De l’ordinaire invisible à l’intérêt pour les échafaudages

De l’ordinaire invisible à l’intérêt pour les échafaudages

   J’ai choisi de concentrer mon intérêt sur l’échafaudage qui se trouve dans la rue, excluant ceux qui appartiennent aux chantiers de constructions neuves parce que c’est la relation de l’échafaudage à la rue et aux bâtiments existants qui m’intéresse tout particulièrement. L’échafaudage au cœur du chantier reste éloigné du passant, ne lui offrant qu’un motif de fond au milieu des grues qui sont bien plus efficaces que lui pour occuper le lointain (fig.1-1). Je préfère l’échafaudage qui se pose sur le trottoir, fabrique une sorte de seconde peau épaisse devant les bâtiments et joue des coudes avec les voitures pour savoir qui bousculera le mieux les passants, ce jeu auquel il perdra toujours ne résistant pas à l’envie de leur ménager un passage entre ses pieds. Cet échafaudage qui nous enjoint de passer sur le trottoir d’en face pour qu’on ne le dérange pas ou bien, qui sait, pour qu’on puisse mieux l’admirer. Celui qui amène à se poser la question de savoir s’il appartient à l’espace public ou à l’architecture, s’il est dedans ou dehors. C’est peut-être bien du reste, dans ce statut ambigu qu’il intéresse l’art et l’architecture. L’échafaudage est pour moi un élément  central de l’immense plaisir qu’il y a à s’immerger dans la ville. Il va de pair avec toute une série d’éléments en marge de la construction proprement dite : le sol et ses multiples variations de couleurs et de matériaux, les panneaux, les trous, les grues, les camions de déménagement mais aussi toutes les associations imprévues de bâtiments dont l’architecte Michaël Darin fait l’éloge sous le terme de « patchwork urbain ». À travers plusieurs ouvrages, il développe une vision de la qualité bricolée de la ville dans laquelle le patchwork, c’est-à-dire l’assemblage d’éléments hétéroclites ordinaires, serait ce qui garantit la qualité de l’expérience urbaine en luttant contre l’uniformisation et en ménageant à chaque pas une surprise, un élément inattendu (fig.1-2). Michaël Darin donne directement à voir sa théorie en proposant des ballades dans Paris qui sont présentées sous forme de séries photographiques thématiques expliquant que : [l]a physionomie d’une ville ne se résume pas à l’allure de ses édifices considérés individuellement; elle tient également à la manière dont ils sont associés.[…] Les rues sont des œuvres collectives complexes […] une rue n’est jamais définitivement formée puisque les façades des immeubles changent, que les destructions sont suivies de reconstruction, qu’on ajoute des étages aux étages…sans compter les mutations que subissent la voie elle même et les trottoirs. Toutes sortes de mouvements renouvellent sans cesse le paysage urbain. Je partage tout à fait cette sensibilité au patchwork de la ville en train de se faire mais je pense que pour que la ville soit vraiment vivante, on ne peut pas se limiter comme il le fait à l’architecture. Tous les petits riens de la ville participent à cette vie en lui donnant la pulsation que l’architecture a du mal à atteindre seule. Le livre End Commercial en offre un magnifique inventaire new yorkais qui recense bouches à incendie, vendeurs ambulants, bâches en plastique bleu,poubelles, horodateurs, inscriptions dans le sol, barrières de sécurité,enseignes, bouches d’égout, affichages lumineux, vélos abandonnés, affiches sauvages, bref, toutes ces traces de l’activité humaine que l’urbanisme ne prévoit pas, ne peut heureusement pas prévoir (fig.1-3).

