Contraintes patriarcales dans la migration

Statistiques sur la population nippone en France

   Les travaux traitant la migration japonaise comme thème de recherche ne sont pas nombreux, et ceux qui portent sur les ressortissants japonais en France sont encore plus limités (Dubuc 2013, 2019 ; Komatsu 2014 ; Temple 2005 ; Yano 2016, 2017 ; Yatabe 1993, 1994, 2007). Dans la phase préliminaire de recherches, je me suis naturellement dirigée vers les études officielles publiées par chaque gouvernement, la France et le Japon, afin d’avoir un aperçu global des migrants/expatriés japonais qui résident sur le sol français. En ce qui concerne les statistiques françaises, l’Institut national de la statistique et les études économiques (INSEE) publie les données sur les immigrés et les étrangers tous les 5 ans, effectuées dans le cadre du recensement de la population. Selon les résultats parus en 2020, on dénombre 17 900 étrangers de la nationalité japonaise, et 18 300 immigrés d’origine japonaise en 2017 (INSEE 2020). On constate que ces derniers sont légèrement plus nombreux que les premiers, l’ordre de quelques centaines d’effectifs. En effet, puisque le recensement de la population de l’INSEE établit des définitions précises pour chaque concept utilisé dans l’enquête, la définition de « l’immigré » prend compte seulement du pays de naissance des personnes recensées. Quelle que soit la nationalité, ceux qui sont nés dans un pays étranger – y compris les Français nés à l’étranger – sont donc classés systématiquement dans la catégorie« immigré ». Par conséquent, outre les Japonais nés au Japon et détenteurs de la nationalité japonaise, les Japonais qui ont acquis la nationalité française et perdu la nationalité japonaise sont également inclus dans cette catégorie d’immigré 11 . La définition de « l’immigré » s’avère donc plus large. Les résultats des années passées (en 2012 et 2007) montrent une même tendance, on peut dégager une estimation approximative de 18 000 de « Japonais » – soit par nationalité ou soit par lieu de naissance – sur le sol français. Or, l’enquête publiée par le Ministère des affaires étrangères japonais présente un schéma totalement différent. Selon une étude intitulée « kaigai zairyū hōjin sū chōsa tōkei (Statistics on the Japanese National Residing Overseas) », on dénombre 42 712 ressortissants japonais en France pour la même année que celle du recensement en France, soit 8 362 résidents permanents et 34 350 résidents à long terme. La raison de cet écart des résultats dans deux pays n’est pas claire, pourtant, l’hypothèse la plus probable serait le traitement différencié de la collecte des données. Tandis que le recensement de l’INSEE n’est pas exhaustif et repose sur un certain échantillonnage de la population en fonction de la taille de ville 12 l’enquête du MOFA s’appuie surl’ensemble des inscriptions de ressortissants japonais effectuées pour le registre  consulaire en France. La loi sur le passeport (ryoken hō 旅券法) obligeant à tous les ressortissants japonais à s’inscrire au registre des Japonais établis hors de Japon lorsque ceux-ci résident dans un pays étranger au-delà de 3 mois (l’inscription intitulée comme  INSEE (2020a). « Etrangers par nationalité détaillée ». Par ailleurs, le Japon n’admet pas le port de double nationalité. En cas de l’acquisition d’une nationalité étrangère, la personne en question perd automatiquement sa nationalité japonaise. Tandis que les petites communes dont la population est inférieure à 10 000 habitants sont recensées de manière exhaustives tous les 5 ans, les communes dont la population dépasse 10 000 habitants sont recensées chaque année, mais avec seulement 8 % des logements sélectionnés. INSEE (2020b). « La qualité des estimations de population dans le recensement ». « zairyū todoke 在留届 »13, le résultat de cette étude aurait montré un nombre plus élevé, qui n’apparaissait pas dans le sondage français. En effet, cette étude annuelle du MOFA présente des données statistiques extrêmement détaillées sur les Japonais en dehors du Japon. En les classant dans deux catégories, soit comme « résident permanent », soit comme « résident à long terme », tous les ressortissants japonais sont regroupés par les lieux de résidence. Ainsi, on peut tout de suite savoir le nombre exact des Japonais ville par ville, village par village dans chaque pays. Par exemple, en jetant juste un coup d’œil sur une page du document statistique en l’année 2018, on se rend compte qu’il y a 1 215 ressortissants japonais qui habitent à Boulogne-Billancourt, dont 543 hommes et 672 femmes, 142 résidents permanents (dont 58 hommes et 85 femmes), et 1072 résidents à long terme (dont 485 hommes et 587 femmes). Outre ces détails établis par chaque commune, les statistiques par circonscription consulaire (Paris, Lyon, Strasbourg, Marseille) présentent des données encore plus détaillées, mentionnant cette fois les nombres de ceux et celles classés dans chaque catégorie de profession (employé dans le privé, journaliste, profession libérale, étudiant-chercheur-enseignant, fonctionnaire, et autre), tranche d’âge, et statut familial (chef de famille ou membre de la famille accompagnateur). Ainsi, cette étude nous donne l’impression que l’on peut établir un aperçu extrêmement complet sur les Japonais en France.

