Définition d’une crise financière

Définition d’une crise financière :

   Il est difficile jusqu’à présent de donner une définition précise de la crise financière car les économistes et théoriciens qui les étudient s’accordent peu à ce sujet. Cependant, les mots clés retenus pour définir une crise financière permet d’en donner une. D’abord, une crise, du point de vue économique, peut se définir comme un retournement de tendance de l’activité économique mettant fin à une phase d’expansion économique, et amenant au début d’une récession ou d’une dépression. Le terme crise financière, par ailleurs, s’emploie pour désigner un ensemble assez large qui inclut notamment les crises du change, les crises bancaires et les crises boursières. Ce terme est également utilisé pour désigner les crises de la dette publique, les crises obligataires ou des crises qui affectent un marché à terme. Elle peut, en effet, concerner seulement quelques pays, ou bien initiée dans un pays, peut s’étendre par contagion et devenir internationale. Cependant, si une crise financière ne concerne dans un premier temps que les marchés financiers, son aggravation peut conduire à des effets néfastes sur le reste de l’économie, entraînant une crise économique, voire une récession à l’échelle internationale. Enfin, la meilleure définition de la crise financière est peut-être celle offerte par Goldsmith en commentant Minsky .Il définit une crise financière comme une forte, brève et ultra cyclique détérioration de la totalité ou de la plupart des indicateurs financiers à court terme : taux d’intérêt, prix des actifs comme les actions, l’immobilier … qui aboutit généralement à un dysfonctionnement à l’échelle internationale.

Principaux intervenants du marché financier :

Les acteurs principaux sur le marché financier sont notamment :
– les offreurs de capitaux qui sont soit de personnes physiques ou morales à excédent de financement
– les demandeurs de capitaux qui sont à la recherche de ressources financières
– les intermédiaires qui ont pour rôle de collecter, de transmettre et d’exécuter les ordres des clients, gérer les portefeuilles de valeurs, et enfin négocier des titres pour leur propre compte.
– la commission des opérations de la bourse (COB) qui ont pour rôle la protection de l’épargne, le suivi des informations pour les investisseurs et ainsi veiller sur le bon fonctionnement des marchés financiers.
– le conseil des marchés financiers qui définit les principes généraux d’organisation et de fonctionnement, approuve le programme d’activités de toute nouvelle entreprise de crédit ou entreprise d’investissement en matière de service d’investissement, réglemente les activités de service d’investissement et établit les règles des offres publiques.
– l’entreprise de marché qui est une société commerciale ayant pour activité d’organiser et de faire fonctionner le marché financier réglementé. L’entreprise de marché fixe les règles de fonctionnement et d’admission au marché en se conformant à la réglementation de l’autorité de contrôle des marchés financiers (AMF). Elle décide des admissions, des radiations ou des suspensions de côte des divers instruments financiers sauf en cas d’un avis contraire de l’autorité. L’entreprise de marché gérant le marché français est par exemple Euronext.

Mécanismes de crise financière :

