Définition du surpoids et de l’obésité infantile

Définition du surpoids et de l’obésité infantile

Selon l’OMS le surpoids et l’obésité sont définis comme ”une accumulation anormale ou excessive de graisse qui présente un risque pour la santé” (8). L’IMC est une mesure simple du poids par rapport à la taille couramment utilisée pour estimer le surpoids et l’obésité chez l’adulte. Il correspond au poids divisé par le carré de la taille, exprimé en kg/m2 . L’IMC est corrélé à la quantité de masse adipeuse et c’est la mesure la plus utile pour évaluer le surpoids et l’obésité au niveau de la population car elle s’applique aux deux sexes et à toutes les tranches d’âge adulte. Chez l’adulte, la définition du surpoids est définie à partir d’une valeur fixe par un IMC égal ou supérieur à 25 kg/m2 et l’obésité par un IMC égal ou supérieur à 30 kg/m2. Chez l’enfant, la composition corporelle change au cours du développement : ainsi la corpulence, reflet de la quantité de réserve de graisse (tissu adipeux) accumulée par le corps, varie en fonction de l’âge. Aussi comme pour le suivi de la taille, il a été nécessaire de définir des courbes de corpulence en fonction de l’âge et du sexe de l’enfant. La courbe de corpulence tient compte de trois données à savoir le poids, la taille et l’âge chronologique de l’enfant. Le recours simultané de ces trois paramètres permet ainsi une approche dynamique plus précise du statut pondéral de l’enfant. Les valeurs de normalité peuvent être définies à partir de la population de référence dont est issu l’enfant ou à partir de valeurs internationales établies par l’IOTF.

Les différentes classifications du surpoids et de l’obésité infantile

La classification française Rolland-Cachera

En France, les courbes de taille, de poids et de corpulence ont été établies en 1982, à partir des données françaises de l’étude internationale de la croissance par Rolland Cachera (9). Cette étude a été menée sur la base d’une étude longitudinale de la croissance chez 494 enfants français et coordonnée par le centre de l’enfance de Paris. Elles ont été révisées en 1991 à partir d’un rapport qui a fourni des valeurs d’IMC pour la population française de la naissance à l’âge de 87 ans (10). Ces courbes ont figuré de 1995 à avril 2018 dans les carnets de santé (11). Les courbes de corpulence française étaient établies en percentiles et comprenaient 3 zones :
• l’insuffisance pondérale (<3e percentile),
• la corpulence normale (3–97e percentile)
• et le surpoids, obésité incluse (≥97e percentile).

En 2003, dans le cadre du PNNS, des courbes de corpulence mieux adaptées à la pratique clinique ont été diffusées par le ministère de la Santé. En 2010, ces courbes ont été réactualisées pour donner suite aux recommandations d’un groupe de travail qui a pris en compte les remarques des professionnels de terrain. L’objectif de cette nouvelle version était de faciliter le repérage précoce et le suivi des enfants en surpoids ou obèses ou à risque de le devenir, sans que l’excès de poids ne soit ni banalisé ni ressenti comme stigmatisant. Les principales modifications apportées étaient les suivantes :
– remplacement des termes « obésité degré 1 » et « obésité degré 2 » par le terme de « surpoids » qui est internationalement utilisé ;
– adjonction aux courbes de référence françaises, et à la courbe correspondant au seuil IOTF-30 (seuil de définition de l’obésité), de la courbe correspondant au seuil IOTF-25 (seuil de définition internationale du surpoids).

Ainsi, la courbe de corpulence pouvait être tracée dans le carnet de santé à partir des mesures de poids et de taille, par le médecin généraliste, le pédiatre, les médecins, les infirmières et les puéricultrices de PMI et de santé scolaire .

La classification IOTF

L’IOTF a élaboré en 2000 une définition du surpoids et de l’obésité chez l’enfant, en utilisant des courbes d’IMC établies à partir de données recueillies dans six pays (Brésil, États-Unis, Ghana, Inde, Norvège et Oman) et disposant de larges échantillons représentatifs.

