donc un facteur de risque de complications métaboliques et vasculaires.

Epidémiologie

Dans les années 1970, aux Etats-Unis, nous assistons à l’augmentation de la prévalence de l’obésité qui atteint rapidement la Grande-Bretagne puis le reste de l’Europe dans les années 1980. S’ensuivent l’ensemble des pays industrialisés ainsi que les pays émergents comme le Mexique, le Brésil et à partir de 1990, la Chine. Les données épidémiologiques deviennent de plus en plus inquiétantes et l’obésité se voit classée par l’Organisme Mondial de la Santé (OMS) parmi les maladies chroniques en 1997.Selon les dernières estimations de l’OMS, plus de 1,9 milliard d’adultes seraient en surpoids dans le monde (dont 650 millions en obésité, soit plus de 11% de la population mondiale). Cette prévalence a presque triplé entre 1975 et 2016. D’ici 2030, le nombre de personnes en surpoids dans le monde devrait atteindre 3,3 milliards (OMS, 2016).

En France, l’étude Obépi-Roche (2012), révèle que la prévalence de l’obésité chez les adultes est de 15 %. Celle-ci a augmenté de 3,4% par rapport à 2009 (augmentation significativement inférieure aux années précédentes ; 18,8% entre 1997-2000, 17,8% entre 2000-2003, 10,1% entre 2003-2006 et 10,7% entre 2006 2009). La tranche d’âge 18-24 ans semble être la plus touchée par cette inflation (+35 % entre 2009 et 2012). De plus, les disparités régionales se confirment avec une obésité plus présente dans le Nord (21,8 %), dans le Bassin Parisien (17,8 %) et dans l’Est (17,1 %). Toujours selon cette étude, le surpoids et l’obésité touchent de manière inégale les catégories socioprofessionnelles, où l’augmentation reste inversement proportionnelle au niveau d’instruction. Une autre étude française, s’inscrivant dans le cadre du programme national nutrition santé (PNNS), ESTEBAN révèle une stabilité du surpoids et de l’obésité chez l’enfant et l’adulte, entre 2006 et 2016. Contrairement à l’étude ObépiRoche (2012), il apparait que le surpoids ou l’obésité touche plus d’hommes que de femmes (54 % des hommes français contre 44 % des femmes françaises). Pour terminer, une étude pilotée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en collaboration avec la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts), met en avant le tour de taille comme un indicateur permettant d’estimer le pourcentage de personne touchée par une problématique d’obésité abdominale. Les données indiquent que 41,6 % des hommes et 48,5 % des femmes sont touchés par ce phénomène.

Etiologie de l’obésité chez l’adulte

L’obésité est reconnue par l’OMS (2000) comme une maladie chronique multifactorielle. Expliquer ainsi les problématiques pondérales à un seul facteur serait réducteur. Un grand nombre d’études avancent néanmoins qu’un déséquilibre entre les entrées énergétiques (liées à l’alimentation) et les dépenses énergétiques (liées, en grande partie, à l’activité physique), serait le principal responsable d’une prise de poids. Pourtant, l’aspect multifactoriel reste présent puisqu’un nombre important de déterminants aurait un impact sur cette balance énergétique. Ainsi, certains auteurs répartissent ces déterminants en 3 grandes catégories (Basdevant & Clément, 2011) :
➤ Les déterminants biologiques (génétiques, épigénétiques, métaboliques, hormonaux, ou autres)
➤ Les déterminants comportementaux (alimentation, activité physique, facteurs psychologiques).
➤ Les facteurs environnementaux au sens large (culture, société, économie, etc).

Déterminants biologiques 

De plus en plus d’études portent leur attention sur les facteurs biologiques explicatifs des problématiques pondérales. Par exemple :
– les facteurs périnataux : certains facteurs rencontrés dès la vie fœtale ont été détectés comme jouant un rôle déterminant et augmentant le risque de surpoids dans l’enfance. C’est le cas de l’obésité maternelle en début de grossesse ; une prise de poids excessive durant la grossesse ; le diabète gestationnel ou encore le tabagisme maternel (Oken, , Levitan, & Gillman, 2008; Whitaker, 2004).
– Les facteurs endocriniens : un dérèglement hormonal comme l’hypothyroïdie, les maladies métaboliques comme le syndrome de Cushing ou les déficits d’hormones de croissance (Bazin, Constantin, Frey, & Gindre, 2001).
– Les facteurs génétiques : l’héritabilité de l’obésité est reconnue depuis plusieurs années (Agras & Mascola, 2005; Thibault, Contrand, Saubusse, Baine, & Maurice-Tison, 2010). En effet, un enfant, dont un des parents est obèse, a 40% de risque de développer une surcharge pondérale ; 80% si les deux parents sont concernés par un problème de surpoids. Ce pourcentage chute à 10 % si les parents sont tous les deux normopondérés.
– les traitements médicamenteux, qui peuvent perturber le métabolisme ou les signaux de faim et de satiété : c’est le cas de certains psychotropes ou neuroleptiques reconnue comme ayant un impact sur l’appétit ou la satiété des individus (Leger & Therme, 1989).
– Le taux d’amylase salivaire : une étude récente, menée par des chercheurs de l’Institut Pasteur de Lille, a identifié une enzyme présente dans la salive comme pouvant augmenter la prise de poids chez les individus qui en possède une faible quantité (Arredouani, Balkau, Falchi, & Froguel, 2014).