Universités et écoles de langues

   Le premier canal de recrutement consiste en une sollicitation spontanée sous forme écrite, rédigée en deux langues, adressée aux institutions où fréquentent des ressortissants japonais qui sont susceptibles d’être intéressés par ma recherche (encadré 1 et 2). Premièrement, j’ai sollicité plusieurs dizaines d’universités et des écoles de langue, avec la lettre de soutien de ma directrice de thèse. Comme je montrerai plus tard dans le chapitre III, les profils les plus représentés dans les catégories socioprofessionnelles des Japonais en France étant celle des étudiants-chercheurs-enseignants, j’ai voulu enquêter premièrement ce milieu studieux. J’ai envoyé un message électronique à ces institutions en leur demandant de me présenter des étudiants d’origine japonaise qui pourraient éventuellement participer à un entretien individuel. Sans surprise, la plupart de mes messages n’ont pas donné suite, ces institutions m’ont répondu qu’elles n’étaient pas en mesure de coopérer en raison de la protection de la confidentialité des données des élèves. Cependant, certaines se sont montrées très coopératives, elles ont non seulement transféré mes coordonnées aux éventuels informateurs qui étaient inscrits dans leur établissement, mais elles m’ont également communiqué la liste des cordonnées des étudiants avec noms et leur adresse e-mail marqués dessus. Ainsi, j’ai pu effectuer des entretiens avec certains d’entre eux, qui séjournaient en France au-delà d’un an, en poursuivant leurs études en enseignement supérieur ou apprentissage du français. Pourtant, la plupart de leur séjour était limité dans le temps, j’ai été contrainte d’écarter certains informateurs de mon échantillon, qui étaient vraiment « de passage » pour une courte durée.

Caractéristiques d’« X-city »

   « X-city » est une ville où abrite la micro-communauté japonaise que j’ai étudiée. La localisation géographique n’est pas dévoilée en raison de la confidentialité des enquêtés, j’appelle seulement « X-city » dans cette thèse. C’est une ville moyenne située à une cinquantaine de kilomètres d’une grande ville qui a commencé à accueillir de nouveaux habitants français et étrangers pour un centre industriel qui se développe récemment dans la région. J’appelle cette institution « Centre industriel international (CII) » dans cette thèse. En raison de la distance qui la sépare avec d’autres grandes villes et des sites touristiques majeurs, la population locale est exclusivement francophone et l’anglais est peu pratiqué par les habitants. La langue française étant ainsi indispensable en dehors du travail au CII où la langue officielle de travail est l’anglais, les nouveaux arrivants sont donc invités à apprendre le français pour tout ce qui est la vie de tous les jours, tel que pour faire les courses, effectuer les démarches administratives, accéder aux soins, et s’occuper de l’éducation des enfants, etc. Etant entourés des personnes locales et en apprenant le français soit dans des cours particuliers, soit dans une école de langue, ou simplement en le pratiquant dans la vie de tous les jours, la plupart des migrant étrangers qui s’installent à X-city arrivent à se communiquer en français au bout de quelques années. D’après mon observation, ceux qui viennent d’un pays « latin », tel que l’Italie, l’Espagne, ou la Roumanie ont tendance à maîtriser particulièrement vite la langue française. Bien que les deux langues soient éloignées, le français et le japonais, c’est aussi le cas pour les migrants japonais. Malgré les difficultés en prononciation de certains sons et en construction de phrases – notamment la prononciation de « R » pose problème pour les japonophones –, ils apprennent la langue de Voltaire, en étant ouverts et exposés à aux modes de vie à la française.

