Comportement préventif au travail chez les élèves en apprentissage d’un métier

Exemples d’initiatives réussies d’intégration de la prévention dans la formation professionnelle

Bien qu’il semble s’agir, pour la plupart, d’initiatives isolées, certaines expériences d’intégration réussies de la prévention dans la FP méritent d’être présentées. Premièrement, des initiatives de milieux d’enseignement provenant de divers endroits à travers le monde sont exposées et, ensuite, des initiatives de recherche scientifique sont présentées.
Tout d’abord, la Suisse a constaté, au début des années 2000, que le risque d’accidents du travail était significativement plus élevé chez les apprentis (équivalent des élèves à la FP au Québec) que chez les autres types de travailleurs, qu’un faible pourcentage d’écoles de formation avait intégré la prévention à ses enseignements et que la formation des enseignants par rapport à la prévention était insuffisante (Tison, 2004). Pour remédier à la situation, un plan d’action a été proposé par le Ministère de l’Éducation. Un cadre juridique pour l’enseignement de la prévention a été élaboré ainsi qu’un règlement sur la FP. Ce dernier vise l’intégration obligatoire et systématique de la prévention dans la formation des enseignants, des élèves ainsi que dans les évaluations. Ce plan vise de plus l’élaboration de matériel pédagogique répondant aux besoins des élèves et enseignants des divers métiers ainsi qu’un travail de collaboration entre les différentes parties, soit les organismes de prévention, les milieux de formation et d’enseignement, les associations professionnelles et l’ industrie.
En France, c’est le constat que l’enseignement de la prévention à la FP est beaucoup trop théorique et pas assez pratique qui a mené à l’élaboration d’une initiative prometteuse. Mis sur pied par une organisation faisant la promotion de la prévention en milieu de travail, le projet Synergie offre des outils (p. ex. fiches présentant des familles de risques liés au métier, grille d’observation d’une situation de travail) permettant d’aider l’enseignant et l’élève dans l’identification des risques présents dans une situation de travail (Conseil national pour l’enseignement de la santé et de la sécurité au travail, 2006). Pendant son stage en entreprise, l’élève doit analyser des situations de travail, y identifier les risques à la santé ou à la sécurité, compiler le tout dans un rapport et proposer des pistes de solutions aux problèmes soulevés.
L’élève doit ensuite partager le résultat de sa démarche avec un responsable de l’entreprise dans laquelle se déroule le stage. Ainsi, cette initiative offre des avantages pour tous : l’enseignant reçoit du matériel pédagogique lui permettant d’outiller l’élève dans l’identification des risques; l’élève construit ses apprentissages de prévention en situation réelle; et l’entreprise y voit une occasion d’améliorer ses pratiques de prévention.

Culture de métier

Sainsaulieu (1988) a suggéré que l’expérience du travail amène la création d’une culture de métier entre les personnes impliquées. Selon Dryburgh (1999), chaque métier ou profession, possède une culture unique et un travailleur y serait exposé dès son entrée dans la formation qui lui permettra d’accéder à ce métier. La culture de métier fait référence aux éléments partagés par un groupe de travailleurs qui sont propres à un métier, comme les valeurs, les normes ou les attitudes (Greenwood, 1966). Pour Viegas-Pires (2008), la culture de métier se définit comme « l’ensemble de ce qui est partagé par ceux qui se confrontent à un même univers technique, à savoir des compétences, un langage, des représentations et modes de pensée » (p.57) . Selon Trice (1993), les corps de métier et les professions développent leur propre culture composée de croyances, de mythes, de symboles, de rites et d’artefacts physiques. Pour Leonardi, Jackson, Waite et Diwan (200S), la culture de métier se définirait selon trois approches différentes.
Premièrement, la culture se situerait « dans l’air» en portant la symbolique derrière les pratiques. Elle serait également « dans la tête» en se présentant comme un ensemble de pensées partagées par un groupe de travailleurs. Enfin, elle serait « dans les mains» en référant aux compétences distinctives et aux gestes de travail concrets. En bref, la culture de métier se définit par l’articulation des éléments partagés par les travailleurs exerçant un métier commun. Ces éléments peuvent être abstraits comme les paradigmes, valeurs et croyances ou les représentations et les pensées. Ils peuvent également être plus concrets comme les gestes, le langage ou les normes de métier.
Il importe de mentionner que le contexte ou l’environnement dans lequel évolue un travailleur aura une influence sur la culture de métier à laquelle il sera exposé (Dryburgh, 1999). En effet, il semble que la culture de métier peut arborer certaines variantes selon l’organisation dans laquelle les gens de métier évoluent. En ce sens, la culture de métier est influencée par la culture organisationnelle. Comme le travailleur sera confronté à divers contextes dans son parcours, notamment celui du CFP, des milieux de stage, une organisation pour laquelle il occupe un emploi temporaire ou permanent, il semble que celui-ci sera exposé à plusieurs variantes de la culture de métier, ce qui viendra influencer la construction de son identité professionnelle.