  Une crise financière trouve son origine dans l’occurrence d’une des catégories de risques gérés par les acteurs d’un marché notamment :
• Les risques de marchés qui sont liés aux variations des taux ou des cours des actifs (risque de taux, risque de change) ;
• Les risques de crédit, généralement liés à la fiabilité d’une contrepartie, voire d’un pays entier ;
• Les risques liés au fonctionnement même du marché et à la possibilité ou non de revendre un actif qu’on appelle généralement risques de liquidité.Ces risques, en effet, ne sont en eux-mêmes pas exceptionnels, mais au contraire le fondement d’un marché financier. Mais lorsque la manifestation de l’un d’eux entraîne un effet systémique, divers phénomènes de crise financière peuvent se manifester, plusieurs de ces éléments pouvant être simultanés (comme dans le cas de la crise actuelle). On peut retenir de ces phénomènes :
• une fuite vers la qualité (flight to quality) : qui est un phénomène d’importants mouvements de capitaux qui, lors d’un krach boursier, se déplacent de valeurs mobilières vers des placements plus sûrs et généralement plus liquides. Un tel phénomène fait généralement suite à une bulle spéculative qui éclate parfois très rapidement au cours d’un krach ; les épargnants et les spéculateurs se précipitent pour vendre leurs titres, faisant chuter les prix sur le marché boursier. Ils achètent en particulier des emprunts d’État, dont les cours cotés augmentent. Les actifs financiers qui présentent des risques de crédit subissent une forte décote. À la suite de ce mouvement, les emprunteurs ont davantage de  difficultés à se financer, et s’ils y arrivent, doivent payer un taux d’intérêt plus élevé.
• une course à la liquidité (flight to liquidity) concerne les investissements en valeurs mobilières : c’est un phénomène brutal qui intervient pendant les périodes de tension sur les marchés financiers, au cours duquel des épargnants et spéculateurs se précipitent pour vendre certains de leurs investissements, car ils craignent de ne plus pouvoir les vendre rapidement par la suite. Le problème n’est pas forcément un problème de perte de valeur, mais spécifiquement de liquidité des investissements. Ce phénomène survient parfois en parallèle à une fuite vers la qualité. Tandis que la fuite vers la qualité concerne essentiellement des bulles spéculatives sur des titres d’État, et est un phénomène assez étalé dans le temps, les courses à la liquidité sont brutales et ont lieu pendant les épisodes de forte tension sur les marchés.
• une crise monétaire ou crise des changes est une crise économique qui touche la monnaie d’un pays ou d’un ensemble de pays. Le taux de change de cette monnaie connaît alors de fortes variations par rapport aux autres devises. Les conséquences sur la situation économique du ou des pays concerné(s) peuvent être grave, par exemple, dans le cas d’une crise de confiance où c’est la fuite des investisseurs qui a provoqué la crise monétaire.
• une crise de liquidité (liquidity squeeze) désigne le phénomène au cours duquel les banques et autres établissements financiers refusent de se prêter mutuellement de l’argent c’est-à-dire des liquidités entre eux. La raison est une perte de confiance : les autres établissements sont susceptibles de détenir des créances douteuses ou de faire faillite et donc de ne pas pouvoir faire face à leurs engagements. Le phénomène de l’effet multiplicateur du crédit amène alors à un cercle vicieux, et la crise est auto-entretenue. Pour éviter cela, les banques centrales peuvent intervenir sur le marché en prêtant de l’argent, on parle dans ce cas d’injection de liquidités.
• un resserrement du crédit (credit crunch) : il se manifeste par une limitation ou une raréfaction du crédit offert aux entreprises et aux particuliers, ou une forte hausse des coûtsliés à l’endettement (hausse des taux d’emprunt, besoin de fortes garanties pour obtenir unprêt, etc.). Le phénomène est parfois concomitant avec une crise de liquidité, mais ce n’est pas toujours le cas. Lors des périodes de resserrement de crédit, les emprunteurs solvables n’arrivent pas à obtenir de crédits ou seulement à des conditions déraisonnables.

Historique du taux d’intérêt aux Etats-Unis :

  Le mécanisme du taux d’intérêt pratiqué par la Réserve Fédérale Américaine (la FED) aux Etats-Unis est une des causes principales de la récente crise financière. Durant la période 2000-2001, en réaction à la récession qui a suivi l’éclatement de la bulle Internet, la FED a baissé ses taux directeurs, ceci pour un but d’expansion monétaire. Deplus, afin de répondre aux chocs successifs à partir de 1998 et d’éviter des éventuelles récessions, les banques centrales mondiales avaient baissé longuement et fortement les taux d’intérêt. Les taux de la FED a ainsi atteint un niveau très bas : 1%6 . Cependant, cette politique monétaire très accommodante aux Etats-Unis se transforme en politique monétaire restrictive. En effet, en 2006, la FED a dû augmenté ses taux directeurs auparavant très bas à 5.25%7 . Cette décision de rehaussement du taux directeur fut pratiqué pour réduire les pressions inflationnistes grandissantes suite à la hausse des coûts des matières premières, en particulier le pétrole, durant cette période.Le chamboulement du système financier se fonde essentiellement dans cette histoire de taux d’intérêt car les taux d’intérêt pratiqués par les établissements financiers sont généralement indexés sur le taux directeur de la FED qui a subi des changements brusques en quelques années. Nous verrons ultérieurement le dysfonctionnement provoqué, en partie, par cette variation de taux d’intérêt.