La corpulence rend compte de l’IMC exprimé selon quatre classes :
• l’insuffisance pondérale (courbe de centiles en dessous de 18,5 à 18ans),
• la corpulence normale (18,5 <= courbe de centiles à 18 ans < 25,0)
• le surpoids (courbe de centiles entre 25,0 et 29,9 à 18 ans),
• et l’obésité pour un IMC supérieur au centile IOTF-30.

La courbe de percentiles IOTF-25 (seuil du surpoids) est proche de la courbe du 97e percentile des références françaises (Rolland-Cachera).

La classification WHO (World Health Organization) selon l’OMS

Suggéré par l’OMS en 2006, le surpoids se situe au 84e percentile sur la courbe de croissance et l’obésité au 97,7e percentile pour cette classification (12). Les valeurs de référence découlent d’une étude longitudinale multicentrique réalisée dans six pays (Brésil, États-Unis, Ghana, Inde, Norvège et Oman) auprès d’enfants âgés de 18 à 71 mois qui ont été allaités et qui vivaient dans des conditions favorisant une croissance optimale. La comparaison des standards de l’OMS avec les valeurs françaises de corpulence montre que ces dernières sont différentes, plus basses pendant les premiers mois de la vie et plus élevées après l’âge de 6 mois. Il semble que l’utilisation du système de l’OMS pour interpréter les données résulte en une prévalence de surpoids plus élevée que le recours au système de l’IOTF. Les résultats concernant l’obésité varient considérablement, ceux obtenus avec l’IOTF étant inférieurs à ceux obtenus par cet autre système de classification. Le WHO est une classification non adaptée à l’Europe ce qui explique que nous ne l’avons pas intégrée à notre étude.

Les nouvelles courbes de corpulence du carnet de santé 2018

Il a été établi que les courbes de croissance de références contenues dans la version précédente du carnet de santé ainsi que celles proposées plus récemment par l’OMS n’étaient pas optimales pour le suivi de la croissance des enfants contemporains en France (13). La croissance des enfants français, de la naissance à 18 ans, semble être plus proche des courbes de croissance de l’OMS que des références françaises, sauf pendant les six premiers mois de la vie. Par rapport aux échelles de croissance d’OMS, il apparaissait en effet une croissance plus lente des enfants français pendant les trois premiers mois de la vie, mais il était également constaté un rattrapage à 6 mois. Ce n’est pas une spécificité française, puisque beaucoup d’études d’internationales ont observé le même modèle. L’allaitement ne semble pas expliquer ces différences. Il convient de préciser que, si les échelles de croissance de l’OMS étaient employées en France, la plupart des enfants seraient considérés comme ayant une croissance lente pendant les trois premiers mois de la vie. Les enfants français étaient plus grands lorsqu’ils étaient nés plus récemment. De 5 à 18 ans notre population française d’enfants était plus proche des courbes de croissance de l’OMS que des références françaises. Ces résultats traduisent une croissance en hauteur plus rapide des enfants nés récemment, par rapport aux enfants inclus dans les références françaises. Les changements intervenus dans l’environnement, la nutrition ou les soins du nourrisson au cours des dernières décennies peuvent expliquer cette tendance.

Il est dans ce contexte évident que les différences de seuils et de références pour la définition du surpoids et de l’obésité entraînent de grandes différences dans les estimations de prévalence (14). Aussi, pour la nouvelle édition du carnet de santé 2018, les chercheurs de l’institut national de la santé et de la recherche médical (INSERM) et du centre de recherche d’épidémiologie et statistique (CRESS) à Paris ont mis au point de nouvelles courbes de croissance actualisées des enfants français. Les chercheurs du CRESS ont opté pour une approche innovante. Il a été nécessaire au préalable d’identifier un réseau de professionnels de santé assurant le suivi médical régulier d’un grand nombre d’enfants de la naissance à l’âge adulte et utilisant le même système informatique. L’extraction massive de données a permis de recueillir environ 2 500 000 mesures de poids, 2 000 000 mesures de taille et 1 200 000 mesures de périmètres crâniens, provenant de 261 000 enfants âgés de 0 à 18 ans. La croissance des enfants nés prématurés ou de petit poids de naissance ayant des spécificités dans les premiers mois de vie, seules les données des enfants nés avec un poids supérieur à 2500 grammes ont été utilisées.

