Définition de la malnutrition aigue

Une nutrition adéquate est fondamentale pour le maintien d’une bonne santé et d’un optimum de performance humaine. Par contre, la malnutrition cause de véritables problèmes, notamment pour la survie et la croissance des enfants d’une part et pour la santé de la femme enceinte et allaitante d’autre part. La malnutrition est un “état pathologique qui résulte de la carence ou de l’excès, relatif ou absolu, d’un ou de plusieurs nutriments essentiels, que cet état se manifeste cliniquement ou ne soit décelable que par des analyses biochimiques, anthropométriques ou physiologiques” [1]. Les causes profondes de la composante carentielle de cet état pathologique sont l’insuffisance des apports alimentaires, la mauvaise qualité des services de santé, le manque d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, l’inadéquation des services de soins aux mères et aux enfants, enfin la pauvreté [2]. Plusieurs travaux sur la nourriture et la nutrition ont mis en évidence la nécessité de l’élimination de la pauvreté et de la malnutrition chez les femmes et les enfants [3, 4, 5, 6, 7, 8]. De 2007 à 2009, la flambée des prix des aliments, qui a été suivie d’une crise financière, puis d’une récession économique mondiale, a déterminé une augmentation du nombre de personnes souffrant de faim et de sous-alimentation dans le monde, qui a atteint un niveau sans précédent, pour culminer à plus d’un milliard en 2009.

Selon le Global Hunger Index (GHI) de 2012, la faim dans le monde a quelque peu diminué depuis 1990 mais reste « grave ». La moyenne mondiale masque des écarts importants entre les régions et les pays. A l’échelle régionale, ce sont l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne qui obtiennent les scores GHI les plus élevés [10]. Dans le monde, la malnutrition touche une personne sur trois et chacune de ses formes principales éclipse la plupart des autres maladies à l’échelle mondiale. La malnutrition affecte tous les groupes d’âge, mais elle est particulièrement fréquente chez les sujets à faible revenu, avec un accès insuffisant à l’eau potable et privés d’éducation sanitaire satisfaisante [11].

En outre, la malnutrition a de graves répercussions sur la santé et l’économie de la population. Ces effets dépendent de plusieurs facteurs dont l’âge de survenue, le type de malnutrition, la sévérité, la durée et le contexte ou milieu dans lequel survient la malnutrition. Ce dernier facteur intervient principalement dans l’organisation de la prise en charge et la prévention des rechutes. On distingue des conséquences à court terme (mortalité, morbidité, incapacité physique et difficultés d’apprentissage) et à plus long terme (pathologies chroniques, reproduction, productivité). Différents experts ont montré que la malnutrition a contribué fortement à la mortalité des enfants. Evaluée d’abord à 53% de tous les décès de moins de cinq dans la décennie précédente [12], cette contribution a été revue à 35% par des études plus récentes [13]. Près d’un million de décès sont directement liés à la malnutrition aigue sévère sans compter ceux qui meurent dans un état de malnutrition modérée. La mobilisation internationale en faveur de la nutrition s’est concrétisée d’abord avec l’adoption des 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement fondés sur la Déclaration du Millénaire des Nations Unies signée en septembre 2000 par tous les dirigeants mondiaux et qui engage toute la communauté internationale à lutter contre la pauvreté, la faim, l’analphabétisme, la maladie, la dégradation de l’environnement et la discrimination de la femme. L’éradication de l’extrême pauvreté et la faim devient le premier objectif de tous les citoyens du monde, toutes catégories confondues [14]. Au départ tous les OMD avaient le même poids de manière générale. Mais avec l’évaluation de la progression vers les OMD au niveau international, les experts vont se rendre compte que la nutrition avait des liens avec les autres OMD. Et que le fait de ne pas atteindre le premier OMD avait des répercussions importantes sur les autres OMD particulièrement les OMD2, OMD3, OMD4, OMD5 et OMD6 [15].