Culture de métier et premiers apprentissages

La culture de métier a une importance signifiante lors des études à la FP puisque des recherches suggèrent que les éléments culturels seraient les premiers à être appris par les travailleurs, et ce, bien avant qu’ils ne développent les compétences techniques en lien avec le métier (Tourmen, Leroux, & Beney, 2014). Il appert que l’observation des environnements de travail et des personnes qui y œuvrent, avant même l’action, permet de susciter des apprentissages en lien avec la culture du métier (Tourmen et al, 2014). En effet, le transfert des valeurs, façons de penser et d’agir propres au métier, serait amorcé dès l’observation par les élèves de leurs enseignants ou de leurs superviseurs de stage. Ces apprentissages, issus de l’observation, seraient davantage liés aux contacts sociaux entre les travailleurs et aux règles culturelles établies dans un collectif de travail (Tourmen et aL, 2014). Dans le même sens, les résultats d’une autre étude suggèrent que les valeurs professionnelles seraient acquises et intériorisées, entre autres, lors de la FP (Kubsch, Hansen, & Huyser-Eatwell, 2008). En regard de la prévention des atteintes à la santé ou à la sécurité dans le travail, les premières expériences des apprentis en lien avec le métier fonderaient les relations que ces derniers entretiennent avec les démarches de prévention pour la suite de leur vie professionnelle (Frigul & Thébaud-Mony, 2010).

Culture de prévention

Depuis une trentaine d’années, le concept de culture de prévention a été étudié par diverses équipes de chercheurs et a fait l’objet de dizaines de publications scientifiques. Entre autres, Cooper (2000) a mené une recherche sur l’historique du concept de culture de prévention en milieu de travail. Selon cet auteur, ce concept a été évoqué pour la première fois en 1987 à la suite de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (INSAG, 1988). Dès lors, des chercheurs ont proposé diverses définitions du concept de culture de prévention. Or, ce n’est que depuis une quinzaine d’années que le concept de culture de prévention est reconnu comme une avenue prometteuse à instaurer dans les organisations, dont les organisations scolaires, pour maximiser l’efficacité des modalités relatives à la prévention. Reconnue comme un sous-ensemble de la culture organisationnelle, la culture de prévention comprend les valeurs, normes, attitudes et comportements partagés par les membres d’une organisation concernant la prévention des atteintes à la santé ou à la sécurité dans le travail (Cooper, 2000; Lee, 1993; Parker, Lawrie, & Hudson, 2006). Au Québec, le Centre patronal de santé et sécurité du travail (2008) définit une culture de prévention comme étant « la somme des valeurs, des croyances, des attitudes et des comportements, ainsi que des rituels intégrés à tous les niveaux de l’organisation qui déterminent la façon dont l’ensemble du personnel, de la haute direction jusqu’aux employés de production, pense et agit vis-à-vis la sécurité» (p. 18). La culture de prévention implique que celle-ci doit être présente dans toutes les décisions et actions de l’organisation, concernant autant la gestion, les équipements ou autres facteurs techniques ainsi qu’en regard des facteurs humains (Sgourou, Katsakiori, Goutsos, & Manatakis, 2010). Pour Roy et collaborateurs (2008), divers déterminants peuvent mener à l’actualisation d’une culture de prévention au sein d’une organisation.