Avantages de native anthropologiste

   En repensant à la réticence que j’éprouvais envers mon propre thème de recherche, je réalise aujourd’hui que je n’avais qu’une compréhension partielle sur ma propre subjectivité et mon positionnement en tant que native anthropologist. Il est vrai que l’un des enjeux primordiaux pour les anthropologues du proche consiste à se distancier avec la population qu’ils étudient, pourtant, les chercheurs indigènes, « loin d’être complètement crédule et impuissant dans la situation d’enquête », peuvent déployer plusieurs tactiques en « s’adaptant suite au calcul des pour et des contre des positionnements qu’il peut assumer » (Campigotto et al. 2017 : 12). En effet, je disposais de nombreux avantages pour effectuer une fructueuse recherche de terrain. Premièrement, outre ma capacité linguistique de la langue japonaise de native qui me permettait de comprendre l’intégralité des échanges avec les enquêtés avec nuance sans faire appel à interprète, je pouvais m’appuyer sur ma maîtrise des codes comportementaux et relationnels pour la communication naturellement acquise dès le plus jeune âge. Ceci présente un atout considérable, car comme souligne Jean Lagane, « les Japonais attachent plus d’importance à un mode de communication implicite, non verbal et intuitif qu’à un échange explicite, verbal et rationnel d’informations » (Lagane 2008 : 6). Ainsi, dès la première rencontre avec les enquêtés, en me positionnant correctement dans des hiérarchies complexes dans un contexte donné et me comportant « comme il faut », je pouvais observer leurs pratiques dans les interactions les plus naturelles possibles. J’avais déjà la connaissance approfondie sur les valeurs culturelles et les symboles sur le fonctionnement d’intérieur des institutions sociales, qui m’a permis de saisir en profondeur le contexte social des comportements observés (Fahim et Halmer 1980). Deuxièmement, il s’agit de mes connaissances tacites sur la société japonaise dont les non-Japonais n’auraient pu s’approprier du jour au lendemain sur la position sociale des enquêtés. La simple mention du nom de l’entreprise/institution qu’avait intégrée l’enquêté me suffisait afin de repérer son niveau de réussite scolaire et entrevoir sa potentielle projection de carrière. Même si, à première vue, quelques enquêtés semblaient avoir le statut et la même condition de vie sous la démarcation d’« expatrié », on observe une hétérogénéité importante selon les secteurs d’activité, telle que la temporalité et la fréquence d’une mission à l’étranger, le caractère et l’importance de cette mission sur la trajectoire professionnelle à long terme, les aides et indemnités financières accordées par l’employeur dans le pays d’accueil et au Japon, y compris les allocations scolarité, etc. Par exemple, tandis que globalement, ceux embauchés par une banque, une sōgō shōsha, ou par une firme dans le secteur d’énergie bénéficient des indemnités relativement privilégiées, les entreprises des autres secteurs tel que l’automobile, la télécommunication, le secteur pharmaceutique, ou la fonction publique sont moins généreuses, et la fréquence de missions et le statut attribué ne sont pas les mêmes. De plus, cette situation différenciée des enquêtés est encore complexifiée par une autre hiérarchisation qui se trouve au sein des mêmes secteurs d’activité : en fonction de l’appartenance des entreprises et le statut juridique – si elles font partie d’un des grands conglomérats zaibatsu, et/ou elles sont elles-mêmes une société-mère au lieu d’une filiale ou sous-filiale – le traitement de leurs expatriés et le regard social ne sont pas identiques, certains firmes occupent un statut social plus élevé que les autres. Mon origine et mon expérience précédente en tant que membre de famille d’expatrié m’ont permis de prendre connaissance de cette hiérarchie complexe et subtile sur la position sociale des enquêtés.

Spécificités de « l’Etat-providence à la japonaise »