Un état de l’art à deux vitesses : l’échafaudage

   J’ai donc, dans un premier temps, recherché les travaux déjà existants sur ce sujet en restreignant cette recherche à l’échafaudage à proprement parler et j’ai trouvé très peu de choses même en architecture. Une recherche dans les bases de données en utilisant le mot échafaudage a fait surgir tout de suite une première difficulté : une fois éliminés les nombreux manuels techniques, les traités de médecine (de génétique en particulier) et les utilisations du mot au sens figuré, il restait peu de travaux qui s’intéressaient à l’échafaudage hors de son cadre strictement technique. Et personne ne semble s’être penché sur cette question de manière approfondie ce qui laisse supposer que, soit ces travaux n’existent pas, soit ils sont très mal référencés ; il est cependant assez improbable qu’on puisse faire un travail qui ne mentionne son sujet principal ni dans le titre ni dans un mot-clé. Un article de l’architecte Carlotta Daró publié dans les Cahiers du MNAM 9 en 2005 s’intéresse au moment où l’échafaudage se change en architecture. Cependant ce texte qui semble faire de l’échafaudage son sujet principal cesse d’en parler en tant que structure éphémère qui sert la construction des bâtiments — c’est à dire au sens où je l’entends — avant d’arriver à la moitié du texte pour se concentrer sur sa version transformée en architecture. Le titre de l’article, « Échafaudages, un objet inaperçu dans l’histoire de l’architecture et ses avatars chez quelques architectes contemporains », qui utilise le terme « inaperçu » est révélateur du peu d’intérêt qu’il a suscité jusqu’à présent, peu d’intérêt que Carlotta Daró avait déjà constaté. La photographe Deidi von Schaewen a publié en 1991 un livre entièrement constitué de photographies d’échafaudage sous le titre Échafaudages: structures éphémères. Il est introduit par un texte de Dominique Baqué, « Monument à l’irrévélé », qui analyse l’aspect plastique de l’échafaudage dans la photographie, j’y reviendrai plus loin.L’historienne de l’art Catherine Strasser raconte une œuvre de Yazid Oulab dans le texte «Un échafaudage dans le désert ». Le récit lui permet d’explorer la symbolique de cet objet posé là où il n’a, à première vue,rien à faire.

Un état de l’art à deux vitesses : Le chantier

   Ayant constaté qu’en se cantonnant à l’échafaudage les informations restaient maigres, j’ai élargi la recherche au chantier et je me suis rapidement trouvée submergée par la quantité et la diversité des travaux qui existent sur le sujet. J’ai donc ajouté le critère « art » pour restreindre la question. Le propos n’est pas ici de recenser toutes les publications sur le sujet parce qu’elles sont trop nombreuses mais il est nécessaire de mentionner celles qui me semblent pertinentes pour la question qui m’occupe : Les deux plus importantes sont l’ouvrage d’Angèle Ferrere, Du chantier dans l’art contemporain, paru en 2016 et un numéro de la revue Ligeia paru en 2010. Angèle Ferrere se propose d’examiner la question suivante : « Comment le chantier urbain, cet espace souvent considéré comme nuisible, dangereux et bien souvent inesthétique, est-il devenu un sujet artistique à part entière au cours de ces vingt dernières années ? »18. Au cours de cette analyse, elle consacre quelques pages à l’échafaudage. Le numéro de la revue Ligeia fait suite à l’exposition La poétique du chantier organisée au château d’Annecy de novembre 2009 à avril 2008. Il rassemble des textes sur le sujet du chantier dans l’art. Il est précisé que ce numéro n’est pas le catalogue de l’exposition bien que les œuvres exposées y soient présentées dans un portefolio étrangement inséré au milieu d’un article. La plupart des œuvres présentées dans l’exposition n’ont pas de rapport direct avec l’échafaudage à l’exception d’une sculpture de Katinka Bock intitulée Échafaudage pour une colonne, d’une tapisserie d’Aubusson d’après un tableau de Fernand Léger Les constructeurs à l’aloès 19 et d’une installation de Sylvie Fleury intitulée Échelle. Ces textes mettent en avant le lien entre chantier, mouvement et work in progress. Ils montrent l’ambiguïté qui place le chantier entre la ruine et la valorisation du mouvement vital. Dans l’introduction Jean-Max Colard et Juliette Singer, les curateurs, le résume ainsi : [Le chantier] est un entre deux permanent, un lieu indéterminé, ambivalent, partagé entre construction et démolition, fondation et éboulement.[…] [Il] est aussi cette réalité éphémère, évolutive, mouvante, qui n’existe qu’en vue de sa propre abolition, une fois achevé le travail de construction, ou de rénovation — ainsi le chantier est-il également du côté de l’informe, de l’inachevé, aussi s’oppose-t-il paradoxalement au fini, au construit, au monumental, à la pétrification du monde.Cependant, bien que ce dossier soit conséquent, il affiche vingt trois articles sur cent soixante sept pages, l’échafaudage n’est presque pas mentionné, le mot apparaît seulement dix fois dont trois dans le même paragraphe ce qui permet de faire l’hypothèse qu’il n’a pas particulièrement suscité l’intérêt des contributeurs.Toujours dans le champ de l’art contemporain, il faut mentionner l’ouvrage Chantier public21 publié en 2005 sous la direction d’Anne Langlois à la suite d’une double exposition à Rennes. Il s’agit d’articles sur les artistes invités pour l’exposition dont le québéquois Yves Gendreau qui utilise des tubes d’échafaudage mais le texte n’analyse pas les raisons du choix des tubes d’échafaudages en particulier. Le même texte aurait pu être écrit si Yves Gendreau utilisait un autre élément de chantier. Enfin je mentionnerai la thèse en histoire de l’art soutenue en 1995 par Nathalie Ensergueix-Luthereau, Recherches sur l’iconographie du chantier de construction du XIe au XVe siècle, qui répertorie les représentations du chantier dans la deuxième partie du Moyen-Âge. Elle consacre quelques pages à la question de l’échafaudage en tant qu’élément particulier du chantier et il apparaît abondamment dans l’impressionnant recueil iconographique.

