DANIEL DENNETT ET LE PROBLEME DE LA CONSCIENCE

L’EMERGENCE ET L’EVOLUTION DE LA CONSCIENCE

   Beaucoup de spéculations ont cherché à expliquer l’émergence et l’évolution de la conscience humaine, à commencer par les remarques de Darwin lui-même dans La Descendance de l’homme. A la différence de la plupart des explications en sciences, les explications évolutionnistes sont essentiellement des récits, qui nous ramènent d’une époque où quelque chose n’existait pas à une époque où quelque chose existe par une série d’étapes que le récit a pour charge d’expliquer. Paul Valéry considère que le fait d’aller en avant et de de produire le future comme étant les fonctions les plus profondes et les plus générales des organismes vivants. L’hypothèse où tout ce qui est observé dans l’univers peut s’expliquer sans faire appel à une intervention divine ou spirituelle est appelée matérialisme. Dans cette conception, tout ce qui existe est formé de matière. La science opère dans un cadre matérialiste. Et d’après le darwinisme, l’être humain est le produit d’un processus d’évolution par variations et sélection naturelle. On peut donc supposer que la conscience est un caractère ayant été acquis (une émergence) car il apportait un avantage sélectif. Au cours de l’évolution, elle serait devenue nécessaire pour assurer la survie en milieu hostile. Le scientifique, dans sa tentative d’expliquer la conscience, la définit comme étant une fonction du cerveau. Il existe alors deux possibilités : le cerveau étant considéré comme un simple système de traitement de l’information, la conscience serait alors ce qui pilote son fonctionnement. Il existe des propriétés de la matière que les scientifiques n’ont pas encore découvertes et qui peuvent expliquer le phénomène de la conscience. Pour Dennett la conscience est non seulement un produit de l’évolution de l’espèce humaine mais aussi un processus cérébral certes compliqué mais que la science peut bien expliquer. L’argument de base de Dennett est que « la conscience humaine n’a pas toujours existé, elle a dû naître de phénomènes antérieurs qui n’était pas eux même conscients ». Il refuse toute conception non évolutionniste de la conscience. La conception de notre esprit conscient est le résultat selon Dennett de trois processus évolutifs successifs, empilés les uns sur les autres, chacun étant plus rapide et plus puissant que son prédécesseur. Pour comprendre cette pyramide de processus, nous devons « commencer au commencement », nous dit Dennett. La première est ce qu’il appelle l’« effet Baldwin » ; c’est le premier véhicule de l’évolution et il correspond à la variation génétique. Ce processus consiste en une sélection pour s’adapter aux changements qui se produisent dans la nature. Mais cela suppose  une chose : l’absence de déterminisme au niveau des câblages dans le cerveau ; ce qui nous conduit au second processus que Dennett appelle « la plasticité dans le cerveau ». Ce phénomène a pour caractéristique la possibilité pour le cerveau d’être malléable. Ce qui est intéressant à noter ici, c’est la capacité d’adaptation du cerveau. Cette capacité lui permet de se réorganiser à chaque fois qu’il y a un bouleversement dans l’environnement. Pour ce qui nous occupe, disons seulement que d’une manière ou d’une autre, le cerveau plastique est capable de se réorganiser lui-même en s’adaptant en réponse aux éléments nouveaux que l’organisme rencontre dans son environnement; le processus par lequel le cerveau y parvient doit être un processus mécanique tout à fait analogue à celui de la sélection naturelle. A en croire Dennett, la conscience telle que nous la concevons, est le résultat d’un processus qui a duré des millénaires. D’abord, on a la rupture entre l’homme et le chimpanzé. Cette rupture a trait à la taille de leurs cerveaux. Le cerveau du chimpanzé a presque la même taille que celui de l’ancêtre commun. Par contre, la taille du cerveau de l’homme a considérablement augmenté. Mais, l’élément décisif qui a permis de modifier l’architecture fonctionnelle du cerveau de l’homme est le dialogue avec soi-même. C’est dans ce sens que Dennett affirme : « nous autres êtres humains avons utilisé notre plasticité non seulement pour apprendre, mais pour apprendre comment apprendre mieux, pour ensuite apprendre mieux comment apprendre mieux, et ainsi de suite ». La culture et le langage selon Dennett ont beaucoup contribué au développement du cerveau et de la conscience humaine. Le troisième processus évolutif est ce qu’il appelle « les mèmes ». Un mème est une unité de transmission culturelle, ou une unité d’imitation (une idée ou une représentation). Les mêmes se propagent dans l’esprit, et sont dans le domaine culturel, l’équivalent des gènes au niveau biologique. Leur rôle est de nous permettre d’améliorer nos aptitudes par le biais de l’apprentissage. Grâce à la culture, nous nous améliorons, en apprenant ce que nos prédécesseurs ont inventé, créé ou découvert. L’évolution des mêmes n’est pas seulement analogue à l’évolution biologique des gènes; ce n’est pas seulement un processus que l’on peut décrire métaphoriquement dans ces idiomes évolutionnistes, mais un phénomène qui obéit exactement aux lois de la sélection naturelle. La théorie de l’évolution par sélection naturelle est neutre par rapport aux différences entre les mêmes et les gènes; ce sont seulement deux types différents de réplicateurs qui évoluent dans des milieux différents à des vitesses différentes. Le mode de transmission des mêmes peut être comparé à celui des gènes dont nous savons qu’ils se propagent d’un organisme à un autre en tant qu’unité d’information génétique par l’intermédiaire des cellules de la reproduction.