   La première concerne la spécificité du système d’assistance sociale souvent appelé « Etat-providence à la japonaise » (Baba 1980 ; Goodman 1998 ; Harada 1998 ; Miyamoto 2003 ; Peng 2000, 2002)56. Comme les autres pays développés, le Japon dispense une série de prestations sociales telles que la couverture maladie ou les allocations retraite, décès, chômage, accouchement, etc. Il existe plusieurs types de régimes de protection sociale selon les nations, et si le modèle japonais se distingue des autres régimes des pays développés, c’est que les services sont proposés, pas à titre individuel de chaque membre de famille, mais fournis toujours en lien avec l’emploi du pourvoyeur principal du foyer. Les épouses étant traditionnellement censées assumer seules et à plein temps les responsabilités familiales, en tant que femme au foyer, l’Etat ne fournissait que le strict minimum des prestations pour la charge des personnes âgées, les modes de garde des enfants, et l’éducation de jeunes enfants. Comme le souligne la politologue féministe Mari Ōsawa, ces prestations sont considérées comme une exception de dernier secours, mises à disposition notamment en cas d’extrême pauvreté, ou en cas de « déficit de garde » (Ōsawa 2007 : 54). Par conséquent, d’après les statistiques de l’OCDE, le Japon s’avère l’un des pays qui dépensent le moins en matière de prestations familiales. Malgré une hausse constante observée notamment dans les années 1990, aujourd’hui les dépenses publiques du Japon pour les familles sont loin d’être à la hauteur de la moyenne de l’OCDE, soit 1,3 % du PIB. Les autres pays développés dépensent plus, avec la moyenne de l’OCDE s’élevant à 2,1 %. France verse par exemple 2,9 % de son PIB aux familles. Autrement dit, le gouvernement japonais a pu limiter ses dépenses en matière de protection sociale en déléguant aux femmes une grande partie de ces prestations familiales notamment en ce qui concerne la charge des personnes âgées et la garde des enfants en bas âge.Bien entendu, face à la baisse accélérée du taux de natalité, l’autorité n’est pas restée immobile. Depuis la mise en place de la première série de politiques natalistes en 1990, appelée « Angel Plan エンゼルプラン », le gouvernement a multiplié sans cesse des mesures en vue d’une reprise du nombre de naissance. L’objectif était bien ciblé : favoriser l’articulation entre la vie de famille et le travail féminin, qui est devenu un typologie des Etats-providence où on peut distinguer trois types de régimes des pays : le régime libéral (pays anglo-saxons), social-démocrate (pays scandinaves), et corporatiste/conservateur (Europe continentale). Depuis le début des années 1990, l’autorité s’y investit de plus en plus : la mise en installation et le versement des subventions pour les crèches publiques et privées, la création du système de l’assistante maternelle, la promulgation de la loi de 1991 sur le congé parental et la réforme de celle-ci , le renforcement des allocations familiales, etc. Nombreuses aides financières sont également proposées aux femmes en matière de grossesse et accouchement, y compris la procréation médicalement assistée. En 2019, une nouvelle loi a été votée pour instaurer les crèches gratuites, pour les familles correspondant à certaines conditions du revenus et l’âge d’enfant. Avec la loi sur la gratuité des lycées publics entrée en vigueur en 2010, nous pouvons constater que la charge financière des foyers pour élever les enfants s’est nettement allégée. Pourtant, le taux de natalité ne semble guère s’améliorer, il reste stablement bas. Comment peut-on comprendre ces échecs successifs des politiques ? Si l’on observe aucune reprise du nombre de naissances, c’est parce que ces « petits soulagements financiers » adressés aux familles ne sont jamais suffisants pour combler leur charge financière. Par exemple, bien qu’il existe un système équivalent à la Sécurité sociale à la française au Japon, les frais médicaux liés à la grossesse, l’accouchement, la contraception, et l’avortement ne sont pas couverts, ils sont exclus du remboursement. Il est vrai qu’une partie de ces frais sont sujets à remboursement en tant qu’« aide » des collectivités locales, pourtant, les femmes doivent d’abord régler l’intégralité des frais des consultations, examens biologiques et l’hospitalisation. Le domaine de reproduction ne relève pas de la responsabilité de l’Etat.

