Contribution à l’étude bio-écologique de la communauté des chiroptères

BIOLOGIE ET ECOLOGIE

                En français, le terme chauve-souris dérive du latin et signifie « chouette & souris » tandis que le terme scientifique chiroptère résulte du grec et signifie « main & aile ». Au cours de l’évolution, la main de la chauve-souris s’est transformée en aile. Tous les doigts, exceptés le pouce, se sont démesurément allongés, ils sont sous-tendus par une fine membrane de peau: le patagium (Neuweiler, 2000). Toutes ces caractéristiques font des chauves-souris les seuls mammifères volant (Neuweiler, 2000). Le premier fossile de chauve-souris connu, datant de l’Eocène est vieux de 55 millions d’années (Teeling et al., 2005). Au cours du temps et de l’évolution, les chauves-souris se sont adaptées à plusieurs types de milieux, des latitudes nordiques jusqu’à l’équateur (Patterson & Willig, 2003). Seules quelques îles éloignées des continents, dépourvues d’eau douce, les très hautes montagnes et les calottes polaires leur sont hostiles (Kingston et al., 2001). Depuis une décennie, une nouvelle classification des chauves-souris basée sur des études moléculaires et des observations des fossiles est reconnue. Ces résultats illustrent que ce groupe est subdivisé en deux sous-ordres. Le sous-ordre des Yinpterochiroptera (Pteropodiformes) regroupant à Madagascar les anciens mégachiroptères, la famille des Rhinonycteridae et des Hipposideridae qui fait partie du groupe Rhinolophidae. Le sous-ordre des Yangochiroptera (Vespertilioniformes) regroupant tous les autres taxa de chauves-souris précédemment placées parmi les microchiroptères (Teeling et al., 2005 ; Jones & Teeling, 2006, Foley et al., 2015). Les chauves-souris ont une vision plus ou moins égale à celle de l’homme, mais ne sont généralement actives que durant la nuit (O’Shea & Vaughan, 1977). En effet, la plupart des espèces possèdent la faculté de se diriger dans l’obscurité en s’aidant de leur émission d’ultrasons, supérieure à 20 000 Hz, appelée écholocation (Altringham & Fenton, 2003). Les chauves-souris utilisent l’écholocation pour mieux définir l’environnement qui les entoure et aussi pour bien localiser leurs proies (Neuweiler, 2000). La combinaison des paramètres d’écholocation et alaires permet ainsi de déterminer où et comment une espèce pourrait établir ses aires et comportement de chasse (exemples, Aldridge & Rautenbach, 1987 ; Norberg & Rayner, 1987 ; Fenton, 1990 ; Stoffberg & Jacobs, 2004). Dans la classe des mammifères, le mode de vie des chauves-souris est parmi les plus particuliers. En plus de leur capacité au vol actif, de la structure de leurs ailes, de leur faculté d’écholocation, au repos, la plupart des espèces de chauves-souris se mettent également à se pendre à l’aide de leurs pieds avec une rotation de 180° par rapport à celle de l’homme. C’est une adaptation idéale pour s’accrocher facilement dans leurs gîtes diurnes, qui peuvent être des arbres, des constructions humaines, des grottes ou des crevasses (Kunz, 1982).

Mensuration et pesage

                Des paramètres morphométriques (Figure 4) de chaque individu capturé ont été pris à l’aide d’une règle en plastique transparente avec une précision de 0,5 mm. Les paramètres considérés pour chaque individu varient en fonction de leur devenir, c’est-à-dire s’ils vont être gardés comme échantillon de référence ou s’ils seront marqués et relâchés. Toutes les mensurations sont exprimées en millimètre (mm). Pour les individus conservés comme échantillon, les variables suivantes ont été relevées :
– La longueur totale du corps (LT) : obtenue en mesurant depuis le bout du museau de l’animal jusqu’à la dernière vertèbre caudale.
– La longueur de la queue (LQ) : se mesure à partir de la première vertèbre caudale jusqu’à la dernière vertèbre caudale.
– La longueur du pied (LP) : la distance entre le talon de l’animal et l’extrémité de l’orteil le plus long sans la griffe.
– La longueur de l’oreille (OR) : à partir de la base jusqu’à la pointe de l’oreille.
– La longueur du tragus (T) : à partir de la base jusqu’à la pointe du tragus.
– La longueur de l’avant-bras (AB) : à partir du coude jusqu’au poignet pliant.
Pour les individus relâchés, seules les longueurs de l’avant-bras, de l’oreille et du tragus (cas de la famille des Myzopodidae et des Vespertilionidae) ont été relevées.