L’IDEE DE THEATRE CARTESIEN ET SA CRITIQUE

    Dans La Conscience Expliquée, Dennett présente son propre modèle de la conscience. Il rejette fermement le modèle du théâtre cartésien. Le théâtre cartésien présente la conscience comme un observateur situé dans notre tête à qui sont présentés les évènements qui sont conscients. Cet observateur serait donc comme un spectateur à une pièce de théâtre, où l’ensemble de nos expériences conscientes se dérouleraient devant lui. Il y aurait donc dans notre cerveau, un petit être, un homoncule, qui serait notre conscience. Cependant, comment intégrer cet être ou ce lieu dans un environnement aussi distribué que le cerveau ? Comment un tel être pourrait émerger de multitude neurones que nous possédons? Comme expliquer le fonctionnement même de cet homoncule ? L’expression « Théâtre Cartésien » est une représentation métaphorique de la façon dont l’expérience consciente doit avoir son siège dans le cerveau. Il est utilisé par Dennett pour faire référence à une autre expression qu’il appelle « matérialisme cartésien ».12 Ce dernier est selon lui le résidu, ou ce qui reste du dualisme cartésien dans les théories matérialistes de la philosophie de l’esprit d’aujourd’hui. Le théâtre cartésien est une explication dualiste de la conscience qui ne convainc pas Dennett. Il souhaite pouvoir expliquer l’existence de la conscience dans un système distribué comme le cerveau, qui ne possède pas de quartier général. Il refuse d’envisager une substance pensante telle que Descartes l’a fait. Dennett réfute l’hypothèse du théâtre cartésien. Nier l’existence du théâtre cartésien pose cependant plusieurs problèmes. Cela implique qu’il n’existe pas de frontière nette entre les expériences conscientes et inconscientes. Il n’existe pas de ligne d’arrivée à partir de laquelle une expérience devient consciente. Comment expliquer alors le sentiment que nous avons d’assister à une succession d’évènements cohérents ? Pourquoi semblons-nous percevoir notre expérience consciente comme un film, une suite d’images, de sons et sensations qui se succèdent. De l’avis de Dennett, il y a à l’heure actuelle, un certain consensus de la part des scientifiques et des philosophes pour rejeter aussi bien le dualisme cartésien que l’idée d’un esprit immatériel. Cependant, cela n’est pas sans conséquence. En effet, cette dénonciation du dualisme est suivie par le rejet de plusieurs aspects de la pensée de Descartes tel que son argument de la glande pinéale. Il écrit dans La conscience expliquée ce qui suit : « Appelons matérialisme cartésien l’idée selon laquelle il existe un lieu central de ce genre dans le cerveau : car c’est la thèse à laquelle vous êtes conduit quand vous abandonnez le dualisme de Descartes mais pas l’image d’un théâtre central (mais matériel) ou « tout se réunit » ». Un des arguments contre le matérialisme cartésien est l’idée défendue par un nombre de neuroscientifiques selon laquelle il n’y a pas un lieu unique dans le cerveau ou l’information se regroupe. Le traitement de l’information semble plutôt s’effectuer dans différentes structures neuronales. Pour montrer la faillibilité du matérialisme cartésien, Dennett entreprend la vérification d’une expérience assez particulière dans laquelle notre expérience immédiate serait corrompue par un souvenir. Cette expérience est la suivante : supposez qu’une femme aux cheveux longs sans lunettes passe devant vous. Immédiatement après, le souvenir d’une femme aux cheveux courts remonte en surface et vous affirmez avoir vu passer une femme aux cheveux longs avec des lunettes. La question que Dennett pose aux partisans du matérialisme cartésien est la suivante : « avez-vous d’abord été conscient d’une femme aux cheveux longs sans des lunettes et ensuite d’une femme aux cheveux longs avec des lunettes ? » Pour lui, les défenseurs du matérialisme cartésien devraient pouvoir fournir une réponse puisqu’ils défendent la thèse selon laquelle les événements conscients se produisent de façon successive sous le regard d’un unique spectateur. Mais le matérialisme de Descartes ne parvient toujours pas à apporter une réponse à cette question ; ce qui, selon Dennett, manifeste le caractère caduc de cette conception ; car il n’existe pas de « ligne d’arrivée» ou de lieu unique ou passent tous nos états de conscience. Le théâtre cartésien a été évoqué en opposition au « modèle des Versions Multiples » développé par Dennett dans La conscience expliquée. Il écrit à ce propos : « Descartes, l’un des premiers à avoir réfléchi sérieusement sur ce qui doit se produire quand nous regardons de près à l’intérieur du corps de l’observateur, élabora une idée qui apparaît de prime abord si naturelle et si séduisante qu’elle continue encore à influer sur notre conception de la conscience (…) pour Descartes, le cerveau avait bien un centre ». Un des objectifs de Dennett consiste à combattre cette idée qu’il identifie à « une mauvaise habitude de penser » dont il faut à tout prix se débarrasser, car « il n’y a pas d’observateur à l’intérieur du cerveau » L’argument de base qui lui permet de rejeter le dualisme est celui de l’interaction causale : si la conscience peut exister indépendamment de la réalité physique (le cerveau), les dualistes doivent pouvoir nous expliquer comment la réalité immatérielle (la conscience) peut affecter le corps ou la réalité physique. Or, aucun dualiste n’a jamais, jusqu’à présent, été capable de fournir une telle explication ; ce qui fait que, pour Dennett, rejeter le dualisme revient aussi à rejeter son support conceptuel dont le théâtre cartésien est l’une des composantes.