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Table des matières

Introduction générale
Construire un objet de recherche à partir des expériences fragmentées
Migration comme « route à l’émancipation » des mœurs
« Expatriation », le synonyme du retour à la féminité traditionnelle
Particularités des contraintes genrées chez les Japonais
Plan de la thèse
Chapitre I. Enquêter un terrain proche dans un pays étranger : méthodologie d’enquête et réflexivité
Introduction
I-1. Recherches préliminaires
I-1-1. Statistiques sur la population nippone en France
I-1-2. « Migrant » ou « expatrié » ? L’usage contesté des termes
I-2. Entretiens individuels
I-2-1. Recrutement des informateurs
I-2-1-1. Universités et écoles de langues
I-2-1-2. Epiceries, salons de coiffure, entreprises japonaises
I-2-2. La méthode de la boule de neige
I-2-3. Conduire les entretiens
I-3. Observations participantes
I-3-1. Caractéristiques d’« X-city »
I-3-1-1. Un véritable site d’interconnaissance
I-3-1-2. Immersion dans un cercle d’homosociabilité
I-3-2. Choix du terrain « inattendu » et « improvisé »
I-4. Réflexivité autour du terrain
I-4-1. Mise en doute de la légitimité de la recherche
I-4-2. Avantages de native anthropologiste
I-4-3. Altérisation du « familier », familiarisation de « l’altérité »
Conclusion
Chapitre II. Métamorphoses et continuités dans la famille japonaise, au prisme du genre
Introduction
II-1 Vieillissement de la population
II-1-1 Rétrécissement du pays
II-1-2. Absence de la politique d’immigration
II-1-3. La baisse du taux de natalité
II-1-3-1. Spécificités de « l’Etat-providence à la japonaise »
II-1-3-2. Le manque de modes de garde
II-1-3-3. Stigmatisation de la naissance hors mariage
II-2 Mariage
II-2-1. Mariage en recul
II-2-2. Motifs de la diminution des mariages : changement des préférences ou présence des obstacles ?
II-2-3. Attentes genrées sur le mariage
II-2-3-1. Stabilité financière des hommes
II-2-3-2. Aggravation de la situation financière chez les jeunes
II-3 Travail féminin
II-3-1. Evolution de la participation des femmes
II-3-1-1. Arrivée des femmes suite à la consolidation du modèle familial japonais
II-3-1-2. Incitation à la domesticité
II-3-2. Réconciliation travail-famille en tension
II-3-2-1. Marginalisation des femmes dans l’espace public
II-3-2-2. Répartition inégalitaire du travail reproductif
II-3-2-3. Division sexuelle de « l’affection »
Conclusion
Chapitre III. Les Japonais en dehors du Japon
Introduction
III -1. Les mouvements migratoires des Japonais dans le monde
III-1-1. Trois mouvements migratoires
III-1-1-1. Migrations d’avant-guerre
III-1-1-2. Naissance des expatriés « kaigai chūzai 海外駐在 »
III-1-1-3. Généralisation de la mobilité internationale chez les Japonais
III-1-2. Saisir le genre dans la migration/expatriation des Japonais
III-1-2-1. Sous-représentation des aspects intimes
III-1-2-2. Désintérêt général pour le genre dans la migration privilégiée
III-1-2-3. Regard porté sur les ressortissants japonais à l’étranger
Le modèle de famille « standardisé » dans l’expatriation japonaise
Le portrait de « chūzuma 駐妻 (épouse d’expatrié) », symbole de la deuxième vague migratoire
III -2. La diaspora japonaise en France
III -2-1. Evolution de la migration nippone
III-2-2. Démocratisation des séjours en France
III -2-2-1. Les migrants « studieux »
Faible proportion des étudiants inscrits dans un cursus universitaire
Etudes ou stages dans des domaines spécialisés
III -2-2-2. Les vies « ordinaires » des expatriés/migrants
Cas de Nanako, « une étrange cohabitation des classes »
La prise en charge partielle des frais de scolarité
III -2-2-3. Caractère « flou » du séjour en France : le syndrome de Paris
Conclusion
Chapitre IV. Les couples face à différence des normes familiales : les expériences genrées et asymétriques sur le processus migratoire et le travail féminin
Introduction
IV-1. Inégalité sur la décision migratoire au sein de couples
IV-1-1. Les couples internationaux
IV-1-1-1. Asymétrie genrée chez les résidents permanents japonais
IV-1-1-2. Motifs migratoires non-partagés
IV-1-2. Les couples non-mixtes
IV-1-2-1. La décision « inattendue » de la migration
Faible marge de manœuvre sur la décision migratoire
IV-1-2-2. Migration « imposée » chez les expatriés
La non-mise en cause de la décision migratoire par les épouses d’expatrié
Entreprendre un travail émotionnel
IV-1-2-3. La décision migratoire des recrutés locaux
Devenir une trailing spouse dans une migration « volontaire »