EXPERIENCE SUR UNE TECHNIQUE DE MARQUAGE

                 La technique de baguage est susceptible de blesser les chauves-souris et peut entraîner des infections localisées autour de la bague jusqu’à affecter la survie de l’animal. La pose de bagues a des effets néfastes plus prononcés sur les chauves-souris lorsque leur équilibre énergétique est plus précaire (Barclay & Bell, 1988). Le découpage des oreilles ou des orteils sont des méthodes de marquage non acceptable pour les chauves-souris. Les changements apportés sur les oreilles peuvent compromettre l’orientation de l’animal ainsi que le repérage des proies, ainsi, les changements affectant les orteils peuvent leur nuire. Durant cette étude, une technique de marquage temporaire a été appliquée sur les chauves-souris relâchées. Elle consiste à découper des poils sur leur face dorsale. L’emplacement et la forme de chaque coupe varie à chaque site d’échantillonnage et à chaque date de capture (Figure 5). Les individus capturés dans un même site et à une même date de capture ont alors les mêmes marques.

Test de corrélation entre les types de proies de chaque espèce et leur forme alaire

                Afin d’analyser le type de corrélation entre l’indice de la forme alaire I avec le type de proie consommé par les différentes espèces qui composent la communauté de chauve-souris de Mandrozo, le test de corrélation de Pearson a été utilisé. Ce test est approprié pour voir la corrélation entre des variables quantitatives. Le coefficient de corrélation linéaire varie entre – 1 et 1. Le coefficient de corrélation prend la valeur 0 lors d’une absence totale de corrélation. Quand la valeur absolue de ce coefficient prend la valeur 1 il existe une forte corrélation entre les deux variables, le sens de la corrélation est déterminé par le signe du coefficient qui est positif lors d’une corrélation positive. L’analyse a été faite sur les quatre ordres d’insecte les plus consommés par la communauté de chauves-souris.

Mode d’interaction temporelle entre les espèces

                La Figure 9 montre le temps d’activité de chaque espèce durant 3h à partir de leur émergence relative. Pendantcette étude, Myzopoda schliemanni est active de 18h 25 à 20h 15, mais le premier pic de leur activité au niveau des points de capture se situe vers 18h 40. Pipistrellus spp. commencerait son premier péride d’activité vers 18h 35 qui se terminerait vers 19h 00, cette activité est plus prononcée vers 18h 50 au niveau des points de capture. Pour Scotophilus marovaza, l’activité serait comprise entre 18h 20 et 20h 00, mais un pic d’activité est localisé vers 18h 35. La première activité de S. robustus est comprise entre 18h 40 et 19h 55, néanmoins, entre 19h 05 à 19h 45 aucune activité n’a été observée. Le commencement de la première activité des espèces constituant la communauté de chauvesouris de l’AP de Mandrozo présente ainsi quelques variations. Il y a des espèces qui s’activent plus tôt par rapport aux autres à l’exemple de S. marovaza qui débute vers 18h 20 et S. robustus qui ne débute qu’à 18h 35. Elles ne terminent pas non plus leurs activités au niveau des sites d’échantillonnage à la même heure, Pipistrellus spp. n’est plus capturé après 19h 05 tandis que M. schliemanni vers 20h 15. Ainsi, la durée de leurs activités présente des décalages, Pipistrellus spp. ne semble être active que pendant 35 minutes mais M. schliemanni le serait pendant 110 minutes. A partir de cette figure, on peut aussi voir qu’entre 19h 20 à 19h 45 aucune activité n’a été enregistrée pour Pipistrellus spp., S. robustus, S. marovaza, mais seul M. schliemanni été actif pendant cette intervalle de temps. Après avoir testé la dépendance des espèces sur leur niche temporelle, le test de khi carré de Pearson avec correction de Yates confirme qu’elles ont des préférences sur cette dernière (χ 2 = 99,74;d.d.l.= 66 ; p < 0,05).