Pour la première fois (2006), la Banque mondiale a pris position de manière officielle sur l’importance de la nutrition et a accepte que l’investissement en nutrition soit une priorité pour le développement [16]. La conférence de Copenhague de 2008 avait comme objectif d’établir les priorités parmi une série de propositions pour aider à résoudre les grands problèmes mondiaux (pollution de l’air, conflits, maladies, éducation, réchauffement climatique, malnutrition et faim, eau, assainissement, subsides et barrières commerciales, terrorisme, femmes et développement). Cette conférence qui a connu la participation des experts de différents domaines a donné ses résultats sous l’appellation « Consensus de Copenhague 2008 », proposant une solution en 10 points dont cinq se rapportent directement à la nutrition [17] ; [18] :
● Supplémentation des enfants en micronutriments (vitamine A et zinc) ;
● Fortification en micronutriments ;
● La biofortification ;
● Le déparasitage et autres programmes de nutrition à l’école ;
● Promotion de la nutrition à base communautaire.

Déjà en 1996 le Sommet mondial de l’alimentation (SMA) engageait les gouvernements à établir “des mécanismes pour recueillir des informations sur la situation nutritionnelle de tous les membres des communautés, particulièrement des pauvres, des femmes, des enfants et des membres des groupes vulnérables et défavorisés, pour suivre et améliorer la sécurité alimentaire des ménages concernés” (FAO, 1996). Beaucoup de facteurs peuvent contribuer à l’amélioration de la situation nutritionnelle. Certains de ces facteurs peuvent être modifiés par des interventions, d’autres non. Mais tous ces facteurs doivent être identifiés, suivis, et leur rôle respectif pris en considération.

Problématique

Définition de la malnutrition aigue 

Il existe en général 2 formes de malnutrition par carence: la malnutrition chronique et la malnutrition aigue. La malnutrition chronique ou retard de croissance se définit selon l’indice Taille/Age La malnutrition aigue englobe la malnutrition aigue modérée (MAM) et la malnutrition aigue sévère (MAS). Elle est une situation de déficience due à une carence multiple en nutriments. Elle se définit par l’indice poids/Taille ou périmètre brachial (PB) et/ou présence d’œdèmes bilatéraux.

1. La malnutrition aigue modérée (MAM) se détermine par un indice Poids/Taille compris entre -3 et – 2 Z scores (référence OMS) chez l’enfant de 6 mois à 18 ans ou un périmètre brachial compris entre 115 et 125 mm chez l’enfant de 6 à 59 mois Il n’y a pas de signes ou formes cliniques.
2. La malnutrition aiguë sévère (MAS) se détermine par un indice Poids/Taille < – 3 Z scores (référence OMS) chez l’enfant de 6 mois à 18 ans ou un PB < 115 mm chez l’enfant de 6 à 59 mois et/ou la présence d’œdèmes bilatéraux. Elle peut être accompagnée ou non d’autres complications.

Dans la population générale, la prévalence de la malnutrition appréciée par rapport à la proportion d’enfants malnutris (avec un indice P/T< – 2 ET), permet de différencier quatre situations [19] :
– Pourcentage inférieur à 5% : situation satisfaisante
– Pourcentage supérieur ou égal à 5 et inférieur à 10% : situation précaire
– Pourcentage supérieur ou égal à 10 et inférieur à 15% : situation sévère
– Pourcentage supérieur ou égal à 15% : situation très sévère .

Cadres conceptuels

La malnutrition constitue un véritable problème de santé publique. Elle résulte de déficits aigus ou chroniques de calories, de protéines ou de micronutriments tels que les vitamines et les éléments minéraux. Elle est le résultat de plusieurs facteurs qui interagissent entre eux, parmi lesquels l’insécurité alimentaire, les pratiques alimentaires inappropriées, les infections et leur corollaire, et le manque d’hygiène. Si la malnutrition a pour cause majeure une insuffisance d’apport alimentaire sur le plan quantitatif et qualitatif, une étude étiologique plus attentive permet d’identifier de nombreux autres facteurs interdépendants. Ces facteurs, qu’ils soient favorisants, déclenchants ou précipitants, ont été décrits par différents chercheurs et certains ont même proposé des modèles permettant de mettre en évidence leurs origines, leurs inter-relations et leurs divers niveaux de responsabilité (national, régional mais aussi local, c’est-à-dire villageois ou familial). La connaissance et la compréhension de ces mécanismes par les personnels, les communautés et les familles concernées peuvent permettre de mieux identifier les facteurs essentiels et de trouver ainsi des solutions plus adaptées aux besoins et aux ressources, donc plus rentables en termes d’efficacité.