UNE SCIENCE DE L’ESPRIT

   L’avènement de la science au XVIIème a suscité un optimisme exacerbé dans la découverte de la vérité. La science se définit non pas par son ontologie matérialiste, mais par sa volonté d’expliquer de la façon la plus objective possible l’ensemble des phénomènes de l’univers. En effet, les scientifique pensent que, désormais, la science crée par l’homme peut étudier l’homme en tout entier. Ce qui signifie que la science est en mesure de résoudre toutes les questions et, partant, d’éclaircir les zones d’ombres, les mystères qui empêchent la connaissance de l’être humain dans toutes ses composantes et ses caractéristiques. Imbu de cette idée scientiste, l’homme de science croit fermement que la science permettra de connaître les choses dans leur essence, de résoudre objectivement tous les problèmes réels ; elle suffit à satisfaire tous les besoins légitimes de l’intelligence humaine. Dès lors c’est l’objectivité qui se trouve être le critère de validité de la recherche scientifique. C’est dire que toute discipline qui se veut scientifique doit s’inscrire dans cette perspective. C’est pourquoi l’on peut considérer comme légitime la prétention à étudier l’homme non seulement dans sa réalité matérielle, mais aussi ses propriétés immatérielles ; d’où la tentative à expliquer la conscience de façon objective que l’on rencontre chez Dennett. L’étude de la conscience a été longtemps négligée sur le plan scientifique, faute d’outils conceptuels et expérimentaux, tandis qu’il faisait l’objet d’intenses débats dans les domaines de la philosophie, de la métaphysique et de la religion. En ce début du XXIème siècle, s’il n’existe pas encore d’explication complète de la conscience, les neurosciences commencent à décrypter le support biologique du phénomène de l’esprit, en particulier avec Dennett, qui montre dans La conscience expliquée que l’esprit et le corps fonctionnent de manière indissociable. Dans les années mille neuf cent quatre-vingt, les études du phénomène de la conscience concernaient surtout l’attention. Actuellement, les recherches scientifiques sur la conscience sont basées sur des analyses statistiques d’activités cérébrales, l’imagerie cérébrale, et l’étude cas particuliers où les états de consciences sont altérés en raison de lésions cérébrales, d’épilepsie, de blessures ou d’interventions chirurgicales. Les résultats de ces études suggèrent que la conscience est un phénomène complexe, qui émerge de l’interaction entre plusieurs régions et processus cérébraux. Elle serait le résultat de processus cognitifs de haut niveau. Sa fonction concernerait le contrôle des activités cérébrales les plus complexes. Elle apparaîtrait progressivement au cours du développement, consécutivement à la maturation des réseaux neuronaux du néocortex. Ces structures neurales dont l’organisation spécifique serait à l’origine du phénomène de conscience seraient un ou des réseaux de circuits spécialisés. La solution de Dennett pour expliquer scientifiquement l’esprit humain est l’hétérophénoménologie. Ce terme, écrivent Denis Fisette et Pierre Poirier est une expression par laquelle il caractérise l’approche interprétative de sa propre psychologie et qu’il oppose à l’ « auto-phénoménologie », par laquelle il désigne non seulement l’introspection et le point de vue de la première personne, mais aussi une forme de réalisme à propos du psychique ». Cette voie d’accès à l’esprit qui a lui-même mis en place, consiste à aller vers l’esprit par le biais de la troisième personne. Mais nous pouvons d’emblée noter que là où Descartes adopte l’introspection ou la première personne du singulier comme moyen de connaitre l’esprit, Dennett se tourne du côté de la troisième personne. Ce qui différencie la méthode de Dennett avec celle de des cartésiens, c’est son souci de scientificité. C’est la raison pour laquelle cette méthode est qualifiée d’approche scientifique pour l’étude de la conscience.