Un classement temporel

   Rassembler des images selon un critère temporel est le classement le plus simple à réaliser. Il suffit de choisir un intervalle de temps pendant lequel je décide de consigner tous les échafaudages que je rencontre sans forcément les chercher. Une ballade de trois heures effectuée à Paris le 6 février 2017 m’a ainsi permis de récolter trente six échafaudages au hasard d’un trajet qui menait de la Gare du Nord à la rue Barrault dans le treizième arrondissement — voir la récolte en annexe 1 — cahier 10 — pp. 263. Cela donne une moyenne d’un échafaudage croisé toute les cinq minutes. Si l’on sait que ce trajet peut être fait en une heure et demi — je marchais lentement — j’aurais pu croiser un échafaudage toutes les deux ou trois minutes. Il faut prendre en compte aussi le fait que Paris est une grande ville plus susceptible d’offrir des travaux de rénovation même si Londres la supplante largement sur ce terrain. En systématisant cette expérience, on pourrait définir ce qu’on pourrait appeler un « coefficient d’échafaudage » selon les lieux. C’est une idée à poursuivre. Quoiqu’il en soit, cette expérience met tout de suite en évidence un fait très simple : les échafaudages sont omniprésents en ville, il suffit de leur prêter attention. Ce classement temporel peut également prendre une dimension géographique si l’on décide de faire une carte qui montre les emplacements de ces échafaudages à un instant T.Une autre expérience temporelle que j’ai menée consiste à photographier régulièrement le même échafaudage tout au long de son existence. L’idéal est de pouvoir assister à son montage et à son démontage ce qui n’est pas forcement facile, l’échafaudage surgissant toujours de manière inattendue. On pourrait cependant interroger les services de la Ville pour obtenir les dates prévues pour les installations d’échafaudage. Cette technique permet d’obtenir des séries d’images de la durée de vie des échafaudages. Cette durée peut parfois être très longue et parfois tellement courte qu’on n’a même pas le temps de faire deux photos. Ce qui est plus facile à faire en revanche, c’est de retourner sur les lieux après le démontage pour photographier le résultat des travaux à la condition toutefois de le retrouver. Le résultat des rénovations est parfois tellement assez discret. Quand l’immeuble n’est plus mis en avant derrière son échafaudage, si j’ose dire, il se fond souvent dans l’alignement urbain.

Mon musée imaginaire de l’échafaudage

   Collecter des images est une activité amusante et le classement donne des résultats parfois surprenants. Cette façon d’inventorier les choses en les considérant comme une collection m’a amené à envisager leur regroupement comme celui qui pourrait être fait dans un musée. Ce musée aurait des collections de différentes natures, historiques, géographiques, techniques…. Ces collections pourraient être mises en relation selon les besoins. Il proposerait aussi un département de plein-air qui serait la ville entière dans laquelle on peut voir la plus grande collection d’échafaudages qui soit. Ce musée jouerait donc un rôle d’opérateur pour ouvrir le regard vers les événements de la ville.Qui dit musée dit objets dérivés dont j’ai entamé la réalisation en suivant le principe de ceux qu’on trouve dans toutes les boutiques de musée. Les miens ne déclinent pas l’image de Mona Lisa mais des images d’échafaudages. Pour l’instant, j’ai réalisé des badges, des Flip book et un jeu de Memory — voir annexe 1 — cahier 10 — p. 281. J’ai également en projet un jeu des goulottes et des échelles inspiré par le jeu des serpents et des échelles, des panneaux détournés, des magnets et des cartes postales. Tous ces projets participent d’une même idée qui consiste à mettre en évidence le décalage qui se crée entre des objets qui sont habituellement le support d’images universellement appréciées et une image pas toujours très valorisée qu’on n’a pas l’habitude de voir sur ce type de support. Ce système d’objets fonctionne lui aussi sur le principe de la série