Ces modèles permettent d’identifier les diverses étiologies de la malnutrition en prenant en considération non pas uniquement des facteurs nutritionnels et sanitaires, mais proposant une approche globale. En effet, les causes signalent également des conditions de vie précaires et un environnement plus ou moins défectueux. Traiter l’enfant malnutri consiste à soigner les conséquences d’un mal dont les origines sont multiples, situées en amont et impliquant différents secteurs. Traiter l’enfant malnutri signifie s’intéresser à l’enfant dans sa famille et son milieu de vie.

Cadre conceptuel de la malnutrition selon l’UNICEF

Le cadre conceptuel des causes de malnutrition a été élaboré en 1990 en tant qu’élément de la stratégie UNICEF pour la nutrition. Il montre que les causes de la malnutrition sont multisectorielles (alimentation, santé, pratiques de soins). Ces causes sont classées en causes immédiates (niveau de l’individu), sous-jacentes (niveau du foyer ou de la famille) et fondamentales (niveau de la société), l’influence des facteurs à un niveau se faisant sentir aux autres niveaux aussi. La plupart des grandes réunions internationales sur la nutrition depuis les années 1990 se réfèrent au même cadre général d’analyse des différents types de causes de la malnutrition. Les causes immédiates sont en général une insuffisance quantitative ou qualitative de la ration alimentaire ou une maladie, habituellement d’origine infectieuse. Les infections peuvent avoir des effets négatifs sur l’état nutritionnel des enfants par les mécanismes suivants : diminution de la prise alimentaire, diminution de l’absorption et de l’utilisation des aliments consommés, augmentation des besoins du métabolisme. Une perte de poids au cours de la rougeole a été fréquemment décrite. D’anciennes études sur la rougeole en Afrique occidentale ont montré des chutes de poids considérables [20]. On a souvent signalé que la rougeole était l’infection qui précipitait l’apparition du marasme et du kwashiorkor au Nigéria [21] .

Au niveau des causes sous-jacentes, la sécurité alimentaire des ménages peut être affectée s’il existe des problèmes de production ou d’approvisionnement alimentaires au niveau du pays, des régions et des ménages et des problèmes d’accès des familles et communautés à des produits alimentaires de bonne valeur nutritionnelle, notamment en termes de pouvoir d’achat. Les pénuries alimentaires chroniques touchent environ 792 millions de personnes dans le monde [22], dont 20% de la population des pays en développement. L’insécurité alimentaire peut être chronique du fait de l’incapacité permanente des ménages à se procurer les aliments dont ils ont besoin, ou temporaire ce qui est le cas de l’insécurité saisonnière des périodes de soudure. Dans tous les cas, elle affecte l’enfant parce qu’elle affecte d’abord le ménage. La mère va consacrer moins de temps à son enfant et par conséquent moins de soins.

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Table des matières

Introduction
I. Problématique
I.1. Définition de la malnutrition aigue
I.2. Cadres conceptuels
II. Contexte et justification
III. Cadre de l’étude
III.1. Milieu physique
III.2. Caractéristiques de la population
III.3. Situation socioéconomique
III.4. Organisation politique et administrative
III.5. Zone d’enquête
IV. Objectifs de l’étude
IV.1. Objectif général
IV.2. Objectifs spécifiques
V. Méthodologie
V.1. Type et période d’étude
V.2. Population d’étude
V.3. Echantillonnage
Sélection des ménages et des enfants
V.4. Collecte des données
V.5. Les différentes phases de l’enquête
V.6. Saisie et analyse des données
VI. Résultats
VI.1. Etude descriptive
VI.2. Etude analytique
VII. Discussion
VII.1. Limites et atouts de l’étude
VII. 2. Prévalence de la malnutrition aigue
VII.3. Facteurs associés à la malnutrition aigüe
VIII. Recommandations
Conclusion
Références
Annexes

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