Investisseur direct :

  L’investisseur direct peut être une personne physique, une entreprise publique ou privée dotée ou non d’une personnalité morale distincte, un groupe de personnes physiques ou d’entreprises qui sont associées, un gouvernement ou un organisme officiel, une succession, un trust ou une autre structure analogue, qui possède une entreprise d’investissement direct dans une économie autre que celle dont l’investisseur direct est résident. Les membres d’un groupe d’associés constitué par des personnes physiques ou des entreprises sont réputés, du fait que leur part globale du capital est égale à 10% ou plus, avoir sur la gestion de l’entreprise une influence analogue à celle d’un particulier ayant une participation du même ordre de grandeur.

Différents types d’IDE :

   Les IDE peuvent revêtir plusieurs formes selon le mode d’entrée dans le pays d’accueil ou le mode de financement. Principalement, trois (3) types d’IDE peuvent être distingués :
i) fusion acquisition : les FMN peuvent réaliser des IDE en se fusionnant ou en acquérant une entreprise déjà existante dans le pays d’accueil. On parle d’acquisition lorsqu’une société rachète une autre entreprise souvent plus petite ou moins performante. Deux sociétés peuvent aussi se fusionner pour un but plus ambitieux par rapport à la performance, pour faire face aux enjeux du marché.
ii) création ex-nihilo : les FMN peuvent également créer une ou plusieurs filiales dans le pays hôte et qui peuvent être indépendantes ou sous le contrôle de la maison mère.
iii) participation : une société de participation détient une part entre 10 et 50% du capital d’une autre société. En dehors de cet intervalle, on parle de placement.

Répercussion de la crise au niveau des entreprises d’IDE à Madagascar:

Restriction des investissements ou désinvestissement : Suite à la crise financière, les transnationales deviennent plus prudentes dans leur plan d’investissement. A Madagascar, presque les entreprises d’IDE sont des transnationales, et à cause de la crise, il y a possibilité de restriction des montants d’investissement dans ces dernières.En effet, la crise financière actuelle est caractérisée par une crise de financement  au niveau international, les firmes d’origine des entreprises d’investissements directs étrangers sont eux même directement confrontés à ce problème. Cela aura sans doute des répercussions au niveau de leurs multinationales. Rappelons d’abord les formes de financement des entreprises d’IDE dans les pays hôtes : les flux d’IDE sont ventilés en trois catégories selon qu’on a vu dans le deuxième chapitre concernant les IDE, soit par une participation des investisseurs directs au capital social de l’entreprise, c’est-à-dire une quote-part du capital social détenu à partir d’un investissement nouveau ou d’un rachat de société, soit par les bénéfices réinvestis c’est-à-dire la réincorporation des bénéfices au capital social, soit par d’autres opérations notamment des prêts ou emprunts et flux de trésorerie entre l’investisseur et la société affiliée ou mouvements financiers entre les sociétés affiliées elles-mêmes, ces derniers pouvant passer par des consortiums.D’une part, les capitaux placés dans les banques du monde ont dû déprécié de valeur suite au grand problème que ces dernières ont du affronté lors de la crise, donc la première forme de financement serait restreinte puisque les investisseurs ont du voir leur capacité financière diminuer, donc déjà on n’assistera pas à de nouveaux projets. D’autre part, les transnationales ont rencontré un ralentissement important de leurs activités suite à la crise économique qui a succédé la crise financière, donc pas de possibilité de réincorporation de bénéfices et encore moins de transferts inter firmes puisque ces dernières ont même dû subir des pertes. Etant donné ces situations, les entreprises d’IDE peuvent s’attendre à une diminution considérable des investissements ou un retardement des fonds d’investissement de la part de leurs investisseurs pour la réalisation de leurs activités. Nous  pouvons par exemple citer le cas de la Sherrit à Madagascar, qui a du subir une diminution de ses fonds d’investissement pour cette année 2009 à l’initiative des investisseurs bien que le montant d’investissement nécessaire à la réalisation du projet dans les prochaines années a déjà été prévu auparavant. Par ailleurs, il y a un risque de désinvestissement au niveau de ces entreprises puisque les investisseurs préfèrent limiter les risques de pertes futures que la crise économique peut engendrer au niveau des activités des entreprises. En effet, peu de marchés sont actuellement assurés puisque la crise a touché presque tous les domaines d’activités : le cours des matièrespremières qui a chuté, la demande mondiale qui a diminué, l’inflation qui s’affirme presque partout et surtout le dysfonctionnement au niveau du marché financier international. Les investisseurs prudents peuvent ainsi préférer garder leur fonds jusqu’au rétablissement des différents marchés pour éviter des pertes considérables.