LE MODELE DES VERSIONS MULTIPLES

   Dennett propose une nouvelle manière d’aborder les questions relatives à la conscience. En quoi consiste ce modèle ? Le Modèle des Versions Multiples est la théorie mise en place par Dennett pour mieux expliquer le fonctionnement de la conscience. C’est une théorie entièrement physicaliste. L’ambition du physicalisme est d’ « expliquer l’ensemble des phénomènes, en particulier mentaux, dans le vocabulaire de la physique ».L’un des paradoxes les plus troublants de la conscience, affirme Dennett, survient parce que nous nous accrochons à une idée réconfortante qui nous éloigne de tout embarras : l’idée que partout où il y a un esprit conscient il y a aussi un point de vue semble incontestable. La difficulté surgit quand nous essayons de trouver ou de localiser ce point de vue à l’intérieur du cerveau. En effet, qu’advient-il quand nous nous approchons d’un observateur et que nous nous efforçons de situer son point de vue dans son cerveau ? Dennett soutient qu’il n’y a pas un centre dans le cerveau ou toute l’information s’assemble pour être traitée. Cette affirmation est loin d’être évidente et engendre des conséquences qui vont à l’encontre de nos intuitions et de notre expérience quotidienne. Dennett propose d’abandonner toute idée qui postulerait l’existence d’un centre dans le cerveau dont le but est de servir de médium à l’esprit. C’est ainsi qu’il défend la thèse selon laquelle « il n’y pas de point unique dans le cerveau par lequel toute l’information arrive ». Dennett s’efforce de démontrer qu’il n’existe pas de moi total qui serait le spectateur désincarné de notre vie mentale car, pour lui, il n’y a pas dans le cerveau de point unique correspondant à un prétendu siège de notre pensée ou de notre personnalité, mais seulement de multiples flux d’activités localisés dans des zones très diverses du cerveau. Dès lors, la question que l’on se pose est la suivante : Dennett chercherait à rendre justice aux différentes parties du cerveau qui participent au traitement de l’information ? Pour le philosophe américain, tous les événements mentaux ne s’accomplissent ni dans un endroit unique du cerveau, ni au même moment. Ces processus subissent une constante réorganisation au cours de laquelle sont produits de multiples ajouts, des associations et des réécritures qui se font dans un ordre quelconque.

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : APPROCHE DENNETTIENNE DE LA CONSCIENCE
CHAPITRE I : UNE RUPTURE AVEC LA TRADITION
I-1/ L’EMERGENCE ET L’EVOLUTION DE LA CONSCIENCE
I-2/ L’IDEE DE THEATRE CARTESIEN ET SA CRITIQUE
I-3/ L’ANALOGIE ENTRE LA CONSCIENCE ET LA MACHINE VIRTUELLE
CHAPITRE II : UNE SCIENCE DE L’ESPRIT
II-1/L’HETEROPHENOMENOLOGIE
II-2/ LE MODELE DES VERSIONS MULTIPLES
II-3/ LA NATURALISATION DE LA CONSCIENCE
SECONDE PARTIE : LE PROBLEME DE LA CONSCIENCE
CHAPITRE III : LA CONSCIENCE UNE REALITE MYSTERIEUSE
III-1/ LE DUALISME CORPS-ESPRIT
II-2/ L’EFFET QUE CELA FAIT D’ETRE
III-3/ LE PROBLEME DIFFICILE DE LA CONSCIENCE CHEZ DAVID CHALMERS
CHAPTRE IV : LA DIFFICULTE A EXPLIQUER LES ETATS CONSCIENTS
IV-1/ L’INTENTIONNALITE DE LA CONSCIENCE
IV-2/ LA SUBJECTIVITE DE LA CONSCIENCE
IV-3/ L’EPIPHENOMENISME ET LE PROBLEME DES QUALIA
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE

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