Ce qui a changé pour le suivi du statut pondéral :
– Des valeurs de références différentes Les courbes de taille et de poids 2018 se situent « nettement au-dessus » des courbes précédentes. Par exemple, à 10 ans, la médiane de la taille des filles des nouvelles références est de 139,5 cm contre 134,7 cm sur les courbes précédentes. Même si ces différences se réduisent à la fin de puberté, cette évolution pourrait théoriquement amener à s’inquiéter sur la normalité de la croissance staturale d’un nombre plus important d’enfants, c’est pourquoi le comité d’expertise a souhaité insister sur la nécessité de prendre en compte la taille cible parentale dans l’interprétation des valeurs.

À partir de deux ans, les courbes de corpulence représentées sont celles proposées par l’IOTF.

Elles permettent de suivre la corpulence des enfants, par rapport aux définitions à l’âge adulte : – de la maigreur de grade 3 (<16 kg/m2 ; IOTF-16), de grade 2 (<17 kg/m2 ; IOTF-17 choisie comme repère graphique colorimétrique), et de grade 1 (<18,5 kg/m2 ; IOTF-18,5), – du surpoids (>25 kg/m2 ; IOTF-25), – et de l’obésité de grade 1 (>30 kg/m2 ; IOTF-30), et de grade 2 (>35 kg/m2 ; IOTF-35).

On note qu’entre 3,5 ans et 4,5 ans, l’IOTF-25 surestime le surpoids par rapport au 97ème percentile de la classification Rolland-Cachera. Le même enfant, âgé de 4 ans sera ainsi considéré comme ayant un surpoids pour l’IOTF 25 alors que dans la classification Rolland-Cachera il sera au 90ème percentile de la courbe de croissance (donc dans les normes).

– Deux courbes de taille et poids au lieu d’une entre 0 et 3 ans La croissance staturale et pondérale des filles et des garçons diffère très tôt. Le comité d’expertise a donc considéré important de proposer des courbes spécifiques aux deux sexes dès la période de 0-3 ans contrairement à la version précédente du carnet de santé qui n’en présentait qu’une seule.

– De plus nombreux couloirs de croissance représentés Sur l’ensemble des courbes, un nombre plus important de couloirs de croissance sont représentés par rapport aux courbes précédentes, afin de mieux suivre les trajectoires de croissance individuelle.

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Table des matières

I. INTRODUCTION
II. DEFINITIONS ET GENERALITES
1. Définition du surpoids et de l’obésité infantile
2. Les différentes classifications du surpoids et de l’obésité infantile
a) La classification française Rolland-Cachera
b) La classification IOTF
c) La classification WHO (World Health Organization) selon l’OMS
3. Les nouvelles courbes de corpulence du carnet de santé 2018
4. Les facteurs de risque jouant un rôle dans l’apparition du surpoids et de l’obésité chez l’enfant et à l’âge adulte
a) Le rebond d’adiposité précoce
b) La génétique et les antécédents familiaux
c) Les précarités sociales et leur application au périmètre de notre étude
d) La sédentarité et le manque d’activité physique
e) Les mauvaises habitudes alimentaires
5. Éducation à la santé : l’implication des médecins traitants
6. Le bilan Eval Mater
7. Les moyens institutionnels mis en œuvre pour lutter contre le surpoids et l’obésité
III. OBJECTIFS DE L’ETUDE
IV. MATERIELS ET METHODES
1. Étude de la Prévalence du surpoids et de l’obésité dans le territoire Marseille centre (13001, 13002 et 13003)
a) Type d’étude
b) Population de l’étude
c) Méthodes d’analyses statistiques
2. Enquête auprès des médecins généralistes de Marseille centre
a) Type de questionnaire
b) Population cible
c) Élaboration du questionnaire
V. RESULTATS
1. Description de la population finale Eval mater de Marseille centre
2. Prévalence du surpoids et de l’obésité
3. Prévalence du Rebond d’adiposité précoce
4. Retours et résultats du questionnaire envoyé aux médecins généralistes
VI. DISCUSSION
VII. CONCLUSION
VIII.ANNEXES

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