Effets sur les activités des entreprises d’IDE : Les possibilités qu’on a précédemment avancé pourront avoir des effets au niveau des activités de ces dernières qui induisent à leur tour d’autres effets notamment sur l’emploi (infra).En effet, en raison des possibilités de diminution d’investissement ou de désinvestissement, les entreprises d’IDE peuvent voir leurs activités ralentir et même vouer à l’échec. Notons que, pour un projet donné, les moyens et les fonds nécessaires à sa réalisation sont préalablement déterminés avant même que le projet commence, le projet ne débute que lorsque ces moyens sont assurés. Pour ce faire, les investisseurs prévoient des montants d’investissement souvent périodiques pour les années de réalisation du projet. C’est de cette façon qu’un tel projet peut s’accomplir. Donc, en cas de reconsidération des montants d’investissement, il y aura certainement un bouleversement au niveau des activités de ces entreprises. D’une part, les projets peuvent être suspendus par faute de fonds au niveau des investisseurs, ce qui implique une diminution des chiffres d’affaires ou des pertes certaines au niveau de ces dernières pouvant ainsi induire une difficulté future de redressement. D’autre part, ces entreprises peuvent être fermées en cas de désinvestissement, engendrant ainsi des conséquences néfastes sur les employés qui sont confrontés au chômage.

Cas particulier des entreprises d’IDE exportatrices : La crise financière a particulièrement affaibli les entreprises exportatrices. La baisse globale de la demande mondiale en est la raison principale. En effet, le changement de comportement des consommateurs des pays développés face au ralentissement global qui a suivi la crise affecte directement l’offre d’exportations dans le pays, les entreprises exportatrices sont ainsi gravement lésées par rapport à cette situation puisqu’elles ne peuvent plus assurer de débouchés pour leur production. D’une part, elles font face à une surproduction au niveau de leurs activités et d’autre part à des pertes considérables sachant que leurs coûts de production sont devenus plus élevés que leur possibilité de vente. On peut constater une considérable baisse des exportations dès le début 200934, or 10%35 des exportations à Madagascar sont constituées par les entreprises d’IDE telles que les zones franches par exemple.Ainsi, de telles situations incitent les investisseurs à suspendre les investissements relatifs à une activité d’exportation.

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Table des matières

INTRODUCTION
PARTIE I : CADRE THEORIQUE DE L’ETUDE 
Chapitre I : SYNTHESE DE LA CRISE FINANCIERE 
Section 1 : Généralités sur la crise financière
Section 2 : Origines et causes de la crise financière
Section 3 : Propagation et conséquences de la crise financière
Chapitre II : CONCEPTS GENERAUX SUR LES IDE 
Section 1 : Généralités sur les IDE
Section 2 : Théories et travaux sur les IDE
CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE
PARTIE II : CRISE FINANCIERE ET IDE A MADAGASCAR 
Chapitre III : SITUATION DES IDE A MADAGASCAR 
Section 1 : Importance des IDE pour Madagascar
Section 2 : Tendance et évolution des IDE à Madagascar (2002-2008)
Chapitre IV : ANALYSE DES IMPACTS EVENTUELS DE LA CRISE FINANCIERE SUR LES IDE
Section 1 : Impacts éventuels de la crise sur les IDE existants à Madagascar
Section 2 : Impacts sur les futurs IDE à Madagascar et ses effets induits au niveau du pays
Chapitre V : RECOMMANDATIONS 
Section 1 : Au niveau international
Section 2 : Au niveau national
CONCLUSION DEUXIEME PARTIE
CONCLUSION GENERALE

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