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Table des matières

INTRODUCTION
I- GÉNÉRALITÉS SUR LES CHAUVES-SOURIS 
I-1. BIOLOGIE ET ECOLOGIE
I-2. IMPORTANCE DES CHAUVES-SOURIS
II- MATÉRIELS ET MÉTHODES
II-1. MILIEU D’ETUDE
II-1-a. Localisation géographique
II-1-b. Climat
II-1-c. Hydrographie
II-1-d. Morpho-pédologie
II-1-e. Flore
II-1-f. Faune
II-2. PÉRIODE D’ETUDE
II-3. CHOIX DES SITES DE CAPTURE ET TECHNIQUES DE PIEGEAGE
II-3-a. Milieux naturels
II-3-b. Milieux synanthropiques
II-4. MANIPULATION DES CHAUVES-SOURIS CAPTUREES
II-4-a. Détermination de l’état de reproduction et de l’âge des chauves-souris capturées
II-4-b. Mensuration et pesage
II-4-c. Préparation des échantillons de référence
II-5. MENSURATION DES PARAMÈTRES ALAIRES
II-6. EXPERIENCE SUR UNE TECHNIQUE DE MARQUAGE
II-7. TECHNIQUES D’ECHANTILLONNAGE ET MANIPULATION DES DONNEES ASSOCIEES AU REGIME ALIMENTAIRE DES CHAUVES-SOURIS
II-7-a. Collecte des fèces des chauves-souris et des échantillons de proies
II-7-b. Identification des restes de proies issues des pelotes fécales sous loupe binoculaire
II-7-c. Quantification en proportion de volume (PV)
II-8. TECHNIQUES DE SUIVI SPATIO-TEMPOREL
II-9. ANALYSE ET TRAITEMENT DES DONNÉES
II-9-a. Analyse de la diversité spécifique
II-9-b. Analyse biogéographique
II-10. ANALYSES SUR LE COMPORTEMENT ALIMENTAIRE DES CHAUVES-SOURIS DE L’AIRE PROTÉGÉE DE MANDROZO
II-10-a. Variation intraspécifique et interspécifique de l’habitude alimentaire
II-10-b. Taille de niche alimentaire de chaque espèce
II-11. ANALYSE POUR UN APERCU ÉCOMORPHOLOGIQUE
II-11-a. Analyses biométrique et morphométrique
II-11-b. Test de corrélation entre les types de proies de chaque espèce et leur forme alaire
II-12. ANALYSE DE PARTAGE OU DE SÉPARATION DE NICHE SPATIO-TEMPORELLE DE LA COMMUNAUTÉ DE CHAUVES-SOURIS CAPTURÉES
III- RÉSULTATS ET INTERPRÉTATIONS
III-1. DIVERSITE SPECIFIQUE
III-1-a. Résultat de capture
III-1-d. Hétérogénéité et équitabilité
III-2. AFFINITE BIOGEOGRAPHIQUE
III-2-a. Similarité de Jaccard
III-2-b. Dendrogramme de dissimilarité
III-3. VARIATIONS DU REGIME ALIMENTAIRE DE LA COMMUNAUTE DES CHAUVESSOURIS DE MANDROZO
III-3-a. Abondance des arthropodes consommés par espèce
III-3-b. Variation interspécifique
III-3-c. Variation intraspécifique
III-3-d. Taille de niche alimentaire de chaque espèces
III-4. ECOMORPHOLOGIE
III-4-a. Variations intraspécifique des paramètres morphométriques et alaires
III-4-b. Variation interspécifique des paramètres alaires
III-4-c. Relation interspécifique entre forme alaire et type de proie
III-5. OCCUPATION DE LA NICHE SPATIO-TEMPORELLE PAR LES CHAUVES-SOURIS DE MANDROZO
III-5-a. Mode d’interaction spatiale entre les espèces
III-5-b. Mode d’interaction temporelle entre les espèces
III-5-c. Remarque sur le taux de recapture de Myzopoda schliemanni
IV. DISCUSSION
IV-1. DIVERSITÉ SPÉCIFIQUE EN CHAUVES-SOURIS
IV-2. ASPECTS MORPHOLOGIQUES
IV-3. COMPARAISONS ECOMORPHOLOGIQUE ET BIOGEOGRAPHIQUE
IV-3-a. Aspects écologique et partage de niche
IV-3-b. Aspect écomorphologique
IV-3-c. Aspect biogéographique
V. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
BIBLIOGRAPHIE

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