Intégration de la femme et les enfants, l’exclusion du conjoint dans la communauté locale
IV-2. Travail féminin dans la migration
IV-2-1. Retour à la sphère domestique : les cas des couples non-mixtes
IV-2-1-1. Intériorisation de la responsabilité familiale
Le cas de Masako, la réticence d’une trailing spouse
Le cas de Sayaka, la détermination de la plus qualifiée
IV-2-1-2. La dévaluation du travail féminin : réappropriation de l’ordre genré
IV-2-2. Les problématiques associés au travail féminin
IV-2-2-1. Attentes différenciées dans les normes conjugales chez les couples mixtes
Sollicitation pour le travail
L’effet de la classe sociale et le capital culturel
IV-2-2-2. Obstacles à l’insertion professionnelle : l’intersection de la classe sociale et la barrière linguistique
Inconvertibilité des qualifications : réalité paradoxale du « col blanc »
S’orienter vers les métiers destinés aux natifs
Conclusion
Chapitre V. Assignation à la domesticité ou expérience « émancipatoire » ? : les contraintes patriarcales dans la sphère intime dans la migration
Introduction
V-1. Manque de liberté chez les couples non-mixtes
V-1-1. « Attendez, il faut que je lui demande » : « l’autorisation » du conjoint imposée dans le quotidien des femmes
V-1-2. Assignation aux attentes « implicites » du conjoint
V-2. Micro-dominations masculines
V-2-1. Inégalité genrée dans les prises de décision
V-2-1-1. Teishu kanpaku, les conjoints « autoritaires »
V-2-1-2. Appropriation des valeurs des conjoints
V-2-1-3. « Bien sûr que je prends son nom de famille ! » l’assignation volontaire à la domination masculine au prisme du choix de patronyme
V-3. Rapport hiérarchisé à travers les dialogues intraconjugaux
V-3-1. Les termes « kureru » et « morau », les marqueurs de reconnaissance envers les conjoints
V-3-2. Les termes « ageru » et « yaru », les marqueurs de « don » envers les épouses
Conclusion
Chapitre VI. Comment parler dans la migration ? Persistance, acculturation, et transgression du langage sexué
Introduction
VI-1. Le langage sexué dans les études féministes au Japon
VI-1-1. Prise de conscience tardive sur le langage sexué
VI-1-2. Premier obstacle pour comprendre l’enjeu : l’apprentissage simultané de la langue et des codes sociaux
VI-1-3. Deuxième obstacle pour comprendre cet enjeu : le manque d’intérêt dans les études de genre au Japon
VI-1-4. Sujet considéré « secondaire » dans les études de genre au Japon
VI-1-4-1. La vocation donnée aux études de genre
VI-1-4-2 Les études sur le genre au Japon comme « discipline importée de l’Occident »
VI-2. Termes de désignation des épouxVI-2-1. Complexité des appellations : « miroir » de la hiérarchie dans la société
VI-2-2 Tendance actuelle des appellations
VI-2-3. Comment m’adresser aux autres ? Entre politesse, convenance, et morale
VI-3. L’utilisation du prénom dans un contexte occidentalisé
VI-3-1. Découvrir le monde du prénom sur le terrain
VI-3-2. Ajustement des mœurs langagières
VI-3-2-1. Occidentalisation par convenance
VI-3-2-2. Transgression de la hiérarchie et ajustement « émancipatoire »
VI-4. Forte présence des termes sexués
VI-4-1. La fréquence et la variété des termes utilisés
VI-4-1-1. Catégorisation des enquêtées
Quatre catégories
Le contraste des deux catégories : « groupe sexué » et « groupe prénom »
VI-4-1-2. Lien entre catégories sociales et langages
VI-4-2. Shujin, appellation « universelle » comme terme de désignation
VI-4-2-1. Les cas de « femmes au foyer par défaut »
VI-4-2-2. Les cas des « femmes à la carrière suspendue »
Désigner un « égal » par un terme de subordination
Dénoncer le sexisme avec un terme sexué ? : le cas d’une pionnière des droits des femmes
VI-4-2-3. Les cas des « travailleuses sans interruption »
« Double posture » d’une expatriée de sexe féminin
Shujin, comme « quasi-prénom » du conjoint
VI-5. L’occidentalisation du terme d’adresse : les cas du « groupe prénom »
VI-5-1. Nature de l’union comme déterminatrice d’appellatif
VI-5-1-1. Deux interprétations : l’intégration totale ou la nature du rapport conjugal ?
VI-5-1-2. L’emploi du prénom comme révélateur de la relation de couple
VI-6. Pratique langagière et nature de la relation conjugale
VI-6-1. Absence du prénom accompagnée de l’emploi de termes de parent pour époux.se…398
VI-6-2. Transgression de la pratique langagière
Conclusion
Conclusion générale
Synthèse de la thèse
Perspectives de recherche
Bibliographie

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