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Table des matières

Introduction 
Objectifs de la recherche
Organisation de la thèse
Chapitre 1 : Recension des écrits 
1.1 Atteintes à la santé ou à la sécurité chez les jeunes travailleurs 
1.1.1 Importance de la problématique
1.1.2 Étiologie
1.1.2.1 Contraintes et environnement de travail
1.1.2.2 Manque d’expérience et mobilité en emploi
1.1.2.3 Âge biologique
1.1.2.4 Manque de formation
1.1.2.5 Genre
1.1.2.6 Autres facteurs de risque
1.1.3 Perception des jeunes travailleurs à l’égard de la prévention
1.2 Contexte de la formation professionnelle au Québec 
1.2.1 Approches et orientations pédagogiques
1.2.2 Acteurs
1.2.2.1 Élèves
1.2.2.2 Enseignants
1.2.2.2.1 Formation universitaire des enseignants
1.2.2.2.2 Défis vécus par les enseignants
1.2.2.2.3 Ressources disponibles pour les enseignants
1.2.2.3 Organisation
1.2.3 Système éducatif
1.2.3.1 Protocole de Québec
1.2.4 Aspects législatifs
1.2.4.1 Loi C-21
1.2.4.2 Loi sur la santé et la sécurité du travail
1.2.5 Connaissances actuelles sur les enseignements liés à la prévention
1.2.5.1 Description des enseignements
1.2.5.2 Principales lacunes
1.2.5.2.1 Cas particulier des stages
1.3 Exemples d’initiatives réussies d’intégration de la prévention dans la formation professionnelle
1.4 Conclusion du chapitre de la recension des écrits 
Chapitre 2: Cadre conceptuel 
2.1 Identité 
2.1.1 Identité professionnelle
2.2 Culture de métier 
2.2.1 Culture de métier et premiers apprentissages
2.3 Culture de prévention 
2.4 Comportement préventif au travail 
2.4.1 Article # 1 : Preventive Behavior at Work – A Concept Analysis
2.5 Conclusion du chapitre du cadre conceptuel
Chapitre 3 : Cadre méthodologique
3.1 Devis de recherche
3.2 Échantillonnage 
3.2.1 Population et participants
3.2.2 Critères d’inclusion et d’ exclusion
3.2.3 Procédure de recrutement
3.3 Considérations éthiques 
3.4 Méthodologies spécifiques
3.4.1 Méthodologie spécifique à l’objectif 1
3.4.1.1 Devis
3.4.1.2 Participants
3.4.1.3 Procédure
3.4.1.4 Stratégie d’analyse
3.4.1.5 Critères de scientificité
3.4.1.5.1 Crédibilité
3.4.1.5.2 Transférabilité
3.4.1.5.3 Fiabilité
3.4.1.5.4 Confirmabilité
3.4.1.6 Article scientifique lié à l’objectif 1
3.4.2 Méthodologie spécifique à l’objectif 2
3.4.2.1 Devis
3.4.2.2 Participants
3.4.2.3 Variables et outils de mesure
3.4.2.4 Procédure
3.4.2.5 Analyse des données
3.4.2.6 Article scientifique lié à l’objectif 2
3.4.3 Méthodologie spécifique à l’objectif 3
3.4.3.1 Devis
3.4.3.2 Participants
3.4.3.3 Variable
3.4.3.4 Procédure
3.4.3.5 Analyse des données
3.4.3.6 Résultats liés à l’objectif 3
3.4.4 Méthodologie spécifique à l’objectif 4
3.4.4.1 Devis
3.4.4.2 Étude 1
3.4.4.2.1 Participants à l’étude 1
3.4.4.2.2 Variables et outils de mesure de l’étude 1
3.4.4.2.3 Procédure liée à l’étude 1
3.4.4.2.4 Analyse des données de l’étude 1
3.4.4.2.5 Article scientifique lié à l’objectif 4 (étude 1)
3.4.4.3 Étude 2
3.4.4.3.1 Participants à l’étude 2
3.4.4.3.2 Variables et outils de mesure de l’étude 2
3.4.4.3.3 Procédure liée à l’étude 2
3.4.4.3.4 Analyse des données de l’étude 2
3.4.4.3.5 Article scientifique lié à l’objectif 4 (étude 2)
3.5 Conclusion du chapitre du cadre méthodologique
Chapitre 4: Résultats 
4.1 Présentation de l’article # 3 
Article # 3 : Supporting vocational students development of preventive behaviour at work: a
phenomenological analysis of teachers’ experiences
4.2 Présentation de l’article # 4 
Article # 4 : Preventive behaviour at work of vocational students
4.3 Description des ateliers de formation 
4.4 Présentation de l’article # 5 
Article # 5 : Mesure de l’efficacité d’ateliers de formation visant à développer un comportement
préventif au travail chez les élèves en apprentissage d’un métier : une étude pilote
4.5 Présentation de l’article # 6 
Article # 6 : Efficacy of occupational therapy training workshops in primary prevention for
vocational students
4.6 Conclusion du chapitre des résultats 
Chapitre 5 : Discussion générale 
5.1 Les enseignants à la formation professionnelle: les piliers du soutien au développement du comportement préventif au travail des élèves
5.2 Les facteurs associés au comportement préventif au travail chez les élèves à la formation professionnelle: des éléments identitaires et culturels 
5.3 La formation à la prévention spécifique au métier à apprendre: un antécédent du comportement préventif à investir tôt 
5.4 Les attributs du comportement préventif au travail abordés pendant la formation professionnelle 
5.5 La problématique des stages 
5.6 Forces et aspects novateurs de la thèse 
5.7 Limites de la recherche
5.8 Pistes de recherche futures 
Conclusion 

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