Les architectes et l’échafaudage

  « Superbes les échafaudages… On dirait du Kenzo Kuma ! » Ainsi parle un architecte anonyme en commentant cette photo du chantier de la gare de Strasbourg en avril 2007 (fig. 3-1 et 3-2). Voilà une remarque emblématique de la fascination que l’échafaudage exerce sur bon nombre d’architectes. Ils sont à peu près les seuls à s’exclamer de plaisir quand je leur parle de ce sujet de recherche, les autres restant au mieux poliment perplexes. L’échafaudage commence à séduire les architectes dès leurs années de formation — et peut-être même avant. J’ai même trouvé deux mémoires de diplôme qui lui sont entièrement consacrés dans les archives des écoles d’architectures. Je n’ai pas mené le travail de recherche qui consisterait à ausculter plus systématiquement les productions des étudiants mais on peut formuler l’hypothèse que l’échafaudage apparaît probablement très souvent dans les travaux réalisés dans les écoles comme, par exemple, la proposition de Quentin Plé, dans le cadre d’un atelier de master encadré par Éric Monin à l’École d’Architecture et de Paysage de Lille en 2013 sur le thème du chantier. Il a imaginé une structure en échafaudage qui agrandirait le bar-tabac local en le dotant d’une terrasse pendant la durée du chantier. Là où, souvent, le chantier restreint l’accès et complique la vie quotidienne des habitants, l’échafaudage est ainsi utilisé pour offrir une possibilité supplémentaire aux usagers de ce lieu. Il retournait ainsi à leur avantage une situation perçue au départ comme une nuisance. Dans leur mémoire de fin d’étude à Nantes, Boris Nauleau et Camille Vassor proposent d’agrandir les logements en construisant des échafaudages au dessus des rues, une idée qui relève de la même logique. Ces propositions sont très utopiques parce qu’elles ne semblent pas considérer les problèmes que cela peut soulever notamment en terme de lumière mais elles sont intéressantes dans cette façon qu’elles ont de s’approprier un élément habituellement classé dans les nuisances pour le transformer en atout supplémentaire. L’architecte Carlotta Daró dans l’article qu’elle a publié dans les Cahiers du MNAM 4 a retracé brièvement l’histoire de l’échafaudage autour de son principe de base : « un minimum de matériel pour le maximum d’extension de surface de travail » . Elle montre comment, à la suite de Viollet-Le-Duc (1814-1879) qui « renverse [sa] position  d’instrument subordonné à la construction en le considérant comme un modèle de qualification de l’ouvrage architectural », l’échafaudage change de statut en changeant de nature à partir de 1914 quand de bois il devient métallique. Il est ainsi plus léger et moins coûteux et commence à intéresser les architectes en tant que structure. « [D]’éphémère, l’échafaudage devient durable en se changeant en architecture » . Elle n’en parle pas mais, en réalité, il avait déjà commencé sa mue à la fin du XIXème avec la Tour Eiffel. Ce bâtiment sans enveloppe ressemble fort à un immense échafaudage. C’est très apparent dans les photos prises sur le chantier par Louis-Émile Durandelle (fig 3-3).

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Table des matières

Cahier 1 — Introduction
Définitions
De l’ordinaire invisible à l’intérêt pour les échafaudages
Un enthousiasme peu partagé
Un état de l’art à deux vitesses : l’échafaudage
Un état de l’art à deux vitesses : le chantier
Pistes de réflexion
Cahier 2 — Dans la forêt de l’échafaudage
l’échafaudage comme méthode
L’instinct de série
Classement temporel
Classement géographique
Classement typologique
Mon musée imaginaire de l’échafaudage
La série méthodique, constitution du corpus
Organiser l’accumulation
Cahier 3 — Fascination et appropriation
Les architectes et l’échafaudage
Une construction simple et lisible
La séduction du voile
Géométrie
L’anti-monument
La cabane
Cahier 4 — L’échafaudage en chantier
Le tas de terre
Temporaire et éphémère
Permanence et inachèvement
Work in progress
La mise en scène du travail
Cahier 5 — Porter, soutenir, déplier
Porter les hommes
Derrière l’écran
Soutenir le mur
L’accessoire du quotidien
Occuper l’espace
Voir grand, voir lourd
Plier , déplier
Empiler et superposer
Cahier 6 — La mise en scène dans l’épaisseur
Intérieur ou extérieur ?
Camper
Limite épaisse
À travers la fenêtre
Mettre en scène le regard
Le voyeur et le rideau
Le voile devient écran
Dans les coulisses
Le spectateur devient acteur
Voir les choses d’en haut
Cahier 7 — Monter . . . et redescendre
Une aspiration fondamentale
Mont(r)er la ville
Escaliers
Engager son corps
Pélerinage
Échelle transcendance
Redescendre
L’accident et l’imprévu
Cahier 8 — À suivre . . . Conclusion
Le Kung-fu de l’échafaudage
Corps et géométrie
Principe de vie : le « moviment »
Minimum et maximum
Équilibre
À suivre
Cahier 9 Notice bibliographique
Table des illustrations
Cahier 10 — Annexe 1 : l’ivresse de la série
Un exemple de série photographique : les sols
Les trente six échafaudages : une ballade à Paris le 6 février 2017
Classements typologiques
Scaffolding Memory Game
Cahier 11 — Annexe 2 : Organiser l’accumulation: corpus principal

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