Il est important de considérer ces facteurs comme des indicateurs d’une prédisposition. Par exemple, être génétiquement prédisposé à prendre du poids, ne signifie pas que l’individu ne pourra jamais présenter un IMC dans la norme. Cela indique uniquement une disposition particulière à stocker plus facilement de l’énergie. Ainsi, l’individu devra certainement porter plus d’attention à la manière de s’alimenter et à ses dépenses énergétiques. Ces facteurs, et notamment l’influence des gènes, s’exprimeront avant tout en interaction avec les comportements et l’environnement. C’est alors qu’interviennent les conditions de sédentarité et de suralimentation sur le développement, ou non, d’une obésité. Nous ne sommes pas en mesure aujourd’hui d’intervenir sur les gènes, mais nous avons, à l’inverse, la possibilité d’agir sur nos comportements et notre environnement.

Déterminants comportementaux
Un certain nombre de comportements sont actuellement considérés comme des déterminants majeurs du surpoids et de l’obésité (selon des études comparatives entre des adultes normopondérés et ceux souffrant d’obésité), notamment : la consommation d’aliments ayant une densité énergétique élevée (riche en lipide ou en sucre et pauvres en fibres) (Bell & Rolls, 2001) ; l’augmentation récente de la taille des portions (Fisher & Kral, 2007) ; la sédentarité (Oppert, 2003) ; le temps passé devant la télévision (Salmon, Owen, Crawford, Bauman, & Sallis, 2003) ; le travail posté ou un nombre excessif d’heures de travail (Park, 2009) ; la diminution du temps de sommeil (Patel & Hu, 2008). Des déterminants psychologiques sont également mis en cause dans le développement d’une surcharge pondérale.

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Table des matières

INTRODUCTION
Chapitre I L’obésité
1. Définitions de l’obésité chez l’adulte
1.1. Critères de diagnostic
1.2. Epidémiologie
2. Etiologie
2.1. Déterminants biologiques
2.2. Déterminants comportementaux
2.3. Déterminants environnementaux
3. Conséquences de l’obésité chez l’adulte
3.1. Répercussions sur le plan médical et physique
3.2. Conséquences sur le bien-être psychologique
3.3. Conséquences psychologiques
4. Traitements de l’obésité
Chapitre II Les chirurgies bariatriques
1. Définitions des chirurgies bariatriques
1.1. Techniques chirurgicales
1.2. Critères d’accès aux chirurgies
1.3. Contre-indications aux chirurgies
1.4. Synthèse des recommandations de la Haute Autorité de Santé
2. Bénéfices des chirurgies bariatriques
2.1. Diminution rapide de poids
2.2. Amélioration des comorbidités physiques de l’obésité
2.3. Répercussions sur le bien-être, la qualité de vie et l’état psychologique
3. Impacts préjudiciables des chirurgies bariatriques
3.1. Complications médicales et chirurgicales sur du court terme
3.2. Complications médicales et chirurgicales sur du long terme
3.3. Evolution pondérale
3.4. Répercussions sur la qualité de vie et les psychopathologies
Chapitre III L’intérêt des thérapies émotionnelles cognitives et comportementales dans la prise en charge des chirurgies bariatriques : une revue de la littérature.
Résumé
1. Introduction
2. Method
3. Results
4. Discussion
5. References
Chapitre IV Comment optimiser et prolonger les bénéfices d’un programme de préparation à la chirurgie bariatrique sur du long terme ?
Apports de la Théorie de l’Autodétermination.
1. La Théorie de l’autodétermination
1.1. Présentation générale
1.2. Les cinq mini-théories
2. La théorie des besoins psychologiques fondamentaux
2.1. Les trois besoins psychologiques fondamentaux
2.2. Le bien-être et les besoins fondamentaux
3. La théorie d’intégration organismique
3.1. Le processus d’intériorisation
3.2. L’intériorisation des régulations externes
4. Applications de la TAD dans le cadre des programmes de TECC en chirurgie bariatrique.
PROBLEMATIQUE GENERALE
METHODOLOGIE
Etude ACROBAT
1. Objectifs de l’étude
2. Méthodologie
2.1. Les participants
2.2. Les instruments de mesures
2.3. La procédure
3. Analyses statistiques
3.1. Analyses descriptives des caractéristiques de la population
3.2. Analyses de l’impact du programme sur les variables
3.3. Analyse de médiation
3.4. Seuil de significativité retenu
3.5. Gestion des valeurs manquantes
4. Hypothèses opérationnelles
RESULTATS
CONCLUSION

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